{"id":2112,"date":"2019-02-12T23:18:01","date_gmt":"2019-02-12T22:18:01","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2112"},"modified":"2019-02-12T23:18:01","modified_gmt":"2019-02-12T22:18:01","slug":"la-rusalka-historique-de-robert-carsen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2112","title":{"rendered":"La <i>Rusalka<\/i> historique de Robert Carsen"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2112\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2120 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen3-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen3-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen3-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen3-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen3.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>En 2002, l\u2019Op\u00e9ra National de Paris terminait sa saison par un coup de ma\u00eetre\u00a0: une nouvelle production de <em>Rusalka<\/em> (son entr\u00e9e au r\u00e9pertoire m\u00eame pour l\u2019Op\u00e9ra de Paris\u00a0!) avec dans le r\u00f4le-titre Ren\u00e9e Fleming, grande interpr\u00e8te du r\u00f4le qu\u2019elle aura d\u00e9fendu tout au long de sa carri\u00e8re. La mise en sc\u00e8ne de Robert Carsen donnait \u00e0 voir un spectacle aussi beau que l\u2019orchestration de Dvo\u0159\u00e1k. Malgr\u00e9 les ann\u00e9es et les reprises, cette production poss\u00e8de toujours autant de qualit\u00e9. Elle fait partie de celles qui ne vieillissent pas, qui peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es par divers profils de chanteurs sans qu\u2019une partie de la beaut\u00e9 ne tombe \u00e0 l\u2019eau. Pour les pr\u00e9c\u00e9dentes s\u00e9ries, il y avait toujours la grande Larissa Diadkova en Je\u017eibaba pour faire figure de gardienne de la tradition. Mais cette reprise renouvelait totalement la distribution et m\u00eame ne proposait aucun interpr\u00e8te slave dans les r\u00f4les principaux. \u00c9tait-ce la reprise de trop\u00a0? En aucun cas tant le r\u00e9sultat est superbe\u00a0!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mythe des nymphes des eaux voulant marcher sur terre a \u00e9t\u00e9 repris par Disney pour sa <em>Petite Sir\u00e8ne<\/em>, et c\u2019est pour cela sans doute qu\u2019il y avait des enfants dans le public. Mais malgr\u00e9 un point de d\u00e9part commun, le livret de l\u2019op\u00e9ra de Dvo\u0159\u00e1k est beaucoup plus dur et tragique, surtout dans une telle mise en sc\u00e8ne. Nous sommes loin de la vision mise en musique par <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=8\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Dargomijsky<\/a> qui commence par la suicide de la bien-aim\u00e9e qui se transforme alors en nymphe vengeresse\u2026 mais le propos est tout de m\u00eame difficile pour de jeunes enfants. La musique par contre est un enchantement de tous les instants, avec ces vents si pr\u00e9sents et vari\u00e9s, ces repr\u00e9sentations aquatiques \u00e0 la harpe qui pars\u00e8ment la partition. Et que dire des lignes m\u00e9lodiques. Tout y passe ici, depuis la candeur jusqu\u2019\u00e0 la violence, les personnages brossent toutes les sensibilit\u00e9s avec un m\u00eame naturel dans l\u2019inspiration. Seul op\u00e9ra d\u2019Antonin Dvo\u0159\u00e1k \u00e0 s\u2019exporter, on comprend que le public occidental reste fid\u00e8le \u00e0 un tel joyau\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_2117\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen7.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2117\" class=\"wp-image-2117\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen7-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen7-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen7.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2117\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Emanuela Pascu (Deuxi\u00e8me Nymphe), \u00c9lodie M\u00e9chain (Troisi\u00e8me Nymphe), Andreea Soare (Premi\u00e8re Nymphe), Camilla Nylund (Rusalka)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Robert Carsen<\/strong> a beaucoup travaill\u00e9 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris et a propos\u00e9 entre autre des mises en sc\u00e8nes splendide de <em>Capriccio<\/em> ou cette <em>Rusalka<\/em> \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Ren\u00e9e Fleming venait si souvent. Il a trouv\u00e9 pour cet op\u00e9ra un magnifique \u00e9quilibre entre le sens premier de l\u2019ouvrage et un sous-texte puissant. Visuellement, nous sommes au pays du reflet avec ces saisissants parall\u00e9lismes. Le premier acte se passe dans une pi\u00e8ce invers\u00e9e o\u00f9 Rusalka, du plafond, regarde en haut vers un double lit dont l\u2019une des faces est dans le vrai monde. On saisit bien ici la fascination qu\u2019elle \u00e9prouve. Grand effet de machinerie et la voil\u00e0 humaine. Le deuxi\u00e8me acte est lui partag\u00e9 par une ligne verticale qui agit comme un miroir. Rusalka est en dehors de ce monde tout d\u2019abord, ne sachant o\u00f9 est sa place devant ce double spectacle parfaitement r\u00e9gl\u00e9. Puis la Princesse \u00c9trang\u00e8re l\u2019oblige \u00e0 choisir et c\u2019est alors comme un d\u00e9doublement entre ces deux femmes, chacune dans son monde. Le troisi\u00e8me acte est lui l\u2019acte des t\u00e9n\u00e8bres, Rusalka est seule, loin de son Prince mais aussi loin de son P\u00e8re. Et m\u00eame le retour de la chambre de la rencontre avec le Prince ne sera finalement pas aussi lumineuse que lors du premier acte. Dans ces d\u00e9cors, le metteur en sc\u00e8ne montre tout de m\u00eame aussi le d\u00e9sir charnel qui habite les humains mais effraie Rusalka. Le Prince n\u2019est pas le charmant gentleman qu\u2019on peut attendre, cherchant \u00e0 emmener la jeune nymphe dans son lit d\u00e8s la fin du premier acte. On comprend d\u2019autant mieux son revirement pour la rivale dans le deuxi\u00e8me acte, o\u00f9 cette derni\u00e8re use de tous ses charmes pour le s\u00e9duire, se r\u00e9v\u00e9lant proche de la sorci\u00e8re Je\u017eibaba. Et cette proximit\u00e9, il faut aussi la voir dans le changement d\u2019habits de Rusalka qui une fois damn\u00e9e porte les m\u00eames v\u00eatements que celle qu\u2019elle appelle \u00ab\u00a0m\u00e8re\u00a0\u00bb par moments, comme si l\u2019histoire de la jeune femme n\u2019\u00e9tait que le recommencement de celle v\u00e9cue par la sorci\u00e8re. Toute cette mise en sc\u00e8ne fourmille d\u2019id\u00e9e, de r\u00e9f\u00e9rence interne\u2026 et n\u2019en reste pas moins tr\u00e8s lisible et surtout splendide visuellement. La magie et la f\u00e9erie sont bien pr\u00e9sentes. Certes nous sommes loin de la vision tr\u00e8s terre \u00e0 terre d\u2019Otto Schenk au Metropolitan Opera de New-York mais la vision de Robert Carsen est tr\u00e8s forte, donnant \u00e0 voir une imagerie splendide tout en offrant aussi une r\u00e9flexion sur le th\u00e8me sans pour autant enlever la puissance des sentiments!<\/p>\n<div id=\"attachment_2116\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen6.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2116\" class=\"wp-image-2116\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen6-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen6-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen6.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2116\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Tomasz Kumiega (Le Garde Forestier), Jeanne Ireland (Le Gar\u00e7on de Cuisine), Camilla Nylund (Rusalka)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la direction peu convaincante de Philippe Jordan la <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2095\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">veille<\/a> dans <em>Les Troyens<\/em>, \u00e9couter <strong>Susanna M\u00e4lkki<\/strong> \u00e0 la t\u00eate de l\u2019<strong>orchestre de l\u2019Op\u00e9ra National de Paris<\/strong> est un vrai plaisir\u00a0! Elle dirige la magnifique partition d\u2019Anton\u00edn Dvo\u0159\u00e1k avec beaucoup de passion. Peut-\u00eatre un peu trop si l\u2019on consid\u00e8re qu\u2019elle couvre parfois les chanteurs, mais le rendu est tellement beau et soign\u00e9 que l\u2019on pardonne imm\u00e9diatement le petit d\u00e9faut d\u2019\u00e9quilibre. Les morceaux dansent, tonnent ou r\u00e9confortent\u2026 elle offre un splendide orchestre qui rend totalement justice non seulement \u00e0 la luxuriance de la partition mais aussi au drame qui se joue. D\u00e8s le d\u00e9but les sonorit\u00e9s sont irr\u00e9elles, emplies de couleur et de douceur. Puis l\u2019arriv\u00e9e de Je\u017eibaba sonne violemment, tranchant avec la douceur aquatique. Le ballet bien s\u00fbr aussi est un moment magnifique dans la direction. Quel diff\u00e9rence par rapport \u00e0 la veille\u2026 Et m\u00eame l\u2019orchestre semble beaucoup plus investi, restant d\u2019ailleurs dans la fosse lors des saluts. Vraiment une superbe soir\u00e9e de musique\u00a0! Et on saluera aussi la belle prestation des danseurs lors d&rsquo;un ballet saisissant.<\/p>\n<div id=\"attachment_2114\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2114\" class=\"wp-image-2114\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen4-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen4-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen4-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen4.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2114\" class=\"wp-caption-text\">Acte II, le ballet<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La distribution r\u00e9unit des chanteurs connus pour les r\u00f4les principaux mais aussi quelques jeunes artistes de l\u2019Acad\u00e9mie de l\u2019Op\u00e9ra de Paris ou des anciens de l\u2019Atelier Lyrique. Chacun est vraiment tr\u00e8s \u00e0 sa place, avec par exemple <strong>Jeanne Ireland<\/strong> qui est un Gar\u00e7on de Cuisine parfait\u00a0! Mais celles qui ont un r\u00f4le plus important sont bien s\u00fbr les trois nymphes. Ici nous avons trois voix bien diff\u00e9renci\u00e9es mais un ensemble assez parfait. La soprano au <strong>Andreea Soare<\/strong> avec son timbre chaud, la mezzo-soprano <strong>Emanuela Pascu<\/strong> au chant assez clair\u2026 et la tr\u00e8s belle <strong>\u00c9lodie M\u00e9chain<\/strong> au timbre profond de contralto. Chacune de leurs sc\u00e8nes sont des moments splendides, que ce soit le jeu qui ouvre l\u2019op\u00e9ra ou les lamentations dans le troisi\u00e8me acte.<\/p>\n<div id=\"attachment_2113\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2113\" class=\"wp-image-2113\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen2-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen2-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen2-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen2.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2113\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Klaus Florian Vogt (Le Prince), Karita Mattila (La Princesse \u00c9trang\u00e8re), Camilla Nylund (Rusalka), Thomas Johannes Mayer (L&rsquo;Esprit du Lac)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si son r\u00f4le est assez court, <strong>Karita Mattila<\/strong> \u00e9tait bien s\u00fbr attendue vu sa notori\u00e9t\u00e9. Et il faut avouer que si les ann\u00e9es ont un peu terni l\u2019instrument, le charisme de la chanteuse reste immense. Elle embrase la sc\u00e8ne dans sa s\u00e9duction du Prince. Et la voix poss\u00e8de encore une puissance et un impact certain. On a connu un chant plus nuanc\u00e9, mais le r\u00e9sultat impressionne par la violence de la s\u00e9duction. Tout semble libre et arrogant, comme cette Princesse \u00c9trang\u00e8re qui fait tout pour s\u00e9duire un Prince faible. L\u2019ancienne Salom\u00e9 retrouve cette s\u00e9duction presque perverse parfaitement en place dans ce r\u00f4le. Au contraire, l\u2019Esprit du Lac de <strong>Thomas Johannes Mayer<\/strong> d\u00e9\u00e7oit un peu. Lui qui chante Wotan a bien s\u00fbr le charisme n\u00e9cessaire pour ce p\u00e8re, mais il lui manque un peu de puissance et de grave pour totalement cr\u00e9er cet esprit qui doit sonner comme un sombre pressentiment. Souvent distribu\u00e9 \u00e0 une basse, le r\u00f4le demande un timbre plus sombre et implacable, notamment dans ces r\u00e9pliques dites comme en \u00e9cho en dehors de la sc\u00e8ne. Rempla\u00e7ant Ekaterina Shemenchuk dans le r\u00f4le de la sorci\u00e8re Je\u017eibaba, <strong>Michele DeYoung<\/strong> puise dans toute son exp\u00e9rience pour cr\u00e9er cette femme \u00e9trange et fascinante. La voix est belle, sonore\u2026 mais elle sait aussi la rendre sourde ou au contraire tranchante. Elle donne toute sa complexit\u00e9 au r\u00f4le sans en faire une caricature de sorci\u00e8re. La voix conserve toute son int\u00e9grit\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_2118\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2118\" class=\"wp-image-2118\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen1-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen1.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2118\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Camilla Nylund (Rusalka), Klaus Florian Vogt (Le Prince)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le du Prince n\u2019est pas simple \u00e0 distribuer. Dramatiquement il n\u2019est pas tr\u00e8s \u00e9pais, mais en plus il y a cette tessiture assez impossible pour un t\u00e9nor. Certes un t\u00e9nor lyrique y serait \u00e0 l\u2019aise, mais il lui manquerait alors la puissance pour rivaliser avec l\u2019orchestre tr\u00e8s fourni de Dvo\u0159\u00e1k. Le choix de <strong>Klaus Florian Vogt<\/strong> est une tr\u00e8s bonne id\u00e9e car il allie l\u2019aisance dans la tessiture haute, le timbre juv\u00e9nile\u2026 et la projection insolente. On pourrait regretter s\u00fbrement un petit manque d\u2019implication dramatique et une diction assez terne, mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9 il y a tout ce que l\u2019on y gagne en chant. Et au final, le personnage est plut\u00f4t une image de prince charmant, image d\u2019ailleurs un peu d\u00e9form\u00e9e. La simplicit\u00e9 du personnage, son c\u00f4t\u00e9 transparent offre finalement un portrait assez coh\u00e9rent avec la musique et surtout tranche avec les autres personnages. Prince et Princesses ne sont que de ternes images alors que les cr\u00e9atures f\u00e9eriques sont beaucoup plus complexes psychologiquement. Peut-\u00eatre qu\u2019il est possible de donner plus de consistance au r\u00f4le, mais la composition de Klaus Florian Vogt est tout \u00e0 fait conforme au r\u00f4le. Et nous avons ici une prestation vocale de haut vol, avec des nuances rares et magnifiques\u00a0! Alors qu\u2019il commence \u00e0 affronter des r\u00f4les beaucoup plus dramatiques comme <em>Tannh\u00e4user<\/em>, l\u2019instrument semble ne pas changer, toujours aussi \u00e0 l\u2019aise dans la d\u00e9licatesse, avec un souffle qui semble infini alors que le timbre reste immacul\u00e9. Cette \u00e9mission pourrait lasser certains, mais lorsque l\u2019on accepte cette voix particuli\u00e8re, il nous transporte par ce sens de la m\u00e9lodie, cette fluidit\u00e9 dans le chant qui n\u2019interdit pas des \u00e9clats tranchants. Et sc\u00e9niquement, sa grande silhouette blonde convient elle aussi \u00e0 cette image un peu fade du prince\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_2115\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen5.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2115\" class=\"wp-image-2115\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen5-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen5-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen5-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen5.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2115\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Camilla Nylund (Rusalka), Thomas Johannes Mayer (L&rsquo;Esprit du Lac)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le r\u00f4le-titre, <strong>Camilla Nylund<\/strong> doit lutter contre un fant\u00f4me important dans cette production. Ren\u00e9e Fleming a marqu\u00e9 le r\u00f4le ces derni\u00e8res ann\u00e9es et la production a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour elle. Et en allant plus loin dans l\u2019histoire, Gabriela Be\u0148a\u010dkov\u00e1 aussi a propos\u00e9 une nymphe magnifique dans l\u2019enregistrement de Neumann\u00a0! La soprano finlandaise a pour elle une voix assez puissante pour passer l\u2019orchestre et un vrai art du chant. Elle ne peut pas rivaliser avec la beaut\u00e9 de timbre des deux devanci\u00e8res, mais offre une grande simplicit\u00e9 dans la ligne. Sa pri\u00e8re \u00e0 la Lune a moins de beaut\u00e9 mais semble aussi plus dramatique. Elle se donne d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre dans un r\u00f4le pourtant tr\u00e8s exigeant. Pr\u00e9sente sur sc\u00e8nes durant presque tout l\u2019op\u00e9ra, elle n\u2019a aucun moment de repos, devant m\u00eame passer une bonne partie du deuxi\u00e8me acte sans chanter avant de devoir tout donner dans les derni\u00e8res minutes\u00a0! L\u2019incarnation est passionnante car loin de l\u2019ondine de conte de f\u00e9es, c\u2019est vraiment un personnage fortement dramatique qu\u2019elle propose, jouant sur sc\u00e8ne avec une grande conviction et toujours sinc\u00e8re dans son chant. Si le magn\u00e9tisme de Karita Mattila a tendance \u00e0 \u00e9craser sa cons\u0153ur, cette derni\u00e8re est parfaitement adapt\u00e9e au r\u00f4le avec un personnage moins extraverti mais plus touchant. Et le final est saisissant car nous retrouvons ici chez Camilla Nylund, presque les accents de celle qui a \u00e9t\u00e9 aussi sur cette m\u00eame sc\u00e8ne une Salom\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<div id=\"attachment_2119\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen8.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2119\" class=\"wp-image-2119\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen8-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen8-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen8-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/rusalka_carsen8.jpg 999w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2119\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Je\u017eibaba, Rusalka<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 un chant tr\u00e8s peu slave, la repr\u00e9sentation de cette <em>Rusalka<\/em> nous offre un magnifique spectacle. D\u00e9j\u00e0 il y a bien s\u00fbr cette production magique de Robert Carsen, mais aussi musicalement des interpr\u00e8tes particuli\u00e8rement concern\u00e9s et dominant parfaitement leurs r\u00f4les. Alors la diction n\u2019est certes pas leur point fort, mais le chant est l\u00e0 et les nuances aussi. Et puis comment oublier cet orchestre totalement transform\u00e9 par rapport \u00e0 ce qu\u2019il \u00e9tait la veille sous la baguette de Philippe Jordan\u00a0! Des micros \u00e9taient pr\u00e9sents\u2026 mais aucune indication de diffusion n\u2019\u00e9tait indiqu\u00e9e sur la fiche de distribution malheureusement.<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Op\u00e9ra Bastille<\/li>\n<li>1er f\u00e9vrier 2019<\/li>\n<li>Anton\u00edn Dvo\u0159\u00e1k (1841-19004), Les Troyens, op\u00e9ra en trois actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Robert Carsen\u00a0; D\u00e9cors, Michael Levine\u00a0; Costumes, Michael Levine\u00a0; Lumi\u00e8res, Robert Carsen \/ Peter Van Praet\u00a0; Chor\u00e9graphie, Philippe Giraudeau<\/li>\n<li>Le Prince, Klaus Florian Vogt\u00a0; La Princesse \u00e9trang\u00e8re, Karita Mattila\u00a0; Rusalka, Camilla Nylund\u00a0; L\u2019Esprit du Lac, Thomas Johannes Mayer\u00a0; Je\u017eibaba, Michelle DeYoung\u00a0; La Voix d\u2019un chasseur, Danylo Matviienko\u00a0; Le Gar\u00e7on de cuisine, Jeanne Ireland\u00a0; Premi\u00e8re nymphe, Andreea Soare\u00a0; Deuxi\u00e8me nymphe, Emanuela Pascu\u00a0; Troisi\u00e8me Nymphe, \u00c9lodie M\u00e9chain\u00a0; Le Garde forestier, Tomasz Kumiega<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra National de Paris<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra National de Paris<\/li>\n<li>Susanna M\u00e4lkki, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2002, l\u2019Op\u00e9ra National de Paris terminait sa saison par un coup de ma\u00eetre\u00a0: une nouvelle production de Rusalka (son entr\u00e9e au r\u00e9pertoire m\u00eame pour l\u2019Op\u00e9ra de Paris\u00a0!) avec dans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[114,57,14,23],"class_list":["post-2112","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-dvorak","tag-epoque_romantique","tag-integrale","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-y4","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2112","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2112"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2112\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2122,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2112\/revisions\/2122"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2112"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2112"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2112"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}