{"id":1938,"date":"2018-06-27T13:26:51","date_gmt":"2018-06-27T11:26:51","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1938"},"modified":"2018-06-27T13:26:51","modified_gmt":"2018-06-27T11:26:51","slug":"lhommage-tant-attendu-a-charles-gounod","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1938","title":{"rendered":"L&rsquo;hommage tant attendu \u00e0 Charles Gounod"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1938\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1942\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_caricature-227x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"396\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_caricature-227x300.jpg 227w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_caricature.jpg 566w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Pour clore de belle mani\u00e8re un superbe Festival, le Palazzetto Bru Zane offre au public un concert autour de Charles Gounod en ce 16 juin 2018, veille de la mort du compositeur il y a 125 ans. Apr\u00e8s <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1887\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>La Nonne Sanglante<\/em><\/a> et le superbe <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1917\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Faust<\/em><\/a> revivifi\u00e9, voici donc un gala o\u00f9 l&rsquo;on pourra entendre d&rsquo;autres partitions rares du musicien, allant chercher dans deux oratorios des pi\u00e8ces splendides et diff\u00e9renci\u00e9es. Bien s\u00fbr, c&rsquo;est le compositeur lyrique qui est ici mis en avant&#8230; mais nous avons tout de m\u00eame un bel \u00e9ventail des ouvrages du compositeur. Certes, il en manque quelques uns mais il \u00e9tait difficile de tous les repr\u00e9senter en une soir\u00e9e mais l&rsquo;on peut regretter l&rsquo;absence de <em>Polyeucte<\/em> par exemple qui est tout de m\u00eame un ouvrage majeur de Charles Gounod. De m\u00eame, il aurait \u00e9t\u00e9 peut-\u00eatre encore plus fort de proposer un extrait de <em>R\u00e9demption<\/em> plut\u00f4t que <em>Tobie<\/em>. Mais ne boudons pas notre plaisir. Pour une fois que Gounod est mis \u00e0 l&rsquo;honneur dans de telles conditions, saluons le travail et le rendu de la soir\u00e9e\u00a0!<!--more--><\/p>\n<div id=\"attachment_1941\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_auditorium_radio_france.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1941\" class=\"wp-image-1941\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_auditorium_radio_france-300x198.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"329\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_auditorium_radio_france-300x198.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_auditorium_radio_france-768x506.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_auditorium_radio_france-1024x675.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1941\" class=\"wp-caption-text\">Auditorium de Radio-France<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le grand auditorium de Radio-France n&rsquo;est peut-\u00eatre pas le lieu id\u00e9al pour un tel concert qui met la voix \u00e0 l&rsquo;honneur. En effet, la salle est magnifique et sonne de belle mani\u00e8re pour l&rsquo;orchestre, mais les chanteurs doivent lutter contre une acoustique o\u00f9 la voix semble se perdre&#8230; et surtout plus de la moiti\u00e9 du public se trouve derri\u00e8re les chanteurs. M\u00eame l\u00e9g\u00e8rement de c\u00f4t\u00e9, il suffit que le chanteur se tourne vers l&rsquo;oppos\u00e9 de la salle pour que l&rsquo;on perde la pr\u00e9cision du chant et que le texte devienne incompr\u00e9hensible. Malgr\u00e9 ces inconv\u00e9nients, la salle est plut\u00f4t bien remplie et le public sera toute la soir\u00e9e tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute, saluant avec passion les d\u00e9couvertes propos\u00e9es. Car si bien s\u00fbr beaucoup connaissaient l&rsquo;air du poison de <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> (mais pas dans cette version), tous les autres ouvrages pr\u00e9sent\u00e9s sont beaucoup plus rares.<\/p>\n<div id=\"attachment_1943\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_elsa_dreisig.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1943\" class=\"wp-image-1943\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_elsa_dreisig-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_elsa_dreisig-300x169.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_elsa_dreisig.jpg 533w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1943\" class=\"wp-caption-text\">Elsa Dreisig<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Justement, l&rsquo;on commence sur ce qui est le plus connu&#8230; mais aussi la plus grande raret\u00e9. En effet, l&rsquo;air du poison de <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> est tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement donn\u00e9 lorsque l&rsquo;int\u00e9grale est repr\u00e9sent\u00e9e m\u00eame s&rsquo;il arrive encore qu&rsquo;il soit coup\u00e9. Mais par contre, le retrouver sous cette forme compl\u00e8te est une grande premi\u00e8re. En effet, d&rsquo;habitude, nous entendons l&rsquo;introduction \u00ab\u00a0Dieux\u00a0! Quel frisson court dans mes veines\u00a0\u00bb puis la partie rapide \u00ab\u00a0Amour, ranime mon courage\u00a0\u00bb. Mais toute la section entre ces deux moments a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e au moment de la cr\u00e9ation et n&rsquo;aura \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e a priori qu&rsquo;en 1983 (avec du coup la partie habituelle amput\u00e9e d&rsquo;une bonne moiti\u00e9!). Aussi, il semble que ce soit la premi\u00e8re fois que l&rsquo;on peut entendre cet air dans son int\u00e9gralit\u00e9. Toute cette premi\u00e8re partie est particuli\u00e8rement dramatique, loin de la vivacit\u00e9 de la suite, nous sommes plus sur un grand monologue introspectif, qui offre \u00e0 Juliette l&rsquo;occasion d&rsquo;encore plus s&rsquo;interroger sur ce breuvage, allant m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 suspecter Fr\u00e8re Laurent de vouloir la tuer afin de se prot\u00e9ger de la col\u00e8re de son p\u00e8re. Avec cette premi\u00e8re partie, nous d\u00e9couvrons l&rsquo;air sous une toute autre facette, comprenant la volont\u00e9 de Juliette de se convaincre elle-m\u00eame qu&rsquo;il faut boire ce poison. Et pour rendre justice \u00e0 cette partition, c&rsquo;est <strong>Elsa Dreisig<\/strong> qui vient redonner vie \u00e0 cet air in\u00e9dit. La soprano franco-danoise nous fait profiter d&rsquo;une diction exemplaire et d&rsquo;une voix qui lui permet d&rsquo;assumer non seulement le drame de la premi\u00e8re partie, mais aussi la virtuosit\u00e9 qui suit. L&rsquo;on ressent non seulement la jeunesse, mais aussi ce trouble qui la poursuit. Le timbre est magnifique ainsi que la ligne de chant&#8230; et l&rsquo;implication est totale, la chanteuse se pr\u00e9sentant sans partition pour totalement s&rsquo;immerger dans son r\u00f4le.<\/p>\n<div id=\"attachment_1947\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_kate_aldrich.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1947\" class=\"wp-image-1947\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_kate_aldrich-300x291.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"243\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_kate_aldrich-300x291.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_kate_aldrich-768x745.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_kate_aldrich.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1947\" class=\"wp-caption-text\">Kate Aldrich<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s cet in\u00e9dit complet, vient le seul air qui ait surv\u00e9cu au premier op\u00e9ra de Charles Gounod\u00a0: les Stances de <em>Sapho<\/em>. V\u00e9ritable chant d&rsquo;adieu \u00e0 la vie, cet air couronnait le superbe premier essai du jeune compositeur. Aid\u00e9 par la grande Pauline Viardot, il avait la chance de composer un \u00ab\u00a0petit\u00a0\u00bb op\u00e9ra pour l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris. Le succ\u00e8s d&rsquo;estime sera pr\u00e9sent mais non le succ\u00e8s public. Et malgr\u00e9 des reprises avec des modifications de la partition par l&rsquo;auteur, <em>Sapho<\/em> n&rsquo;arrivera jamais \u00e0 s\u2019implanter sur les sc\u00e8nes. Mais ce grand air final restera chant\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement par les grandes mezzo-sopranos voir m\u00eame quelques sopranos au grave ais\u00e9. Derni\u00e8rement par exemple, Anita Rachvelishvili l&rsquo;a grav\u00e9 sur son premier r\u00e9cital studio. Plus loin de nous, l&rsquo;on peut se souvenir bien s\u00fbr de R\u00e9gine Crespin, Shirley Verrett, Marylin Horne&#8230; ou Mich\u00e8le Command dont on conserve une int\u00e9grale du r\u00f4le. Pour ce concert, c&rsquo;est <strong>Kate Aldrich<\/strong> qui nous pr\u00e9sente sa Sapho. La mezzo am\u00e9ricaine se fait une sp\u00e9cialit\u00e9 depuis des ann\u00e9es \u00e0 chanter les r\u00f4les rares fran\u00e7ais. Ainsi, en 2005 d\u00e9j\u00e0 elle chantait le r\u00f4le titre de la <em>Salom\u00e9<\/em> d&rsquo;Antoine Mariotte \u00e0 Montpellier et plus pr\u00e8s de nous il y a bien s\u00fbr eu <em>Olympie<\/em> de Spontini o\u00f9 elle incarnait la grandiose et tragique Statira, ainsi qu&rsquo;une immense Fid\u00e8s dans <em>Le Proph\u00eate<\/em> de Meyerbeer \u00e0 Toulouse. Le r\u00f4le de Fid\u00e8s ayant \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 pour Pauline Viardot aussi, il est logique de trouver la chanteuse en <em>Sapho<\/em> et en effet, en dehors d&rsquo;un vibrato un petit peu large au d\u00e9but de l\u2019air, le rendu est magnifique d&rsquo;intensit\u00e9 alors que la tessiture ne lui pose aucun souci. Elle donne toute la po\u00e9sie et la fragilit\u00e9 \u00e0 cette femme bris\u00e9e, avant d&rsquo;assumer la volont\u00e9 du sacrifice qui cl\u00f4t l&rsquo;air et l&rsquo;ouvrage. On notera aussi un bel effort de diction, qui si elle n&rsquo;est pas parfaite est tout du moins tout \u00e0 fait correcte au milieu de ces nombreux francophones.<\/p>\n<div id=\"attachment_1944\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_Jesko_Sirvend.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1944\" class=\"wp-image-1944\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_Jesko_Sirvend-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_Jesko_Sirvend-300x169.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_Jesko_Sirvend-768x432.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_Jesko_Sirvend.jpg 932w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1944\" class=\"wp-caption-text\">Jesko Sirvend<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous voici maintenant avec <em>Faust<\/em>&#8230; mais pour ne pas faire de doublons par rapport au concert dirig\u00e9 par Christophe Rousset deux jours <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1917\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">avant<\/a>, ce sera une partie du ballet qui est donn\u00e9. Avec <em>Les Nubiennes<\/em>, <em>Les Troyennes<\/em> et la <em>Danse de Phryn\u00e9<\/em>, ce sont les passages les plus connus et les plus vifs de ce ballet. Compos\u00e9 en 1869, il \u00e9tait n\u00e9cessaire pour que l&rsquo;ouvrage entre au r\u00e9pertoire de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris. Gounod d\u00fb faire alors \u00ab\u00a0son humiliant m\u00e9tier de d\u00e9compositeur de musique\u00a0\u00bb comme il dit alors, apr\u00e8s avoir tout de m\u00eame propos\u00e9 au jeune Camille Saint-Sa\u00ebns de s&rsquo;atteler \u00e0 la tache. Mais le jeune homme n&rsquo;acceptant pas, il fallut bien s&rsquo;y mettre. Et malgr\u00e9 la mauvaise gr\u00e2ce avec laquelle il composa ce ballet, le r\u00e9sultat n&rsquo;en reste pas moins superbe par la vari\u00e9t\u00e9 des climats propos\u00e9s et l&rsquo;intelligence de la musique. Le fait de positionner le ballet durant la sc\u00e8ne de Walpurgis lui permet d\u2019appeler \u00e0 lui toute une mythologie fantasm\u00e9e et orientale. La direction de <strong>Jesko Sirvend<\/strong> est tr\u00e8s vive et donnera \u00e0 entendre une grande \u00e9nergie durant les trois passages jou\u00e9s. L&rsquo;<strong>Orchestre National de France<\/strong> se montre tr\u00e8s engag\u00e9 et assume totalement la rapidit\u00e9 choisie par le chef. On notera d&rsquo;ailleurs la qualit\u00e9 de la direction tout au long de la soir\u00e9e. Le chef couve les chanteurs, fait briller les partitions en exploitant la richesse d&rsquo;inspiration sans jamais alourdir le discours. D&rsquo;ailleurs, soulignons aussi la qualit\u00e9 de l&rsquo;orchestre. D\u00e9cevant la <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1928\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">veille<\/a> dans <em>Samson et Dalila<\/em>, on comprend bien que c&rsquo;\u00e9tait avant tout un choix du chef et non une limite technique. Dans ce gala ils brillent et s&rsquo;enflamment, jouant avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 ou puissance.<\/p>\n<div id=\"attachment_1949\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_patrick_bolleire.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1949\" class=\"wp-image-1949\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_patrick_bolleire-199x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"376\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_patrick_bolleire-199x300.jpg 199w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_patrick_bolleire.jpg 664w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1949\" class=\"wp-caption-text\">Patrick Bolleire<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trois ans apr\u00e8s le succ\u00e8s de <em>Faust<\/em> et donc avant que ce dernier ne rentre au r\u00e9pertoire de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris, Charles Gounod voyait un grand op\u00e9ra se cr\u00e9er sur la sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra\u00a0: <em>La Reine de Saba<\/em>. Par le sujet comme le traitement, nous plongeons ici dans la fa\u00e7on qui faisait alors rayonner la Salle Pelletier bien au del\u00e0 des fronti\u00e8res fran\u00e7aises. L&rsquo;histoire nous compte la visite de Balkis, la Reine de Saba, \u00e0 Soliman (Salomon dans la Bible). La Reine a donn\u00e9 sa promesse d&rsquo;\u00e9pouser le roi, mais tombe sous le charme de l&rsquo;artiste Adoniram qui doit cr\u00e9er des monuments pour son roi. Et voici donc qu&rsquo;elle fera attendre son soupirant, bravant la col\u00e8re du roi et allant m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;enfuir avec son amant plut\u00f4t que de satisfaire aux espoirs royaux. Tout comme <em>Sapho<\/em>, l&rsquo;op\u00e9ra est tr\u00e8s peu jou\u00e9&#8230; mais quelques airs ont surv\u00e9cus. Le \u00ab\u00a0Plus grand dans son obscurit\u00e9\u00a0\u00bb de Balkis a fait le bonheur de quelques sopranos, \u00ab\u00a0Faiblesse de la race humaine\u00a0\u00bb d&rsquo;Adoniram permet aux t\u00e9nors arm\u00e9s de montrer toutes leur vaillance mais aussi une certaine po\u00e9sie&#8230; tandis que Soliman a droit \u00e0 un magnifique \u00ab\u00a0Sous les pieds d&rsquo;une femme\u00a0\u00bb o\u00f9 il d\u00e9voile tout son trouble face \u00e0 l&rsquo;amour qui le d\u00e9vore malgr\u00e9 la r\u00e9sistance de la reine. Le r\u00f4le peut \u00eatre chant\u00e9 par une basse ou un baryton&#8230; et c&rsquo;est ici la basse <strong>Patrick Bolleire<\/strong> qui peut donner vie \u00e0 la m\u00e9lodie magique cr\u00e9\u00e9e par Gounod. La basse est une habitu\u00e9e des petits r\u00f4les italiens comme fran\u00e7ais mais se trouve ici face \u00e0 un air o\u00f9 les plus grandes basses fran\u00e7aises ont d\u00e9montr\u00e9 toute l&rsquo;\u00e9tendue de leurs graves mais aussi une ligne de chant splendide. Et malheureusement, le chanteur n&rsquo;a pas de graves tr\u00e8s puissants et manque de noblesse dans son chant. La diction est tout \u00e0 fait correcte mais la voix manque de rondeur et de cette belle couleurs de bronze pour totalement rendre justice \u00e0 cet air.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nouvelle raret\u00e9 pour suivre, mais cette fois dans le domaine de l&rsquo;oratorio&#8230; Ce sera donc le quatuor final de <em>Tobie<\/em>, compos\u00e9 en 1854. L&rsquo;histoire raconte le retour de Tobie le jeune vers ses parents, retour qui va, par l&rsquo;intervention de l&rsquo;Archange Rapha\u00ebl, redonner la vue \u00e0 son vieux p\u00e8re. L&rsquo;histoire biblique est simplifi\u00e9e bien s\u00fbr, mais il se d\u00e9gage de cet ouvrage un calme et une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 assez extraordinaire. Dans le quatuor, nous assistons \u00e0 l&rsquo;intervention de l&rsquo;ange et au chant saluant le miracle op\u00e9r\u00e9. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l\u2019Archange Rapha\u00ebl qui a la plus belle exposition dans ce passage et l&rsquo;on accueille avec bonheur la jeune <strong>Jodie Devos<\/strong>\u00a0: sa fra\u00eecheur, son timbre et sa ligne de chant en font une vraie apparition face aux personnages tr\u00e8s terrestres camp\u00e9s par <strong>Kate Aldrich<\/strong> (Anne), <strong>Yosep Kang<\/strong> (Tobie) et <strong>Patrick Bolleire<\/strong> (le Vieux Tobie). L&rsquo;ensemble semble l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 par moment avec des voix masculine qui mangent Kate Aldrich et dans une moindre mesure Jodie Devos, mais le clame et la lumi\u00e8re de cet quatuor est superbe et donne \u00e0 entendre une page trop m\u00e9connue de Gounod.<\/p>\n<div id=\"attachment_1945\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_jodie_devos.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1945\" class=\"wp-image-1945\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_jodie_devos-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_jodie_devos-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_jodie_devos.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1945\" class=\"wp-caption-text\">Jodie Devos<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour clore cette premi\u00e8re partie de concert, voici <strong>Jodie Devos<\/strong> qui revient cette fois pour un air soliste et non des moindres\u00a0: le grand air \u00e0 roulade de Baucis dans <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em>. Cr\u00e9\u00e9 un an seulement apr\u00e8s <em>Faust<\/em>, ce petit op\u00e9ra \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;origine promis \u00e0 Baden-Baden. Mais L\u00e9on Carvalho voyant un r\u00f4le en or pour sa femme Marie Caroline Miolan-Carvalho, il demanda \u00e0 Charles Gounod de conserver la cr\u00e9ation pour son Th\u00e9\u00e2tre Lyrique. Il faut avouer que le r\u00f4le devait parfaitement convenir aux talents de la chanteuse, r\u00e9put\u00e9e pour sa virtuosit\u00e9 et sa fra\u00eecheur. L&rsquo;histoire se base sur Ovide et compte l&rsquo;histoire du couple form\u00e9 par Baucis et Phil\u00e9mon. Tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s, ils accueillent Jupiter et Vulcain dans leur humble demeure et \u00e9chapp\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;ire des dieux face \u00e0 l&rsquo;irrespect g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 dont ils sont la cible. Et pour les remercier, ils se r\u00e9veillent non seulement dans un palais, mais aussi jeunes et beaux tels qu&rsquo;au d\u00e9but de leurs amours. Jupiter voyant Baucis aussi belle ne peut s&#8217;emp\u00eacher de lui faire la court alors que Phil\u00e9mon se montre jaloux. Voici donc Baucis qui \u00e9chappe aux poursuite de son \u00e9poux et montre toute sa finesse d&rsquo;esprit. Elle finira d&rsquo;ailleurs par se jouer du dieu pour rester fid\u00e8le \u00e0 son mari. Jodie Devos a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 admirable dans ce r\u00e9pertoire que ce soit pour <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1887\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Urbain<\/a> dans <em>La Nonne Sanglante<\/em> ou <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1410\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Rosa<\/a> dans <em>Le Timbre d&rsquo;Argent<\/em>. Mais elle se trouve ici avec un air digne d&rsquo;une grande soprano, et qui a donc \u00e9t\u00e9 taill\u00e9 sur mesure pour elle. Certaines pourraient fr\u00e9mir car la partition de cet air est redoutable, mais la jeune chanteuse s&rsquo;y montre tr\u00e8s fine, d\u00e9ployant une technique redoutable sans pour autant en faire \u00e9talage. Tout y est doux et l\u00e9ger, comme un chant d&rsquo;oiseau. Notes piqu\u00e9es, trilles, variations, sur-aigus&#8230; tout est l\u00e0 avec une aisance impressionnante. La fin de cette partie est un vrai feu d&rsquo;artifice vocale. Si \u00e0 <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1701\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Tours<\/a>, le chant \u00e9tait superbe, nous avons ici une prestation encore plus impressionnante d&rsquo;aisance et de beaut\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_1948\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_orgue_radio-france.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1948\" class=\"wp-image-1948\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_orgue_radio-france-300x189.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"315\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_orgue_radio-france-300x189.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_orgue_radio-france.jpg 603w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1948\" class=\"wp-caption-text\">Orgue de l&rsquo;Auditorium de Radio-France<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La reprise se fait avec une improvisation sur des th\u00e8mes de Gounod \u00e0 l&rsquo;orgue. <strong>Olivier Latry<\/strong> nous permet d&rsquo;entendre le magnifique orgue de Radio-France et l&rsquo;on peut se piquer au jeu de retrouver d&rsquo;o\u00f9 viennent ces citations&#8230; mais le souci est que l&rsquo;on ne retrouve que peu de th\u00e8mes au final. Si l&rsquo;on peut entendre le \u00ab\u00a0o\u00f9 suis-je\u00a0\u00bb de <em>Sapho<\/em> en introduction, par la suite seuls des th\u00e8mes de <em>Faust<\/em> \u00e9mergeront a priori&#8230; le ch\u0153ur des soldats, des th\u00e8mes du ballet&#8230; mais difficile de trouver d&rsquo;autres r\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n<div id=\"attachment_1946\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_josep_kang.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1946\" class=\"wp-image-1946\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_josep_kang-208x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_josep_kang-208x300.jpg 208w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_josep_kang-711x1024.jpg 711w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_josep_kang.jpg 715w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1946\" class=\"wp-caption-text\">Yosep Kang<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9v\u00e9l\u00e9 il y a trois ans par la le Palazzetto Bru Zane encore, <em>Cinq-Mars<\/em> a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9 depuis comme un chef d\u2019\u0153uvre au m\u00eame titre que <em>Faust<\/em> ou <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>. Relatant les d\u00e9boire amoureux du Marquis de Cinq-Mars sur fond de politique et de complot, Gounod avait \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement inspir\u00e9s pour faire na\u00eetre des couleurs tr\u00e8s personnelles dans cet ouvrage. En dehors de l&rsquo;air de Marie \u00ab\u00a0Nuit myst\u00e9rieuse\u00a0\u00bb (l\u00e0 aussi chant\u00e9 par quelques sopranos curieuses), rien n&rsquo;\u00e9tait connu de cet ouvrage. Et il faudra attendre les deux concerts de f\u00e9vrier 2015 pour d\u00e9couvrir une partition riche et originale. Dans ce concert, c&rsquo;est le d\u00e9but du quatri\u00e8me et dernier acte qui nous est pr\u00e9sent\u00e9. Cinq-Mars et de Thou sont en prison suite au complot contre Richelieu, Marie a \u00e9t\u00e9 contrainte d&rsquo;accepter le mariage avec le Roi de Pologne pour sauver les jours de Cinq-Mars&#8230; mais ce dernier ne conna\u00eet pas les raisons de ce changement. C\u2019est donc tout le d\u00e9sespoir de notre h\u00e9ro qui s\u2019entend ici. D\u00e9sespoir d\u2019avoir perdu son amour, d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 trahi et d\u2019avoir condamn\u00e9 son ami. <strong>Yosep Kang<\/strong> montre une belle voix claire, avec un timbre l\u00e9ger qui donne toute sa po\u00e9sie au personnage. Il n\u2019a pas le c\u00f4t\u00e9 emport\u00e9 de Mathias Vidal qui a grav\u00e9 le r\u00f4le, mais une jeunesse plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Le fran\u00e7ais est superbe et l\u2019on entend chacune des nuances\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vient ensuite un retour \u00e0 un ouvrage l\u00e9g\u00e8rement plus connu que les autres\u00a0: <em>Mireille<\/em>. Compos\u00e9 entre <em>Faust<\/em> et <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>, cet ouvrage aura \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s, mais apr\u00e8s bien des mutilations et des d\u00e9formations. Comment penser repr\u00e9senter sur la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra-Comique une histoire se passant en Provence, avec un amour pastoral\u2026 et surtout une fin dramatique o\u00f9 l\u2019h\u00e9ro\u00efne meurt d\u2019avoir tout sacrifi\u00e9 \u00e0 sa passion. Et puis il y a l\u00e0 encore Marie Caroline Miolan-Carvalho\u2026 Si Gounod savait d\u00e8s le d\u00e9but qu\u2019elle serait la cr\u00e9atrice du r\u00f4le titre, il esp\u00e9rait pouvoir la pousser dans ses retranchements en lui composant un ouvrage dramatique avec notamment une sc\u00e8ne de la Crau particuli\u00e8rement ardue. Elle lui demanda de \u00ab\u00a0faire du brillant\u00a0\u00bb alors qu\u2019il prenait le train pour Saint-R\u00e9mi\u2026 Du coup, la sc\u00e8ne de la Crau fut tr\u00e8s vite coup\u00e9e, et on en arriva m\u00eame \u00e0 transformer la fin pour que Vincent et Mireille puisse se marier et vivre heureux. Il faudra attendre les ann\u00e9es 1930 pour que l\u2019on puisse retrouver enfin une partition proche de l\u2019originale souhait\u00e9e par Charles Gounod. Le duo entre Mireille et Vincenette se situe justement avant la sc\u00e8ne de la Crau. Vincent a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par Ourrias au Val d\u2019Enfer, et sa s\u0153ur vient pr\u00e9venir Mireille de ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9. Elle qui r\u00eavait \u00e0 un bonheur simple alors qu\u2019elle voit son amour impossible. L\u2019habitude veut que l\u2019on ait une Mireille assez lyrique et une Vincenette tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8re. Ici les r\u00f4les sont invers\u00e9s puisque c\u2019est <strong>Jodie Devos<\/strong> qui chante le r\u00f4le titre, alors que <strong>Kate Aldrich<\/strong> nous pr\u00e9sente Vincenette. Ce dernier r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 cat\u00e9goris\u00e9 en 1er dugazon, autant dire une voix assez l\u00e9g\u00e8re. Aussi le public est tr\u00e8s surpris de cet \u00e9quilibre. L\u00e0 o\u00f9 l\u2019on aurait plus vu Elsa Dreisig en Mireille et Jodie Devos en Vincenette, tout est chang\u00e9 et boulevers\u00e9\u00a0! Mais le rendu est superbe. Malgr\u00e9 deux faux d\u00e9parts de Jodie Devos, elle campe une Mireille d\u2019une grande fra\u00eecheur, mais l\u2019on entend aussi un c\u00f4t\u00e9 plus dramatique qui n\u2019avait pas trop \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9 chez la soprano\u00a0! Ici elle a de l\u2019\u00e9paisseur, apr\u00e8s un \u00ab\u00a0Heureux petit berger\u00a0\u00bb splendide, et le duo lui permet de se d\u00e9ployer th\u00e9\u00e2tralement. Touchante et volontaire, elle s\u2019impose facilement face \u00e0 Kate Aldrich surprenante mais tr\u00e8s int\u00e9ressante dans son r\u00f4le. Le duo fonctionne parfaitement et nous donne de superbes moments.<\/p>\n<div id=\"attachment_1951\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_mors_vita.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1951\" class=\"wp-image-1951\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_mors_vita-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_mors_vita-300x168.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_mors_vita.jpg 618w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1951\" class=\"wp-caption-text\">Elsa Dreisig, Kate Aldrich, Yosep Kang, Patrick Bolleire<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le programme se termine par un extrait de <em>Mors et Vita<\/em>. Dans les ann\u00e9es 1880, cet oratorio faisait suite au succ\u00e8s de <em>R\u00e9demption<\/em>, autre grand oratorio du musicien. La cr\u00e9ation eut lieu le 26 ao\u00fbt 1885 \u00e0 Birmingham en pr\u00e9sence de la Reine Victoria\u2026 mais malheureusement sans celle de Charles Gounod. Attaqu\u00e9 par Georgina Weldon (qui l\u2019h\u00e9bergea dans les ann\u00e9es 70\u2026 mais aussi le pressurisa pour qu\u2019il lui compose toujours plus de musique), le compositeur est en effet condamn\u00e9 \u00e0 une amende de 250 000 francs. Il ne pourra donc pas assister \u00e0 la cr\u00e9ation de son ouvrage. Nous avons ici un \u00ab\u00a0Oro supplex\u00a0\u00bb superbe men\u00e9 par le quatuor de solistes n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019oratorio, puis pour vraiment terminer, l\u2019\u00e9pilogue du Requiem qui ouvre cet oratorio. Les entr\u00e9es \u00e9chelonn\u00e9es, la douceur de la courbe m\u00e9lodique\u2026 tout dans la quatuor est baign\u00e9 d\u2019une douce lumi\u00e8re. On y retrouve <strong>Elsa Dreisig<\/strong>, <strong>Kate Aldrich<\/strong>, <strong>Yosep Kang<\/strong> et <strong>Patrick Bolleire<\/strong>. Les voix se croisent et s\u2019entrem\u00ealent avec bonheur. Puis arrive l\u2019\u00e9pilogue grandiose. Immense crescendo orchestral, on y entend la d\u00e9mesure de l\u2019oratorio qui n\u00e9cessite ici une formation imposante ainsi qu\u2019un orgue. Les cordes d\u00e9ploient des grandes nappes sombres avant que n\u2019\u00e9clate avec une grande puissance le th\u00e8me \u00e9clatant. Au sommet de ce morceau, voici l\u2019orgue qui joint sa voix puissante (m\u00eame un peu trop) \u00e0 l\u2019orchestre pour emplir la salle de vibrations. La cl\u00f4ture du programme est gigantesque\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1950\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_gala_salut.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1950\" class=\"wp-image-1950\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_gala_salut-300x182.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"304\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_gala_salut-300x182.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_gala_salut-768x467.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_gala_salut.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1950\" class=\"wp-caption-text\">Jesko Sirvend, Patrick Bolleire, Yosep Kang, Elsa Dreisig, Jodie Devos, Kate Aldrich<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Difficile de rester sur un final comme \u00e7a qui laisse le public sans voix. Aussi, le chef revient pour un extrait du ballet du <em>Tribut de Zamora<\/em>. La danse espagnole emporte le public tout comme l\u2019avait fait l\u2019\u00e9pilogue, mais avec ici beaucoup de rythme et de vivacit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce concert est un bel hommage rendu \u00e0 Charles Gounod car il montre diff\u00e9rentes facettes du compositeur lyrique. On retiendra bien s\u00fbr la grand nouveaut\u00e9 de l\u2019air de <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>, mais tout le programme \u00e9tait de tr\u00e8s haut niveau avec des choix intelligents de vari\u00e9s. On peut regretter peut-\u00eatre l\u2019absence de certains habitu\u00e9s du Palazzetto Bru Zane pour les chanteurs, mais quel bonheur d\u2019entendre ces superbes pages de Gounod. Apr\u00e8s <em>Le Tribut de Zamora<\/em>, <em>La Nonne Sanglante<\/em>, <em>Faust<\/em> et les nombreux disques parus, cette ann\u00e9e Gounod est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e avec faste par la fondation\u00a0! Un immense merci \u00e0 eux pour tout ce travail\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Le concert a \u00e9t\u00e9 film\u00e9 par Arte et est disponible jusqu&rsquo;au 17 juin 2019 <a href=\"https:\/\/www.arte.tv\/fr\/videos\/080586-018-A\/l-orchestre-national-de-france-rend-hommage-a-charles-gounod\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a>. Il est aussi disponible \u00e0 la r\u00e9-\u00e9coute sur <a href=\"https:\/\/www.francemusique.fr\/emissions\/le-concert-du-soir\/hommage-a-charles-gounod-en-cloture-du-festival-du-palazzetto-bru-zane-62490\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">France-Musique<\/a>.<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Auditorium de Radio-France<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Rom\u00e9o et Juliette\u00a0&#8211; Entracte symphonique de l\u2019acte IV et Sc\u00e8ne du breuvage\u00a0: \u00ab\u00a0Ah\u00a0! viens \u00f4 liqueur myst\u00e9rieuse\u2026 Amour, ranime mon courage\u00a0\u00bb *<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Sapho\u00a0&#8211; air de Sapho : \u00ab\u00a0\u00d4, ma lyre immortelle\u00a0\u00bb \u00b0<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Faust\u00a0: ballet (Les Nubiennes, Les Troyennes, Danse de Phryn\u00e9)<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), La Reine de Saba &#8211; r\u00e9cit et air de Soliman\u00a0: \u00ab\u00a0Sous les pieds d\u2019une femme\u00a0\u00bb +<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Tobie &#8211; quatuor : \u00ab\u00a0Par la main de ce fils\u00a0\u00bb # \u00b0 $ +<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Phil\u00e9mon et Baucis &#8211; air de Baucis : \u00ab\u00a0\u00d4 riante nature\u00a0\u00bb #<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Improvisation \u00e0 l\u2019orgue sur des th\u00e8mes de Gounod<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Cinq-Mars\u00a0&#8211; Entracte symphonique et air de Cinq-Mars : \u00ab\u00a0\u00d4 ch\u00e8re et vivante image\u00a0\u00bb $<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Mireille\u00a0&#8211; air de Mireille \u00ab\u00a0Heureux petit berger\u00a0\u00bb et duo de Mireille et Vincenette \u00ab\u00a0Ah\u00a0! Parle encore\u00a0\u00bb # \u00b0<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Mors et Vita\u00a0&#8211; quatuor \u00ab\u00a0Oro supplex\u00a0\u00bb, \u00c9pilogue.* # $ +<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Le Tribut de Zamora\u00a0: Danse espagnole<\/li>\n<li>Elsa Dreisig, soprano *<\/li>\n<li>Jodie Devos, soprano #<\/li>\n<li>Kate Aldrich, mezzo-soprano \u00b0<\/li>\n<li>Yosep Kang, t\u00e9nor $<\/li>\n<li>Patrick Bolleire, basse +<\/li>\n<li>Olivier Latry, orgue<\/li>\n<li>Orchestre national de France<\/li>\n<li>Jesko Sirvend, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour clore de belle mani\u00e8re un superbe Festival, le Palazzetto Bru Zane offre au public un concert autour de Charles Gounod en ce 16 juin 2018, veille de la mort [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3,1],"tags":[58,57,49,23,13],"class_list":["post-1938","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","category-non-classe","tag-bru-zane","tag-epoque_romantique","tag-gounod","tag-opera","tag-recital","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-vg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1938","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1938"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1938\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1954,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1938\/revisions\/1954"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1938"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1938"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1938"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}