{"id":2074,"date":"2018-12-30T01:26:58","date_gmt":"2018-12-30T00:26:58","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2074"},"modified":"2018-12-30T18:32:42","modified_gmt":"2018-12-30T17:32:42","slug":"hamlet-de-thomas-enfin-de-retour-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2074","title":{"rendered":"<i>Hamlet<\/i> de Thomas enfin de retour \u00e0 Paris!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2074\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2081 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode, Louis Langr\u00e9e nous avait enchant\u00e9 avec un <em>Comte Ory<\/em> de tout premier ordre. Bien s\u00fbr, il n\u2019\u00e9tait pas seul car tout \u00e9tait rassembl\u00e9 pour passer un moment m\u00e9morable\u00a0: distribution parfaite, mise en sc\u00e8ne intelligente, partition tr\u00e8s bien \u00e9crite\u2026 En 2018, le d\u00e9fi \u00e9tait plus grand. Car si monter un op\u00e9ra de Rossini reste toujours bien vu, monter une partition de Thomas peut \u00eatre moins bien re\u00e7u par un certain publique. Mais le chef continue ainsi sa s\u00e9rie d\u2019op\u00e9ras fran\u00e7ais en d\u00e9cembre. Comme l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, la distribution aligne des noms a priori assez parfaits et l\u2019on sait que l\u2019on pourra b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019Orchestre des Champs-\u00c9lys\u00e9es dans la fosse. Reste la question de la mise en sc\u00e8ne\u2026 mais il est rare que l\u2019Op\u00e9ra-Comique se trompe de ce point de vue. Cet <em>Hamlet<\/em> voyait donc le retour au r\u00f4le titre pour St\u00e9phane Degout, les habitu\u00e9s Sylvie Brunet-Grupposo et J\u00e9r\u00f4me Varnier respectivement en Gertrude et le Spectre\u2026 et la prise de r\u00f4le de Sabine Devieilhe pour Oph\u00e9lie. De bien belles soir\u00e9es en perspective\u00a0!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La partition d\u2019<em>Hamlet<\/em> a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite ici que ce soit lors de la production d\u2019<a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=484\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Avignon<\/a> ou du petit retour sur la maigre <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1977\">discographie<\/a>. Mais pour faire un petit r\u00e9sum\u00e9, il suffit de dire que la construction de l\u2019ouvrage est vraiment tr\u00e8s bien faite. Malgr\u00e9 la dur\u00e9e de la partition, il n\u2019y a aucun moment de baisse de tension, nous sommes dans un grand crescendo dramatique, partant d\u2019une situation assez neutre pour arriver vers la trag\u00e9die et la violence. Dans le registre du Grand-Op\u00e9ra, Ambroise Thomas donne tous les ingr\u00e9dients n\u00e9cessaires, avec l\u2019intimit\u00e9, la violence, le moment de frisson (le Spectre), la construction en cinq actes\u2026 et le ballet bien s\u00fbr (qui est forc\u00e9ment coup\u00e9\u2026)\u00a0! La musique est vari\u00e9e, toujours avec des couleurs qui collent parfaitement \u00e0 la situation dramatique. L\u2019\u00e9criture vocale explore les extr\u00eames des tessitures avec un baryton qui monte r\u00e9guli\u00e8rement dans l\u2019aigu, une soprano l\u00e9g\u00e8re mais dramatique, un grand mezzo-soprano balayant une tr\u00e8s large tessiture\u2026 Ces trois r\u00f4les d\u00e9j\u00e0, de part la d\u00e9mesure de l\u2019\u00e9criture sont en accord avec l\u2019h\u00e9ritage du Grand-Op\u00e9ra. On peut imaginer une grande mise en sc\u00e8ne et l\u2019on sera face \u00e0 une grande trag\u00e9die lyrique, mont\u00e9e de main de ma\u00eetre par un musicien beaucoup plus original qu\u2019on ne pourrait le soup\u00e7onner, et des librettistes qui ont su retravailler la pi\u00e8ce de Shakespeare tout en gardant des situations fortes\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_2075\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/5hamletdrvincentpontet.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2075\" class=\"wp-image-2075\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/5hamletdrvincentpontet-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/5hamletdrvincentpontet-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/5hamletdrvincentpontet-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/5hamletdrvincentpontet.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2075\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : St\u00e9phane Degout (Hamlet), Sabine Devieilhe (Oph\u00e9lie)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne de <strong>Cyril Teste<\/strong> prend le parti du minimalisme des d\u00e9cors, de l\u2019importante pr\u00e9sence de la vid\u00e9o (film\u00e9e en direct pour beaucoup!) et de l\u2019actualisation. Cela pourrait faire peur sur le principe et il faut avouer que la premi\u00e8re sc\u00e8ne laisse un peu dubitatif. Mais rapidement, on comprend l\u2019int\u00e9r\u00eat et m\u00eame la beaut\u00e9 du proc\u00e9d\u00e9. Les d\u00e9cors ne sont l\u00e0 que pour sugg\u00e9rer et c\u2019est le regard des personnages qui est le vrai pivot de cette mise en sc\u00e8ne. Il peut \u00eatre capt\u00e9 par la cam\u00e9ra sur sc\u00e8ne (le regard magn\u00e9tique de Degout) ou projet\u00e9 sur un grand rideau blanc mouvant pour le Spectre par exemple. Ce regard est tr\u00e8s important dans bien des situations et l\u2019on sent l\u2019angoisse d\u2019Oph\u00e9lie alors qu\u2019elle ne peut trop le montrer en public. On se rapproche des personnages pour conna\u00eetre les \u00e9motions finement dessin\u00e9es et l\u2019on finit par oublier ce cameraman sur sc\u00e8ne. Par contre, il faut saluer la prestation de tous les acteurs de ce spectacle, choristes comme solistes car cela les oblige \u00e0 \u00eatre totalement immerg\u00e9s dans leur r\u00f4le m\u00eame dos \u00e0 la salle. Il n\u2019y a aucun moment de d\u00e9tente pour eux. La sobri\u00e9t\u00e9 des d\u00e9cors n\u2019est pas un frein, mais permet de se recentrer sur les \u00e2mes tortur\u00e9es et sur le jeu de sc\u00e8ne. En effet, la direction d\u2019acteur est sid\u00e9rante de pr\u00e9cision et de vie. C\u2019est m\u00eame tellement v\u00e9cu qu\u2019entre le 17 et le 21, on peut noter des nouveaut\u00e9s et des diff\u00e9rences dans le personnage d\u2019Hamlet. La froideur de certains d\u00e9cors n\u2019aide peut-\u00eatre pas \u00e0 toucher le public, mais il y a des situations magnifiquement trait\u00e9es comme la noyade d\u2019Oph\u00e9lie. Et m\u00eame sans technologie ni projection, on reste dans une vie th\u00e9\u00e2trale intense, comme l\u2019affrontement entre Hamlet et Gertrude qui est d\u2019une grande violence alors qu\u2019il n\u2019y a finalement que nos deux chanteurs\/acteurs sur sc\u00e8ne. Loin des images sombres et angoissantes d\u2019Olivier Py ou des atmosph\u00e8res humides et nostalgiques de Vincent Boussard, Cyril Teste finalement ne cherche pas \u00e0 sugg\u00e9rer des visions marquantes, mais plut\u00f4t \u00e0 centrer le regard sur les personnages. La froideur visuelle est compens\u00e9e par la pr\u00e9cision des r\u00e9actions et la proximit\u00e9 qui s\u2019installe avec les chanteurs. Superbe autre vision du drame.<\/p>\n<div id=\"attachment_2076\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/8hamletdrvincentpontet.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2076\" class=\"wp-image-2076\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/8hamletdrvincentpontet-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/8hamletdrvincentpontet-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/8hamletdrvincentpontet-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/8hamletdrvincentpontet.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2076\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Laurent Alvaro (Claudius), J\u00e9r\u00f4me Varnier (Le Spectre)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La partition d\u2019Ambroise Thomas demande d\u2019\u00eatre prise \u00e0 bras le corps, mais aussi de soigner les d\u00e9tails pour en montrer toutes les particularit\u00e9s et les originalit\u00e9s. <strong>Louis Langr\u00e9e<\/strong> prend l\u2019ouvrage avec un grand s\u00e9rieux et d\u2019ailleurs la montrera et la fera applaudir \u00e0 la fin du spectacle. Si la premi\u00e8re le montrait un petit peu timide dans certains moments, il semble avoir trouv\u00e9 toutes les possibilit\u00e9s pour cette troisi\u00e8me repr\u00e9sentation avec une grande force \u00e9vocatrice et une tension dramatique. Il soigne les chanteurs en \u00e9vitant de les couvrir mais sans pour autant \u00e9teindre l\u2019orchestre. Il faut dire aussi qu\u2019il est tr\u00e8s bien servi par l\u2019<strong>Orchestre des Champs-\u00c9lys\u00e9es<\/strong>. Cette formation sur instruments d\u2019\u00e9poque nous offre toujours des superbes prestations dans le r\u00e9pertoire romantique. Les instruments ont cette couleur particuli\u00e8re, les cuivres sonnent de fa\u00e7on moins trompettante mais plus sinistre. Les cordes aussi ont ce petit grain particulier qui offre aussi un relief saisissant dans bien des passages. Entre le chef et l\u2019orchestre, la partition est rendue dans toute sa beaut\u00e9 et toute sa force. Saluons aussi la prestation de l\u2019ensemble <strong>Les \u00c9l\u00e9ments<\/strong> qui nous donnent un ch\u0153ur tr\u00e8s beau, \u00e0 la fois nuanc\u00e9 et puissant malgr\u00e9 l\u2019effectif restreint.<\/p>\n<div id=\"attachment_2080\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc64701.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2080\" class=\"wp-image-2080\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc64701-300x200.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc64701-300x200.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc64701-768x512.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc64701.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2080\" class=\"wp-caption-text\">Acte V : Julien Behr (La\u00ebrte), St\u00e9phane Degout (Hamlet)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les petits r\u00f4les sont distribu\u00e9s de belle mani\u00e8re m\u00eame si leurs participations sont assez courtes. Mais <strong>Kevin Amiel<\/strong> et <strong>Yoann Dubruque<\/strong> offrent de belles prestations dans les doubles r\u00f4les des amis d\u2019Hamlet et des fossoyeurs. Mais de ces petits r\u00f4les se d\u00e9tache bien s\u00fbr le Spectre. M\u00eame s\u2019il n\u2019intervient que rarement, il reste central dans le drame. Et <strong>J\u00e9r\u00f4me Varnier<\/strong> offre encore une fois sa magnifique voix de basse si charismatique. Il conna\u00eet tr\u00e8s bien le r\u00f4le et la tessiture lui convient parfaitement. La noblesse du phras\u00e9, le grave noir sans \u00eatre lourd\u2026 Il donne au feu roi une stature digne d\u2019un Commandeur chez <em>Don Giovanni<\/em>. Mais plus complexe, il sait manier la voix implacable et les accents paternels envers son fils. R\u00f4le plus anecdotique mais qui a pourtant deux petits airs, La\u00ebrte est chant\u00e9 par un <strong>Julien Behr<\/strong> en grande forme. On retrouve bien s\u00fbr les qualit\u00e9s de diction mais aussi une voix qui semble se d\u00e9velopper vers plus de lyrisme. Le personnage reste assez inconsistant, mais le chant est beau et bien men\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_2079\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc60351.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2079\" class=\"wp-image-2079\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc60351-300x199.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"332\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc60351-300x199.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc60351-768x510.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc60351.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2079\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Laurent Alvaro (Claudius), Sylvie Brunet-Grupposo (Gertrude)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Claudius est souvent distribu\u00e9 \u00e0 des basses qui se retrouvent \u00e0 peiner dans certains aigus. Ici, <strong>Laurent Alvaro<\/strong> est un baryton-basse \u00e0 la belle couleur sombre. Loin du vieillard, il campe au contraire un roi dans la force de l\u2019\u00e2ge, s\u00fbr de lui et qui ne doute jamais. La voix est puissante et bien projet\u00e9e, pleine de morgue dans bien des passages avant que ne se d\u00e9couvrent les failles du d\u00e9but du troisi\u00e8me acte. Face \u00e0 lui se trouve celle qui est sans doute la plus grande mezzo-soprano fran\u00e7aise actuelle, malgr\u00e9 le peu de cas qu\u2019en font les m\u00e9dias. <strong>Sylvie Brunet-Grupposo<\/strong> a d\u00e9j\u00e0 chant\u00e9 de nombreuses fois le r\u00f4le de Gertrude, que ce soit d\u2019ailleurs dans la mise en sc\u00e8ne de Py ou de Boussard. Elle avait \u00e0 chaque fois adapt\u00e9 son jeu pour se conformer au personnage vu par le metteur en sc\u00e8ne. Elle est encore diff\u00e9rente ici, vrai m\u00e8re tortur\u00e9e et non mante religieuse. Le doute est toujours pr\u00e9sent chez elle et elle ne peut lutter face \u00e0 son fils. Vocalement, elle offre un portrait vocal sid\u00e9rant. Le timbre a toujours cette couleur si singuli\u00e8re et la voix r\u00e9ussit \u00e0 assumer les grands \u00e9carts de tessiture. Le grave a une densit\u00e9 magnifique qui montre toute la peur qui l\u2019habite\u2026 et l\u2019aigu a une aisance qui fait trembler le th\u00e9\u00e2tre. Elle compose une reine vraiment complexe et qui impressionne vocalement. On se demande pourquoi on ne lui propose pas plus de premiers r\u00f4les voir m\u00eame pourquoi des productions de <em>Th\u00e9r\u00e8se<\/em> ou <em>Cl\u00e9op\u00e2tre<\/em> de Massenet ne lui ont jamais \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es. Elle m\u00e9rite ces premiers grands r\u00f4les et serait sans doute parfaite dans les r\u00f4les cr\u00e9\u00e9s par Lucy Arbell.<\/p>\n<div id=\"attachment_2078\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/10hamletdrvincentpontet.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2078\" class=\"wp-image-2078\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/10hamletdrvincentpontet-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/10hamletdrvincentpontet-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/10hamletdrvincentpontet-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/10hamletdrvincentpontet.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2078\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV : Sabine Devielhe (Oph\u00e9lie)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oph\u00e9lie est souvent le r\u00f4le qui motive la reprise de cet op\u00e9ra. Mais pourtant, le personnage n\u2019est pas si pr\u00e9sent dans l\u2019histoire. Elle est une victime collat\u00e9rale comme le dit Hamlet \u00e0 la fin. Mais elle b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un air d\u2019entr\u00e9e superbe et d\u2019une grande sc\u00e8ne de folie qui permettent aux sopranos de briller. Et avouons que sa partie est superbe, pleine de d\u00e9licatesse et de nuances. R\u00e9cemment, Natalie Dessay et Annick Massis ont marqu\u00e9 le r\u00f4le chez les fran\u00e7aises, alors que Patrizia Ciofi a chant\u00e9 de nombreuses fois Oph\u00e9lie avec l\u2019art qu\u2019on lui conna\u00eet. <strong>Sabine Devieilhe<\/strong> se montre vraiment l\u2019h\u00e9riti\u00e8re des fran\u00e7aises dans la fa\u00e7on dont elle aborde le r\u00f4le. Le fran\u00e7ais est parfait et elle peut s\u2019appuyer sur une voix de soprano l\u00e9ger tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise dans l\u2019aigu tout comme dans les demi-teintes. Son Oph\u00e9lie est d\u00e9licate, mais elle lui donne aussi cette force qui semble caract\u00e9riser la chanteuse. Le chant est bien s\u00fbr de toute beaut\u00e9 avec une grande facilit\u00e9, mais elle apporte une certaine force de caract\u00e8re durant le premier acte qu\u2019on entend rarement. Par contre, elle sait petit \u00e0 petit sombrer dans cette stupeur qui la conduira \u00e0 la mort. Le chant se fait plus d\u00e9licat, plus triste aussi\u2026 Mais il lui manque peut-\u00eatre une petite touche d\u2019humanit\u00e9 pour vraiment fasciner. La partition est parfaitement chant\u00e9e, le personnage bien cern\u00e9, mais la voix reste un peu dure et froide m\u00eame durant les grands moments de d\u00e9sespoir. Ainsi sa noyade est musicalement splendide, mais manque l\u00e9g\u00e8rement de cette douleur que l\u2019on pourrait ressentir. Bien s\u00fbr la sc\u00e8ne de folie est particuli\u00e8rement bien rendue, comme elle l\u2019a fait dans son r\u00e9cital <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1570\">r\u00e9cent<\/a>. Tout cela n\u2019est que de la nuance bien s\u00fbr, mais passer apr\u00e8s Patrizia Ciofi est difficile dans le domaine de l\u2019\u00e9motion.<\/p>\n<div id=\"attachment_2077\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/9hamletdrvincentpontet.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2077\" class=\"wp-image-2077\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/9hamletdrvincentpontet-300x196.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"327\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/9hamletdrvincentpontet-300x196.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/9hamletdrvincentpontet-768x502.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/9hamletdrvincentpontet.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2077\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Sabine Devieilhe (Oph\u00e9lie), St\u00e9phane Degout (Hamlet)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, que dire de <strong>St\u00e9phane Degout<\/strong> si ce n\u2019est qu\u2019il est un Hamlet sid\u00e9rant de v\u00e9rit\u00e9\u00a0? Il semble investi comme jamais dans ce r\u00f4le, depuis la d\u00e9pression la plus compl\u00e8te jusqu\u2019\u00e0 cette fa\u00e7on de narguer son beau-p\u00e8re. Le regard, la posture\u2026 tout le montre totalement dans l\u2019ouvrage et dans son personnage. Mais il y aussi la partie vocale qui est assum\u00e9e avec un aplomb certain. La tessiture d\u2019Hamlet est tr\u00e8s haute et certains barytons peinent \u00e0 tenir la distance. Pourtant, Degout semble aussi frais en d\u00e9but qu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ouvrage, l\u2019aigu sonore et assur\u00e9. Mais c\u2019est surtout les nuances et la fa\u00e7on de dire le texte qui fait tout le prix de son interpr\u00e9tation car on sent que chaque mot et chaque situation sont pens\u00e9es et v\u00e9cues. Le naturel de sa diction et de sa d\u00e9clamation donnerait presque une le\u00e7on aux grands diseurs que sont aussi ses partenaires de sc\u00e8ne. Il chante le r\u00f4le comme il chante de la m\u00e9lodie, avec la m\u00eame gourmandise du mot, mais au service du drame. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9 de Jean-Fran\u00e7ois Lapointe \u00e0 Avignon, sa col\u00e8re est int\u00e9rieure et n\u2019explose que rarement, sa voix est contenue dans une col\u00e8re froide. Le portrait est totalement abouti et impressionne.<\/p>\n<div id=\"attachment_2082\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc65211.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2082\" class=\"wp-image-2082\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc65211-300x200.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc65211-300x200.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc65211-768x512.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dsc65211.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2082\" class=\"wp-caption-text\">Acte V<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici donc une production d\u2019<em>Hamlet<\/em> qui se faisait attendre et qui aura tenu toutes ses promesses. La distribution est parfaite avec des chanteurs totalement impliqu\u00e9s dans leurs r\u00f4les, alors que l\u2019orchestre d\u00e9ploie toutes les beaut\u00e9s de la partition d\u2019Ambroise Thomas. Si la mise en sc\u00e8ne pouvait \u00eatre plus chaleureuse, elle donne \u00e0 voir un travail th\u00e9\u00e2trale impressionnant d\u2019intensit\u00e9. Une grande r\u00e9ussite de l\u2019Op\u00e9ra-Comique encore une fois\u00a0!<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>21 d\u00e9cembre 2018<\/li>\n<li>Ambroise Thomas (1811-1896), Hamlet, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Cyril Teste\u00a0; Sc\u00e9nographie, Ramy Fischler\u00a0; Costumes, Isabelle Deffin\u00a0; Lumi\u00e8res, Julien Boizard\u00a0; Conception-vid\u00e9o, Mehdi Toutain-Lopez \/ Nicolas Dor\u00e9mus\u00a0; Dramaturgie, Leila Adham<\/li>\n<li>Hamlet, St\u00e9phane Degout\u00a0; Oph\u00e9lie, Sabine Devieilhe\u00a0; Gertrude, Sylvie Brunet-Grupposo\u00a0; Claudius, Laurent Alvaro\u00a0; La\u00ebrte, Julie Behr\u00a0; Le Spectre, J\u00e9r\u00f4me Varnier\u00a0; Marcellus \/ Deuxi\u00e8me fossoyeur, Kevin Amiel\u00a0; Horatio \/ Premier fossoyeur, Yoann Dubruque\u00a0; Polonius, Nicolas Legoux<\/li>\n<li>Les \u00c9l\u00e9ments<\/li>\n<li>Orchestre des Champs-\u00c9lys\u00e9es<\/li>\n<li>Louis Langr\u00e9e, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode, Louis Langr\u00e9e nous avait enchant\u00e9 avec un Comte Ory de tout premier ordre. 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