{"id":1863,"date":"2018-06-05T22:56:12","date_gmt":"2018-06-05T20:56:12","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1863"},"modified":"2018-06-05T22:56:12","modified_gmt":"2018-06-05T20:56:12","slug":"mozart-salieri-et-iolanta-a-tours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1863","title":{"rendered":"Mozart, Salieri et Iolanta \u00e0 Tours"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1863\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1865\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mozart_salieri_iolanta-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"267\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mozart_salieri_iolanta-225x300.jpg 225w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mozart_salieri_iolanta.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a>Il est rare de pr\u00e9senter des op\u00e9ras russes en France en dehors des quelques uns les plus connus comme <em>Eugen Onegin<\/em> ou <em>Boris Godounov<\/em>. Alors il faut saluer le choix de l\u2019Op\u00e9ra de Tours qui a d\u00e9cid\u00e9 de monter non seulement <em>Iolanta<\/em> de Tchaikovsky, mais surtout <em>Mozart et Salieri<\/em> de Rimsky-Korsakov. Ce dernier n\u2019est que trop rarement mis en avant alors que ses ouvrages sont magnifiques. Bien s\u00fbr, les r\u00e9f\u00e9rences sont mythiques pour ce petit op\u00e9ra mais avoir la possibilit\u00e9 de voir sur sc\u00e8ne ce duo de partitions est un vrai plaisir. Pour la distribution, l\u2019Op\u00e9ra de Tours \u00e0 fait appel \u00e0 des chanteurs slaves avant tout comme souvent dans ce r\u00e9pertoire mais ch\u0153ur et orchestre sont de la maison. Pour trois repr\u00e9sentations seulement, c\u2019est un gros investissement pour l\u2019institution et il semble que le public ait \u00e9t\u00e9 au rendez-vous.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La soir\u00e9e commence par la sombre pi\u00e8ce de Nikolai Rimsky-Korsakov. <em>Mozart et Salieri<\/em> est bas\u00e9 sur la pi\u00e8ce de Pouchkine et le compositeur est rest\u00e9 au plus proche du texte. Il s\u2019en suit un op\u00e9ra assez \u00e9trange dans sa structure mais qui fascine par l\u2019intelligence dramatique. Cette r\u00e9flexion sur le g\u00e9nie est magnifiquement mise en musique avec les ab\u00eemes de Salieri et la bondissante m\u00e9lodie de Mozart. Int\u00e9grant des musiques de ce dernier, nous plongeons vraiment dans un affrontement entre deux personnalit\u00e9s. Bien s\u00fbr la th\u00e8se de l\u2019assassinat de Mozart par Salieri est ici soutenue\u2026 mais si l\u2019on a plut\u00f4t un portrait de faiseur pour Salieri, il n\u2019en reste pas moins extr\u00eamement \u00e9mu et touch\u00e9 durant ses monologues, m\u00eame lorsqu\u2019il assassine le g\u00e9nie qui est face \u00e0 lui.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1869\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta4-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta4-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta4-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta4.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne est tr\u00e8s sobre\u00a0: un piano \u00e0 queue, un lustre\u2026 et des grands rideaux rouges qui resserrent la sc\u00e8ne. Transpos\u00e9 de nos jours, l\u2019on peut voir la diff\u00e9rence entre ces deux grands musiciens\u00a0: si Salieri est en costume, Mozart lui porte des Convers et un blouson de cuire. Il tient ses partitions dans un sac FNAC alors que Salieri lui les a pieusement pos\u00e9es sur le piano. L\u2019opposition est simple mais fonctionne tr\u00e8s bien. La sobri\u00e9t\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne aussi est parfaitement en ad\u00e9quation avec le propos de l\u2019ouvrage. L\u2019on saluera la superbe prestation de <strong>Mischa Schelomianski<\/strong>, magnifique basse particuli\u00e8rement nuanc\u00e9 pour ce Salieri. La voix est ronde et belle, avec un petit rapprochement par moments avec Mark Reizen ce qui n\u2019est pas un mince compliment. Le grave est sonore, l\u2019aigu ais\u00e9 et surtout cette fa\u00e7on de dire le texte en le faisant vivre. Face \u00e0 lui, <strong>Irakli Murjikneli<\/strong> est un Mozart un peu lourd de voix mais qui vit tr\u00e8s bien la folie et l\u2019inconscience du personnage\u2026 avec tout de m\u00eame un moment sombre vers la fin. Les deux chanteurs emportent le public qui reste saisi par cet op\u00e9ra passionnant et si original. Bien s\u00fbr, il est difficile d\u2019oublier les Shaliapin, Reizen ou Pirogov, oppos\u00e9s \u00e0 Lemeshev ou Kozlovsky\u2026 mais le rendu de cette premi\u00e8re partie est soign\u00e9 et au niveau de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<div id=\"attachment_1864\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mozart_salieri1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1864\" class=\"wp-image-1864\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mozart_salieri1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mozart_salieri1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mozart_salieri1.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1864\" class=\"wp-caption-text\">Irakli Murjikneli (Mozart), Mischa Schelomianski (Salieri)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Iolanta<\/em> b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une mise en sc\u00e8ne plus \u00e9labor\u00e9e avec une sc\u00e8ne coup\u00e9e en deux par une grande verri\u00e8re. L\u2019on trouve ainsi un espace int\u00e9rieur et un autre ext\u00e9rieur, favorisant ainsi les entr\u00e9es et sorties des personnages. Dans des teintes grises mais lumineuses, avec toutes ces roses blanches et rouges, le d\u00e9cor est tr\u00e8s beau et offre un cadre magnifique pour les chanteurs. La direction d\u2019acteurs est aussi tr\u00e8s pr\u00e9cise avec particuli\u00e8rement un travail chez Iolanta qui joue de parfaitement l\u2019aveugle. La seule d\u00e9ception vient du traitement du final. <em>Iolanta<\/em> est un op\u00e9ra tourn\u00e9 vers la lumi\u00e8res avec entre autre un final brillant\u2026 et le metteur en sc\u00e8ne a souhait\u00e9 replonger dans les ab\u00eemes en faisant se crever les yeux \u00e0 Iolanta, terroris\u00e9e par tout ce monde qui l\u2019oppresse. La partition demande une distribution assez importante avec de nombreux petits r\u00f4les. Globalement bien tenus, on saluera tout de m\u00eame <strong>Delphine Haidan<\/strong> en Martha, suivante de Iolanta. Le charisme et la profondeur de la voix sont parfaits pour cette servante et m\u00e8re de substitution. Quelques soucis tout de m\u00eame chez des r\u00f4les plus importants. Ainsi, <strong>Aram Ohanian<\/strong> manque de puissance pour jouer le m\u00e9decin Ibn-Hakia et <strong>Javid Samadov<\/strong> semble avoir un trou dans le medium de sa voix malgr\u00e9 un aigu superbe qui lui permet de briller dans l\u2019air de Robert. <strong>Mischa Schelomianski<\/strong> est encore une fois d\u2019une grande justesse pour sa prestation de p\u00e8re. Nuanc\u00e9 et touchant dans sa d\u00e9tresse il tient la sc\u00e8ne \u00e0 chacune de ses apparitions. <strong>Irakli Murjikneli<\/strong> montre des petites limites dans l\u2019aigu ici. Si l\u2019investissement est certain, la voix est un peu uniquement forte pour l\u2019amoureux Vaud\u00e9mont et l\u2019on a r\u00e9guli\u00e8rement un aigu pouss\u00e9 et un peu bas. La voix est belle, mais il y a un manque de nuances. Surtout que face \u00e0 lui, <strong>Anna Gorbachyova-Ogilvie<\/strong> est une Iolanta particuli\u00e8rement touchante. Bien s\u00fbr, l\u2019aigu est tendu mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 il y a une beaut\u00e9 du timbre et surtout un art des nuances qui fait que l\u2019on oublie ces petits soucis. Elle compose une jeune fille parfaite th\u00e9\u00e2tralement et l\u2019on ressent toute l\u2019\u00e9motion du personnage, que ce soit dans ses questionnements en d\u00e9but d\u2019op\u00e9ra mais aussi par la suite lors de la d\u00e9couverte de sa c\u00e9cit\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_1867\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1867\" class=\"wp-image-1867\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta2-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta2-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta2.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1867\" class=\"wp-caption-text\">Anna Gorbachyova-Ogilvie (Iolanta)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019orchestre se plie parfaitement aux besoins de ces deux ouvrages, besoins tr\u00e8s diff\u00e9rents tant <em>Mozart et Salieri<\/em> est avant tout un grand r\u00e9citatif alors que <em>Iolanta<\/em> demande un superbe lyrisme. Vladislav Karklin donne une belle lecture des deux op\u00e9ras, trouvant le ton juste et \u00e9vitant toute surcharge. Le final de l\u2019\u0153uvre de Tchaikovsky est d\u2019une grande force et compense l\u2019aberration d\u2019avoir choisi une fin tragique. L\u2019orchestre est au niveau des chanteurs d\u2019un point de vue style et c\u2019est \u00e0 saluer\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1868\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1868\" class=\"wp-image-1868\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta3-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta3-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta3.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1868\" class=\"wp-caption-text\">Irakli Murjikneli (Vaud\u00e9mont), Delphine Haidan (Martha), Aram Ohanian (Ibn-Hakia), Mischa Schelomianski (le Roi Ren\u00e9), Anna Gorbachyova-Ogilvie (Iolanta)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le couplage de ces deux op\u00e9ras n\u2019est pas forc\u00e9ment naturel mais la soir\u00e9e permet d\u2019entendre deux bijoux de l\u2019op\u00e9ra russe. L\u2019ex\u00e9cution est de bonne qualit\u00e9 et les quelques limites ne sont pas d\u2019ordre \u00e0 emp\u00eacher d\u2019appr\u00e9cier ces deux partitions.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta5.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1870\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta5-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta5-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta5-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/iolanta5.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<ul>\n<li>Tours<\/li>\n<li>Grand Th\u00e9\u00e2tre<\/li>\n<li>25 mai 2018<\/li>\n<li>Nikolai Rimsky-Korsakov (1844-1908), Mozart et Salieri, Op\u00e9ra en deux actes<\/li>\n<li>Piotr Ilitch Tcha\u00efkovsky (1840-1893), Iolanta, Op\u00e9ra en un acte<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Dieter Kaegi\u00a0; D\u00e9cors \/ Costumes, Francis O&rsquo;Connor\u00a0; Lumi\u00e8res, Mario B\u00f6semann<\/li>\n<li>Mozart, Irakli Murjikneli\u00a0; Salieri,Mischa Schelomianski<\/li>\n<li>Iolanta, Anna Gorbachyova-Ogilvie\u00a0; Vaudemont, Irakli Murjikneli\u00a0; Le Roi Ren\u00e9, Mischa Schelomianski\u00a0; Robert, Javid Samadov\u00a0: Ibn-Hakia, Aram Ohanian\u00a0; Brigitta, Yumiko Tanimura\u00a0; Laura, Majdouline Zerari\u00a0; Alm\u00e9ric, Rapha\u00ebl Jardin\u00a0; Marta, Delphine Haidan\u00a0; Bertrand, Serguei Afonin<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Tours<\/li>\n<li>Orchestre Symphonie R\u00e9gion Centre-Val de Loire\/Tours<\/li>\n<li>Vladislav Karklin, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est rare de pr\u00e9senter des op\u00e9ras russes en France en dehors des quelques uns les plus connus comme Eugen Onegin ou Boris Godounov. 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