{"id":1690,"date":"2018-02-20T23:39:30","date_gmt":"2018-02-20T22:39:30","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1690"},"modified":"2018-02-20T23:39:30","modified_gmt":"2018-02-20T22:39:30","slug":"charles-gounod-et-le-prix-de-rome","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1690","title":{"rendered":"Charles Gounod et le Prix de Rome"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1690\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1691\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome-193x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"389\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome-193x300.jpg 193w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome-768x1195.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome-658x1024.jpg 658w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome.jpg 964w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Apr\u00e8s Camille Saint-Sa\u00ebns l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le Palazzetto Bru Zane met \u00e0 l\u2019honneur Charles Gounod en cette ann\u00e9e 2018. Mais ce n\u2019est pas totalement innocent car cette ann\u00e9e marque en effet le bicentenaire de sa naissance. De nombreuses manifestations ou parutions sont pr\u00e9vues et cette ann\u00e9e a commenc\u00e9 par ce livre-disque centr\u00e9 sur sa participation au Prix de Rome. Mais peut de temps apr\u00e8s, c\u2019est <em>Le Tribut de Zamora<\/em> qui revoit le jour, avant la sortie de disques de quatuor ou de cantates religieuses, la venue sur sc\u00e8ne de <em>La Nonne Sanglante<\/em> \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique\u2026 et la recr\u00e9ation du <em>Faust<\/em> dans sa version premi\u00e8re avec dialogues parl\u00e9s. Il est par contre dommage que le centre de musique romantique de Venise n\u2019ait pas parrain\u00e9 aussi l\u2019exhumation de <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em> \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Tours qui est une entreprise tr\u00e8s courageuse\u00a0! Cette ann\u00e9e est une opportunit\u00e9 de juger avec honn\u00eatet\u00e9 de la vari\u00e9t\u00e9 de la composition de celui qui est marqu\u00e9 par l\u2019<em>Ave Maria<\/em> et l\u2019air des Bijoux. Avec ces enregistrements d\u2019ouvrages li\u00e9s au Prix de Rome, nous pouvons d\u00e9j\u00e0 avoir un aper\u00e7u de ses partitions alors qu\u2019il est au tournant des vingt ans. Herv\u00e9 Niquet se fait le d\u00e9fenseur non seulement des trois cantates compos\u00e9es pour le concours entre 1837 et 1839, mais aussi de pi\u00e8ces religieuses cr\u00e9\u00e9es durant son s\u00e9jour \u00e0 la Villa M\u00e9dicis de Rome.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Prix de Rome est cr\u00e9\u00e9 en 1663 sous le r\u00e8gne de Louis XIV. Seulement ouvert aux peintres et sculpteurs, ce concours offre au gagnant une pension ainsi qu\u2019un s\u00e9jour \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie de France \u00e0 Rome, fond\u00e9e par Colbert en 1666. En 1720, le prix d\u2019architecture sera cr\u00e9\u00e9 et permettra donc \u00e0 une autre discipline de s\u00e9journer au Palais Mancini, avant que ne soit choisie la Villa M\u00e9dicis en 1803, ann\u00e9e o\u00f9 est aussi cr\u00e9\u00e9 le prix de composition musicale. Viendront ensuite s\u2019ajouter le prix de taille douce en 1804 et le prix du paysage historique en 1817 (supprim\u00e9 en 1861). Il faudra attendre 1903 pour que les concours soient ouverts aux femmes\u2026 et le concours sera supprim\u00e9 en 1968 par Andr\u00e9 Malraux. Mais entre temps, de grands noms sont pass\u00e9s entre les murs de l\u2019illustre demeure romaine. En effet, cette institution \u00e9tait un passage important pour les artistes \u00e0 tel point que Jacques-Louis David tentera de se suicider apr\u00e8s son deuxi\u00e8me \u00e9chec. Chez les musiciens, on retiendra les noms de M\u00e9hul, H\u00e9rold, Hal\u00e9vy, Berlioz, Thomas, Bizet, Massenet, Debussy, Charpentier ou encore Dutilleux. Beaucoup de grands noms donc, mais aussi de tr\u00e8s nombreux compositeurs tomb\u00e9s par la suite dans l\u2019oubli. Car si ce concours permettait de mettre en avant un musicien dans le domaine dramatique, cela n\u2019\u00e9tait ni n\u00e9cessaire ni suffisant pour faire une grande carri\u00e8re. On pensera ainsi \u00e0 Camille Saint-Sa\u00ebns qui tentera deux fois (1852 et 1864) sans obtenir le pr\u00e9cieux premier prix mais sera l\u2019un des plus grands compositeurs fran\u00e7ais de son temps.<\/p>\n<div id=\"attachment_1692\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1692\" class=\"wp-image-1692\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_1-300x218.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"364\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_1-300x218.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_1.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1692\" class=\"wp-caption-text\">La Villa M\u00e9dicis \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du s\u00e9jour de Claude Debussy<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2009, le Palazzetto Bru Zane a publi\u00e9 le premier volume d\u2019une collection offrant justement \u00e0 entendre les cantates compos\u00e9es \u00e0 cette occasion du concours du Prix de Rome. En 2002 et 2003, de nombreuses partitions ont en effet retrouv\u00e9es \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale de France et c\u2019est donc ces quelques deux cents \u0153uvres qui sont doucement offertes \u00e0 public dans de superbes conditions. Le premier volume \u00e9tait consacr\u00e9 \u00e0 Claude Debussy, puis vint Camille Saint-Sa\u00ebns et Gustave Charpentier. Apr\u00e8s ces trois grandes figures de la musique fran\u00e7aise que l\u2019on d\u00e9couvre ici sous un jour nouveau, c\u2019\u00e9tait Max d\u2019Ollone qui se voyait mis en avant puis enfin Paul Dukas avec le cinqui\u00e8me volume. Et cette ann\u00e9e de c\u00e9l\u00e9bration de Charles Gounod permet la publication de ces pages in\u00e9dites que sont les trois cantates ainsi que plusieurs pi\u00e8ces religieuses. Remporter ce Premier Prix de Rome permettait entre autre au laur\u00e9at de faire repr\u00e9senter sa cantate en public et donc d\u00e9montrer son talent devant les d\u00e9cideurs des sc\u00e8nes parisiennes. Car ces cantates sont des concentr\u00e9s d\u2019op\u00e9ra qui encha\u00eenent les situations dramatiques. Voulant gagner sa vie par son art, Gounod n\u2019avait d\u2019autres choix que de se tourner vers la sc\u00e8ne op\u00e9ratique. \u00c0 cela s\u2019ajoutait un grand enthousiasme pour l\u2019Italie. On comprend donc cet acharnement qui sera finalement couronn\u00e9 de succ\u00e8s en 1839. Son s\u00e9jour \u00e0 Rome va marquer toute la carri\u00e8re du compositeur car il va non seulement y baigner dans une atmosph\u00e8re propice \u00e0 la cr\u00e9ation, mais aussi rencontrer Ingres alors directeur de l\u2019institution\u2026 et surtout d\u00e9couvrir la musique de Palestrina qui sera une grande source d\u2019inspiration pour sa musique religieuse durant toute sa carri\u00e8re.<\/p>\n<div id=\"attachment_1693\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1693\" class=\"wp-image-1693\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_2-231x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"325\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_2-231x300.jpg 231w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_2-768x997.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_2-789x1024.jpg 789w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_2.jpg 1420w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1693\" class=\"wp-caption-text\">Portrait de Charles Gounod fait par Dominique Ingres durant le s\u00e9jour du compositeur \u00e0 Rome<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, ces parutions sont passionnantes musicalement\u2026 mais il ne faut pas n\u00e9gliger les articles fort instructifs qui \u00e9clairent toute une partie de la vie de Charles Gounod. Dans un premier temps, on d\u00e9couvre l\u2019historique de ce concours et une analyse des cantates. <strong>Alexandre Dratwicki<\/strong> est comme toujours extr\u00eamement clair et instructif dans son article. <strong>Pierre S\u00e9ri\u00e9<\/strong> nous plonge ensuite dans cette Villa M\u00e9dicis dirig\u00e9e par Ingres. On y d\u00e9couvre des t\u00e9moignages d\u2019autres artistes plus ou moins contents de la direction du peintre mais aussi une ambiance toute enti\u00e8re d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la cr\u00e9ation artistique. L\u2019article suivant est tr\u00e8s \u00e9mouvant car il \u00e9claire les relations entre Charles et Gounod et sa m\u00e8re Victoire Lemachois. S\u2019il ne nous reste malheureusement que les lettres \u00e9crites par cette derni\u00e8re durant le s\u00e9jour \u00e0 Rome, on d\u00e9couvre tout de m\u00eame la relation entre la m\u00e8re et le fils\u00a0: elle le conseille, le prot\u00e8ge de loin et l\u2019oriente avec douceur mais une certaine fermet\u00e9. Car le lien familiale est fort et montre une vraie tendresse mutuelle, Charles reste tr\u00e8s respectueux de sa m\u00e8re qui n\u2019arrive pas \u00e0 laisser son fils tout \u00e0 fait libre. Ayant perdu son p\u00e8re alors qu\u2019il \u00e9tait encore jeune, Victoire Lemachois aura \u00e9t\u00e9 d\u2019une immense importance dans la formation musicale mais aussi dans l\u2019\u00e9ducation du jeune homme. Un extrait de l\u2019autobiographie de Charles Gounod vient ensuite nous donner son ressenti sur ce s\u00e9jour italien. Enfin, <strong>G\u00e9rard Cond\u00e9<\/strong> nous fait d\u00e9couvrir Palestrina et les diff\u00e9rentes compositions religieuses pr\u00e9sent\u00e9es ici pour la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<div id=\"attachment_1694\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1694\" class=\"wp-image-1694\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_3-267x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_3-267x300.jpg 267w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_3-768x864.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_3-910x1024.jpg 910w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_3.jpg 1305w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1694\" class=\"wp-caption-text\">Portrait de Charles Gounod \u00e0 Rome dans l&rsquo;atelier de Pils (dessin de J. Clairin)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant de s\u2019arr\u00eater sur chacune des \u0153uvres, il faut d\u00e9j\u00e0 saluer le travail r\u00e9alis\u00e9 par Herv\u00e9 Niquet, le <strong>Flemish Radio Choir<\/strong>, le <strong>Brussels Philharmonic<\/strong> et tous les solistes r\u00e9unis ici. Il ne faut pas r\u00eaver que ces partitions soient un jour reprises, ou alors uniquement de fa\u00e7on tr\u00e8s ponctuelle pour une c\u00e9l\u00e9bration. Mais pourtant tous sont totalement impliqu\u00e9s et d\u2019un style admirables d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre. <strong>Herv\u00e9 Niquet<\/strong> nous avait d\u00e9j\u00e0 propos\u00e9 des r\u00e9alisations admirables dans ce r\u00e9pertoire comme pour le <em>Herculanum<\/em> de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=618\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">David<\/a> il y quelques ann\u00e9es. Mais la tache est sans doute plus difficile ici car ce sont avant tout des miniatures qui nous sont pr\u00e9sent\u00e9es et il faut donc leur insuffler le drame sans laisser un instant de repos. Avec un orchestre chauff\u00e9 \u00e0 blanc, tr\u00e8s expressif mais sans jamais qu\u2019il ne soit trop puissant ou lourd, chacune des partitions est rendue avec le maximum de d\u00e9tails pour nous faire entendre ces nouveaut\u00e9s. Le seul petit reproche que l\u2019on peut faire est dans l\u2019agencement des cantates. Pourquoi ne pas les avoir pr\u00e9sent\u00e9es dans l\u2019ordre chronologique\u00a0? Malgr\u00e9 les diff\u00e9rences de style, il aurait sans doute \u00e9t\u00e9 plus simple de juger de l\u2019\u00e9volution de la plume de Charles Gounod. Mais ne nous plaignons pas devant ce superbe recueil\u00a0! A noter aussi que comme toujours avec les publications de Palazzetto Bru Zane, la qualit\u00e9 de la diction est remarquable.<\/p>\n<div id=\"attachment_1695\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1695\" class=\"wp-image-1695\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_4-232x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"323\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_4-232x300.jpg 232w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_4.jpg 364w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1695\" class=\"wp-caption-text\">Marie-Stuart faisant de la musique avec David Rizzio (Alfred W. Elmore)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour sa premi\u00e8re participation au Prix de Rome en 1837, la cantate a pour nom <em>Marie Stuart et Rizzio<\/em>. Dans la plus pure tradition des po\u00e8mes de cette \u00e9poque, on retrouve un couple amoureux qui se heurte \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de leur amour. On retrouve souvent ce th\u00e8me dans les cantates. Charles Gounod a donc compos\u00e9 une cantate pour le duo oblig\u00e9 soprano\/t\u00e9nor. Il va y proposer toutes les possibilit\u00e9s dans le duo (passion, sentiments, nostalgie,&#8230;) m\u00eame si le r\u00f4le de Marie Stuart est plus d\u00e9velopp\u00e9 et complexe. Ainsi, l\u00e0 o\u00f9 Rizzio n\u2019a finalement que les duos avec la reine, elle va au contraire ouvrir la sc\u00e8ne par un monologue au ton tr\u00e8s dramatique et refermera la pi\u00e8ce par un air de vengeance d\u2019une belle violence. L\u2019orchestre est superbement construit avec des m\u00e9lodies fort belles mais malgr\u00e9 tout de rares passages un peu vides d\u2019inspirations. Mais il offre un ton particulier et des couleurs superbes par l\u2019usage des bois entre autre comme ce tr\u00e8s beau cantabile o\u00f9 les deux amants disent adieux \u00e0 la France. Gounod remportera le Second Prix uniquement\u2026 et la partition ne fut donc jamais jou\u00e9e. Pourtant on sent d\u00e9j\u00e0 une grande s\u00fbret\u00e9 d\u2019\u00e9criture, sachant m\u00e9nager les effets et \u00e9viter le grandiloquent, se plongeant dans l\u2019h\u00e9ritage des grands classiques \u00e0 certains moments tout en ayant d\u00e9j\u00e0 ce g\u00e9nie m\u00e9lodique. Les deux jeunes chanteurs r\u00e9unis offrent de belles prestations. <strong>S\u00e9bastien Droy<\/strong> est toujours admirable dans ces r\u00f4les galants qui ne demandent pas trop d\u2019\u00e9clat ou de tension. Son Rizzio est po\u00e9tique et amoureux \u00e0 souhait avec un texte admirablement dit. <strong>Gabrielle Philiponet<\/strong> campe elle une reine extr\u00eamement dramatique du d\u00e9but \u00e0 la fin. La voix darde les aigus n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019h\u00e9ro\u00efque final alors que le reste de la cantate est chant\u00e9e avec un grand sens du style et un charisme certain. Le vibrato serr\u00e9 aide \u00e0 montrer cette reine amoureuse mais aussi maltrait\u00e9e et en danger.<\/p>\n<div id=\"attachment_1696\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_5.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1696\" class=\"wp-image-1696\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_5-300x189.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"315\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_5-300x189.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_5-768x484.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_5-1024x645.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_5.jpg 1434w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1696\" class=\"wp-caption-text\">Capitulation de Grenade (Francisco Pradilla y Ortiz)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1839, le format des cantates a l\u00e9g\u00e8rement \u00e9volu\u00e9. L\u00e0 o\u00f9 nous avions principalement des cantates \u00e0 une ou deux voix auparavant, voici une basse qui permet d\u2019enrichir les actions et la musique. Avec <em>Fernand<\/em>, Gounod va r\u00e9ussir \u00e0 remporter ce Premier Grand Prix. Pourtant, au regard des deux autres cantates, elle ne frappe pas par sa grande originalit\u00e9 et serait m\u00eame peut-\u00eatre moins inspir\u00e9e que ces deux pr\u00e9c\u00e9dentes. \u00c0 Grenade, l\u2019arm\u00e9e espagnole fait le si\u00e8ge de la ville tenue par les musulmans. Don Fernand esp\u00e8re pouvoir retrouver Zelmire qu\u2019il aime. Mais cette derni\u00e8re sort de la ville avec son amant Alamir en le suppliant de s\u2019enfuir. Ce dernier refuse de d\u00e9serter alors que Fernand les surprends. Les deux hommes vont presque en venir \u00e0 se battre, mais finalement Fernand les aide \u00e0 s\u2019enfuir par amour pour Zelmire. Il se suicide \u00e0 leur d\u00e9part afin d\u2019\u00e9viter le d\u00e9shonneur d\u2019\u00eatre condamn\u00e9 par son roi. Gounod refuse durant toute la cantate de jouer la carte de l\u2019espagnolade. Les couleurs sont l\u00e9g\u00e8rement plus m\u00e9diterran\u00e9ennes que pour <em>Marie Stuart et Rizzio<\/em>, mais le contexte est moins marqu\u00e9. C\u2019est le grand trio qui cl\u00f4ture l\u2019ouvrage qui marque le plus car on y assiste \u00e0 une \u00e9volution de chacun des personnages. La grandeur et la violence de l\u2019affrontement laisse la place \u00e0 une noblesse et un sacrifice superbement amen\u00e9 chez Fernand. Les trois personnages manquent tout de m\u00eame un peu de caract\u00e9risation. Les ensembles sont magnifiques que ce soit l\u2019exhortation \u00e0 fuir ou la pri\u00e8re finale, mais on peine \u00e0 \u00eatre emport\u00e9 par la partition. Pourtant, elle plaira au comit\u00e9 puisque c\u2019est avec cet ouvrage que Gounod gagnera son s\u00e9jour \u00e0 Rome\u00a0! Comme en pr\u00e9lude \u00e0 sa participation \u00e0 la r\u00e9surrection du <em>Tribut de Zamora<\/em>, <strong>Judith van Wanroij<\/strong> chante ici Zelmire avec toujours un superbe timbre et un beau soin du texte. L\u00e0 o\u00f9 le texte lullyste ne ressort pas assez, le chant romantique lui donne toute la possibilit\u00e9 de dire le texte de belle mani\u00e8re. Son amoureux Alamir est chant\u00e9 par le jeune <strong>Yu Shao<\/strong> d\u00e9couvert en <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1410\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">juin dernier<\/a> dans <em>Le Timbre d\u2019Argent<\/em>. Lui qui avait d\u00e9j\u00e0 fait forte impression se montre encore plus souverain de style et de diction. Le timbre est l\u00e9ger et clair sans \u00eatre trop mince, le chant conna\u00eet toutes les nuances depuis la douceur jusqu\u2019\u00e0 l\u2019h\u00e9ro\u00efsme\u2026 son amoureux fier est tr\u00e8s beau. Enfin <strong>Nicolas Courjal<\/strong> se taille la part du lion pour le r\u00f4le titre. Son Fernand b\u00e9n\u00e9ficie du timbre noir du chanteur, mais aussi de son intelligence du chant qui \u00e9vite la brute. D\u00e8s le d\u00e9but, on comprend l\u2019humanit\u00e9 de cet homme. Magnifique composition qui est peut-\u00eatre le seul des trois personnages \u00e0 \u00eatre vraiment d\u00e9velopp\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_1697\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_6.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1697\" class=\"wp-image-1697\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_6-227x300.png\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"331\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_6-227x300.png 227w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_6.png 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1697\" class=\"wp-caption-text\">Carte nouvelle de l&rsquo;Isle de Corse divis\u00e9e par ses dix provinces ou juridictions, par Robert de Vaugondy (1756)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Retour en arri\u00e8re pour <em>La Vendetta<\/em> compos\u00e9e en 1838\u00a0: Gounod n\u2019aura toujours pas le pr\u00e9cieux s\u00e9same et l\u2019effectif revient \u00e0 deux chanteurs. Mais le sujet en lui-m\u00eame par contre est plus original. En Corse, une m\u00e8re attend le retour de son fils. \u00c0 son arriv\u00e9e, elle lui fait r\u00e9citer l\u2019antique serment de la vengeance avant de lui r\u00e9v\u00e9ler que son p\u00e8re est mort\u00a0: il doit donc tuer le meurtrier comme le veut la tradition. Pas de relation amoureuse ici mais surtout un portrait de m\u00e8re bouleversant dans sa d\u00e9tresse et son caract\u00e8re inflexible. La musique se porte vers un caract\u00e8re tr\u00e8s descriptif comme le court pr\u00e9lude qui nous emm\u00e8ne dans l\u2019arri\u00e8re pays. La ligne vocale de l\u2019air de Marcella montre parfaitement le trouble dans lequel elle se trouve en attendant celui qui doit venger le meurtre. L\u2019arriv\u00e9e au loin de Lucien annonc\u00e9 par une chanson de matelots tranche tr\u00e8s bien avec le ton tragique qui se d\u00e9gageait au d\u00e9but. Puis rapidement la m\u00e8re referme la lumi\u00e8re pour imposer avec une grande autorit\u00e9 la pri\u00e8re de la vengeance. Soulign\u00e9 par des traits de cordes sombres pour la m\u00e8re, par des bois lumineux pour le fils, ce d\u00e9but de pri\u00e8re nous montre bien la diff\u00e9rence d\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de l\u2019un et de l\u2019autre. La pri\u00e8re implacable se d\u00e9ploie et l\u00e0 encore les deux chants se r\u00e9pondent superbement. Tout est ici magnifiquement construit et imagin\u00e9 par bien souligner les caract\u00e8res des deux personnages. Pour Lucien, l\u2019on retrouve <strong>Yu Shao<\/strong> qui est toujours aussi superbe m\u00eame s\u2019il est \u00e9cras\u00e9 par le charisme que d\u00e9ploie <strong>Chantal Santon-Jeffery<\/strong>. Cette derni\u00e8re fait vivre cette m\u00e8re comme elle sait animer le texte des trag\u00e9dies lyriques. La voix par contre se d\u00e9ploie plus largement pour \u00e9clater en aigus vengeurs ou en graves tragiques. Cette cantate est peut-\u00eatre la plus belle des trois propos\u00e9es ici par l\u2019inspiration musicale et dramatique de Gounod. Mais peut-\u00eatre \u00e9tait-elle trop hardie pour le jury souvent un peu frileux\u2026 heureusement le jeune compositeur aura droit \u00e0 une autre participation avant la conscription suite \u00e0 son deuxi\u00e8me prix en 1837\u2026 qui sait si le musicien aurait continu\u00e9 dans cette voix s\u2019il n\u2019avait pu r\u00e9ussir en 1839.<\/p>\n<div id=\"attachment_1698\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_7.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1698\" class=\"wp-image-1698\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_7-216x300.png\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"347\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_7-216x300.png 216w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_7-768x1066.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_7-737x1024.png 737w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_7.png 1145w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1698\" class=\"wp-caption-text\">Giovanni Pierluigi da Palestrina (lithographie de Henri-Joseph Hesse)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le deuxi\u00e8me disque s\u2019ouvre sur une pi\u00e8ce tout diff\u00e9rente et qui tranche m\u00eame dans ce que l\u2019on conna\u00eet de la production religieuse de Charles Gounod. En effet, c\u2019est avant tout la <em>Messe solennelle \u00e0 Sainte-C\u00e9cile<\/em> ou <em>Mors &amp; Vita<\/em> qui sont les plus diffus\u00e9s actuellement. Avec cette <em>Messe Vocale<\/em> cr\u00e9\u00e9e le 25 mars 1843 \u00e0 Vienne, il revient \u00e0 ce qu\u2019il a d\u00e9couvert dans la Chapelle Sixtine\u00a0: le chant pur et sobre des messes du Vatican. Il avait \u00e9t\u00e9 fortement marqu\u00e9 par ses pi\u00e8ces et l\u2019on retrouve ici la rigueur toute religieuse, qui n\u2019est troubl\u00e9e ni par un soliste, ni m\u00eame par un orchestre. Le ch\u0153ur uniquement s\u2019y exprime au travers de multiples voix qui se r\u00e9pondes et se croisent dans des enchev\u00eatrements d\u2019une beaut\u00e9 et d\u2019une limpidit\u00e9 admirable. On retiendra en particulier des moments comme le Gloria qui est une d\u00e9monstration de ma\u00eetrise et d\u2019inspiration. Dans cet exercice, le <strong>Flemish Radio Choir<\/strong> est parfait par la diction d\u00e9j\u00e0 du latin francis\u00e9, mais aussi par la beaut\u00e9 et la pr\u00e9cision des pupitres. Qu\u2019ils soit divis\u00e9s ou \u00e0 l\u2019unisson, le chant s\u2019\u00e9l\u00e8ve avec beaucoup de lumi\u00e8re dans une prise de son a\u00e9r\u00e9e qui permet de bien entendre toutes les strates de l\u2019ouvrage. Un peu aride \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9coute par son profond refus de toute mise en sc\u00e8ne religieuse, la messe se montre finalement d\u2019une grande beaut\u00e9 formelle\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant cela \u00e0 Vienne, Gounod avait eu la chance de faire ex\u00e9cuter sa <em>Messe de Saint-Louis-des-Fran\u00e7ais<\/em> dont on reparlera en fin de compte rendu. Ainsi le 14 septembre 1842 il pouvait de nouveau entendre sa messe, mais dans un cadre tout autre qui lui fit remplacer l\u2018Offertoire par ce <em>Christus factus est<\/em>. Sorte de cantate pour soliste, elle d\u00e9ploie toute la beaut\u00e9 dont sait faire preuve le compositeur, mais l\u2018on entend d\u00e9j\u00e0 ici des id\u00e9es qui reviendront dans les futures grandes compositions religieuses\u2026 loin du recueillement de la messe pr\u00e9c\u00e9dente, c\u2018est un grand aria religieux qui est ici propos\u00e9 avec un orchestre superbe de clart\u00e9 o\u00f9 la voix de soprano se d\u00e9ploie toute lumineuse. <strong>Judith van Wanroij<\/strong> se montre pleine d\u2018assurance et d\u2018enthousiasme pour chanter cet hymne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que les deux pi\u00e8ces pr\u00e9c\u00e9dentes sont des commandes durant son s\u00e9jour \u00e0 Vienne, cette <em>Hymne sacr\u00e9e<\/em> est le troisi\u00e8me envoi r\u00e9glementaire de 1843. Le comit\u00e9 de relecture l\u2018accueillera avec bienveillance m\u00eame si l\u2018\u00e9coute ne nous r\u00e9v\u00e8le pas de r\u00e9volution. La musique est typique de Gounod, mais on y sent aussi des influences beethoveniennes comme ces cordes qui ouvrent la pi\u00e8ce, qui ne sont pas sens faire penser \u00e0 la neuvi\u00e8me symphonie du maitre allemand. D\u00e9volue \u00e0 quatre solistes, un orgue, un grand ch\u0153ur et l\u2018orchestre, c\u2018est une composition qui semble un peu contrainte m\u00eame si l\u2018on retiendra comme tr\u00e8s souvent avec Gounod l\u2018inspiration m\u00e9lodique qui fait s\u2018\u00e9lever de belle mani\u00e8re un texte plut\u00f4t terne \u00e0 la gloire de Dieu bien s\u00fbr! L\u2018orchestre se fait souvent tr\u00e8s discret et c\u2018est donc le chant qui retient avant tout l\u2018oreille. La partie de t\u00e9nor par exemple qui offre une ligne tr\u00e8s haute mais souple. Face \u00e0 l\u2018\u00e9l\u00e9giaque de cette voix l\u00e9g\u00e8re s\u2018impose rapidement la basse solide qui exhorte \u00e0 la pri\u00e8re salvatrice. Le rupture est assez violente et c\u2018est un des rares moments o\u00f9 cette grande ligne m\u00e9lodique qui est souvent admirable chez Gounod devient terne sans qu\u2018elle ne soit aussi tr\u00e8s marquante. Soprano et mezzo n\u2018ont pas vraiment de moments solistes et permettent avant tout de renforcer les effets du ch\u0153ur. Le chant est tr\u00e8s bon avec notamment un <strong>Artavazd Sargsyan<\/strong> au timbre magnifique qui s\u2018\u00e9l\u00e8ve sans tension vers le haut de la port\u00e9e. <strong>Alexandre Duhamel<\/strong> est lui remarquable d\u2018autorit\u00e9 dans son intervention.<\/p>\n<div id=\"attachment_1699\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_8.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1699\" class=\"wp-image-1699\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_8-300x206.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"344\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_8-300x206.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_8-768x528.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_8-1024x704.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_prix_de_rome_8.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1699\" class=\"wp-caption-text\">Int\u00e9rieur de l&rsquo;\u00e9glise Saint Louis des Fran\u00e7ais<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, cette publication nous permet de d\u00e9couvrir la <em>Messe de Saint-Louis-des-Fran\u00e7ais<\/em>. Tous les ans le 1er mai, l\u2018institution permettait \u00e0 l\u2018un des pensionnaires de composer une messe qui serait jou\u00e9e en l\u2018\u00e9glise Saint-Louis-des-Fran\u00e7ais. En 1841, c\u2018est \u00e0 Gounod que l\u2018honneur \u00e9choit. Apr\u00e8s des r\u00e9p\u00e9titions difficiles, il semble que le compositeur ait r\u00e9ussi \u00e0 tirer le meilleur des musiciens et chanteurs lors de la cr\u00e9ation qui sera un grand succ\u00e8s lui valant le titre de ma\u00eetre de chapelle honoraire \u00e0 vie. Nous retrouvons ici le style de Gounod plus connu pour ses messes. Le ton dramatique est bien pr\u00e9sent avec de beaux croisements entre ch\u0153ur, solistes et orchestre. Comment ne pas penser en entendant cette messe bien s\u00fbr au fameux <em>Mors &amp; Vita<\/em> dont on retrouve de nombreux effets. Vari\u00e9e et tr\u00e8s inspir\u00e9e, cette messe donne \u00e0 entendre v\u00e9ritablement ce que donnera son style de composition dans les grandes messes qu\u2018il \u00e9crira par la suite. Durant son poste d\u2018organiste et de ma\u00eetre de chapelle de l\u2018\u00e9glise des Missions \u00e9trang\u00e8res \u00e0 Paris, il est fort possible que la musique qu\u2018il composait \u00e9tait plus de l\u2018ordre de sa <em>Messe Vocale<\/em> et non de cette composition beaucoup plus lyrique et dramatique. Mais l\u2018\u00e9coute de cette musique nous montre combien le style \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 s\u00fbr \u00e0 l\u2018\u00e9poque pour des visions moins aust\u00e8res. Le ch\u0153ur est bien s\u00fbr tr\u00e8s pr\u00e9sent et fort bien d\u00e9fendu par le <strong>Flemish Radio Choir<\/strong>. Mais il faut aussi saluer la prestation des deux solistes : la mezzo-soprano <strong>Caroline Meng<\/strong> ainsi que le t\u00e9nor <strong>Artavazd Sargsyan<\/strong>. La vari\u00e9t\u00e9 des passages permets \u00e0 chacun des intervenants de se faire entendre dans des parties \u00e0 la fois contemplatives ou beaucoup plus dramatiques. Tr\u00e8s belle pi\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces deux disques ainsi que les articles sont une mine d\u2018information et documentent des compositions in\u00e9dites, montrant toute la maturit\u00e9 du style du musicien alors tout jeune et sans s\u2018\u00eatre frott\u00e9 aux sc\u00e8nes lyriques parisiennes et tr\u00e8s peu \u00e0 la musique religieuse de grand format. L\u2018interpr\u00e9tation comme la pr\u00e9sentation sont comme toujours tr\u00e8s soign\u00e9s avec les enregistrements r\u00e9alis\u00e9s sur l\u2018\u00e9gide du Palazzetto Bru Zane. Un grand merci pour ce d\u00e9but de c\u00e9l\u00e9bration de Charles Gounod!<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Charles Gounod (1818-1893), Marie Stuart et Rizzio (1837 \u2013 Gabrielle Philiponnet, S\u00e9bastien Droy)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Charles Gounod (1818-1893), Fernand (1839 \u2013 Judith Van Wanroij, Yu Shao, Nicolas Courjal)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Charles Gounod (1818-1893), La Vendetta (1838 \u2013 Chantal Santon-Jeffery, Yu Shao)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Charles Gounod (1818-1893), Messe vocale (1842)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Charles Gounod (1818-1893), Christus factus est (1842 \u2013 Judith Van Wanroij)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Charles Gounod (1818-1893), Hymne sacr\u00e9e (1842 \u2013 Judith Van Wanroij, Caroline Meng, Artavazd Sargsyan, Alexandre Duhamel)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Charles Gounod (1818-1893), Messe de Saint-Louis-des-Fran\u00e7ais (1841 \u2013 Caroline Meng, Artavazd Sargsyan)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Gabrielle Philiponet, soprano<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Chantal Santon-Jeffery, soprano<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Judith Van Wanroij, soprano<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Caroline Meng, mezzo-soprano<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Artavazd Sargsyan, t\u00e9nor<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">S\u00e9bastien Droy, t\u00e9nor<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Yu Shao, t\u00e9nor<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Alexandre Duhamel, baryton<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Nicolas Courjal, basse<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Fran\u00e7ois Saint-Yves, orgue<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Flemish Radio Choir<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Brussels Philharmonic<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Herv\u00e9 Niquet, direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Alexandre Dratwicki\u00a0: Gounod, candidat au prix de Rome de musique (1837-1839)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Pierre S\u00e9ri\u00e9\u00a0: La villa M\u00e9dicis au temps d\u2019Ingres<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Dominique Hausfater\u00a0: Lettres de Mme Gounod \u00e0 son fils (1839-1842)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Charles Gounod\u00a0: M\u00e9moires d\u2019un artiste \u00ab\u00a0L\u2019Italie\u00a0\u00bb<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">G\u00e9rard Cond\u00e9\u00a0: Puissant Palestrina, vieux ma\u00eetre, vieux g\u00e9nie<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Un livre-disque de 2cd Ediciones Singulares, ES 1030. Enregistr\u00e9 \u00e0 Bruxelles et \u00e0 Heverlee en avril 2016, juin 2016 et septembre 2017.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s Camille Saint-Sa\u00ebns l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le Palazzetto Bru Zane met \u00e0 l\u2019honneur Charles Gounod en cette ann\u00e9e 2018. 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