{"id":1754,"date":"2018-04-03T22:46:36","date_gmt":"2018-04-03T20:46:36","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1754"},"modified":"2018-04-03T22:46:36","modified_gmt":"2018-04-03T20:46:36","slug":"debut-de-ring-magistral-par-le-theatre-du-mariinsky-et-valery-gergiev","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1754","title":{"rendered":"D\u00e9but de Ring magistral par le Th\u00e9\u00e2tre du Mariinsky et Valery Gergiev"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1756 size-medium\" title=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1754\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_gergiev_valery-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_gergiev_valery-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_gergiev_valery-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_gergiev_valery-1024x683.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>En 2010, Valery Gergiev commen\u00e7ait \u00e0 enregistrer un Ring int\u00e9gral sous le label du t\u00e9\u00e2tre. Si c\u2019est d\u2019abord une <em>Walkyrie<\/em> de 2012 qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e, l\u2019<em>Or du Rhin<\/em> de 2010 suivra quelques ann\u00e9es plus tard. Le principe de ces enregistrements \u00e9tait simple\u00a0: avoir pour socle la troupe du Mariinsky ainsi que l\u2019orchestre de ce m\u00eame th\u00e9\u00e2tre, tout en invitant de grands wagn\u00e9riens pour les r\u00f4les les plus importants. Bien s\u00fbr, quelques chanteurs connus internationalement de la troupe \u00e9taient de la partie, mais les t\u00eates d\u2019affiche \u00e9taient bien s\u00fbr des noms encore plus prestigieux\u00a0: Nina Stemme, Ren\u00e9 Pape, Jonas Kaufmann\u2026 Malheureusement, depuis ces deux parutions aucune suite n\u2019a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e et il est m\u00eame \u00e0 douter que <em>Siegfried<\/em> et <em>Le Cr\u00e9puscule des Dieux<\/em> aient m\u00eame \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s. Une brouille avec Nina Stemme semble avoir compromis le projet. Si <em>Die Walk\u00fcre<\/em> offrait une vision assez internationale de l\u2019op\u00e9ra de Richard Wagner, <em>Das Rheingold<\/em> \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus typ\u00e9 dans ses choix de direction comme dans les chanteurs r\u00e9unis. Aussi, l\u2019id\u00e9e de pouvoir entendre enfin une <em>T\u00e9tralogie<\/em> qui repose enti\u00e8rement sur le Th\u00e9\u00e2tre du Mariinsky de Saint-P\u00e9tersbourg est une vraie nouveaut\u00e9. Cette ann\u00e9e, Valery Gergiev nous propose donc le prologue et la premi\u00e8re journ\u00e9e en un seul week-end wagn\u00e9rien. Et \u00e0 l\u2019automne prochain, ce seront bien s\u00fbr les deux derni\u00e8res journ\u00e9es pour compl\u00e9ter. Et dans les deux cas, seuls des chanteurs du Mariinsky sont r\u00e9unis pour notre plus grand plaisir.<!--more--><\/p>\n<div id=\"attachment_1768\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_mariinsk_ext.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1768\" class=\"wp-image-1768\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_mariinsk_ext-300x193.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"322\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_mariinsk_ext-300x193.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_mariinsk_ext.jpg 700w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1768\" class=\"wp-caption-text\">Fa\u00e7ade du Th\u00e9\u00e2tre du Mariinsky<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Monter <em>Der Ring des Nibelungen<\/em> est d\u00e9j\u00e0 une tr\u00e8s grosse charge pour un th\u00e9\u00e2tre, mais le faire en ne faisant appel qu\u2019\u00e0 une distribution issue de la troupe locale est une vraie gageure. Toutes les forces du Mariinsky sont donc ici convoqu\u00e9es. Pas pour un unique concert bien s\u00fbr puisque auparavant les m\u00eames artistes avaient chant\u00e9 ces ouvrages en version de concert aussi \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg. Mais tout de m\u00eame, il faut pouvoir non seulement trouver des chanteurs capables de ma\u00eetriser des r\u00f4les complexes mais aussi \u00eatre \u00e0 la hauteur d\u2019une institution qui a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e \u00e0 un niveau d\u2019excellence par Valery Gergiev depuis qu\u2019il en a pris la direction en 1988. \u00c9clipsant le Bolsho\u00ef de Moscou, ce Mariinsky retrouve les fastes de l\u2019apr\u00e8s-guerre o\u00f9 certains des plus grands chanteurs russes faisaient parti de la troupe de cette ville secondaire. L\u00e0 aussi, l\u2019ombre \u00e9tait grande pour la capitale et Staline d\u2019ailleurs ne l\u2019acceptait pas. L\u2019exemple de Mark Reizen en est ainsi r\u00e9v\u00e9lateur puisqu\u2019il proposa \u00e0 la grande basse de venir au Bolsho\u00ef avec une certaine insistance qui n\u2019autorisait aucun refus. De nos jours, les choses ont chang\u00e9 bien s\u00fbr et l\u2019on a de nombreux chanteurs qui quittent cette troupe pour effectuer de grandes carri\u00e8res internationales. Les exemples d\u2019Anna Netrebko, Olga Borodina ou encore le regrett\u00e9 Dmitri Hvorostovsky sont les plus connus actuellement, mais de nombreux noms russes sont venus illuminer les sc\u00e8nes mondiales depuis les ann\u00e9es 1990.<\/p>\n<div id=\"attachment_1769\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_mariinsky_int.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1769\" class=\"wp-image-1769\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_mariinsky_int-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_mariinsky_int-300x225.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_mariinsky_int-768x576.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_mariinsky_int.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1769\" class=\"wp-caption-text\">Grande salle du Th\u00e9\u00e2tre du Mariinsky<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La distribution r\u00e9unie pour ces deux soir\u00e9e ne compte que deux noms tr\u00e8s connus \u00e0 l\u2019international\u00a0: Mikhail Petrenko qui triomphe maintenant sur toutes les sc\u00e8nes mondiales dans les r\u00f4les russes ou wagn\u00e9riens\u2026 mais aussi Evgeny Nikitin qui s\u2019est fait une belle carri\u00e8re dans ces m\u00eames r\u00e9pertoires. Pour le reste, quelques chanteurs qui sont venus chanter en dehors de la Russie bien s\u00fbr, mais qui n\u2019ont pas cette m\u00eame notori\u00e9t\u00e9. La question \u00e9tait de savoir ce que ces inconnus pourraient donner dans des r\u00f4les tr\u00e8s exigeants. Et il faut avouer que le r\u00e9sultat est assez impressionnant tant chacun \u00e9tait parfaitement \u00e0 sa place, sachant donner vie \u00e0 un personnage malgr\u00e9 la version de concert, sachant tr\u00e8s bien chanter l\u2019allemand et trouver le ton et le style juste. Presque trop juste d\u2019ailleurs tant on regrette un petit manque de sp\u00e9cificit\u00e9 dans les voix. Quelques chanteurs se distinguent, mais on est loin d\u2019un Wagner tel qu\u2019il pouvait \u00eatre chant\u00e9 il y a un demi-si\u00e8cle en Russie. L\u2019exemple du <em>Lohengrin<\/em> chant\u00e9 par Ivan Kozlovsky est ainsi bien loin dans le renouvellement des approches. Mais par moments, on entend une voix, un timbre ou une fa\u00e7on de faire qui tranche avec la convention.<\/p>\n<div id=\"attachment_1760\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_petrenko_mikhail.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1760\" class=\"wp-image-1760\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_petrenko_mikhail-300x203.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"339\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_petrenko_mikhail-300x203.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_petrenko_mikhail.jpg 610w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1760\" class=\"wp-caption-text\">Mikhail Petrenko (Fafner, Hunding)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais il ne faut pas parler que des chanteurs tant l\u2019orchestre est important aussi dans ce r\u00e9pertoire. Et il faut donc ainsi tout d\u2019abord saluer la prestation du chef et des musiciens. D\u00e9j\u00e0 pour le fait d\u2019avoir jou\u00e9 ces deux jours d\u2019affil\u00e9 les deux ouvrages. Mais aussi pour la qualit\u00e9 et l\u2019engagement de chacun. L\u2019<strong>Orchestre du Mariinsky<\/strong> est sans doute parmi les meilleurs du monde et l\u2019on a pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un travail magnifique. Le son poss\u00e8de une petite s\u00e9cheresse dans les cordes alors que les cuivres trompettent agr\u00e9ablement\u2026 mais ce sont surtout la beaut\u00e9 des bois qui frappent \u00e0 l\u2019\u00e9coute. Durant ces deux op\u00e9ras, l\u2019ensemble est parfait et d\u2019une grande force expressive. Bien s\u00fbr le chef <strong>Valery Gergiev<\/strong> n\u2019est pas pour rien dans la r\u00e9ussite de l\u2019ensemble, mais les musiciens sont aussi particuli\u00e8rement concern\u00e9s. La direction se montre tr\u00e8s dramatique et assez vive sans pour autant que les tempi ne soient rapides. Le chef conserve toujours la tension n\u00e9cessaire m\u00eame dans les passages les plus calmes comme les monologues de Wotan dans <em>Die Walk\u00fcre<\/em>. Mais plus que \u00e7a, il suit parfaitement les chanteurs, les couvant sans jamais les couvrir malgr\u00e9 la difficult\u00e9 de trouver un bon \u00e9quilibre entre chant et orchestre dans cette salle de la Philharmonie. La direction est peut-\u00eatre un peu moins marqu\u00e9e par la personnalit\u00e9 du chef dans <em>Das Rheingold<\/em> par rapport au disque, mais le r\u00e9sultat est tout bonnement fascinant de beaut\u00e9 plastique et d\u2019\u00e9vocation. Jamais le drame ne dispara\u00eet. \u00c0 noter la flexibilit\u00e9 non seulement du chef mais aussi des musiciens qui savent s\u2019adapter imm\u00e9diatement \u00e0 la d\u00e9ficience d\u2019un chanteur et changeant de dynamique afin d\u2019accompagner malgr\u00e9 la disparition de la voix du chanteur. Orchestre du Mariinsky et chef sont en fusion pour le plus grand plaisir des auditeurs r\u00e9unis dans une salle pleine.<\/p>\n<div id=\"attachment_1762\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_shilova_oxana.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1762\" class=\"wp-image-1762\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_shilova_oxana-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_shilova_oxana-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_shilova_oxana.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1762\" class=\"wp-caption-text\">Oxana Shilova (Freia, Helmwige)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Das Rheingold<\/em> demande de nombreux solistes qui n\u2019ont parfois que peu d\u2019interventions mais souvent d\u00e9cisives. Et en allant chercher dans sa troupe, Valery Gergiev a eu la main heureuse tant l\u2019ensemble des chanteurs sont au moins bons voir m\u00eame excellents\u2026 enfin tous\u2026 il y a tout de m\u00eame deux l\u00e9g\u00e8res d\u00e9ceptions. D\u00e9j\u00e0 une des filles du Rhin qui manque un peu de justesse mais surtout l\u2019Erda de <strong>Zlata Bulycheva<\/strong>. On pourrait supposer que la troupe du Mariinsky poss\u00e8de un contralto plus apte \u00e0 rendre la profondeur de cette voix divine. Ici, les notes sont bien faites mais il lui manque une rondeur dans le grave qui fait les grandes Erda. Le chant est tr\u00e8s noble mais le timbre trop clair pour vraiment s\u2019imposer. A c\u00f4t\u00e9 de cela, on retiendra la magnifique <strong>Yekaterina Sergeyeva<\/strong> en Flosshilde (et qui chantera Fricka le lendemain!) mais aussi le tr\u00e8s beau Donner d\u2019<strong>Ilya Bannik<\/strong> \u00e0 la voix puissante et pleine de noblesse. <strong>Alexander Timchenko<\/strong> sera un Froh l\u00e9g\u00e8rement plus limit\u00e9 dans la projection mais au beau timbre. Mais chez ces \u00ab\u00a0petits\u00a0\u00bb dieux, c\u2019est sans doute la Freia d\u2019<strong>Oxana Shylova<\/strong> qui sort du lot tant elle illumine le plateau \u00e0 chacune de ses apparitions. Le chant est de pure lumi\u00e8re, port\u00e9 par un petit grelot et une projection tr\u00e8s confortable. On ne peut douter en l\u2019\u00e9coutant que c\u2019est la jeunesse et la puret\u00e9 qui parle. Sa s\u0153ur Fricka est tr\u00e8s bien camp\u00e9e par <strong>Anna Kiknadze<\/strong> qui offre une belle grandeur et un ton autoritaire chez la d\u00e9esse. La chanteuse poss\u00e8de un beau timbre au grain un peu marqu\u00e9 qui permet de s\u2019imposer sans souci dans le r\u00f4le.<\/p>\n<div id=\"attachment_1757\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_kiknadze_anna.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1757\" class=\"wp-image-1757\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_kiknadze_anna-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"376\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_kiknadze_anna-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_kiknadze_anna.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1757\" class=\"wp-caption-text\">Anna Kiknadze (Fricka)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le petit r\u00f4le de Mime, <strong>Andrei Popov<\/strong> se montre parfait. Il campe sc\u00e9niquement un personnage convaincant et sa voix claire et haut-perch\u00e9e se pr\u00eate id\u00e9alement au nain terroris\u00e9 par son fr\u00e8re. La composition pourrait vite verser dans le grand guignol mais il restera toujours dans les limites du raisonnable. Certainement habitu\u00e9 des r\u00f4les de caract\u00e8re qui regorgent dans l\u2019op\u00e9ra russe, il poss\u00e8de un beau naturel pour faire vivre son personnage. A l\u2019extr\u00eame oppos\u00e9 se trouvent les deux g\u00e9ants Fasolt et Fafner. Dans ce prologue, c\u2019est avant tout Fasolt qui s\u2019impose et <strong>Vadim Kravets<\/strong> marque l\u2019auditeur imm\u00e9diatement par une voix de basse magnifique. Le timbre a cette rondeur qui donne une certaine douceur au g\u00e9ant alors que grave comme aigu sont parfaitement projet\u00e9s. La prestance inn\u00e9e du chanteur lui permet sans forcer d\u2019\u00eatre cette brute au c\u0153ur troubl\u00e9 par la beaut\u00e9 de Freia. \u00c0 ses c\u00f4t\u00e9, <strong>Mikhail Petrenko<\/strong> se montre diff\u00e9rent avec une voix plus s\u00e8che, allant jusqu\u2019\u00e0 forcer un peu la ligne de chant pour marquer encore plus la brutalit\u00e9 de Fafner. Le timbre reste clair mais le personnage est imm\u00e9diatement plus noir, port\u00e9 visuellement par cette morgue dans la posture qui le caract\u00e9rise parfois.<\/p>\n<div id=\"attachment_1764\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_vekua_mikhail.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1764\" class=\"wp-image-1764\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_vekua_mikhail-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_vekua_mikhail-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_vekua_mikhail.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1764\" class=\"wp-caption-text\">Mikhail Vekua (Loge, Siegmund)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le r\u00f4le de Loge, Valery Gergiev a choisi chanteur au profil assez \u00e9trange puisqu\u2019il doit chanter non seulement ce dieu rus\u00e9, mais aussi Siegmund le lendemain, puis les deux Siegfried \u00e0 l\u2019automne. Comment un chanteur peut-il passer aussi rapidement d\u2019un r\u00f4le \u00e0 l\u2019autre\u2026 et penser encha\u00eener les deux Siegfried sans jour de repos\u00a0? Sans nul doute sera-t-il moins \u00e0 sa place dans l\u2019un des r\u00f4les se dit-on\u2026 et pourtant, comme on le verra plus tard, il sera aussi impressionnant dans Loge que dans Siegmund. Pour ce <em>Rheingold<\/em>, <strong>Mikhail Vekua<\/strong> se montre imm\u00e9diatement un fin diseur et un chanteur \u00e0 la nuance pr\u00e9cise. Car il faut ici se montrer non pas en grand chanteur, mais bien en artiste pour mettre en avant l\u2019intelligence du dieu, sa ruse et son audace\u2026 Et tout ici sera r\u00e9uni pour nous offrir un portrait complet d\u2019un des personnages les plus complexes de cette grande fresque op\u00e9ratique. Il impose un timbre assez clair, une voix bien projet\u00e9e sans pour autant \u00eatre trop massive\u2026 et sait parfaitement ce qu\u2019il chante, donnant beaucoup d\u2019\u00e9paisseur et de nuances \u00e0 son r\u00f4le. Loge est la cl\u00e9 de vo\u00fbte de l\u2019intrigue et notre t\u00e9nor y est parfaitement \u00e0 sa place\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1765\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_vorobiev_yuri.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1765\" class=\"wp-image-1765\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_vorobiev_yuri.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_vorobiev_yuri.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_vorobiev_yuri-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_vorobiev_yuri-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1765\" class=\"wp-caption-text\">Yuri Vorobiev (Wotan)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autre grande inconnue venait du r\u00f4le de Wotan chant\u00e9 par <strong>Yuri Vorobiev<\/strong>. Si l\u2019on regarde sa fiche sur le site du Th\u00e9\u00e2tre du Mariinsky, on se rend compte qu\u2019il chante plus les r\u00f4les de basses verdiennes que les barytons basses allemands. Or s\u2019il est un des trois Wotan qui demande une voix plus fine et l\u00e9g\u00e8re que les autres, c\u2019est bien celui de ce prologue. Mais imm\u00e9diatement d\u00e8s ses premi\u00e8res paroles, la basse montre toute la finesse de son chant qui sait parfaitement composer avec une tessiture un peu haute. Il nous donne \u00e0 entendre un dieu plus doux qu\u2019\u00e0 l\u2019habitude par un chant d\u2019une grande rondeur sans pour autant que l\u2019allemand ne soit sacrifi\u00e9. Toute la jeunesse et la fougue sont bien pr\u00e9sentes mais il y a aussi cette intelligence qui transpara\u00eet. Moins puissant que certains, il n\u2019en poss\u00e8de pas moins une certaine force tranquille qui lui permet de s\u2019imposer sur la dur\u00e9e. Et quelle beaut\u00e9 dans le chant\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1755\" style=\"width: 458px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_burdenko_roman.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1755\" class=\"wp-image-1755 size-full\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_burdenko_roman.png\" alt=\"\" width=\"448\" height=\"374\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_burdenko_roman.png 448w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_burdenko_roman-300x250.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 448px) 100vw, 448px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1755\" class=\"wp-caption-text\">Roman Burdenko (Alberich)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le grand Wotan va se faire voler la vedette par <strong>Roman Burdenko<\/strong> qui est un Alberich assez exceptionnel. Avec ce personnage noir, on tombe souvent dans la caricature par le timbre ou l\u2019interpr\u00e9tation. Rien de tel ici. Le chanteur avait d\u00e9j\u00e0 fait forte impression en 2012 \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un r\u00e9cital diffus\u00e9 sur France-Musique o\u00f9 il chantait bien s\u00fbr des m\u00e9lodies russes, mais aussi des extraits d\u2019op\u00e9ras russes et italiens. Et quand on regarde son r\u00e9pertoire on se rend compte que c\u2019est exactement cet \u00e9quilibre qui reste dans sa carri\u00e8re aujourd\u2019hui. Et cela s\u2019entend dans son interpr\u00e9tation car il y a la rondeur de la ligne n\u00e9cessaire dans les grands Verdi mais aussi la rudesse du mot que demandent des personnages comme Shaklovity de <em>Khovanshchina<\/em> par exemple. Son Alberich est donc tr\u00e8s bien chantant mais tout aussi tr\u00e8s bien personnifi\u00e9. De l\u2019envie \u00e0 la violence, de la noirceur \u00e0 la bouffonnerie\u2026 tout est d\u00e9taill\u00e9 et bien retranscrit. Certains lui reprocheront peut-\u00eatre une petite coquetterie ici ou l\u00e0 comme cet aigu ajout\u00e9 en fin de mal\u00e9diction. Mais peu importe tant le rendu est frappant et magnifique. On en viendrait presque \u00e0 regretter que ce soit lui qui redescende et disparaisse dans les mines plut\u00f4t que les dieux. Le charisme est l\u00e0, la voix et l\u2019intelligence du chant aussi\u2026 esp\u00e9rons qu\u2019il sera de nouveau pr\u00e9sent pour les deux derni\u00e8res journ\u00e9es de cette <em>T\u00e9tralogie<\/em> \u00e0 l\u2019automne car m\u00eame si le r\u00f4le d\u2019Alberich y est moins important, il serait un parfait compl\u00e9ment d\u2019une belle distribution. Aux saluts, il se taillera d\u2019ailleurs un immense succ\u00e8s en saluant en dernier\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1761\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_Sergeyeva_Yekaterina.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1761\" class=\"wp-image-1761\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_Sergeyeva_Yekaterina-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_Sergeyeva_Yekaterina-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_Sergeyeva_Yekaterina.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1761\" class=\"wp-caption-text\">Yekaterina Sergeyeva (Flosshilde, Fricka)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Grande r\u00e9ussite donc pour ce <em>Rheingold<\/em>. On pouvait donc esp\u00e9rer un triomphe pour <em>Die Walk\u00fcre<\/em> m\u00eame si l\u2019op\u00e9ra est diff\u00e9rent. En effet, l\u00e0 o\u00f9 le prologue du <em>Ring<\/em> demande plus une troupe que de grands solistes, la premi\u00e8re journ\u00e9e elle repose sur de fortes personnalit\u00e9s pour chacun des r\u00f4les en dehors bien s\u00fbr des Walkyries. Dans ces derni\u00e8res, on retrouve d\u2019ailleurs quelques chanteuses entendues comme <strong>Anna Kiknadze<\/strong> en Grimgerde ou la magnifique <strong>Oxana Shilova<\/strong> en Helmwige qui irradie ici aussi durant toute la chevauch\u00e9e, son timbre \u00e9clairant magnifiquement l\u2019ensemble. Chacune des Walkyries r\u00e9unies est impliqu\u00e9e et poss\u00e8de un timbre prenant. Et surtout la troupe compl\u00e8te se montre homog\u00e8ne sans \u00eatre uniforme. Magnifique moment qui fait trembler la salle. On retrouve de la veille <strong>Mikhail Petrenko<\/strong> dans le r\u00f4le de Hunding. La basse conna\u00eet parfaitement ce personnage pour le chanter depuis des ann\u00e9es sur les plus grandes sc\u00e8nes. Il opte ce soir pour une interpr\u00e9tation tr\u00e8s expressive voir m\u00eame sur-dimensionn\u00e9e pour une version de concert. Il tape du pied, parle certaines r\u00e9pliques pour en renforcer l\u2019effet dramatique\u2026 ce n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas n\u00e9cessaire tant d\u00e9j\u00e0 la prestance et la puissance de la voix imposent un homme d\u2019une grande violence. Le timbre est vraiment magnifique et la voix semble se d\u00e9ployer toujours plus avec les ann\u00e9es qui passent.<\/p>\n<div id=\"attachment_1759\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_pavlovskaya_tatiana.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1759\" class=\"wp-image-1759\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_pavlovskaya_tatiana-300x200.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_pavlovskaya_tatiana-300x200.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_pavlovskaya_tatiana-768x512.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_pavlovskaya_tatiana.jpeg 900w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1759\" class=\"wp-caption-text\">Tatiana Pavlovskaya (Br\u00fcnnhilde)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le r\u00f4le \u00e9pisodique mais si important de Fricka, on retrouve la mezzo-soprano <strong>Yekaterina Sergeyeva<\/strong> qui avait d\u00e9j\u00e0 fortement impressionn\u00e9 la veille dans le r\u00f4le de Flosshilde. On retrouve ici imm\u00e9diatement cette fermet\u00e9 du timbre et cette impressionnante facilit\u00e9 \u00e0 projeter. Un peu timide au d\u00e9but de la sc\u00e8ne qui l\u2019oppose \u00e0 Wotan, elle va prendre de l\u2019assurance au fur et \u00e0 mesure que son personnage doit s\u2019imposer. Les accents s\u2019affirment, la voix gagne encore en puissance. On est face \u00e0 une superbe mezzo-soprano qui pourrait fort bien se faire conna\u00eetre dans les ann\u00e9es qui viennent. Si Ekaterina Gubanova est impressionnante dans le disque enregistr\u00e9 par Valery Gergiev, cette nouvelle Fricka vaut aussi l\u2019\u00e9coute\u00a0! Autre r\u00e9v\u00e9lation en la personne de <strong>Tatiana Pavlovskaya<\/strong> qui nous propose une Br\u00fcnnhilde impressionnante de fiert\u00e9 et de puissance sans pour autant qu\u2019elle soit monolithique. D\u00e8s les cris de guerre d\u2019entr\u00e9e, elle sait contr\u00f4ler parfaitement sa voix avec juste un petit regret pour ses aigus peu puissants. Mais nous sommes ici face \u00e0 une grande voix dans la tradition des soprani dramatiques russes telles que Evgenia Smolenskaya par exemple. La voix est tr\u00e8s ample, un l\u00e9ger vibrato mais qui n\u2019a rien de trop marqu\u00e9 et une rondeur de timbre, des couleurs\u2026 loin du char d\u2019assaut qu\u2019on nous pr\u00e9sente parfois, cette Br\u00fcnnhilde est extr\u00eamement vivante et emphatique envers son p\u00e8re mais aussi Siegmund. Elle reviendra pour <em>Siegfried<\/em> pour la seconde Br\u00fcnnhilde assez diff\u00e9rente de cette jeune fille, mais ce qu\u2019elle a propos\u00e9 ce soir \u00e9tait de toute beaut\u00e9 et tr\u00e8s habit\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_1758\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_nikitin_yevgeny.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1758\" class=\"wp-image-1758\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_nikitin_yevgeny-300x235.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"392\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_nikitin_yevgeny-300x235.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_nikitin_yevgeny.jpg 510w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1758\" class=\"wp-caption-text\">Yevgeny Nikitin (Wotan)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Wotan \u00e9tait chant\u00e9 par <strong>Evgeny Nikitin<\/strong> qui a d\u00e9j\u00e0 triomph\u00e9 sur bien des sc\u00e8nes dans le r\u00f4le titre de <em>Der Fliegende Holl\u00e4nder<\/em> qu\u2019il aurait m\u00eame d\u00fb chanter sur la sc\u00e8ne de Bayreuth. Il semble avoir commenc\u00e9 \u00e0 chanter Wotan il y a tr\u00e8s peu et cette s\u00e9rie de concerts \u00e9tait peut-\u00eatre m\u00eame sa premi\u00e8re fr\u00e9quentation du r\u00f4le. Il en avait grav\u00e9 les adieux il y a quelques ann\u00e9es dans son premier r\u00e9cital chez Na\u00efve. D\u00e8s son entr\u00e9e, on est frapp\u00e9 par une chose\u00a0: lui qui d\u2019habitude se montre assez imp\u00e9rieux et sonore est ici comme assourdi. Le personnage est d\u00e9j\u00e0 bien l\u00e0 avec beaucoup de nuances et une vraie pr\u00e9sence, mais la voix semble peiner \u00e0 sortir. Malgr\u00e9 tout il se sort tr\u00e8s bien du deuxi\u00e8me acte o\u00f9 il anime tr\u00e8s bien le r\u00e9cit \u00e0 Br\u00fcnnhilde. Malheureusement, le troisi\u00e8me acte va \u00eatre extr\u00eamement difficile pour lui car en plein milieu du deuxi\u00e8me duo avec sa fille, la voix s\u2019effondre totalement. D\u2019abord quelques petits accros puis plus rien. Le chanteur semble changer de placement pour sa voix afin de continuer \u00e0 assurer la repr\u00e9sentation mais avec un volume tr\u00e8s amoindri. Qu\u2019il est difficile de voir ce chanteur ainsi diminu\u00e9. Mais il va continuer \u00e0 chanter, en nuan\u00e7ant autant qu\u2019il est possible vu son probl\u00e8me vocal. Le d\u00e9ception sera visible \u00e0 la fin o\u00f9 il s\u2019assoit et place son pupitre de telle mani\u00e8re qu\u2019il le masque du public, comme honteux de sa prestation. Mais ce sont des choses qui peuvent arriver et il faut saluer le courage d\u2019\u00eatre all\u00e9 au bout et d\u2019avoir s\u00fb se m\u00e9nager pour terminer la partition. Il faudra donc attendre pour vraiment pouvoir juger de son Wotan, mais ce que nous avons entendu lors de ce concert, en prenant en compte une fatigue ou un probl\u00e8me de sant\u00e9, est plus que prometteur\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1763\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_stikhina_elena.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1763\" class=\"wp-image-1763\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_stikhina_elena-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_stikhina_elena-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ring_stikhina_elena.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1763\" class=\"wp-caption-text\">Elena Stikhina (Sieglinde)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin le couple de jumeaux\u2026 <strong>Elena Stikhina<\/strong> nous propose une Sieglinde radieuse au timbre rond et chaleureux. La projection est impressionnante et l\u2019on est saisi par la beaut\u00e9 du chant. Il lui manque juste cette petite agitation qui fait les grandes Sieglinde au premier acte car lorsque la ligne de chant s\u2019anime par l\u2019excitation d\u2019avoir reconnu son fr\u00e8re, voici que la voix semble prendre vie tout comme dans les deux actes suivants o\u00f9 elle fait ressentir tout d\u2019abord sa terreur mais ensuite cette lumi\u00e8re alors qu\u2019elle remercie la Walkyrie qui l\u2019a sauv\u00e9e. Peut-\u00eatre le personnage n\u2019est-il pas totalement assez v\u00e9cu faute de ne pas l\u2019avoir souvent chant\u00e9. Mais elle a face \u00e0 elle un Siegmund assez exceptionnel. Alors que <strong>Mikhail Vekua<\/strong> s\u2019\u00e9tait montr\u00e9 parfait en Loge, on pouvait se demander comment il r\u00e9ussirait \u00e0 s\u2019imposer dans l\u2019h\u00e9ro\u00efsme et la po\u00e9sie de Siegmund. Mais d\u00e8s son arriv\u00e9e l\u2019on comprend que ce c\u00f4t\u00e9 un peu nasal et piquant de Loge n\u2019\u00e9tait qu\u2019une interpr\u00e9tation alors qu\u2019il peut tout aussi assumer la vaillance. \u00c0 ce titre, ses deux \u00ab\u00a0W\u00e4lse\u00a0\u00bb sont bluffant d\u2019aisance et de puissance, faisant trembler la salle. Il faut dire que la voix est particuli\u00e8rement bien projet\u00e9e, avec un placement en avant et un timbre \u00e9clatant. Elle se d\u00e9ploie facilement face \u00e0 l\u2019orchestre. Aussi \u00e0 l\u2019aise chez le guerrier que chez le po\u00e8te, il donne un portrait particuli\u00e8rement complet avec une voix longue qui jamais n\u2019est forc\u00e9e. Son Siegfried de l\u2019automne sera sans nul doute fameux m\u00eame si l\u2019on peut encore se questionner sur la possibilit\u00e9 de chanter les deux Siegfried sans jour de repos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces deux soir\u00e9es resteront sans nul doute longtemps dans les m\u00e9moires du public. En effet, non seulement vivre ces deux op\u00e9ras en deux jours est un moyen de vraiment baigner dans la musique, mais en plus l\u2019interpr\u00e9tation en \u00e9tait en tout point saisissante et superbe. Bien s\u00fbr, l\u2019on regrette le probl\u00e8me vocale de Yevgeny Nikitin lors du final qui amoindri le crescendo \u00e9motionnel (mais ne lui en tenons pas rigueur, contrairement aux quelques personnes qui l\u2019ont honteusement hu\u00e9!) mais cela ne g\u00e2che pas ces intenses moments de musique et de th\u00e9\u00e2tre. Valery Gergiev n\u2019est peut-\u00eatre pas un wagn\u00e9rien adoub\u00e9 mais ses propositions dans ce r\u00e9pertoire sont assez passionnantes, surtout quand il s\u2019entoure de sa troupe. Rendez-vous est pris pour l\u2019ann\u00e9e prochaine\u00a0!<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Philharmonie de Paris, Grande salle Pierre Boulez<\/li>\n<li>24 mars 2018<\/li>\n<li>Richard Wagner (1813-1883), Das Rheingold, Op\u00e9ra en quatre sc\u00e8nes<\/li>\n<li>Version de concert<\/li>\n<li>Wotan, Yuri Vorobiev\u00a0; Alberich, Roman Burdenko\u00a0; Loge, Mikhail Vekua\u00a0; Woglinde, Zhanna Dombrovskaya\u00a0; Wellgunde, Irina Vasilieva\u00a0; Flosshilde, Yekaterina Sergeyeva\u00a0; Mime, Andrei Popov\u00a0; Erda, Zlata Bulycheva\u00a0; Fafner, Mikhail Petrenko\u00a0; Fasolt, Vadim Kravets\u00a0; Fricka, Anna Kiknadze\u00a0; Donner, Ilya Bannik\u00a0; Froh, Alexander Timchenko\u00a0; Freia, Oxana Shylova<\/li>\n<li>Richard Wagner (1813-1883), Die Walk\u00fcre, Op\u00e9ra en trois actes<\/li>\n<li>Version de concert<\/li>\n<li>Siegmund, Mikhail Vekua\u00a0; Wotan, Yevgeny Nikitin\u00a0; Br\u00fcnnhilde, Tatiana Pavlovskaya\u00a0; Sieglinde, Elena Stikhina\u00a0; Fricka, Yekaterina Sergeeva\u00a0; Hunding, Mikhail Petrenko\u00a0; Waltraute, Natalia Yevstafieva\u00a0; Gerhilde, Zhanna Dombrovskaya\u00a0; Grimgerde, Anna Kiknadze\u00a0; Siegrune, Varvara Solovyova\u00a0; Ortlinde, Irina Vasilieva\u00a0; Ro\u00dfwei\u00dfe, Evelina Agabalaeva\u00a0; Helmwige, Oxana Shilova\u00a0; Schwertleite, Yekaterina Krapivina<\/li>\n<li>Orchestre du Mariinsky<\/li>\n<li>Valery Gergiev, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2010, Valery Gergiev commen\u00e7ait \u00e0 enregistrer un Ring int\u00e9gral sous le label du t\u00e9\u00e2tre. Si c\u2019est d\u2019abord une Walkyrie de 2012 qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e, l\u2019Or du Rhin de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[57,14,23,10],"class_list":["post-1754","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-epoque_romantique","tag-integrale","tag-opera","tag-wagner","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-si","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1754","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1754"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1754\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1770,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1754\/revisions\/1770"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1754"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1754"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1754"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}