{"id":1701,"date":"2018-03-01T23:12:46","date_gmt":"2018-03-01T22:12:46","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1701"},"modified":"2018-03-01T23:14:00","modified_gmt":"2018-03-01T22:14:00","slug":"philemon-et-baucis-retour-sur-la-scene-de-tours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1701","title":{"rendered":"Phil\u00e9mon et Baucis, retour sur la sc\u00e8ne de Tours"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1702\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon2-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon2-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon2.jpg 659w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/>Depuis quelques ann\u00e9es, l\u2019Op\u00e9ra de Tours offre des op\u00e9ras rares comme <em>B\u00e9r\u00e9nice<\/em> d\u2019Alb\u00e9rich Magnard il y a quelques ann\u00e9es ou <em>Mozart et Salieri<\/em> dans quelques mois. Pour cette premi\u00e8re production de l\u2019ann\u00e9e 2018, il rend honneur \u00e0 Charles Gounod avec une production du tr\u00e8s rare <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em>. Alors qu\u2019il lui aurait \u00e9t\u00e9 simple et sans doute plus rentable de monter <em>Faust<\/em> ou <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>, la saison propose donc l\u2019un de ces ouvrages si rarement mont\u00e9s depuis de nombreuses dizaines d\u2019ann\u00e9es. Cela document de plus un style lyrique tr\u00e8s rare de nos jours et qui est totalement absent de nos sc\u00e8nes pour la production de Charles Gounod. Alors que peu de grandes maisons font un v\u00e9ritable effort pour rendre hommage au compositeur, voil\u00e0 qu\u2019une ville au budget limit\u00e9 se lance dans une recr\u00e9ation en y mettant de beaux moyens. Certes, l\u2019ouvrage ne demande que peu de chanteurs et des d\u00e9cors limit\u00e9s, mais il est \u00e0 saluer cette prise de risques pour seulement trois repr\u00e9sentations alors qu\u2019une saison de l\u2019op\u00e9ra de Tours ne compte que six productions.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que <em>Sapho<\/em> n\u2019avait re\u00e7u qu\u2019un succ\u00e8s d\u2019estime, <em>Le M\u00e9decin Malgr\u00e9 Lui<\/em> et <em>Faust<\/em> avaient retenus l\u2019attention et connu un beau succ\u00e8s. Aussi, Charles Gounod \u00e9tait tr\u00e8s en vue sur la sc\u00e8ne parisienne. L\u00e9on Carvalho en bon homme d\u2019affaire ne pouvait laisser s\u2019\u00e9chapper un compositeur dont parlait tout Paris et donc, alors que notre Gounod se pr\u00e9parait \u00e0 livrer son nouvel op\u00e9ra \u00e0 Baden-Baden, l\u2019habile directeur du Th\u00e9\u00e2tre Lyrique va r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019ouvrage avec bien s\u00fbr dans le r\u00f4le titre sa femme Caroline Miolan-Carvalho. La partition sera cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Paris en 1860 finalement et Gounod composera <em>La Colombe<\/em> pour Baden-Baden. Bien s\u00fbr, le directeur du Th\u00e9\u00e2tre Lyrique ne pouvait se satisfaire d\u2019un op\u00e9ra en seulement deux actes aussi demanda-t-il un acte suppl\u00e9mentaire. Ce sera donc le deuxi\u00e8me, montrant le peuple grec dans sa d\u00e9bauche. <em>Phil\u00e9mon<\/em> est assez repr\u00e9sentatif d\u2019une \u00e9poque \u00e0 Paris\u00a0: le sujet mythologique reste un pr\u00e9texte \u00e0 nous raconter une histoire tout comme pour <em>Orph\u00e9e aux Enfers<\/em> d\u2019Offenbach, mais l\u00e0 o\u00f9 ce dernier joue clairement la carte de l\u2019humour le plus corrosif qui soit, Gounod lui va nous toucher par la tendresse qu\u2019il d\u00e9ploie dans ses personnages et sa musique. Cet acte interm\u00e9diaire sera d\u2019ailleurs toujours une pi\u00e8ce rapport\u00e9e tant il lui manque cette douceur m\u00e9lodique qui impr\u00e8gne les deux autres actes. En 1876, le format original sera mont\u00e9 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique lorsque L\u00e9on Carvalho en prend la t\u00eate.<\/p>\n<div id=\"attachment_1705\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon5.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1705\" class=\"wp-image-1705\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon5-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon5-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon5.jpg 709w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1705\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Norma Nahoun (Baucis), S\u00e9bastien Droy (Phil\u00e9mon)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour cet op\u00e9ra, Gounod change de style et opte pour une musique beaucoup plus l\u00e9g\u00e8re et simple, mais non sans charme. En effet, loin de la grande histoire de <em>Faust<\/em> et encore plus de <em>La Reine de Saba<\/em> qui sera la composition suivante (on oublie <em>La Colombe<\/em>!), le musicien d\u00e9cide de nous offrir un petit cadre, une partition modeste mais pleine de charme. Bien s\u00fbr, l\u2019ajout du second acte d\u00e9forme assez la vision des choses. En effet, les deux actes extr\u00eames sont port\u00e9s par une douceur m\u00e9lodique et un caract\u00e8re pastoral que ne contient pas la grande sc\u00e8nes des bacchantes. Dans le premier acte, c\u2019est avant tout cette tendresse que d\u00e9gagent Phil\u00e9mon et Baucis. Leurs lignes de chant sont diff\u00e9rentes mais sont souvent m\u00eal\u00e9es, comme si la longue vie commune \u00e9tait ici retranscrite pour mettre en avant le profond lien qui les unis. Le troisi\u00e8me acte les verras au contraire avoir des lignes tr\u00e8s diff\u00e9rentes alors que les deux amants sont ici s\u00e9par\u00e9s par l\u2019incompr\u00e9hension. Cette caract\u00e9risation des deux amoureux est superbement rendue et n\u2019est troubl\u00e9e que par les deux dieux eux aussi \u00e0 la caract\u00e9risation bien marqu\u00e9e. Vulcain avec ses lignes abruptes et son chant souvent comique\u2026 et Jupiter aux lignes tr\u00e8s dignes et pleine de noblesse\u2026 presque trop de noblesse d\u2019ailleurs\u00a0! Et tout ceci est accompagn\u00e9 par une musique superbe. Le ton est bucolique, souvent principalement port\u00e9 par une m\u00e9lodie aux bois ou aux violons. Bien s\u00fbr, le ton des dieux est diff\u00e9rent mais toujours assez sobre et d\u00e9licat. Le deuxi\u00e8me acte au contraire est emport\u00e9 par un rythme de danse o\u00f9 l\u2019on entend la grande diff\u00e9rence apr\u00e8s le calme de la maison du couple. Charles Gounod a ici trouv\u00e9 certaines de ses plus belles m\u00e9lodies. Bien s\u00fbr, il devait aussi composer avec les besoins des chanteurs et notamment de Caroline Miolan-Carvalho qui forc\u00e9ment demanda du brillant (comme elle le demandera sur un quai de gare alors que Gounod partait en Provence composer <em>Mireille<\/em>\u2026 et il ne pliera pas finalement!). Il va donc falloir composer et ajouter des variations, des moments de virtuosit\u00e9\u2026 et \u00e0 ce titre, son \u00ab\u00a0\u00d4 riante nature\u00a0\u00bb est un vrai bijou tant il sait m\u00e9nager la beaut\u00e9 de la m\u00e9lodie et la difficult\u00e9 des variations. \u00c9trangement, le seul personnage \u00e0 ne pas avoir droit \u00e0 un air sera Phil\u00e9mon. Les dieux en ont (dont la superbe berceuse de Jupiter qui cl\u00f4t le premier acte) et Baucis aussi, mais l\u2019\u00e9poux se montre bien discret.<\/p>\n<div id=\"attachment_1708\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon8.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1708\" class=\"wp-image-1708\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon8-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon8-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon8.jpg 666w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1708\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Alexandre Duhamel (Jupiter), \u00c9ric Martin-Bonnet (Vulcain)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne de <strong>Julien Ostini<\/strong> est tr\u00e8s claire mais part du principe qu\u2019il faut rendre cette \u0153uvre comique. C\u2019est peut-\u00eatre le seul point discutable de cette production. En effet, l\u2019ouvrage n\u2019est pas forc\u00e9ment dr\u00f4le, mais plut\u00f4t nostalgique et l\u00e9ger. Le metteur en sc\u00e8ne \u00e0 pourtant d\u00e9cid\u00e9 de forcer le trait avec Vulcain pour en faire un dieu lamentable. On perd en effet tout le c\u00f4t\u00e9 divin pour avoir une sorte de sous-fifre de bas \u00e9tage. De m\u00eame, Jupiter est pr\u00e9sent\u00e9 dans toute sa d\u00e9mesure et sa pr\u00e9tention. Mais ici le portrait est plus fin et bien rendu. De m\u00eame, une bonne part des dialogues a \u00e9t\u00e9 revu et corrig\u00e9 pour faire \u00e9cho \u00e0 notre monde actuel. Il y a de nombreuse r\u00e9f\u00e9rence aux derni\u00e8res campagnes pr\u00e9sidentielles avec bien s\u00fbr la r\u00e9f\u00e9rence jupit\u00e9rienne avec le pr\u00e9sident en place, mais aussi une bacchante qui n\u2019a rien \u00e0 envier avec un certain insoumis qui restera au pied du podium de l\u2019\u00e9lection. Le public rit aux sous entendus et aux jeux de mots, mais la physionomie de cet op\u00e9ra est un peu d\u00e9form\u00e9e. Pourtant, la sc\u00e9nographie illustre tr\u00e8s bien le propos avec des d\u00e9cors tr\u00e8s beaux et vari\u00e9s. En effet, le premier acte nous fait entrer dans un int\u00e9rieur chaleureux o\u00f9 les tapis sont nombreux autour du feu de chemin\u00e9e du vieux couple. Le deuxi\u00e8me acte est beaucoup plus sobre voir m\u00eame vide\u2026 et le troisi\u00e8me par contre tranche avec le premier. En effet, apr\u00e8s la modestie du foyer des anciens, le nouveau palais est lui beaucoup plus froid et conceptuel avec ces grandes lianes lumineuses qui signifient les colonnes d\u2019un temple de marbre.<\/p>\n<div id=\"attachment_1703\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1703\" class=\"wp-image-1703\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon3-300x173.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"289\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon3-300x173.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon3.jpg 582w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1703\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Marion Grange (La Bacchante)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les forces de l\u2019Op\u00e9ra de Tours se montrent \u00e0 la hauteur de la partition. Car si l\u2019on est loin des grandes compositions les plus compliqu\u00e9es de Charles Gounod, ce <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em> demande par contre une grande pr\u00e9cision, une finesse du trait. Toute lourdeur ou manque de pr\u00e9cision ferait basculer ce petit bijou dans une musique lourde et disgracieuse. Il en est de m\u00eame que pour <em>Les P\u00eacheurs de Perles<\/em> par exemple\u00a0: l\u2019ouvrage demande une grande d\u00e9licatesse et une mise en avant des m\u00e9lodies avant tout, l\u2019orchestre devant ainsi se montrer discret mais jamais effac\u00e9. <strong>Benjamin Pionnier<\/strong> se montre parfaitement \u00e0 son aise dans la direction d\u2019un orchestre de belle facture. Il soigne le plateau pour \u00e9viter tout d\u00e9calage et donne de belles couleurs \u00e0 l\u2019\u0153uvre. De son c\u00f4t\u00e9, le ch\u0153ur est uniquement sollicit\u00e9 durant le deuxi\u00e8me acte. La diction tr\u00e8s claire et le bon ensemble font que l\u2019intervention occupe parfaitement ce moment \u00e0 part de l\u2019ouvrage. Saluons aussi la prestation de <strong>Marion Grange<\/strong> en Bacchante. La soprano se montre d\u2019abord une pasionaria parfaite pour haranguer le ch\u0153ur. La suite chant\u00e9e est elle aussi fort bien men\u00e9e m\u00eame si l\u2019on sent moins de charisme.<\/p>\n<div id=\"attachment_1710\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon10.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1710\" class=\"wp-image-1710\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon10-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon10-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon10.jpg 661w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1710\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Alexandre Duhamel (Jupiter), Marion Grange (la Bacchante)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un r\u00f4le un peu trop grossi\u00e8rement trait\u00e9,\u00a0<strong>\u00c9ric Martin-Bonnet<\/strong> propose un Vulcain tout d\u2019une pi\u00e8ce sans vraie noblesse. Il faut dire que la mise en sc\u00e8ne le demande. Mais dommage tout de m\u00eame de passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la nuance. Car vocalement, la basse va offrir une ligne bien bouscul\u00e9e et bien peu divine. Souvent \u00e0 forcer un mot pour le faire ressortir ou briser la m\u00e9lodie pour un effet comique, il enl\u00e8ve un peu de la beaut\u00e9 de la musique. Pourtant la voix est belle et sonore, le timbre un peu grondant aurait suffi \u00e0 marquer la personnalit\u00e9 du dieu boiteux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Face \u00e0 lui, le Jupiter d\u2019<strong>Alexandre Duhamel<\/strong> est au contraire totalement divin en ne for\u00e7ant jamais une voix magnifique, en soignant excessivement la ligne de chant, en jouant m\u00eame parfois d\u2019une certaine pr\u00e9ciosit\u00e9 pour rendre le ridicule de la situation. La baryton se montre magnifique dans ce r\u00f4le du roi des dieux. Mais justement\u2026 baryton\u00a0! Car le r\u00f4le est normalement chant\u00e9 par une basse noble. La partition \u00e9dit\u00e9e chez Choudens laisse de nombreuses possibilit\u00e9s pour \u00e9viter les notes les plus graves et varier vers l\u2019aigu. On gagne certes en vari\u00e9t\u00e9 dans les voix du plateau, mais on perd aussi l\u00e0 encore en noblesse. Il est d\u2019ailleurs \u00e9trange que pour un retour sur sc\u00e8ne, ce ne soit pas la version la plus r\u00e9pandue qui n\u2019ait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e. De nombreux passages sont ainsi assez d\u00e9form\u00e9s. Il faut bien s\u00fbr conna\u00eetre la partition pour trouver ces variations, mais il est dommage de ne pas donner la ligne principale alors que l\u2019on doute de pouvoir entendre rapidement une nouvelle production de <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em>. De nombreuses basses fran\u00e7aises auraient \u00e9t\u00e9 de taille \u00e0 affronter les superbes lignes graves \u00e9crites par Gounod. Mais tout de m\u00eame, il faut avouer que pour Alexandre Duhamel, cette ligne haute est assez parfaite tant elle flatte le superbe timbre du chanter qui nous enchante par la diction et la ligne. Sa prestation a juste ce qu\u2019il faut de second degr\u00e9 pour \u00e9viter de basculer vers le comique mais poss\u00e8de une grande stature\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1706\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon6.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1706\" class=\"wp-image-1706\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon6-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"376\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon6-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon6.jpg 472w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1706\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Marion Grange (La Bacchante)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a quelques <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1370\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">mois<\/a>, pour <em>La Reine de Chypre<\/em>, <strong>S\u00e9bastien Droy<\/strong> a \u00e9t\u00e9 bouscul\u00e9 par des spectateurs outr\u00e9s qu\u2019il chante un r\u00f4le alors qu\u2019il n\u2019avait plus de voix. Il avait tout de m\u00eame sauv\u00e9 le concert en apprenant le r\u00f4le et en r\u00e9p\u00e9tant dans la journ\u00e9e. Et avait tout de m\u00eame propos\u00e9 de bons moments. Et quelques ann\u00e9es avant, il avait chant\u00e9 le p\u00e2tre Andreloun dans <em>Mireille<\/em> \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Garnier. Le t\u00e9nor a conserv\u00e9 les m\u00eames qualit\u00e9s avec une ligne de chant magnifique et une diction parfaite. Le timbre assez sombre surprend dans un tel r\u00f4le, mais il offre \u00e0 Phil\u00e9mon une certaine consistance alors que le r\u00f4le manque un peu de moments pour briller. Bien loin d\u2019un Leonid Sobinov (qui a enregistr\u00e9 des extraits admirables de <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em> en russe!), il nous donne toute de m\u00eame un Phil\u00e9mon de tr\u00e8s belle facture avec une grande facilit\u00e9 dans l\u2019aigu et surtout cet finesse dans le chant qui permet de donner toute sa d\u00e9licatesse au personnage compos\u00e9 par Charles Gounod.<\/p>\n<div id=\"attachment_1707\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon7.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1707\" class=\"wp-image-1707\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon7-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon7-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon7.jpg 709w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1707\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Norma Nahoun (Baucis), \u00c9ric Martin-Bonnet (Vulcain), S\u00e9bastien Droy (Phil\u00e9mon)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, Norma Nahoun se mesure au r\u00f4le particuli\u00e8rement expos\u00e9 de Baucis. Ses airs sont diff\u00e9renci\u00e9s et demandent non seulement une grande virtuosit\u00e9 mais aussi un chant cisel\u00e9. La jeune soprano offre en tout premier lieu un timbre d\u2019une grande jeunesse et une voix l\u00e9g\u00e8re. Le personnage, qu\u2019il soit \u00e2g\u00e9 ou jeune, a besoin de cette beaut\u00e9 et cette fra\u00eecheur pour rendre cr\u00e9dible cette vieille femme. Tout au long de l\u2019ouvrage, elle a le r\u00f4le principal et offre un tr\u00e8s beau portrait de femme. Sa virtuosit\u00e9 est manifeste dans le grand air du troisi\u00e8me acte, mais elle a aussi une grande sensibilit\u00e9 que ce soit pour le premier acte, mais aussi dans son dilemme face \u00e0 la proposition de Jupiter. Tout est limpide et clair dans son chant et l\u2019on d\u00e9couvre un superbe soprano l\u00e9ger. Loin du m\u00e9canisme de certaines chanteuses, il y a de la tendresse dans sa voix et une vraie pr\u00e9sence sc\u00e9nique. Et il faut l\u00e0 encore saluer la qualit\u00e9 de la diction. Norma Nahoun fait pour le moment une carri\u00e8re assez discr\u00e8te. Apr\u00e8s son petit r\u00f4le de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=420\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Marion Delorme<\/a> dans le <em>Cinq-Mars<\/em> de Gounod, voici qu\u2019elle s\u2019offre maintenant un premier r\u00f4le d\u2019un op\u00e9ra certes peu connu mais qui lui permet de d\u00e9voiler l\u2019\u00e9tendu de son talent.<\/p>\n<div id=\"attachment_1704\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1704\" class=\"wp-image-1704\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon4-300x201.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"335\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon4-300x201.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon4.jpg 582w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1704\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Norma Nahoun (Baucis), S\u00e9bastien Droy (Phil\u00e9mon)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En cette ann\u00e9e de bicentenaire de la naissance de Charles Gounod, alors que l\u2019Op\u00e9ra de Paris ne se donne m\u00eame pas la peine de monter une \u0153uvre connue\u2026 c\u2019est vers Tours qu\u2019il faut aller pour commencer l\u2019ann\u00e9e par ce <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em>. Et le soin apport\u00e9 \u00e0 cette production manifeste un vrai int\u00e9r\u00eat \u00e0 l\u2019ouvrage mais aussi au compositeur. Une belle distribution, une mise en sc\u00e8ne soign\u00e9e\u2026 tout est r\u00e9uni pour faire d\u00e9couvrir la partition. Un traitement l\u00e9g\u00e8rement plus s\u00e9rieux aurait fini de donner un spectacle parfait mais l\u2019on ne peut se plaindre du r\u00e9sultat.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>France 3 a film\u00e9 la r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale ainsi que la premi\u00e8re repr\u00e9sentation pour une diffusion ult\u00e9rieure\u00a0! Au moins cette r\u00e9surrection ne tombera pas tout \u00e0 fait dans l\u2019oubli.<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Tours<\/li>\n<li>Op\u00e9ra de Tours<\/li>\n<li>18 f\u00e9vrier 2018<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Phil\u00e9mon et Baucis, Op\u00e9ra-comique en trois actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne \/ Costumes, Julien Ostini\u00a0; Assistante \u00e0 la sc\u00e9nographie, \u00c9milie Roy\u00a0; Lumi\u00e8res, Simon Trottet\u00a0; Chor\u00e9graphies, \u00c9lodie Vella\u00a0; Masques, C\u00e9cile Kretschmar<\/li>\n<li>Baucis, Norma Nahoun\u00a0; Phil\u00e9mon, S\u00e9bastien Droy\u00a0; Jupiter, Alexandre Duhamel\u00a0; Vulcain, \u00c9ric Martin-Bonnet\u00a0; La Bacchante, Marion Grange<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Tours<\/li>\n<li>Orchestre Symphonique R\u00e9gion Centre-Val de Loire<\/li>\n<li>Benjamin Pionnier, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis quelques ann\u00e9es, l\u2019Op\u00e9ra de Tours offre des op\u00e9ras rares comme B\u00e9r\u00e9nice d\u2019Alb\u00e9rich Magnard il y a quelques ann\u00e9es ou Mozart et Salieri dans quelques mois. 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