{"id":1917,"date":"2018-06-22T00:03:02","date_gmt":"2018-06-21T22:03:02","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1917"},"modified":"2018-06-22T00:03:02","modified_gmt":"2018-06-21T22:03:02","slug":"gounod-le-faust-nouveau-est-arrive","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1917","title":{"rendered":"Gounod, le Faust nouveau est arriv\u00e9!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1917\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1919 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959-235x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"383\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959-235x300.jpg 235w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959.jpg 626w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Avec <em>Carmen<\/em>, <em>Faust<\/em> est sans nul doute l\u2019un des op\u00e9ras fran\u00e7ais les plus connus. Tous deux ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s avec des dialogues parl\u00e9s, puis ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s au cours des repr\u00e9sentations ainsi que lors des reprises dans d\u2019autres salles que celles de leurs cr\u00e9ations. Ainsi, des r\u00e9citatifs ont \u00e9t\u00e9 compos\u00e9s, des passages coup\u00e9s\u2026 ou des passages ajout\u00e9s pour <em>Faust<\/em>. Il est donc extr\u00eamement difficile actuellement de retrouver la forme originale de l\u2019ouvrage tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1859. Bien s\u00fbr l\u2019on conna\u00eet quelques aspects comme les dialogues ou des sc\u00e8nes qui furent coup\u00e9es par la suite, mais il nous manque tout de m\u00eame de la mati\u00e8re pour \u00eatre s\u00fbr de retrouver l\u2019\u00e9tat d\u2019origine. C\u2019est donc plut\u00f4t un autre <em>Faust<\/em> qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es avec une partition et un style sans doute plus proche de l\u2019original mais sans \u00eatre certain de sa totale authenticit\u00e9. Il serait encore plus difficile de r\u00e9ussir \u00e0 retrouver l\u2019\u0153uvre telle que Charles Gounod l\u2019avait pens\u00e9e tant les coupures ont \u00e9t\u00e9 nombreuses avant m\u00eame la premi\u00e8re\u2026 et nombre de ces passages ont \u00e9t\u00e9 perdus depuis, comme la sc\u00e8ne de folie de Marguerite qui ouvrait le dernier acte. Mais nous avons ici un ouvrage nouveau, ou du moins diff\u00e9rent et il est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant de voir des musicologues se pencher enfin sur les partitions connues de Gounod.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le programme du Palazzetto Bru Zane annon\u00e7ait donc un <em>Faust<\/em> original\u2026 mais au final, l\u2019on comprend vite qu\u2019il est tr\u00e8s difficile de retrouver cette forme. La perte de partitions, le manque d\u2019informations fiables, les distorsions de la tradition, les contradictions entre diff\u00e9rentes sources&#8230; tout cela fait que l\u2019objet qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 est vraiment une version qui peut \u00eatre discut\u00e9e sans perdre de son int\u00e9r\u00eat. Elle repose avant tout sur le retour \u00e0 des dialogues parl\u00e9s, souvent accompagn\u00e9s de musique. On retrouve aussi des passages coup\u00e9s comme le trio Faust\/Wagner\/Siebel ou le duo entre Marguerite et son fr\u00e8re. On peut ajouter \u00e0 cela les passages r\u00e9guli\u00e8rement coup\u00e9s tels que la sc\u00e8ne de la chambre de Marguerite ou encore la sc\u00e8ne de Walpurgis (avec son ch\u0153ur d\u2019introduction et de conclusion). Et puis l\u2019on a l\u2019air original de Valentin \u00e0 la place du ch\u0153ur des soldats, ainsi qu\u2019une sc\u00e8ne de l\u2019\u00e9glise l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente (des r\u00e9pliques de M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s sont chant\u00e9es par le ch\u0153ur et l\u2019on ajoute quelques r\u00e9pliques), de m\u00eame qu\u2019un final diff\u00e9rent o\u00f9 apparaissent des cloches solennelle pour marquer l\u2019\u00e9l\u00e9vation de Marguerite. Des passages \u00ab\u00a0nouveaux\u00a0\u00bb, beaucoup avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s par Michel Plasson (dans sa version chant\u00e9e par Cheryl Studer, Richard Leech et Jos\u00e9 van Dam) ou par Carlo Rizzi (avec Cecilia Gasdia, Jerry Hadley et Samuel Ramey) et il n\u2019y a au final que l\u2019air de Valentin qui est totalement in\u00e9dit. Mais l\u2019on retrouve ces passages dans leur cadre et donc cela nous montre la coh\u00e9sion cherch\u00e9e par Gounod dans sa construction de l\u2019ouvrage. On d\u00e9couvre des personnages plus complexes ou diff\u00e9rents par la fa\u00e7on dont le texte est \u00e9crit ou par ces ajouts de passages chant\u00e9s. Tout cela est passionnant\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1924\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_caricature.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1924\" class=\"wp-image-1924\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_caricature-275x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"327\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_caricature-275x300.jpg 275w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_caricature-768x838.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_caricature-939x1024.jpg 939w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_caricature.jpg 1023w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1924\" class=\"wp-caption-text\">Les deux Marguerites de Faust (1869), par Valentin Achille Lemot (1847-1909).<br \/>Caricature de Caroline F\u00e9lix-Miolan-Carvalho (1827-1895) etChristine Nilsson (1843-1921)<br \/>Publi\u00e9 dans \u201cLe monde pour rire\u201d N\u00b0 54.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c\u2019est avant tout les dialogues parl\u00e9s qui changent l\u2019approche de la partition. En effet, le fait d\u2019avoir ces moments non chant\u00e9s fait gagner en \u00e9paisseur les personnages voir m\u00eame les change. Ainsi, Dame Marthe est la grande gagnante ici avec de grands dialogues qui montrent ce que la version traditionnelle semble uniquement sugg\u00e9rer\u00a0: le c\u00f4t\u00e9 comique de la dame. Truculente et pleine de contradictions, elle anime l\u2019intrigue de belle mani\u00e8re l\u00e0 o\u00f9 elle ne sert qu\u2019\u00e0 participer \u00e0 un beau quatuor dans la version habituelle. De m\u00eame, M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s gagne en humour dans cette version. Loin du grand diable qui fait trembler, il est vraiment ici pour s\u2019amuser des humains, non pas pour les terroriser mais bien pour jouer avec eux. Les dialogues rajoutent dans la r\u00e9partie du personnage. Seuls les personnages s\u00e9rieux restent donc dans la m\u00eame optique. On peut noter une plus grande partie pour Siebel bien s\u00fbr, mais surtout pour Wagner (et l\u2019apparition d\u2019un mendiant lors de la kermesse) qui perd son c\u00f4t\u00e9 totalement \u00e9pisodique avec le trio du premier acte. On aura d\u2019ailleurs la confirmation de sa mort lors du retour de Valentin alors que dans la version traditionnelle il dispara\u00eet totalement de l\u2019histoire apr\u00e8s la kermesse.<\/p>\n<div id=\"attachment_1925\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_talens_lyriques.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1925\" class=\"wp-image-1925\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_talens_lyriques-300x151.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"252\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_talens_lyriques-300x151.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_talens_lyriques-768x388.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_talens_lyriques.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1925\" class=\"wp-caption-text\">Les Talens Lyriques et Christophe Rousset<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais il y a aussi l\u2019approche dans la r\u00e9alisation qui fait \u00e9voluer la perception de l\u2019ouvrage. D\u00e9j\u00e0, le fait de jouer sur instruments d\u2019\u00e9poques donne une sonorit\u00e9 diff\u00e9rente. Les \u00e9quilibres changent, les textures se complexifient et l\u2019on a une partition plus contrast\u00e9e. Avec <strong>Les Talens Lyriques<\/strong>, <strong>Christophe Rousset<\/strong> nous offre une lecture tr\u00e8s vive mais aussi profonde. Ainsi les passages qui peuvent rapidement \u00eatre d\u00e9figur\u00e9s par une grande lourdeur, comme la kermesse, sont men\u00e9s avec une grande \u00e9nergie alors qu\u2019au contraire, le duo du jardin s\u2019alanguit de belle mani\u00e8re. Le seul souci \u00e0 l\u2019orchestre est l\u2019\u00e9quilibre entre les percussions et le reste de l\u2019orchestre. Peut-\u00eatre est-ce le manque d\u2019habitude de jouer sur des instruments aussi modernes mais les cordes se retrouvent r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9cras\u00e9es par les percussions de m\u00eame que les chanteurs. Mais Christophe Rousset anime parfaitement la partition et soigne l\u2019ouvrage et y insufflant de l\u2019\u00e9nergie, enlevant tout c\u00f4t\u00e9 pompier qui peut parfois arriver. D\u00e8s l\u2019ouverture nous avons une couleur diff\u00e9rente et pas seulement par les instruments et les tempi, mais aussi sur le travail d\u2019\u00e9quilibre entre les pupitres. Saluons aussi la magnifique prestation du ch\u0153ur de la <strong>Radio Flamande<\/strong>. La diction est magnifique bien s\u00fbr, et l\u2019on entend chacune des nuances, chacune des voix\u2026 et l\u2019on ne sacrifie en rien sur la puissance \u00e0 certains moments comme lors du retour des soldats et de la sc\u00e8ne de Walpurgis.<\/p>\n<div id=\"attachment_1921\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_Bou.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1921\" class=\"wp-image-1921\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_Bou-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_Bou-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_Bou.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1921\" class=\"wp-caption-text\">Jean-S\u00e9bastien Bou (Valentin)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le double r\u00f4le du Mendiant et de Wagner, <strong>Anas S\u00e9guin<\/strong> montre un vrai caract\u00e8re et le fait de distribuer le r\u00f4le \u00e0 un baryton donne une vision beaucoup plus l\u00e9g\u00e8re et jeune du personnage. Si l\u2019on rajoute \u00e0 cela le trio du premier acte qui donne plus d\u2019\u00e9paisseur au personnage, voici une belle d\u00e9couverte pour ce chanteur charismatique qui manque juste d\u2019un peu de projection pour s\u2019affirmer. Son ami Valentin est camp\u00e9 par <strong>Jean-S\u00e9bastien Bou<\/strong> qui est un habitu\u00e9 de l\u2019op\u00e9ra-comique. Lui qui a triomph\u00e9 dans <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1184\"><em>Fantasio<\/em><\/a> ou <em>M\u00e2rouf<\/em> se trouve parfaitement dans son \u00e9l\u00e9ment ici. La facilit\u00e9 avec laquelle il donne vie aux dialogues parl\u00e9s ainsi que l\u2019aisance qu\u2019il a pour composer un personnage plut\u00f4t simple \u00e0 la base est saisissant. Le chant est puissant mais jamais en force, la diction est un mod\u00e8le du genre et il sait parfaitement faire vivre le texte qu\u2019il soit chant\u00e9 ou parl\u00e9. L\u00e0 o\u00f9 il aurait peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 un peu l\u00e9ger pour Valentin dans sa version traditionnelle, ici il offre toute une palette de nuances tr\u00e8s bienvenue et son air du troisi\u00e8me acte lui permet de briller (m\u00eame si la partition n\u2019est pas particuli\u00e8rement saisissante).<\/p>\n<div id=\"attachment_1918\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_Perruche.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1918\" class=\"wp-image-1918\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_Perruche-229x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"327\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_Perruche-229x300.jpg 229w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_Perruche.jpg 319w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1918\" class=\"wp-caption-text\">Ingrid Perruche (Dame Marthe)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du c\u00f4t\u00e9 f\u00e9minin, c\u2019est un petit peu le m\u00eame cas. <strong>Juliette Mars<\/strong> est un Siebel de belle facture, mais qui manque un peu de puissance et d\u2019aisance dans les dialogues parl\u00e9s. Mais elle campe un jeune homme plein de gr\u00e2ce tout au long de l\u2019ouvrage. L\u2019on notera le tr\u00e8s bel air alternatif qui est ici donn\u00e9 lors de la sc\u00e8ne de la chambre\u2026 rarement entendu il est ici enfin donn\u00e9 dans une version compl\u00e8te de l\u2019ouvrage. Par contre, face \u00e0 elle se dresse le personnage haut en couleur de la Dame Marthe d\u2019<strong>Ingrid Perruche<\/strong>\u00a0! Si elle n\u2019a finalement pas plus \u00e0 chanter que dans le cas traditionnel, elle a par contre beaucoup plus d\u2019importance dans le dialogue parl\u00e9. Et elle sait parfaitement offrir toutes les outrances du personnage, \u00e0 la fois dame patronnesse mais aussi pr\u00eate \u00e0 se marier avec le diable. Les dialogues sont parfaitement dits et v\u00e9cus, alors que la partie chant\u00e9e est sonore et plus l\u00e9g\u00e8re qu\u2019\u00e0 l\u2019habitude o\u00f9 l\u2019on donne le r\u00f4le \u00e0 une mezzo-soprano. Mais son grand moment reste le dialogue avec M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s. Elle a beaucoup de r\u00e9parti et sait faire face au grandiose personnage cr\u00e9\u00e9 par son confr\u00e8re.<\/p>\n<div id=\"attachment_1922\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_foster-williams.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1922\" class=\"wp-image-1922\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_foster-williams-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_foster-williams-225x300.jpg 225w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_foster-williams.jpg 325w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1922\" class=\"wp-caption-text\">Andrew Foster-Williams (M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, <strong>Andrew Foster-Williams<\/strong> est un diable particuli\u00e8rement impressionnant\u00a0! Non pas dans le sens o\u00f9 il domine tout le monde, mais justement parce qu\u2019il joue la com\u00e9die, parce qu\u2019il joue sur le texte et \u00e9vite les grands effets pour de nombreuses petites touches d\u2019humour ou d\u2019ironie. Seul non francophone de la distribution, la basse se montre tr\u00e8s sensible sur le sens du texte et aussi les sous-entendus qu\u2019il cache. Loin du diable noir et charbonneux, il est au contraire le diable qui sort de sa bo\u00eete pour faire une farce. La voix n\u2019a pas ce bronze de certains, mais elle d\u00e9voile de nombreuses couleurs et sait se faire comique comme particuli\u00e8rement sonore et sombre. Et \u00e0 ce titre, retrouver l\u2019air de Ma\u00eetre Scarab\u00e9e \u00e0 la place du Veau d\u2019Or est parfaitement logique tant le chanteur est \u00e0 l\u2019aise dans cet passage par la verve qu\u2019il y met. La diction est assez bonne, en particulier dans le chant. Les dialogues le mettent plus en difficult\u00e9 pour rendre totalement le texte compr\u00e9hensible, mais il y met tellement de nuances et de vie, qu\u2019il est finalement celui, avec Ingrid Perruche, qui donne le plus de relief au dialogues. Ce M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s est loin des habitudes mais se rapproche finalement plus du diable qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019ouvrage. Car n\u2019oublions pas que ce n\u2019est pas directement le <em>Faust<\/em> de Goethe qui est ici adapt\u00e9, mais plut\u00f4t un adaptation de celui-ci par Michel Carr\u00e9 pour un drame fantastique intitul\u00e9 <em>Faust et Marguerite<\/em>. C\u2019est donc une vision beaucoup plus comique et l\u00e9g\u00e8re. Et ici, Andrew Foster-Williams fait diablement mouche\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1923\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_gens.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1923\" class=\"wp-image-1923\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_gens-300x202.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_gens-300x202.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_gens-768x516.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_gens.jpg 911w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1923\" class=\"wp-caption-text\">V\u00e9ronique Gens (Marguerite)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le r\u00f4le de Marguerite, <strong>V\u00e9ronique Gens<\/strong> est assez in\u00e9dite. Elle a avou\u00e9 n\u2019avoir jamais imagin\u00e9 chanter un jour ce r\u00f4le\u2026 et c\u2019est uniquement suite \u00e0 la proposition de Christophe Rousset qu\u2019elle a accept\u00e9. Ensuite, sa voix est actuellement plut\u00f4t dramatique par rapport au standard. Bien s\u00fbr, la cr\u00e9atrice du r\u00f4le Caroline Miolan-Carvalho \u00e9tait loin d\u2019avoir ce drame dans la voix, elle qui \u00e9tait avant tout une chanteuse \u00e0 roulade. Mais Gounod semble-t-il poussait les th\u00e9\u00e2tres de province \u00e0 engager non pas une chanteuse l\u00e9g\u00e8re, mais bien un soprano de grand op\u00e9ra. C\u2019est ici la justification pour avoir propos\u00e9 le r\u00f4le \u00e0 V\u00e9ronique Gens. Et apr\u00e8s tout, pourquoi pas\u00a0! La chanteuse rel\u00e8ve ici un tr\u00e8s beau d\u00e9fit et malgr\u00e9 un stress \u00e9vident elle offre un tr\u00e8s beau portrait de la jeune fille. Si le timbre interpelle au d\u00e9but, on s\u2019habitue et m\u00eame cela convient parfaitement aux deux derniers actes. La tension dans les aigus est manifeste \u00e0 certains moments (\u00e0 d\u2019autres, elle opte pour une ligne moins haute) mais l\u2019on profite par contre d\u2019un chant splendide et d\u2019une grande intelligence musicale. \u00c0 ce propos, son air des bijoux est un vrai petit miracle tant elle en offre une vision diff\u00e9rente. Loin de la diva, la chanteuse nous donne une le\u00e7on de nuances et d\u2019intelligence malgr\u00e9 la tension que lui provoque le fait de chanter cet air si connu. Par la suite, l\u2019air de la chambre ou la sc\u00e8ne de l\u2019\u00e9glise sont des passages o\u00f9 elle est parfaitement \u00e0 son aise, avant un trio final au lyrisme splendide. Le d\u00e9fi est parfaitement relev\u00e9 et l\u2019on entend une jeune fille magnifique. Reste un texte parl\u00e9 qui manque peut-\u00eatre un peu de vie, mais le personnage est superbe.<\/p>\n<div id=\"attachment_1920\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_bernheim.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1920\" class=\"wp-image-1920\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_bernheim-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_bernheim-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_bernheim-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/faust_1959_bernheim.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1920\" class=\"wp-caption-text\">Benjamin Bernheim (Faust)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, dans le r\u00f4le titre, <strong>Benjamin Bernheim<\/strong> montre un style fran\u00e7ais assez \u00e9tonnant. Le jeune t\u00e9nor semble voir sa carri\u00e8re d\u00e9coller depuis quelques mois et il d\u00e9montre ici tout son talent dans le r\u00f4le de Faust. La voix est superbe et d\u2019une tr\u00e8s belle projection, la diction parfaite et l\u2019aisance stylistique impressionnante. Il chante avec beaucoup de facilit\u00e9 et n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 all\u00e9ger beaucoup \u00e0 certains moments pour vraiment rendre toute la d\u00e9licatesse du r\u00f4le. Ainsi, le contre-ut de sa cavatine sera \u00e9mise en voix de t\u00eate l\u00e9g\u00e8rement soutenue du plus bel effet. Le seul reproche que l\u2019on peut lui faire vient des dialogues parl\u00e9s o\u00f9 il semble totalement absent. Si le chant est splendide et rayonne, la texte lui reste en retrait et manque de vie. Mais ce souci est vraiment compens\u00e9 par un chant d\u2019excellente facture qui nous donne un docteur parfait d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de son chant. Il surpasse les difficult\u00e9s sans aucun probl\u00e8me, assurant les couplets bachiques par exemple avec insolence. Une plus grande implication aurait donn\u00e9 un Faust parfait. Mais le rendu est tout de m\u00eame fort bon\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l\u2019on pouvait esp\u00e9rer quelques surprises de plus dans cette reconstitution, il n\u2019en est pas moins que le rendu de ce <em>Faust<\/em> est passionnant. On peut se rendre compte de toute la diff\u00e9rence entre ce qui est traditionnellement donn\u00e9 actuellement et ce que devait \u00eatre l\u2019ouvrage au tout d\u00e9but de sa vie lyrique. La troupe rassembl\u00e9e ici est de tr\u00e8s haute tenue et l\u2019on admire les choix dans la distribution qui donne vraiment une couleur particuli\u00e8re \u00e0 l\u2019op\u00e9ra. Heureusement, un enregistrement doit avoir lieu et sera publi\u00e9 dans les mois qui viennent, fixant ainsi dans le confort du studio ce superbe travail sur la partition la plus connue de Charles Gounod.<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es<\/li>\n<li>14 juin 2018<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Faust (version de 1859), op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Version de concert<\/li>\n<li>Faust, Benjamin Bernheim\u00a0; Marguerite, V\u00e9ronique Gens\u00a0; Siebel, Juliette Mars\u00a0; Dame Marthe, Ingrid Perruche\u00a0; M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s, Andrew Foster-Williams\u00a0; Valentin, Jean-S\u00e9bastien Bou\u00a0; Wagner \/ un mendiant, Anas S\u00e9guin<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de la Radio Flamande<\/li>\n<li>Les Talens Lyriques<\/li>\n<li>Christophe Rousset, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec Carmen, Faust est sans nul doute l\u2019un des op\u00e9ras fran\u00e7ais les plus connus. Tous deux ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s avec des dialogues parl\u00e9s, puis ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s au cours des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3,1],"tags":[58,57,49,14,23],"class_list":["post-1917","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","category-non-classe","tag-bru-zane","tag-epoque_romantique","tag-gounod","tag-integrale","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-uV","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1917","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1917"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1917\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1927,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1917\/revisions\/1927"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1917"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1917"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1917"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}