{"id":2017,"date":"2018-10-21T14:20:23","date_gmt":"2018-10-21T12:20:23","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2017"},"modified":"2018-10-21T14:20:23","modified_gmt":"2018-10-21T12:20:23","slug":"orphee-a-lopera-comique-version-berlioz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2017","title":{"rendered":"<i>Orph\u00e9e<\/i> \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique, version Berlioz!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2017\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2019\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_2-231x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"389\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_2-231x300.jpg 231w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_2-768x995.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_2-790x1024.jpg 790w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_2.jpg 925w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Le mythe d\u2019Orph\u00e9e est tr\u00e8s important dans l\u2019histoire de l\u2019op\u00e9ra, comme le rappelle Agn\u00e8s Terrier dans sa pr\u00e9sentation du spectacle. Bien s\u00fbr, il y a eu Monteverdi, mais aussi Caccini, Peri, Rossi, Charpentier, Haydn\u2026 et plus proche de nous Offenbach. Gluck va prendre ce sujet pour r\u00e9volutionner l\u2019op\u00e9ra, passer du baroque seria au classique. Il faut dire que mettant en avant l\u2019artiste, cette histoire ne peut que passionner les compositeurs et favoriser la r\u00e9ception du public. Mont\u00e9 il y a peu dans sa version premi\u00e8re en italien au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es, la partition de Gluck est ici mont\u00e9e dans sa version remani\u00e9e par Hector Berlioz. Du contre-t\u00e9nor Philippe Jaroussky nous passons \u00e0 Marianne Cr\u00e9bassa pour le r\u00f4le principal. De part son histoire et son orientation artistique, l\u2019Op\u00e9ra-Comique ne pouvait faire autrement que monter une version fran\u00e7aise\u2026 le choix entre la version revue par Hector Berlioz permet de donner le r\u00f4le \u00e0 une mezzo-soprano et ainsi retrouver la tessiture originale de l\u2019ouvrage.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gluck composa <em>Orfeo ed Euridice<\/em> pour Vienne en 1762. Il voulait par cette \u0153uvre faire bouger les lignes et donner \u00e0 entendre un op\u00e9ra diff\u00e9rent de la tradition. Depuis de nombreuses ann\u00e9es en effet, l\u2019op\u00e9ra seria r\u00e9gnait en ma\u00eetre avec ses conventions et ses habitudes. Les chanteurs \u00e9taient les grands vainqueurs et ne cherchaient finalement que peu \u00e0 cr\u00e9er des personnages. Avec cet ouvrage condens\u00e9, sans roulades ou vocalises d\u00e9brid\u00e9es, le Gluck frappait un grand coup. Le th\u00e8me lui permet d\u00e9j\u00e0 de mettre en avant le musicien, mais aussi de montrer et faire ressentir avant tout la trag\u00e9die qui se d\u00e9roule. Malgr\u00e9 cela, il ne pouvait totalement s\u2019extraire des traditions et nous avons donc une grande ouverture et un final joyeux\u2026 et le r\u00f4le principal est donn\u00e9 \u00e0 un castrat, le grand contralto Gaetano Guadagni qui fera sensation lors de la cr\u00e9ation. Sept ans plus tard, le compositeur revoit sa partition pour une nouvelle version italienne cette fois cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Parme avec toujours un castrat, mais le soprano Giuseppe Millico. Mais le musicien r\u00eave de Paris depuis de nombreuses ann\u00e9es, ville o\u00f9 son ancienne \u00e9l\u00e8ve Marie-Antoinette a \u00e9pous\u00e9 le Dauphin. La version fran\u00e7aise de 1774 sera donc cr\u00e9\u00e9e devant le couple royal. Orph\u00e9e sera alors chant\u00e9 par le haute-contre Joseph Legros, tessiture qui \u00e9tait alors en France li\u00e9e aux h\u00e9ros. Changement de tessiture donc, mais aussi un gros travail sur la structure pour s\u2019inscrire dans le canon de l\u2019op\u00e9ra fran\u00e7ais de l\u2019\u00e9poque. De m\u00eame l\u2019orchestre sera adapt\u00e9 au magnifique ensemble qui joue pour l\u2019Op\u00e9ra de Paris. Le triomphe est encore au rendez-vous et l\u2019ouvrage restera \u00e0 l\u2019affiche pendant pr\u00e8s de quarante ans encore dans cette version \u00e0 Paris.<\/p>\n<div id=\"attachment_2021\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_7.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2021\" class=\"wp-image-2021\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_7-300x200.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_7-300x200.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_7-768x512.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_7-1024x683.png 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_7.png 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2021\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Lea Desandre (Amour)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais durant le XIX\u00e8me si\u00e8cle, on ralentit les productions et finalement Gluck ne sera plus mont\u00e9 sur sc\u00e8ne. Il faut dire que la partition est devenue tellement une tradition que les chefs et les chanteurs se permettent des fantaisies sans chercher \u00e0 revenir \u00e0 la partition originale. Hector Berlioz en est r\u00e9vuls\u00e9 lui qui \u00e9tait un admirateur de Gluck. Mais il n\u2019est pas le seul \u00e0 aimer le musicien\u2026 Pauline Viardot continue \u00e0 chanter des extraits de ses op\u00e9ras lors de ses concerts et apr\u00e8s avoir chant\u00e9 Eurydice, Giacomo Meyerbeer lui conseille de se pencher sur le r\u00f4le d\u2019Orph\u00e9e. Elle se tourne alors vers Berlioz pour qu\u2019il lui pr\u00e9pare une version d\u2019<em>Orph\u00e9e<\/em> adapt\u00e9 \u00e0 sa voix d\u2019alto tout en conservant la langue fran\u00e7aise. En piochant dans la version de Vienne ou celle de Paris, le compositeur se veut tr\u00e8s prudent avec la partition, refusant de couper ou re-composer (il demandera de faire ce travail \u00e0 Camille Saint-Sa\u00ebns pour quelques d\u00e9tails). Il souhaite en fait r\u00e9aliser une sorte de synth\u00e8se entre les deux partitions de Vienne et Paris, en retrouvant la tessiture originale mais en cherchant plut\u00f4t \u00e0 se concentrer sur la partition de Paris. La seule concession au go\u00fbt de l\u2019\u00e9poque est la grande cadence voulue par Pauline Viardot \u00e0 la fin du premier acte. L\u2019Op\u00e9ra-Comique a donc choisi cette version de Berlioz pour pr\u00e9senter l\u2019ouvrage au public d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<div id=\"attachment_2022\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_8.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2022\" class=\"wp-image-2022\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_8-300x189.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"314\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_8-300x189.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_8-768x483.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_8-1024x644.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_8.jpg 1909w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2022\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, Final<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 une archive montrant que Gluck avait commenc\u00e9 \u00e0 composer une autre ouverture et la trouvant trop pompeuse et peu en accord avec le d\u00e9but de l\u2019op\u00e9ra, <strong>Rapha\u00ebl Pichon<\/strong> a d\u00e9cid\u00e9 de la supprimer, la rempla\u00e7ant par un extrait fun\u00e8bre de <em>Don Juan, ou le festin de pierre<\/em>. De m\u00eame, le final joyeux sera coup\u00e9. Point de retour d\u2019Amour donc mais \u00e0 la place le retour du ch\u0153ur fun\u00e8bre c\u00e9l\u00e9brant la mort d\u2019Eurydice. Ces changements sont justifi\u00e9s par le fait que Gluck aurait d\u00fb conserver ces passages pour complaire au couple royal qui assistait \u00e0 la premi\u00e8re \u00e0 Paris (alors que ces passages \u00e9taient aussi compos\u00e9s pour complaire au coupe imp\u00e9rial \u00e0 Vienne!). Pourquoi pas, mais il est dommage de perdre ces belles pages de musiques. Et m\u00eame, le contraste brutal entre le bondissant de l\u2019ouverture et le sinistre ch\u0153ur qui suit donne une vision encore plus sombre de ce cort\u00e8ge fun\u00e8bre. Le r\u00e9sultat est certes tr\u00e8s int\u00e9ressant mais il est tout de m\u00eame \u00e9trange de faire subir cette transformation \u00e0 l\u2019ouvrage, d\u2019autant que Hector Berlioz lui m\u00eame n\u2019avait pas os\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_2023\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_corot.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2023\" class=\"wp-image-2023\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_corot-300x249.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"415\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_corot-300x249.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_corot-768x638.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_corot.jpg 1005w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2023\" class=\"wp-caption-text\">Orph\u00e9e ramenant Eurydice des Enfers (Jean-Baptiste Camille Corot, 1861)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne d\u2019<strong>Aur\u00e9lien Bory<\/strong> repose sur un grand Pepper\u2019s Ghost, sorte de grand miroir sans teint qui laisse tout de m\u00eame voir l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 travers. Ce dispositif permet de d\u00e9doubler la vision du spectateur, refl\u00e9tant le sol \u00e0 la verticale et donc donnant \u00e0 voir des moments forts. Ainsi, les danseurs et choristes sont allong\u00e9s en groupe sur un disque pour les gardiens des enfers\u2026 de face, on en voit rien\u2026 mais de haut, l\u2019on voit une masse grouillante, repr\u00e9sentation parfaite de l\u2019enfer avec ces corps enchev\u00eatr\u00e9s. On peut aussi assister \u00e0 de nombreuses dispositions particuli\u00e8rement belles avec ce dispositif. Pas d\u2019\u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cors donc en dehors de ce miroir qui refl\u00e8te donc les personnages, mais aussi le grand tableau de Corot \u00ab\u00a0Orph\u00e9e ramenant Eurydice des Enfers\u00a0\u00bb. La mise en sc\u00e8ne en tant que telle est donc tr\u00e8s simple. Mais il y a le jeu de sc\u00e8ne voir m\u00eame la chor\u00e9graphie qui apporte encore un gros \u00e9l\u00e9ment. Tout est parfaitement mis en image avec une inventivit\u00e9 et une gr\u00e2ce rarement vue \u00e0 l\u2019op\u00e9ra. Ainsi, la mort d\u2019Eurydice par exemple est splendide avec ce grand voile noir qui d\u2019abord se gonfle derri\u00e8re elle\u2026 avant qu\u2019il ne vienne le contraindre comme une momie incapable de bouger. Le personnage le plus travaill\u00e9 pour l\u2019aspect sc\u00e9nique est sans conteste l\u2019Amour. Aur\u00e9lien Bory profite de la formation de danseuse de Lea Desandre pour lui demander des exploits sur sc\u00e8ne. Artiste de cirque sur son grand cercle de m\u00e9tal, elle va ensuite jouer les \u00e9quilibristes sur les mains des danseurs sans que jamais son chant n\u2019en soit impact\u00e9. Peut-\u00eatre un peu trop de d\u00e9monstration ici, mais le rendu est splendide\u00a0! A ces \u00e9l\u00e9ments s\u2019ajoutent des \u00e9clairages superbes et d\u00e9licats alors que les costumes sont particuli\u00e8rement sobres, avec par une belle singularisation d\u2019Orph\u00e9e par sa perruque blanche au milieu des perruques noires du ch\u0153ur.<\/p>\n<div id=\"attachment_2018\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2018\" class=\"wp-image-2018\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_1-300x190.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"316\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_1-300x190.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_1-768x486.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_1-1024x648.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_1.jpg 1897w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2018\" class=\"wp-caption-text\">Acte II<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est surprenant sur le papier de voir l\u2019<strong>Ensemble Pygmalion<\/strong> pour cet <em>Orph\u00e9e<\/em> dans la version d\u2019Hector Berlioz. En effet, autant il aurait \u00e9t\u00e9 logique dans une version ant\u00e9rieure pour la tradition baroque voire classique, autant l\u2019orchestre de cette version est plus romantique par certains aspects. Mais <strong>Rapha\u00ebl Pichon<\/strong> explique que le but est de donner une version qui serait celle esp\u00e9r\u00e9e par Gluck. Il souhaitait donc retrouver les sonorit\u00e9s de l\u2019\u00e9poque de Gluck pour une partition revue par la suite. Il donne toute sa place aux percussions par exemple, fait sonner les cuivres naturels et les cordes comme l\u2019orchestre baroque&#8230; Le son est du coup moins massif et impressionnant que d\u2019habitude dans cette version, trouvant des teintes plus proches de la version de Paris pour t\u00e9nor. Le chef propose une vision tr\u00e8s noire de cette musique, mettant en avant ce c\u00e9r\u00e9monial fun\u00e8bre avant tout, m\u00eame dans la sc\u00e8ne des Champs-\u00c9lys\u00e9es o\u00f9 l\u2019on entend tout de m\u00eame une certaine tristesse. Les textures sont superbes, l\u2019\u00e9nergie bien pr\u00e9sente\u2026 il manque juste un peu plus de diff\u00e9renciations entre les diff\u00e9rentes parties. Il faut dire que l\u2019ensemble est de tr\u00e8s haut niveau, que ce soit les musiciens ou les choristes. Car ces derniers sont primordiaux pour commenter l\u2019ouvrage . Les pupitres sont parfaits, mais \u00e0 cela s\u2019ajoute la beaut\u00e9 de la diction et des couleurs\u2026 ainsi que l\u2019investissement sc\u00e9nique de chacun.<\/p>\n<div id=\"attachment_2020\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_6.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2020\" class=\"wp-image-2020\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_6-300x200.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_6-300x200.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_6-768x512.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_6-1024x683.png 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_6.png 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2020\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Marianne Crebassa (Orph\u00e9e), H\u00e9l\u00e8ne Guilmette (Eurydice)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le d\u2019Amour est d\u00e9j\u00e0 peu d\u00e9velopp\u00e9 quelle que soit la version. Mais ici, en refusant la fin heureuse, on perd aussi le retour du personnage en fin d\u2019op\u00e9ra. Il faut donc tout donner durant le premier acte. L\u2019apparition de <strong>Lea Desandre<\/strong> et son aisance vocale donnent un beau relief au personnage\u2026 mais avant tout ce sera sa prestation sc\u00e9nique qui restera dans la m\u00e9moire. En effet, si la partition ne lui permet pas non plus de d\u00e9montrer ton son talent, elle se montre une gymnaste accomplie. Que ce soit inscrite dans une disque ou alors \u00e0 jouer les funambules avec l\u2019aide des danseurs, elle met \u00e0 profit sa pratique de la danse pour nous montrer une aisance sid\u00e9rante\u00a0! Le tout est particuli\u00e8rement fluide, ne perturbe jamais la nettet\u00e9 du chant. La prestation est impressionnante de ma\u00eetrise\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre r\u00f4le peu d\u00e9velopp\u00e9, Eurydice permet tout de m\u00eame \u00e0 la chanteuse de plus s\u2019exprimer vocalement. <strong>H\u00e9l\u00e8ne Guilmette<\/strong> fait une entr\u00e9e plut\u00f4t timide, plac\u00e9e derri\u00e8re le Pepper\u2019s Ghost qui fait l\u00e9g\u00e8rement \u00e9cran. Mais rapidement on retrouve sa voix pure et chaude. Trop souvent distribu\u00e9 \u00e0 des sopranos l\u00e9gers, nous avons ici un timbre plus lyrique et affirm\u00e9 pour un personnage plus touchant que souvent. Sc\u00e9niquement beaucoup plus raide et immobile, elle donne une tr\u00e8s belle image par son chant, o\u00f9 la douleur et la tristesse sont parfaitement rendues.<\/p>\n<div id=\"attachment_2024\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_3.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2024\" class=\"wp-image-2024\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_3-300x200.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_3-300x200.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_3-768x512.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_3-1024x683.png 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee_3.png 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2024\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Marianne Crebassa (Orph\u00e9e)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais bien s\u00fbr, c\u2019est le r\u00f4le d\u2019Orph\u00e9e qui retient toute l\u2019attention. <strong>Marianne Crebassa<\/strong> avait d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9 les esprits avec <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1184\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Fantasio<\/em><\/a> il y a quelques saisons, mais elle retrouve ici un r\u00f4le tr\u00e8s diff\u00e9rent dans son approche. Loin de l\u2019\u00e9tudiant jouisseur et amoureux, nous avons ici un po\u00e8te en deuil. Le r\u00f4le aussi demande une voix beaucoup plus longue. Le r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 taill\u00e9 sur mesure pour la voix de la grande Pauline Viardot. Il faut donc balayer du grave \u00e0 l\u2019aigu sans probl\u00e8me, notamment dans la grande cadence de l\u2019air de fin du premier acte. La jeune mezzo-soprano n\u2019a peut-\u00eatre pas encore la noblesse classique que l\u2019on peut imaginer chez Viardot, mais elle donne une belle jeunesse au personnage. Il y a un c\u00f4t\u00e9 adolescent dans son Orph\u00e9e. La voix est superbe, du grave sonore \u00e0 l\u2019aigu lumineux. Le timbre toujours un peu rocailleux se d\u00e9ploie sur la lamentation pour toucher au c\u0153ur du public. La diction, les couleurs de la voix, les nuances\u2026 elle compose un personnage particuli\u00e8rement touchant et humain. Nullement fatigu\u00e9e par la longueur du r\u00f4le, elle chante aussi bien le tr\u00e8s touchant \u00ab\u00a0J\u2019ai perdu mon Eurydice\u00a0\u00bb en fin de spectacle que l\u2019air virtuose du premier acte. Vocalises ou grandes lignes ne lui font pas peur et au contraire, elle semble poss\u00e9der parfaitement la technique n\u00e9cessaire pour ces grands r\u00f4les tragiques o\u00f9 d\u00e9clamation et virtuosit\u00e9 sont n\u00e9cessaires. Peut-\u00eatre tient-on la mezzo fran\u00e7aise qui pourra par la suite se frotter \u00e0 ces r\u00f4les cr\u00e9\u00e9s par Viardot\u2026 Fid\u00e8s du <em>Proph\u00eate<\/em> ou <em>Sapho<\/em> de Gounod par exemple\u00a0! En tout cas, Marianne Crebassa fascine par sa composition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 les petites modifications de la partition, ce spectacle b\u00e9n\u00e9ficie de la rencontre entre un metteur en sc\u00e8ne, un chef et une mezzo-soprano. Car il faut bien le dire, c\u2019est avant tout Marianne Crebassa qui tient la sc\u00e8ne. L\u2019ensemble est magnifique et laisse le public totalement sous le choc en fin de spectacle. Apr\u00e8s le magnifique <em>Orfeo<\/em> de Rossi donn\u00e9 par Rapha\u00ebl Pichon il y a quelques temps, voici donc un nouvel <em>Orph\u00e9e<\/em> splendide.<\/p>\n<p>Le spectacle est disponible sur <a href=\"https:\/\/www.arte.tv\/fr\/videos\/084854-000-A\/orphee-et-eurydice-de-gluck-a-l-opera-comique\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Arte Concert<\/a> jusqu&rsquo;au 17 mars 2019.<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Paris<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">18 octobre 2018<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Christoph Willibald von Gluck (1714-1787) \/ Hector Berlioz (1803-1869), Orph\u00e9e et Eurydice, Drame h\u00e9ro\u00efque en trois actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Mise en sc\u00e8ne, Aur\u00e9lien Bory\u00a0; Dramaturgie, Ta\u00efcyr Fadel\u00a0; D\u00e9cors, Pierre Dequivre\u00a0; Costumes, Manuela Agnesini\u00a0; Lumi\u00e8res, Arno Veyrat<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orph\u00e9e, Marianne Crebassa\u00a0; Eurydice, H\u00e9l\u00e8ne Guilmette\u00a0; Amour, Lea Desandre<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Danseurs, Claire Carpentier \/ \u00c9lodie Chan \/ Yannis Fran\u00e7ois \/ Tommy Entresangle \/ Marguerita Mischitelli \/ Charlotte Siepiora<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ensemble Pygmalion<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Rapha\u00ebl Pichon, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le mythe d\u2019Orph\u00e9e est tr\u00e8s important dans l\u2019histoire de l\u2019op\u00e9ra, comme le rappelle Agn\u00e8s Terrier dans sa pr\u00e9sentation du spectacle. 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