{"id":1789,"date":"2018-04-22T00:35:40","date_gmt":"2018-04-21T22:35:40","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1789"},"modified":"2020-09-17T15:10:28","modified_gmt":"2020-09-17T13:10:28","slug":"callas-en-direct-3-5-1953-1954-medea-alceste-et-la-vestale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1789","title":{"rendered":"Callas en direct \u2013 3\/5, 1953-1954 : Medea, Alceste et La Vestale"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1789\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1504 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live.jpg 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Voici une facette assez rarement donn\u00e9e de Maria Callas\u00a0: son implication dans le r\u00e9pertoire classique. Bien s\u00fbr, on la conna\u00eet pour sa remise sur le devant de la sc\u00e8ne du bel-canto, son implication pour donner ce r\u00e9pertoire dans des conditions les plus conformes \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la cr\u00e9ation. C\u2019est elle qui sera la base permettant au couple Bonynge et Sutherland de r\u00e9v\u00e9ler toutes ces partitions de Bellini ou Donizetti par exemple. Ici, nous aurons Cherubini, Gluck et Spontini. Dans deux cas, des ouvrages \u00e9crits pour l\u2019Op\u00e9ra de Paris et traduits en italien\u2026 et un troisi\u00e8me qui sera par la suite adapt\u00e9 pour la capitale dans le cadre de la trag\u00e9die lyrique telles qu\u2019elle se donnait en cette fin de royaut\u00e9 en France. Apr\u00e8s le r\u00e9pertoire romantique en diable de la pr\u00e9c\u00e9dente partie, voici donc un changement total de r\u00e9pertoire qui demande avant tout de la d\u00e9clamation et une personnalit\u00e9 de trag\u00e9dienne. Cette p\u00e9riode chroniqu\u00e9e est aussi le moment o\u00f9 le physique de la chanteuse se m\u00e9tamorphose\u00a0: d\u2019une M\u00e9d\u00e9e d\u00e9j\u00e0 gracieuse mais encore un peu forte, voici une Julia de <em>La Vestale<\/em> fragile et fine. P\u00e9riode de mutation donc pour la chanteuse mais pour nous ce sont surtout des r\u00f4les qui \u00e9trangement ne marqueront pas sa carri\u00e8re dans l\u2019histoire alors que l\u2019un d\u2019eux au moins \u00e9tait tr\u00e8s important pour elle. Ce rapport au drame par contre est totalement en accord avec sa volont\u00e9 de pouvoir montrer aussi sur sc\u00e8ne des personnages le plus cr\u00e9dibles possible.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live_coffret.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1505 aligncenter\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live_coffret-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"280\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live_coffret-300x168.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live_coffret.jpg 749w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les autres parties de ce coffret sont comment\u00e9s ici :<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1481\" rel=\"noopener\">Callas en direct \u2013 1\/5, 1949-1951 : Nabucco, Parsifal, I Vespri Sicilianni et Aida<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1611\">Callas en direct \u2013 2\/5, 1952 : Armida, Norma et Macbeth<\/a><\/li>\n<li>Callas en direct \u2013 3\/5, 1953-1954 : Medea, Alceste et La Vestale<\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1963\">Callas en direct &#8211; 4\/5, 1955-1957 : Andrea Ch\u00e9nier, La Sonnambula, Lucia di Lammermoor, Anna Bolena et Ifigenia in Tauride<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2674\">Callas en direct &#8211; 5\/5, 1958-1964 : La Traviata, Il Pirata, Poliuto et Tosca<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Medea.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1494 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Medea-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Medea-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Medea-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Medea-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Medea.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Le r\u00f4le de <em>M\u00e9d\u00e9e<\/em> reste marqu\u00e9 par Maria Callas et elle-m\u00eame aura \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e dans le sens o\u00f9 c\u2019est l\u2019un des r\u00f4les qu\u2019elle portera tr\u00e8s tardivement dans sa carri\u00e8re. Elle aimait tant ce r\u00f4le et sa composante dramatique, qu\u2019elle aura fini par jouer ce personnage au cin\u00e9ma pour Pasolini. Sur sc\u00e8ne, elle s\u2019identifiait \u00e0 cette magicienne terrass\u00e9e par la tra\u00eetrise. L\u2019ouvrage de Cherubini \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine en fran\u00e7ais avec de grandes tirades parl\u00e9es. La version ici pr\u00e9sent\u00e9e est en italien et avec des r\u00e9citatifs\u2026 mais l\u2019on conserve la musique du compositeur. Et surtout le portrait de M\u00e9d\u00e9e. D\u00e9j\u00e0 mis en musique (par Marc-Antoine Charpentier bien s\u00fbr!), la l\u00e9gende prenait vie et se devait de pouvoir affronter des adversaires sur sc\u00e8nes. Callas trouvera son Giasone en la personne de Jon Vickers en 1958, \u00e0 tel point qu\u2019avant d\u2019accepter une nouvelle production, elle demandait au pr\u00e9alable \u00e0 Vickers s\u2019il \u00e9tait libre pour chanter avec elle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est donc \u00e9trange que Warner ait d\u00e9cid\u00e9 de pr\u00e9senter une soir\u00e9e si t\u00f4t dans sa fr\u00e9quentation du r\u00f4le. Ce n\u2019est que la quatri\u00e8me fois qu\u2019elle chante le r\u00f4le, la prise de son est un peu frustre\u2026 et l\u2019entourage n\u2019est pas totalement \u00e0 la hauteur de Maria Callas. La Glauce de <strong>Maria Luisa Nache<\/strong> est certes assez souple mais elle manque de cette jeunesse brillante qui doit trancher et montrer son innocence. De m\u00eame pour le Cr\u00e9on de <strong>Giuseppe Modesti<\/strong> qui n\u2019a pas un grand charisme. Le Gisaone de <strong>Gino Penno<\/strong> a un beau sens de la nuance mais reste un peu terne. Et enfin, <strong>Fedora Barbieri<\/strong> a certes une belle pr\u00e9sence mais la voix semble bien lourde et peu gracieuse avec des effets pouss\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Restent deux artistes\u2026 <strong>Leonard Bernstein<\/strong> bien s\u00fbr qui apporte une grande vie \u00e0 l\u2019orchestre qui rugit et se d\u00e9ploie. La sonorit\u00e9 n\u2019est pas trop large mais plut\u00f4t pleine d\u2019\u00e9nergie et de tension. Et puis bien s\u00fbr <strong>Maria Callas<\/strong>\u2026 Elle est ici sid\u00e9rante de passion et d\u2019incarnation. D\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de sa prestation elle se donne sans compter, osant les effets expressifs les plus exaltants sans pour autant verser dans le v\u00e9risme. On sent la d\u00e9clamatrice \u00e0 l\u2019\u0153uvre m\u00eame si le texte n\u2019est pas en fran\u00e7ais. L\u2019organe est d\u2019une arrogance folle encore \u00e0 cette \u00e9poque et c\u2019est peut-\u00eatre la raison du choix de cette repr\u00e9sentation. En effet, les repr\u00e9sentations de 1962 le trouvent beaucoup mieux entour\u00e9e (Vickers, Simionato et Ghiaurov!) mais avec une voix d\u00e9j\u00e0 us\u00e9e. Le personnage est toujours aussi saisissant mais sans cette possibilit\u00e9 de varier les dynamiques comme elle le fait en 1953. <em>Medea<\/em> est bien un de ses r\u00f4les les plus importants et la cantatrice est majestueuse. Un grand t\u00e9moignage de l\u2019art de Maria Callas. Dommage qu\u2019elle n\u2019ait pas eu droit \u00e0 un entourage plus vaillant et musicien\u2026 ainsi que d\u2019une version fran\u00e7aise.<\/p>\n<ul>\n<li>Luigi Cherubini (1760-1842), Medea, Op\u00e9ra-comique en trois actes<\/li>\n<li>Medea, Maria Callas ; Neris, Fedora Barbieri ; Glauce, Maria Luisa Nache ; Giasone, Gino Penno\u00a0; Creonte, Giuseppe Modesti\u00a0; Creonte, Giuseppe Modesti\u00a0; Prima ancella, Angela Vercelli\u00a0; Seconda ancella, Maria Amadini\u00a0; Capo delle guardie, Enrico Campi<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Th\u00e9\u00e2tre de La Scala de Milan<\/li>\n<li>Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre de La Scala de Milan<\/li>\n<li>Leonard Bernstein, direction<\/li>\n<li>2 CD Warner Classics, 0190295844608. Enregistr\u00e9 en direct \u00e0 La Scala de Milan, le 10 d\u00e9cembre 1953.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Alceste.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1493 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Alceste-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Alceste-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Alceste-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Alceste-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Alceste.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Apr\u00e8s une <em>Medea<\/em> finalement importante, on se demande bien ce qu\u2019apporte cet <em>Alceste<\/em>. Non pas que la prestation de Maria Callas soit mauvaise, mais d\u00e9j\u00e0, la qualit\u00e9 de l\u2019enregistrement est assez affreuse. D\u00e8s que l\u2019on d\u00e9passe le mezzo-forte, la saturation devient plus que p\u00e9nible. On en vient \u00e0 souffrir tant le ch\u0153ur est inaudible, noy\u00e9 sous la saturation mais aussi par le souffle tr\u00e8s fort qui pose souci. Le document est donc plus que pr\u00e9caire. \u00c0 cela s\u2019ajoute le fait que si dans Cherubini le personnage convient parfaitement \u00e0 notre cantatrice grec par son temp\u00e9rament et sa vaillance, ici l\u2019on d\u00e9couvre une chanteuse qui force un peu le trait pour jouer cette femme \u00e9plor\u00e9e. Rien de mauvais, mais si certains enregistrements de tr\u00e8s mauvaise qualit\u00e9 sont compens\u00e9s par la prestation magistrale et grandiose de <strong>Maria Callas<\/strong>, rien ici n\u2019est historique dans l\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et l\u2019entourage n\u2019est pas non plus de nature \u00e0 justifier la parution de cette int\u00e9grale. L\u00e0 encore les chanteurs ne sont pas indignes mais jamais vraiment passionnants que ce soit par le style ou la coh\u00e9rence stylistique. De m\u00eame, <strong>Giulini<\/strong> se montre tr\u00e8s romantique et manque grandement de drame pour sa direction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au final, voici sans doute pour le moment l\u2019enregistrement le moins digne d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent dans ce coffret. Et il fait encore plus regretter l\u2019absence de certaines captations comme le <em>Ballo in Maschera<\/em> historique qui r\u00e9unissait Giuseppe Di Stefano, Ettore Bastianini et Gianandrea Gavazzeni.<\/p>\n<ul>\n<li>Christoph Willibald Gluck (1714-1787), Alceste, Drame lyrique en trois actes<\/li>\n<li>Alceste, Maria Callas ; Admeto, Renato Gavarini ; Il Sommo Sacertote, Paolo Silveri ; Apollo, Rolando Panerai\u00a0; Tanato, Silvio Maionica\u00a0; Evandro, Giuseppe Zampieri\u00a0; L\u2019Araldo, Enrico Campi\u00a0; La voce dell\u2019Oracolo, Nicola Zaccaria<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Th\u00e9\u00e2tre de La Scala de Milan<\/li>\n<li>Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre de La Scala de Milan<\/li>\n<li>Carlo Maria Giulini, direction<\/li>\n<li>2 CD Warner Classics, 0190295844554. Enregistr\u00e9 en direct \u00e0 La Scala de Milan, le 4 avril 1954.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_La_Vestale.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1492 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_La_Vestale-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_La_Vestale-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_La_Vestale-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_La_Vestale-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_La_Vestale.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Comme pour <em>Alceste<\/em>, cette <em>Vestale<\/em> est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s grandement handicap\u00e9e par la prise de son et peut-\u00eatre m\u00eame encore plus que le pr\u00e9c\u00e9dent. En effet, on en vient par moment \u00e0 ne pas reconna\u00eetre la voix de Maria Callas pour cet ouvrage o\u00f9 elle joue le r\u00f4le principal, surtout vu les coupures r\u00e9alis\u00e9es. Saturations, distorsions, changement de niveau\u2026 difficile de pouvoir \u00e9couter ce document tant la technique de captation est d\u00e9faillante. Et l\u2019on se demande l\u00e0 encore pourquoi Warner a d\u00e9cid\u00e9 de proposer cet enregistrement. Que l\u2019on montre que Maria Callas a chant\u00e9 aussi du r\u00e9pertoire classique avec un ou deux op\u00e9ras, bien s\u00fbr\u2026 mais l\u2019on a eu <em>Alceste<\/em>, l\u2019on aura <em>Iphig\u00e9nie en Tauride<\/em>\u2026 peut-\u00eatre qu\u2019au moins l\u2019un des deux op\u00e9ras ici pr\u00e9sent\u00e9s auraient pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9s pour le confort de l\u2019auditeur\u2026 et particuli\u00e8rement <em>Alceste<\/em> qui n\u2019apporte pas beaucoup \u00e0 la carri\u00e8re de la chanteuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La Vestale<\/em> est un op\u00e9ra fran\u00e7ais de l\u2019\u00e9poque de Napol\u00e9on, o\u00f9 il fallait revoir le r\u00e9pertoire en donnant un parall\u00e8le avec l\u2019Empereur en place. Et l\u2019on retrouve un peu l\u2019histoire de <em>Norma<\/em> mais sans la jeune Adalgisa. Au contraire, c\u2019est la Grande Pr\u00eatresse qui sera l\u2019autre voix f\u00e9minine de cet op\u00e9ra. Bien s\u00fbr, \u00e0 l\u2019\u00e9poque il \u00e9tait impensable de proposer cet ouvrage dans sa version originale \u00e0 Milan et c\u2019est donc une traduction italienne. Les coupures et ce changement de langue fait que l\u2019on peine \u00e0 reconna\u00eetre le style du classique finissant \u00e0 Paris. Nous sommes plus ici dans un r\u00e9pertoire purement lyrique surtout vu la distribution propos\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On retrouve quelques grands noms mais aussi de petits qui tiennent plut\u00f4t bien leur partie. Forc\u00e9ment, pour la Saint-Ambroise \u00e0 Milan, il fallait frapper un grand coup et donc l\u2019entourage de la diva est au niveau. <strong>Nicola Rossi-Lemeni<\/strong> bien s\u00fbr avec sa belle voix de basse\u2026 mais surtout <strong>Franco Corelli<\/strong> dans le r\u00f4le de l\u2019amoureux. Il chante plus ici Verdi que Spontini tant sa verve est flamboyante\u2026 mais le timbre et l\u2019engagement du chanteur font que l\u2019on accepte cette fa\u00e7on de chanter. On retrouve aussi <strong>Ebe Stignani<\/strong> qui chante le r\u00f4le de la Grande Pr\u00eatresse, un personnage qui se coule beaucoup mieux dans sa voix mature que la jeune Adalgisa en 1952. L\u2019autorit\u00e9 de la sa prestation offre un beau contraste avec la flamme de la jeune Julia. Et puis la direction d\u2019<strong>Antonino Votto<\/strong> est pleine de fougue qui tranche avec la romantisation extr\u00eame de certaines partitions classique de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis bien s\u00fbr <strong>Maria Callas<\/strong> qui trouve ici un r\u00f4le qui lui offre la possibilit\u00e9 de donner toute l\u2019\u00e9tendue de son talent dramatique. Contrairement \u00e0 <em>M\u00e9d\u00e9e<\/em> qui se montre monstrueuse, c\u2019est ici tout le doute de la jeune vestale qui est traduit, toute la violence de ses \u00e9motions contraires. La voix est glorieuse et particuli\u00e8rement dramatique pour nous offrir une Julia d\u00e9chir\u00e9e et qui frappe par sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On regrettera que la prise de son soit si mauvaise, mais aussi que ce soit une traduction italienne qui nous est donn\u00e9e. Nul doute que Maria Callas aurait \u00e9t\u00e9 encore plus majestueuse dans la version originale\u2026 un peu comme pour la <em>M\u00e9d\u00e9e<\/em> de Cherubini qu\u2019elle aurait d\u00fb chanter \u00e0 Paris avant d\u2019annuler pour \u00eatre remplac\u00e9e par Rita Gorr&#8230;<\/p>\n<ul>\n<li>Gaspare Spontini (1774-1851), La Vestale, Trag\u00e9die-lyrique en trois actes<\/li>\n<li>Giulia, Maria Callas ; La Gran Vestale, Ebe Stignani ; Licinio, Franco Corelli ; Cinna, Enro Sordello\u00a0; Il Sommo Sacerdote, Nicola Rossi-Lemeni\u00a0; Un console, Vittorio Tatozzi\u00a0; Il capo degli aruspici, Nicola Zaccaria<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Th\u00e9\u00e2tre de La Scala de Milan<\/li>\n<li>Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre de La Scala de Milan<\/li>\n<li>Antonino Votto, direction<\/li>\n<li>2 CD Warner Classics, 0190295844523. Enregistr\u00e9 en direct \u00e0 La Scala de Milan, le 7 d\u00e9cembre 1954.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici une facette assez rarement donn\u00e9e de Maria Callas\u00a0: son implication dans le r\u00e9pertoire classique. 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