{"id":1977,"date":"2018-09-18T16:12:44","date_gmt":"2018-09-18T14:12:44","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1977"},"modified":"2018-09-18T16:12:44","modified_gmt":"2018-09-18T14:12:44","slug":"hamlet-et-sa-discographie-en-attendant-la-production-de-lopera-comique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1977","title":{"rendered":"<i>Hamlet<\/i> et sa discographie&#8230; en attendant la production de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1977\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1979\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Hamlet_by_Alphonse_de_Neuville-230x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"391\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Hamlet_by_Alphonse_de_Neuville-230x300.jpg 230w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Hamlet_by_Alphonse_de_Neuville.jpg 614w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Ambroise Thomas est connu pour deux ouvrages\u00a0: <em>Mignon<\/em> et <em>Hamlet<\/em>. Longtemps ces deux op\u00e9ras sont rest\u00e9s des piliers des op\u00e9ras fran\u00e7ais avec bien s\u00fbr le premier \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique et le second \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris, qu\u2019il soit au Palais Garnier ou \u00e0 la Salle Le Pelletier. Mais depuis le d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle, il y a eu une perte de vitesse en particulier pour <em>Hamlet<\/em>. \u00c9tait-ce le traitement inflig\u00e9 \u00e0 la pi\u00e8ce de Shakespeare qui a fait se d\u00e9tourner le public\u00a0? Ou alors la mauvaise image de la musique d\u2019Ambroise Thomas\u00a0? Toujours est-il qu\u2019il faudra attendre la fin des ann\u00e9es soixante-dix pour que l\u2019ouvrage retrouve les grandes sc\u00e8nes, port\u00e9 souvent par un baryton qui voulait se mesurer \u00e0 un r\u00f4le en or. Ainsi Sherril Milnes, Thomas Allen, Thomas Hampson\u2026 malheureusement jamais de fran\u00e7ais (alors que l\u2019on peut r\u00eaver d\u2019un Ernest Blanc ou plus proche de nous Ludovic T\u00e9zier!). Il y eut aussi quelques Oph\u00e9lie comme bien s\u00fbr Natalie Dessay. Et plus proche de nous, nous avons St\u00e9phane Degout qui est l\u2019interpr\u00e8te actuel le plus marquant\u2026 et l\u2019on attend avec impatience la prise de r\u00f4le de Sabine Devieilhe. Aussi, un petit retour sur cet ouvrage et particuli\u00e8rement sa discographie qui reste assez pauvre m\u00eame si l\u2019on a la chance d\u2019avoir plusieurs enregistrements complets de bonne qualit\u00e9\u00a0!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ambroise Thomas avait d\u00e9j\u00e0 eu quelques succ\u00e8s sur les sc\u00e8nes lyriques, en particulier avec <em>Mignon<\/em> en 1866, quand fut cr\u00e9\u00e9 <em>Hamlet<\/em>. Pourtant, cette partition avait \u00e9t\u00e9 compos\u00e9e avant l\u2019op\u00e9ra-comique. En effet, en 1863 une premi\u00e8re version de l\u2019ouvrage est termin\u00e9e sur le livret de Jules Barbier et Michel Carr\u00e9. Fort de son succ\u00e8s, le compositeur va donc reprendre <em>Hamlet<\/em> en l\u2019adaptant aux besoins de l\u2019Op\u00e9ra de Paris (cinq actes et un ballet) mais aussi aux chanteurs disponibles. Il y avait bien s\u00fbr la grande Christine Nilsson pour Oph\u00e9lie, rivale d\u2019Adelina Patti, qui inaugura le Metropolitan de New-York en 1883 avec le <em>Faust<\/em> de Gounod. Mais aussi Pauline Lauters-Gueymard en Gertrude qui cr\u00e9a entre autre le r\u00f4le de Balkis dans <em>La Reine de Saba<\/em> de Charles Gounod mais aussi chanta la premi\u00e8re L\u00e9onore du <em>Trouv\u00e8re<\/em> \u00e0 Paris et cr\u00e9a par la suite le r\u00f4le de Lilia dans <em>Herculanum<\/em> de F\u00e9licien David ainsi qu\u2019Eboli dans le <em>Don Carlos<\/em> de Verdi (on lui doit la tessiture haute de ce r\u00f4le de mezzo-soprano!). Mais il manquait le t\u00e9nor capable d\u2019affronter le r\u00f4le titre. L\u2019Op\u00e9ra disposait par contre du grand Jean-Baptiste Faure qui participa aux cr\u00e9ations de <em>L\u2019Africaine<\/em> de Meyerbeer (Nelusko) mais aussi de <em>Don Carlos<\/em> pour bien s\u00fbr Posa\u2026 tout en chantant tous les plus grands r\u00f4les de baryton\u00a0: Guillaume Tell, Don Giovanni, Alphonse IX dans La Favorite et m\u00eame M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s du <em>Faust<\/em> de Gounod pour son entr\u00e9e au r\u00e9pertoire de l\u2019Op\u00e9ra de Paris en 1869. Nous avions donc l\u00e0 une troupe de haute vol\u00e9e. C\u2019est aussi ce qui fait la difficult\u00e9 de donner tous ces op\u00e9ras fran\u00e7ais\u00a0: la troupe \u00e9tait alors constitu\u00e9e des plus grands chanteurs du monde et les partitions \u00e9crites sur mesure pour ces interpr\u00e8tes d\u2019exception\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1983\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_Jean-Baptiste_Faure-Edouard_Manet_1877.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1983\" class=\"wp-image-1983\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_Jean-Baptiste_Faure-Edouard_Manet_1877-196x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"383\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_Jean-Baptiste_Faure-Edouard_Manet_1877-196x300.jpg 196w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_Jean-Baptiste_Faure-Edouard_Manet_1877.jpg 386w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1983\" class=\"wp-caption-text\">Jean-Baptiste_Faure dans le r\u00f4le d&rsquo;Hamlet (\u00c9douard Manet, 1877)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique d\u2019Ambroise Thomas a actuellement mauvaise presse\u2026 et l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 au XIX\u00e8me si\u00e8cle puisqu\u2019Emmanuel Chabrier disait\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a deux esp\u00e8ces de musique, la bonne et la mauvaise. Et puis il y a la musique d\u2019Ambroise Thomas\u00a0\u00bb. Pour beaucoup en effet, le compositeur n\u2019\u00e9tait pas un artiste puisqu\u2019il ne cherchait qu\u2019\u00e0 plaire au public. Sa musique serait donc facile, l\u00e9g\u00e8re, simple et surtout pas novatrice. Bien s\u00fbr, \u00e0 l\u2019\u00e9coute de cet <em>Hamlet<\/em> il est difficile de dire que l\u2019on a ici un grand visionnaire\u2026 mais de l\u00e0 \u00e0 lui enlever son talent. Le musicien a tout de m\u00eame \u00e9t\u00e9 pendant longtemps professeur au Conservatoire avant de le diriger. Il \u00e9tait donc plut\u00f4t dans le camp des gardiens de la tradition fran\u00e7aise qui allait plonger chez Meyerbeer, Hal\u00e9vy ou Auber. Mais malgr\u00e9 tout, la partition que l\u2019on entend est loin d\u2019\u00eatre une simple suite de beaux moments. Il y a un grand savoir faire dans les ambiances et les motifs. Tout l\u2019ouvrage est parcouru de quelques th\u00e8mes (l\u2019amour d\u2019Oph\u00e9lie, le serment d\u2019Hamlet,\u2026) qui apportent un sens \u00e0 la musique. Et puis il y a ces couleurs sombres et tendues ou au contraire m\u00e9lancolique et bucoliques. Tout l\u2019ouvrage est compos\u00e9 d\u2019une main s\u00fbre qui donne un op\u00e9ra particuli\u00e8rement dramatique. Il n\u2019y a pas uniquement des grands moments de d\u00e9monstration, mais bien des sc\u00e8nes tr\u00e8s fortes comme l\u2019affrontement entre Hamlet et sa m\u00e8re durant le troisi\u00e8me acte, ou encore l\u2019apparition du Spectre. M\u00eame la sc\u00e8ne du pantomime est puissante avec l\u2019apparition pour la premi\u00e8re fois \u00e0 l\u2019op\u00e9ra du saxophone qui devait provoquer une grande surprise au public de l\u2019\u00e9poque. Alors bien s\u00fbr, beaucoup retiendrons avant tout l\u2019air \u00e0 boire d\u2019Hamlet et la sc\u00e8ne de folie d\u2019Oph\u00e9lie. Mais le premier dans son contexte est plus qu\u2019un simple air d\u2019ivrogne\u00a0: c\u2019est la folie d\u2019un homme qui tente de noyer son d\u00e9sespoir dans la boisson. De m\u00eame la folie d\u2019Oph\u00e9lie est un moment d\u2019une grand po\u00e9sie avec une progression superbe, \u00e9vitant la cabalette finale et lui pr\u00e9f\u00e9rant l\u2019\u00e9vanouissement progressif de la voix de la jeune fille. M\u00eame ces moments oblig\u00e9s sont trait\u00e9s avec intelligence et art. Nous avons bien ici une partition majeure du Grand Op\u00e9ra\u2026 peut-\u00eatre dans un style un peu archa\u00efsant par rapport aux autres ouvrages de la m\u00eame \u00e9poque mais qui reste passionnante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_bonynge.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1978\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_bonynge-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_bonynge-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_bonynge-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_bonynge-768x768.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_bonynge-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_bonynge-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_bonynge.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>En 1983, <em>Hamlet<\/em> \u00e9tait encore une raret\u00e9 et il faut donc saluer le courage de Richard Bonynge d\u2019avoir enregistr\u00e9 la partition compl\u00e8te chez DECCA. Il faut dire qu\u2019il avait l\u00e0 une partition en or, lui qui aimait tant le Grand Op\u00e9ra Fran\u00e7ais. Et puis on peut comprendre que Joan Sutherland ait \u00e9t\u00e9 attir\u00e9e par le r\u00f4le d\u2019Oph\u00e9lie. Elle avait d\u00e9j\u00e0 chant\u00e9 l\u2019air de folie en 1960 pour un r\u00e9cital, puis en 1961 pour la t\u00e9l\u00e9vision\u2026 et enfin ce sera sa derni\u00e8re prise de r\u00f4le sur sc\u00e8ne en 1985, donc apr\u00e8s cet enregistrement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais commen\u00e7ons par l\u2019orchestre. Comme \u00e0 chaque fois dans ce r\u00e9pertoire, <strong>Richard Bonynge<\/strong> trouve le ton juste en dirigeant non seulement avec beaucoup de th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 mais aussi avec une d\u00e9licatesse qui rend parfaitement le style fran\u00e7ais. Les moments d\u2019\u00e9clats sont parfaitement rendus avec grandeur mais sans lourdeur, l\u2019action avance parfaitement sans que le drame ne perde en intensit\u00e9. Car la partition est parfaitement construite et l\u2019on retrouve ici non seulement les moments de terreur mais aussi la joie sombre. Avec un orchestre qui r\u00e9pond parfaitement et qui donne de belles couleurs, l\u2019on peut \u00e9couter une partition rendue dans toute sa grandeur voir m\u00eame toute sa d\u00e9mesure. Car autre fait important, nous avons ici tout le ballet en situation par exemple. Il est juste dommage que le final ne soit aucun des finaux originaux. Pr\u00e9par\u00e9 par Richard Bonynge, on y voit Hamlet mourir des suites de son duel apr\u00e8s avoir rendu justice. Final particuli\u00e8rement romantique donc o\u00f9 l\u2019on voit le jeune homme mourir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son aim\u00e9e mais qui n\u2019est ni celui propos\u00e9 \u00e0 Paris, ni celui propos\u00e9 \u00e0 Londres. On notera aussi une belle prestation du ch\u0153ur qui doit \u00eatre \u00e0 la hauteur de l\u2019orchestre \u00e0 bien des moments, entre autre le fameux acte infernal oblig\u00e9 dans ce r\u00e9pertoire, acte qui doit faire trembler le public de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La distribution est globalement belle avec des petits r\u00f4les soign\u00e9s et parfois m\u00eame luxueux. Ainsi, on retrouve <strong>Joseph Rouleau<\/strong> en second fossoyeur, ou encore <strong>John Tomlinson<\/strong> en Spectre \u00e0 faire fr\u00e9mir. Malheureusement, on regrettera un texte assez flou pour beaucoup des chanteurs\u2026 Autre wagn\u00e9rien, <strong>G\u00f6sta Winbergh<\/strong> est un tr\u00e8s beau La\u00ebrte. Le timbre clair et haut nous offre un tr\u00e8s beau fr\u00e8re d\u2019Oph\u00e9lie malgr\u00e9 la bri\u00e8vet\u00e9 du r\u00f4le\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le couple royal est assez d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 nous avons <strong>James Morris<\/strong> (encore un wagn\u00e9rien!) qui compose un Claudius de tr\u00e8s haute tenue. Le timbre est franc et tranchant, le personnage d\u2019une violence rare tout en soignant la ligne de chant. Le doute et le pouvoir sont parfaitement rendus. Face \u00e0 lui se trouve le gros point noir de cet enregistrement\u00a0: <strong>Barbara Conrad<\/strong>. On se demande o\u00f9 Richard Bonynge est all\u00e9 la chercher. Le timbre vrill\u00e9, les aigus arrach\u00e9s, des d\u00e9fauts d\u2019intonation\u2026 comment pouvoir accepter un tel chant pour le personnage si int\u00e9ressant de Gertrude. O\u00f9 donc se trouvait Huguette Tourangeau en 1983. La voix aurait peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 un peu us\u00e9e, mais sans doute moins que ce qui nous est inflig\u00e9 ici.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le r\u00f4le d\u2019Oph\u00e9lie, <strong>Joan Sutherland<\/strong> est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante. Il est impressionnant de voir combien son implication dans les r\u00f4les a \u00e9t\u00e9 de plus en plus importante au fur et \u00e0 mesure de sa carri\u00e8re. Elle conserve une technique impressionnante tant dans les vocalises que dans l\u2019extension aigu\u00eb. On remarque juste un timbre un peu plus opaque et lourd. Il n\u2019y a plus cette irisation et toutes les couleurs de ses d\u00e9buts. Mais la voix est encore extr\u00eamement bien tenue. Nous avons juste une Oph\u00e9lie un peu mature\u2026 mais il faut saluer un personnage d\u2019une douceur lunaire saisissante tout au long de l\u2019op\u00e9ra. Et la sc\u00e8ne de folie est tr\u00e8s bien n\u00e9goci\u00e9e avec une premi\u00e8re partie brillante avant que n\u2019arrive cette finesse translucide jusqu\u2019\u00e0 la mort. Oph\u00e9lie n\u2019\u00e9tant pas Lucia, elle \u00e9vite aussi un chant trop ostentatoire pour offrir juste ce qu\u2019il faut d\u2019aigus et de variations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le r\u00f4le titre, <strong>Sherrill Milnes<\/strong> impressionne d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre. Lui qui est plus habitu\u00e9 aux r\u00f4les italiens se montre d\u2019une grande rigueur stylistique. La voix est intacte avec un aigu dard\u00e9 saisissant. Tout comme pour Oph\u00e9lie, il est difficile ici d\u2019imaginer un Hamlet tr\u00e8s jeune mais le chant est tellement g\u00e9n\u00e9reux que l\u2019on croit au trouble de ce personnage. On pourra trouver plus tragique ou plus perturb\u00e9 mais nous avons un chant tr\u00e8s beau et dans un fran\u00e7ais assez bon aussi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chant est peut-\u00eatre un peu lourd pour les deux r\u00f4les principaux, mais l\u2019enregistrement fonctionne diablement bien avec un th\u00e9\u00e2tre tr\u00e8s habit\u00e9 non seulement par les chanteurs mais aussi \u00e0 l\u2019orchestre. Le seul point noir reste cette Gertrude mais cela semble \u00eatre malheureusement souvent le cas\u2026 Assez peu disponible actuellement, ce disque reste une r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<ul>\n<li>Ambroise Thomas (1811-1896), Hamlet, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li>Hamlet, Sherrill Milnes\u00a0; Oph\u00e9lie, Joan Sutherland\u00a0; Claudius, James Morris\u00a0; Gertrude, Barbara Conrad\u00a0; La\u00ebrte, G\u00f6sta Winbergh\u00a0; Marcellus, Keith Lewis\u00a0; Horatio, Philip Gelling\u00a0; Le Spectre, John Tomlinson\u00a0; Polonius, Arwel Huw Morgan\u00a0; Premier fossoyeur, Peyro Garazzi\u00a0; Second fossoyeur, Joseph Rouleau<\/li>\n<li>Chorus of the Welsh National Opera<\/li>\n<li>Orchestra of the Welsh National Opera<\/li>\n<li>Richard Bonynge, Direction<\/li>\n<li>3 CD DECCA. Enregistr\u00e9 au Kingsway Hall, Londres, avril 1983.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_de_almeida.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1980\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_de_almeida-300x259.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"216\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_de_almeida-300x259.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_de_almeida.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Deuxi\u00e8me enregistrement de l\u2019ouvrage en studio, cette int\u00e9grale r\u00e9unissait des grands noms dans les r\u00f4les principaux et un chef qui a enregistr\u00e9 plusieurs ouvrages fran\u00e7ais\u2026 et de plus, la partition compl\u00e8te \u00e9tait ici enregistr\u00e9e avant en appendice les parties de ballet non int\u00e9gr\u00e9es dans l\u2019ouvrage, mais aussi le final alternatif de Londres. Par contre, il est \u00e9trange de mettre en bonus le duo entre Claudius et Gertrude de l\u2019acte II alors que d\u2019autres versions l\u2019int\u00e8grent dans l\u2019action (ce passage avait \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation mais a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 \u00e0 la Biblioth\u00e8que Nationale de France).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malheureusement, le r\u00e9sultat n\u2019est pas tout \u00e0 fait \u00e0 la hauteur de ce que l\u2019on pouvait attendre. D\u00e9j\u00e0, comme souvent avec <strong>Antonio de Almeida<\/strong>, sa direction manque de drame et de tension. Souvent plus occup\u00e9 \u00e0 accompagner gentiment les chanteurs, il n\u2019arrive pas vraiment \u00e0 habiter la partition que ce soit dans les moments de drame ou d\u2019autres plus l\u00e9gers, l\u2019orchestre reste bien gentil et peu marquant. Il lui manque un souffle et une \u00e9nergie qui permet \u00e0 l\u2019ouvrage de renverser les spectateurs. Ch\u0153ur et orchestre sont bons mais n\u2019exploitent donc pas toute la partition pour offrir vraiment cet effet oppressant et tendu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le principe de la distribution est assez simple\u00a0: des artistes internationaux connus pour les grands r\u00f4les, et des artistes francophones pour les petits r\u00f4les. Ainsi, nous trouvons <strong>Fran\u00e7ois Le Roux en Horatio<\/strong>, <strong>Jean-Philippe Courtis<\/strong> en Spectre (que l\u2019on entend \u00e0 peine d\u2019ailleurs vu la distance o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9), <strong>Jean-Pierre Furlan<\/strong> en second fossoyeur\u2026 tous ces chanteurs chantent dans un tr\u00e8s bon fran\u00e7ais mais ils ne font que de tr\u00e8s courtes apparitions malheureusement. En La\u00ebrte, <strong>Gregory Kunde<\/strong> apporte toute sa gr\u00e2ce et sa connaissance de ce r\u00e9pertoire. Le fran\u00e7ais n\u2019est pas parfaitement nette, mais la voix est superbe et offre un rayon de lumi\u00e8re au milieu de ces personnages tortur\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme d\u00e9j\u00e0 avec Bonynge, nous avons une Gertrude qui n\u2019est pas \u00e0 la hauteur du r\u00f4le. Ici la voix est int\u00e8gre et plut\u00f4t bien men\u00e9e\u2026 mais il manque cruellement \u00e0 <strong>Denyce Graves<\/strong> le charisme de cette reine meurtri\u00e8re\u00a0! Tout est chant\u00e9 avec distance, sans que l\u2019on trouve ni le monstre ni la femme d\u00e9vast\u00e9e. M\u00eame dans l\u2019affrontement avec son fils elle peine \u00e0 vraiment incarner ce personnage. Pourtant, nous avions un Claudius somptueux. <strong>Samuel Ramey<\/strong> conna\u00eet aussi ce r\u00e9pertoire parfaitement et a de plus l\u2019avantage d\u2019avoir une tr\u00e8s bonne diction fran\u00e7aise. Aussi, son roi est un r\u00e9gal m\u00eame si l\u2019on en viendrait presque \u00e0 ne pas croire \u00e0 ce meurtrier tant le timbre est somptueux, la ligne parfaite\u2026 tout ici est noblesse et beaut\u00e9. Le charisme du chanteur et son intelligence permettent tout de m\u00eame de montrer un personnage dur et cruel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la lign\u00e9e de Joan Sutherland, voici que <strong>June Anderson<\/strong> nous propose son Oph\u00e9lie. L\u00e0 o\u00f9 sa devanci\u00e8re avait un timbre un peu \u00e2g\u00e9, la soprano poss\u00e8de une belle clart\u00e9 de timbre. Mais il lui manque une chose\u00a0: de l\u2019implication dans le r\u00f4le\u00a0! En aucun cas soutenue par le chef, elle se permet des alanguissements, des moments o\u00f9 la ligne semble perdre de sa substance. Il est bien difficile de croire \u00e0 cette Oph\u00e9lie dans les moments tendres et d\u00e9licats. Bien s\u00fbr, la virtuosit\u00e9 ne lui fait pas peur et elle s\u2019y donne \u00e0 c\u0153ur joie. Mais justement, Oph\u00e9lie n\u2019est pas uniquement une d\u00e9monstration\u2026 au contraire m\u00eame. La sc\u00e8ne de folie tombe \u00e0 plat \u00e0 force de minauderie dans les moments calmes et une technique trop mise en avant d\u00e8s qu\u2019elle le peut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, le r\u00f4le titre est tenu par <strong>Thomas Hampson<\/strong>. Est-ce l\u2019entourage ou le personnage, toujours est-il qu\u2019il reste en de\u00e7\u00e0 de ses interpr\u00e9tations habituelles dans le r\u00f4le. Bien s\u00fbr, l\u2019on conserve cette noblesse de ton, le fran\u00e7ais quasi-parfait, l\u2019aisance dans la tessiture\u2026 mais il semble \u00e9trangement peu concern\u00e9. Lui qui avait donn\u00e9 un Athana\u00ebl magnifique ou encore un H\u00e9rode de Massenet impressionnant\u2026 le voici comme timide dans son interpr\u00e9tation. Peut-\u00eatre est-ce la comparaison avec les autres barytons ayant \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s, mais il reste un peu sur la r\u00e9serve pour un r\u00f4le qui doit au contraire \u00eatre extr\u00eamement v\u00e9cu, o\u00f9 l\u2019on doit voir le trouble et le d\u00e9sordre qui s\u2019installe dans l\u2019esprit du prince.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que dire donc de cette int\u00e9grale\u2026 elle n\u2019est bien s\u00fbre pas indigne mais montre une vision un peu r\u00e9duite de l\u2019ouvrage. Le manque d\u2019implication et de caract\u00e9risation, ainsi qu\u2019une direction peu dramatique fait que l\u2019on va surtout entendre un ouvrage un peu pompeux et long, l\u00e0 o\u00f9 au contraire bien repr\u00e9sent\u00e9 c\u2019est une tornade qui frappe les spectateurs. Cette version reste la plus facilement disponible dans le commerce, mais elle pourrait malheureusement convaincre certains que oui, <em>Hamlet<\/em> est peu int\u00e9ressant.<\/p>\n<ul>\n<li>Ambroise Thomas (1811-1896), Hamlet, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li>Hamlet, Thomas Hampson\u00a0; Oph\u00e9lie, June Anderson\u00a0; Claudius, Samuel Ramey\u00a0; Gertrude, Denyce Graves\u00a0; La\u00ebrte, Gregory Kunde\u00a0; Marcellus, G\u00e9rard Garino\u00a0; Horatio, Fran\u00e7ois Le Roux\u00a0; Le Spectre, Jean-Philippe Courtis\u00a0; Polonius, Michel Trempont\u00a0; Premier fossoyeur, Thierry Felix\u00a0; Second fossoyeur, Jean-Pierre Furlan<\/li>\n<li>Ambrosian Singers<\/li>\n<li>London Philharmonic Orchestra<\/li>\n<li>Antonio de Almeida, Direction<\/li>\n<li>3 CD Erato. Enregistr\u00e9 \u00e0 la St Augustine Church, Kilburn Park Road, Londres, du 8 au 19 mars 1993.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_giovaninetti.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1982\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_giovaninetti-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"249\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_giovaninetti-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_giovaninetti-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_giovaninetti-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_giovaninetti.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>De 1994 nous est venue une captation radio diffus\u00e9e par la suite en disques\u2026 mais bien s\u00fbr tr\u00e8s difficile \u00e0 trouver de nos jours. Ce souvenir d\u2019un concert donn\u00e9 \u00e0 Vienne nous permet d\u2019entendre deux artistes au tr\u00e8s fort charisme\u00a0: Bo Skovhus et Alexandrina Pendatchanska. Pour ce concert il ne faut pas attendre malheureusement une partition compl\u00e8te puisque l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du ballet a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9. L\u2019introduction vers la sc\u00e8ne de folie est donc ici assez \u00e9trange. Mais sinon, on ne note pas de coupures importantes dans cet enregistrement en direct.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 Vienne, le chef <strong>Reynald Giovaninetti<\/strong> propose une direction tr\u00e8s franche et brillante. L\u2019orchestre montre toute la richesse de la partition, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 une saturation par moments o\u00f9 il donne trop de volume et de puissance, couvrant un peu les chanteurs dans la captation mais aussi ne rendant pas service \u00e0 la partition d\u2019Ambroise Thomas. En effet, on ne peut nier un peu de clinquant dans cette partition tr\u00e8s grand op\u00e9ra\u2026 et certains effets sont trop marqu\u00e9s et font ressentir trop de spectacle pour pas assez de drame. Mais cet engagement et cette g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 nous permettent aussi de grandement appr\u00e9cier le foisonnement d\u2019id\u00e9es de l\u2019orchestration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Globalement les seconds r\u00f4les tiennent leur place. Ils ne sont pas inoubliables mais ne d\u00e9m\u00e9ritent pas. Par contre, le fran\u00e7ais est assez difficile pour tous en dehors d\u2019un Bo Skovhus particuli\u00e8rement clair. Oph\u00e9lie \u00e0 un degr\u00e9 moindre montre aussi des efforts de diction. Par contre, il est vraiment difficile d\u2019accepter un fran\u00e7ais aussi mauvais que celui de <strong>Viorica Cortez<\/strong>. La chanteuse pourtant naturalis\u00e9e fran\u00e7aise est incompr\u00e9hensible. Et son chant est tout aussi d\u00e9sordonn\u00e9 que sa diction avec des passages impressionnants de beaut\u00e9 et d\u2019autres o\u00f9 le timbre se d\u00e9robe, ou le vibrato s\u2019impose\u2026 Bien s\u00fbr Gertrude est un personnage particuli\u00e8rement sombre et monstrueux ici, mais le portrait est trop marqu\u00e9 vers cette femme qui s\u2019approche plus de Klytemnestre de Strauss que d\u2019une reine. Face \u00e0 elle, Kurt Rydl est un roi assez terne mais qui tient sa place de bonne mani\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le r\u00f4le d\u2019Oph\u00e9lie, c\u2019est la jeune <strong>Alexandrina Pendatchanska<\/strong>, tout juste \u00e2g\u00e9e de 24 ans alors. On pourrait du coup attendre un personnage timide et clair. Tout au contraire, la voix dramatique de la soprano prend au corps tant elle s\u2019impose imm\u00e9diatement. Le timbre est toujours un peu \u00e9trange avec ce c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s sombre et un vibrato serr\u00e9\u2026 mais il y a cet engagement et ces colorations qui font que le personnage prend vie et surtout se sort de cet \u00e9tat de victime trop souvent uniquement montr\u00e9. La technique est parfaitement ma\u00eetris\u00e9e avec une sc\u00e8ne de folie particuli\u00e8rement v\u00e9cue o\u00f9 la technique se met au service de l\u2019\u00e9motion. Il est sid\u00e9rant d\u2019entendre une chanteuse aussi jeune dans ce genre de r\u00f4le capable de l\u2019assumer avec autant d\u2019aisance (et sans que la voix n\u2019en ait \u00e9t\u00e9 fragilis\u00e9e\u00a0: il suffit de l\u2019entendre en <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1256\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lady Macbeth<\/a> de Verdi actuellement!).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, celui pour qui a \u00e9t\u00e9 sans doute mont\u00e9 ce concert\u00a0: <strong>Bo Skovhus<\/strong>. Que dire si ce n\u2019est qu\u2019il est parfait dans ce r\u00f4le\u00a0? Il a le timbre assez clair, la vaillance, la prestance mais aussi cette fa\u00e7on de rendre la torture mentale du jeune prince. Il donne toute sa dimension au r\u00f4le sans pour autant brusquer la musique. En vrai artiste il sait donner la juste nuance pour signifier un trouble ou une \u00e9motion. Il nous offre un portrait complet et magnifique d\u2019Hamlet d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, sans que la voix ne souffre d\u2019une tessiture assez haute pourtant. Magistrale\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet enregistrement en direct est particuli\u00e8rement vivant et port\u00e9 non seulement par un chef efficace, mais aussi un couple principal de tr\u00e8s haut niveau. Il est dommage que le reste de la distribution soit beaucoup plus en retrait ou de moins bonne qualit\u00e9. Mais pour la partition et les deux malheureux amants, il faut \u00e9couter cette version sans nul doute\u00a0!<\/p>\n<ul>\n<li>Ambroise Thomas (1811-1896), Hamlet, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li>Hamlet, Bo Skovhus; Oph\u00e9lie, Alexandrina Pendatchanska\u00a0; Claudius, Kurt Rydl\u00a0; Gertrude, Viorica Cortez\u00a0; La\u00ebrte, Jorge Lopez-Yanez\u00a0; Marcellus, Andreas Kohn\u00a0; Horatio, Goran Simic\u00a0; Le Spectre, Goran Simic\u00a0; Polonius, Georg Lehner\u00a0; Premier fossoyeur, Andreas Kohn\u00a0; Second fossoyeur, Helmut Wildhaber<\/li>\n<li>Arnold Sch\u00f6nberg Chor<\/li>\n<li>ORF-Sinfonieorchester<\/li>\n<li>Reynald Giovaninetti, Direction<\/li>\n<li>3 CD Serenissima. Enregistr\u00e9 Konzerthaus, Vienne, le 18 f\u00e9vrier 1994.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_de_billy.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1981 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_de_billy-212x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"354\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_de_billy-212x300.jpg 212w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_de_billy.jpg 353w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Si l\u2019on veut voir <em>Hamlet<\/em> en vid\u00e9o, il n\u2019y a dans la commerce malheureusement qu\u2019une seule version chez EMI\u2026 ou plut\u00f4t Warner maintenant. Capt\u00e9e afin de fixer sans doute le portrait de Natalie Dessay, ce DVD est actuellement la version la plus simple \u00e0 trouver actuellement dans le commerce. Il y eu pourtant de nombreuses productions dans le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 o\u00f9 alternaient Natalie Dessay justement, mais aussi Annick Massis. Les deux sopranos fran\u00e7aises \u00e9taient particuli\u00e8rement salu\u00e9es pour leurs prestations dans cet ouvrage et il ne fait nul doute que c\u2019est souvent pour elles que les productions \u00e9taient mont\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec ce DVD, nous avons bien s\u00fbr la mise en sc\u00e8ne, qui pourrait apporter beaucoup \u00e0 l\u2019ouvrage. Il ne faut pas oublier qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque de la cr\u00e9ation, la mise en sc\u00e8ne \u00e9tait souvent un \u00e9l\u00e9ment aussi important que la musique et les chroniqueurs de l\u2019\u00e9poque saluaient le travail des peintres et s\u2019extasiaient devant les effets sc\u00e9niques. Malheureusement, la mise en sc\u00e8ne de <strong>Patrice Caurier<\/strong> et <strong>Moshe Leiser<\/strong> n\u2019apporte rien au spectacle par sa pauvret\u00e9 et son manque de beaut\u00e9. Le plateau est continuellement vide, avec seulement un mur courb\u00e9 qui va appara\u00eetre ou bouger pour cr\u00e9er des espaces. Bien s\u00fbr, quelques tables ou canap\u00e9s mais est-ce vraiment une mise en sc\u00e8ne que ces trois \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cors\u00a0? Et \u00e0 cela s\u2019ajoute des costumes assez pauvres\u2026 et un manque d\u2019id\u00e9e (ou alors justement trop d\u2019id\u00e9es par moments!). La sc\u00e8ne de folie d\u2019Oph\u00e9lie par exemple nous montre cette derni\u00e8re se tailladant longuement et violemment les veines\u2026 n\u2019est-ce pas en totale opposition avec la d\u00e9licatesse de la musique\u00a0? Et ce roi perp\u00e9tuellement avec sa couronne des fois que l\u2019on oublie qui il est\u00a0? Seuls les effets d\u2019\u00e9clairages sont int\u00e9ressants, permettant de baigner la sc\u00e8ne vide dans une atmosph\u00e8re sinistre ou aquatique et offrant de belles images par les ombres et les contres jours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Musicalement, le rendu est assez satisfaisant, m\u00eame si il est tout \u00e0 fait regrettable que l\u2019on ne trouve m\u00eame pas une petite partie du ballet du quatri\u00e8me acte, qui se r\u00e9sume donc \u00e0 la sc\u00e8ne de folie uniquement. La direction de <strong>Bertrand de Billy<\/strong> est plut\u00f4t soign\u00e9e mais certains passages sont trait\u00e9s avec une telle lenteur que le r\u00e9sultat fait ressortir les c\u00f4t\u00e9s les plus carr\u00e9s et simples de l\u2019ouvrage. La partition d\u2019Ambroise Thomas poss\u00e8de certains moments moins inspir\u00e9s et ici le chef n\u2019arrive pas \u00e0 leur donner l\u2019impulsion qui permet d\u2019\u00e9viter de souligner ce manque d\u2019id\u00e9es. L\u2019orchestre du Liceu est tr\u00e8s vif et s\u2019adapte sans probl\u00e8me aux couleurs sombres ou extatiques de l\u2019op\u00e9ra.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En dehors des quatre r\u00f4les principaux, la distribution est compos\u00e9e de non francophones ou du moins de chanteurs qui ne ma\u00eetrisent pas vraiment bien le fran\u00e7ais. Mais les r\u00f4les sont tr\u00e8s courts. Par contre, ce probl\u00e8me linguistique est plus g\u00eanant pour La\u00ebrte chant\u00e9 par <strong>Daniil Shtoda<\/strong>. Le fran\u00e7ais est assez incompr\u00e9hensible et le chanteur semble peu \u00e0 l\u2019aise avec le style de l\u2019ouvrage. Dommage pour ses deux interventions qui sont assez repr\u00e9sentatives de ce personnage franc et direct, le seul de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le couple royal est form\u00e9 par deux fran\u00e7ais, mais \u00e9trangement, qualit\u00e9s et d\u00e9fauts sont oppos\u00e9s. <strong>Alain Vernhes<\/strong> est l\u2019un des grands chanteurs fran\u00e7ais de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Malheureusement, il ne semble pas vraiment fait pour ce r\u00f4le noir de Claudius. L\u00e0 o\u00f9 l\u2019on attend un personnage sombre au grave ais\u00e9, l\u2019on a un chanteur splendide mais trop bonhomme et tendre pour montrer l\u2019ambition du roi. La diction est splendide et les nuances tr\u00e8s bien dos\u00e9es, mais il manque de la noirceur dans le timbre et dans le chant pour donner vie au personnage malheureusement. Face \u00e0 lui, <strong>B\u00e9atrice Uria-Monzon<\/strong> a au contraire la voix parfaite pour cette reine meurtri\u00e8re. La voix \u00e9trange et engorg\u00e9e, ces \u00e9clats dans l\u2019aigu\u2026 tout est l\u00e0\u2026 sauf la diction qui pour le coup est vraiment probl\u00e9matique. Non seulement le texte n\u2019est pas compr\u00e9hensible r\u00e9guli\u00e8rement, mais il manque carr\u00e9ment des lettres dans certains passages, comme si le texte \u00e9tait moins important que de tenir la ligne et le legato\u00a0! Nous avons donc une reine impressionnante vocalement et sc\u00e9niquement\u2026 mais malheureusement incompr\u00e9hensible\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Natalie Dessay<\/strong> trouvait en Oph\u00e9lie un parfait entre-deux\u00a0: d\u2019un c\u00f4t\u00e9 le r\u00e9pertoire fran\u00e7ais pour lequel elle est faite, mais aussi le c\u00f4t\u00e9 bel-cantiste qui l\u2019a fait se diriger vers <em>Lucia<\/em>. Le r\u00f4le lui donne les moyens non seulement de montrer sa technique mais aussi la trag\u00e9die de cette jeune femme broy\u00e9e par l\u2019histoire. Durant les premi\u00e8res minutes, le timbre sonne tr\u00e8s m\u00e9tallique et peu agr\u00e9able. Mais au fur et \u00e0 mesure de la soir\u00e9e, la chanteuse semble gagner en rondeur vocale pour offrir un tr\u00e8s beau chant. Son Oph\u00e9lie est plus volontaire qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e mais sans extravagance. Que ce soit les lignes a\u00e9riennes et r\u00eaveuses ou les vocalises, tout est parfaitement en place avec des sur-aigus assez ais\u00e9s. Th\u00e9\u00e2tralement, elle r\u00e9ussit \u00e0 faire vivre son r\u00f4le malgr\u00e9 le vide de la sc\u00e8ne. Tr\u00e8s beau portrait qui est ici vraiment celui d\u2019une jeune fille. Le timbre n\u2019est pas le plus beau de la discographie \u00e0 ce moment de sa carri\u00e8re, mais le r\u00e9sultat est superbe. IL faut saluer aussi la diction qui est assez bonne\u2026 et la meilleure sans conteste de la discographie. Mais l\u2019on pourrait trouver chanteuse ayant un plus grand soin \u00e0 le faire vivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, dans le r\u00f4le titre, le baryton <strong>Simon Keenlyside<\/strong> est assez \u00e9trange. En fonction du passage chant\u00e9, il peut \u00eatre totalement absent avant de br\u00fbler les planches \u00e0 d\u2019autres. Le dernier acte le voit totalement transparent l\u00e0 o\u00f9 l\u2019affrontement avec Gertrude est au contraire passionnant. Le chanteur conna\u00eet le style malgr\u00e9 quelques effets \u00e9tranges, la voix est ais\u00e9e dans la tessiture malgr\u00e9 un timbre un peu passe-partout\u2026 mais il y a ses trous qui g\u00e2chent le personnage. Est-ce voulu par la mise en sc\u00e8ne\u00a0? Pourquoi par exemple chanter l\u2019air \u00e0 boire de mani\u00e8re totalement uniforme, sans aucun emportement, en donnant juste sa pleine voix mais sans sentiments. L\u00e0 o\u00f9 un Jean-Fran\u00e7ois Lapointe par exemple explosait dans cet air, en faisant un moment non pas vocal mais th\u00e9\u00e2trale, ici notre baryton semble oblig\u00e9 de le chanter sans que \u00e7a ne lui importe. Apr\u00e8s les implications sans failles de Milnes et Skovus, ce que propose Keenlyside est d\u00e9cevant pour un chanteur pourtant habitu\u00e9 \u00e0 donner tout sur sc\u00e8ne. \u00c0 son cr\u00e9dit par contre, la diction est plut\u00f4t bonne pour le seul chanteur non francophone des r\u00f4les principaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette version nous permet de d\u00e9couvrir une Oph\u00e9lie particuli\u00e8rement juste de style et un entourage de bonne facture globalement, mais si l\u2019on attendait la version de r\u00e9f\u00e9rence, ce n\u2019est malheureusement pas le cas \u00e0 cause d\u2019une mise en sc\u00e8ne paresseuse et d\u2019une distribution qui manque de coh\u00e9rence. Il existait pourtant d\u2019autres versions qui auraient pu \u00eatre commercialis\u00e9es avec Natalie Dessay o\u00f9 l\u2019entourage \u00e9tait a priori de meilleure qualit\u00e9.<\/p>\n<ul>\n<li>Ambroise Thomas (1811-1896), Hamlet, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Patrice Caurier \/ Moshe Leiser\u00a0; D\u00e9cors, Christian Fenouillat\u00a0; Costumes, Agostino Cavalca\u00a0; Lumi\u00e8res, Christophe Forey<\/li>\n<li>Hamlet, Simon Keenlyside; Oph\u00e9lie, Natalie Dessay\u00a0; Claudius, Alain Vernhes\u00a0; Gertrude, B\u00e9atrice Uria-Monzon\u00a0; La\u00ebrte, Daniil Shtoda\u00a0; Marcellus, Gustavo Pe\u00f1a\u00a0; Horatio, Lluis Sintes\u00a0; Le Spectre, Markus Hollop\u00a0; Polonius, Celestino Varela\u00a0; Premier fossoyeur, Joan Martin-Royo\u00a0; Second fossoyeur, Francesc Garrigosa<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Gran Teatre del Liceu<\/li>\n<li>Orchestre du Gran Teatre del Liceu<\/li>\n<li>Bertrand de Billy, Direction<\/li>\n<li>1 DVD EMI Classics. Enregistr\u00e9 au Gran Teatre del Liceu, Barcelone, en octobre 2003.<\/li>\n<\/ul>\n<div id=\"attachment_1986\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_acte2.2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1986\" class=\"wp-image-1986\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_acte2.2-300x217.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"361\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_acte2.2-300x217.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_acte2.2-768x555.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/hamlet_acte2.2.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1986\" class=\"wp-caption-text\">Acte II Sc\u00e8ne 2 d&rsquo;Hamlet d&rsquo;Ambroise Thomas.<br \/>D\u00e9cors de Charles-Antoine Cambon pour la cr\u00e9ation \u00e0 la Salle Le Peletier en 1868.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il reste un gros manque dans cette discographie\u00a0: la production donn\u00e9e \u00e0 Bruxelles en 2013 qui r\u00e9unissait Marc Minkowski et Olivier Py pour un grand moment de th\u00e9\u00e2tre et de musique. \u00c0 cela s\u2019ajoutait une distribution de haute vol\u00e9e, domin\u00e9e par un St\u00e9phane Degout hallucin\u00e9 dans le r\u00f4le titre et qui trouvait en Sylvie Brunet-Grupposo une Gertrude magnifiquement perverse. Le reste de la distribution \u00e9tant lui aussi d\u2019un haut niveau, l\u2019on ne pouvait qu\u2019esp\u00e9rer la diffusion d\u2019un DVD mais il n\u2019en fut rien malgr\u00e9 une captation r\u00e9alis\u00e9e et diffus\u00e9e sur Internet. Esp\u00e9rons que la production qui vient en fin d\u2019ann\u00e9e \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique sera elle mise en valeur car elle r\u00e9unit pour cette fois une distribution parfaite sur le papier\u00a0: St\u00e9phane Degout et Sylvie Brunet-Grupposo reprennent leurs r\u00f4les\u2026 mais sont accompagn\u00e9s par Sabine Devieilhe pour Oph\u00e9lie (son air de la folie est un <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1570\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">mod\u00e8le<\/a>), Laurent Alvaro en Claudius, Julien Behr en La\u00ebrte et J\u00e9r\u00f4me Varnier en Spectre\u00a0! Esp\u00e9rons que le r\u00e9sultat soit \u00e0 la hauteur de l\u2019attente et des espoirs\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ambroise Thomas est connu pour deux ouvrages\u00a0: Mignon et Hamlet. 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