{"id":1675,"date":"2018-02-17T15:02:10","date_gmt":"2018-02-17T14:02:10","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1675"},"modified":"2018-02-17T15:02:10","modified_gmt":"2018-02-17T14:02:10","slug":"un-barbier-a-marseille-par-laurent-pelly","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1675","title":{"rendered":"Un Barbier \u00e0 Marseille par Laurent Pelly"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1675\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1677\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_1-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_1-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_1-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_1-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_1.jpg 665w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Certains op\u00e9ras ont un succ\u00e8s ph\u00e9nom\u00e9nal et <em>Il Barbiere di Siviglia<\/em> est sans doute l\u2019un d\u2019eux. En quelques mois, Paris voit la reprise de la mise en sc\u00e8ne de Damiano Michieletto \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Bastille alors qu\u2019en d\u00e9cembre, c\u2019\u00e9tait le Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es qui cr\u00e9ait une nouvelle production de Laurent Pelly. Marseille reprend justement cette derni\u00e8re en renouvelant la distribution \u00e0 l\u2019exception de Florian Sempey, en allant chercher des chanteurs jeunes et pleins d\u2019avenirs\u2026 ou de vraies valeurs s\u00fbres dans ce r\u00e9pertoire. En effet, Carlos Chausson \u00e9tait distribu\u00e9 \u00e0 l\u2019origine dans le r\u00f4le de Bartolo mais n\u2019a finalement pas pu chanter lors de cette production. Reste donc une distribution assez jeune qui m\u00e9lange grands sp\u00e9cialistes et chanteurs moins habitu\u00e9s \u00e0 Rossini. Avec des acteurs tr\u00e8s investis et un choix graphique tr\u00e8s beau et po\u00e9tique, Laurent Pelly a r\u00e9ussi non seulement \u00e0 animer et rendre l\u2019humour de cet ouvrage, mais aussi \u00e0 m\u00e9nager de grands moments de po\u00e9sie et de beaut\u00e9.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant longtemps, ce <em>Barbier<\/em> a \u00e9t\u00e9 le seul op\u00e9ra connu de Rossini\u2026 ou du moins celui qui semblait \u00eatre le meilleur \u00e9tant donn\u00e9 que le reste de sa production \u00e9tait mont\u00e9 de mani\u00e8re tr\u00e8s rare et dans des conditions assez mauvaises. Et m\u00eame cet op\u00e9ra a d\u00fb subir les outrages du temps. Rosina aura \u00e9t\u00e9 chant\u00e9e par tous les types de voix depuis le contralto jusqu\u2019au soprano l\u00e9ger, alors que les autres chanteurs oubliaient souvent ce que vocaliser veut dire. Depuis les ann\u00e9es quatre-vingts, l\u2019ensemble du r\u00e9pertoire de Rossini est remont\u00e9 avec des moyens beaucoup plus aptes \u00e0 rendre toute la finesse et l\u2019inventivit\u00e9 du compositeur. Les grands drames sont revenus sur le devant de la sc\u00e8ne comme <em>Semiramide<\/em> mais le versant comique a aussi \u00e9t\u00e9 r\u00e9-\u00e9valu\u00e9. On retrouve non seulement des tessitures plus coh\u00e9rentes, mais aussi des techniques plus abouties et impressionnantes. Car dans tous les cas, le chant rossinien demande cette grammaire et cette v\u00e9locit\u00e9 qui lui donne des ailes. Pour cette production, la distribution pourrait para\u00eetre surprenante sur le papier. Dans le r\u00f4le de Rosine, une mezzo-soprano plus adepte du baroque que du bel canto\u2026 un t\u00e9nor qui certes sait vocaliser mais est plus reconnu dans l\u2019op\u00e9ra fran\u00e7ais romantique\u2026 le reste par contre semble beaucoup plus logique avec un baryton qui fait se promener son Figaro sur toutes les sc\u00e8nes et un Basilio qui a d\u00e9j\u00e0 triomph\u00e9 dans des r\u00f4les extr\u00eamement expos\u00e9s de Rossini. Une distribution bancale peut-\u00eatre\u00a0?<\/p>\n<div id=\"attachment_1688\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_6.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1688\" class=\"wp-image-1688\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_6-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_6-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_6-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_6.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1688\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Florian Sempey (Figaro), Philippe Talbot (Almaviva)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n\u2019en est rien pour plusieurs raisons et la premi\u00e8re est sans doute la qualit\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne de <strong>Laurent Pelly<\/strong> et l\u2019implication de chacun dans son r\u00f4le. Les d\u00e9cors repr\u00e9sentent des partitions de musique vierges. Courb\u00e9es pour former les diff\u00e9rents lieux, elles sont \u00e9vocatrices des diff\u00e9rentes pi\u00e8ces tout en laissant l\u2019imagination du spectateur libre. Toute en noir et blanc, elle se montre superbe et offre de belles images. Mais \u00e0 cela s\u2019ajoute la qualit\u00e9 de la direction d\u2019acteurs. Pleine de vivacit\u00e9 et bien vue, elle se montre d\u2019une grande pertinence avec des effets de chor\u00e9graphie et des personnages tr\u00e8s bien imagin\u00e9s. Mais c\u2019est bien s\u00fbr Rosine qui est surtout marquante en donnant \u00e0 voir une vraie adolescente sur sc\u00e8ne. Est-ce d\u00fb \u00e0 Laurent Pelly ou \u00e0 St\u00e9phanie d\u2019Oustrac\u00a0? Difficile de le dire tant l\u2019on conna\u00eet le talent de cette derni\u00e8re. Mais dans tous les cas on se retrouve devant une vraie jeune fille, mutine et intelligente. Le Figaro est l\u00e9g\u00e8rement exag\u00e9r\u00e9 avec son pantalon baggy et ses tatouages. De m\u00eame que dans ses d\u00e9placements, il tranche trop avec le reste des personnages. Bien s\u00fbr il est du peuple, mais comment pourrait-il avoir toutes ses entr\u00e9es\u00a0? La vivacit\u00e9 des uns, la justesse de la composition et la libert\u00e9 qui se d\u00e9gage de cette mise en sc\u00e8ne\u2026 tout cela nous permet sans nul doute d\u2019aller au plus pr\u00e8s de l\u2019esprit de cette partition.<\/p>\n<div id=\"attachment_1678\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_9.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1678\" class=\"wp-image-1678\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_9-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_9-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_9-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_9.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1678\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : St\u00e9phanie d&rsquo;Oustrac (Rosina), Pablo Ruiz (Bartolo)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Musicalement, aussi la repr\u00e9sentation est de haute vol\u00e9e. D\u00e9j\u00e0 la direction de <strong>Roberto Rizzi Brignoli<\/strong> est \u00e9nergique et vive, \u00e9vitant la pr\u00e9cipitation mais m\u00e9nageant de beaux moments de po\u00e9sie en cas de besoin tout comme une vraie virtuosit\u00e9 l\u00e9g\u00e8re \u00e0 d\u2019autres. Jamais l\u2019orchestre n\u2019est opaque ou lourd, jamais le chef ne force le trait pour la farce ou la com\u00e9die. Cette production a aussi le m\u00e9rite de nous proposer la partition dans son int\u00e9gralit\u00e9 avec entre autre le dernier air d\u2019Almaviva qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 simple de couper sans am\u00e9nager la production. Le ch\u0153ur est uniquement masculin et s\u2019acquitte tr\u00e8s bien de son travail tout en habitant bien la sc\u00e8ne. Les petits r\u00f4les sont bien tenus avec une mention sp\u00e9ciale pour le beau timbre et la voix franche de <strong>Mikha\u00ebl Piccone<\/strong> dans le r\u00f4le de Fiorello.<\/p>\n<div id=\"attachment_1684\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1684\" class=\"wp-image-1684\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_3-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_3-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_3-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_3.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1684\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Bartolo (Pablo Ruiz), Mirco Palazzi (Basilio)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La relative d\u00e9ception de la soir\u00e9e viendra de <strong>Pablo Ruiz<\/strong> dans le r\u00f4le du Docteur Bartolo. Non pas qu\u2019il joue mal ou chante mal. Mais le r\u00f4le demande une technique \u00e9bouriffante pour assumer le fameux \u00ab\u00a0a un dottor della mia sorte\u00a0\u00bb\u00a0: la partie rapide est en effet un peu brouillonne et m\u00eame si la vitesse impressionne cela manque cruellement de brio et de fini. Le personnage est bien l\u00e0 mais manque de cette virtuosit\u00e9 n\u00e9cessaire pour le r\u00f4le. Au contraire, <strong>Mirco Palazzi<\/strong> se montre toujours aussi impeccable dans ce r\u00e9pertoire. Lui qui avait marqu\u00e9 les esprits dans le r\u00f4le d\u2019Assur <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=624\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici m\u00eame<\/a> semble presque \u00e0 l\u2019\u00e9troit dans ce r\u00f4le somme-toute secondaire. D\u00e8s son entr\u00e9e, on est frapp\u00e9 par la beaut\u00e9 du timbre et de la voix dans son ensemble. Ronde et sonore, elle se d\u00e9ploie du grave \u00e0 l\u2019aigu avec cette m\u00eame qualit\u00e9 de chant. Mais \u00e0 cela s\u2019ajoute une technique bluffante. L\u2019air de la calomnie est cisel\u00e9 par des nuances et des petites variations qui font mouche, qui sonnent justes et bien vues. Cette basse a tout pour devenir un immense rossinien et l\u2019on ne peut qu\u2019esp\u00e9rer qu\u2019il d\u00e9veloppe son r\u00e9pertoire dans ce sens. En attendant, son Assur a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 chez Opera Rara et l\u2019on attend avec impatience la parution de ce disque\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1686\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1686\" class=\"wp-image-1686\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_2-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_2-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_2.jpg 566w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1686\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Pablo Ruiz (Bartolo), St\u00e9phanie d&rsquo;Oustrac (Rosina), Florian Sempey (Figaro), Philippe Tablot (Almaviva), Annunziata Vestri (Berta), Jean-Luc Epitalon (Ambroggio)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le du Comte Almaviva a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par le grand Manuel Garcia, oubli\u00e9 pour ses talents de chanteurs mais connu pour avoir \u00e9t\u00e9 le p\u00e8re et le professeur de Maria Malibran et Pauline Viardot. Mais il n\u2019avait rien \u00e0 envier \u00e0 ses filles et sa notori\u00e9t\u00e9 \u00e9tait immense \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Le r\u00f4le a donc \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u00e0 sa mesure ou plut\u00f4t \u00e0 sa d\u00e9mesure et l\u2019on peut s\u2019en rendre compte rapidement. Les deux airs du d\u00e9but de l\u2019ouvrage bien s\u00fbr, mais aussi toutes les vocalises qui pars\u00e8ment le r\u00f4le. Entre autre le fameux \u00ab\u00a0Cessa di pi\u00f9 resistere\u00a0\u00bb o\u00f9 les aigus s\u2019encha\u00eenent et les vocalises s\u2019envolent. <strong>Philippe Talbot<\/strong> a montr\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait un rossinien de belle prestance dans le Comte Ory en d\u00e9cembre dernier \u00e0 l\u2019<a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1618\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Op\u00e9ra-Comique<\/a> mais le r\u00f4le d\u2019Almaviva est diff\u00e9rent de celui d\u2019Ory. D\u00e9j\u00e0, la langue a chang\u00e9, mais les difficult\u00e9s sont aussi diff\u00e9rentes. Entendons-nous bien, la prestation de Philippe Talbot est superbe d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre. Mais l\u2019on sent que certains passages le poussent dans ses derniers retranchements comme justement le dernier air. Tout est l\u00e0, depuis les aigus jusqu\u2019aux vocalises, mais la vaillance semble \u00e9puiser notre chanteur qui montre quelques l\u00e9gers signes de fatigue en toute fin de repr\u00e9sentation. Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela, il faut souligner la beaut\u00e9 du chant, l\u2019intelligence et la finesse de la composition\u2026 que ce soit le s\u00e9rieux du comte, la soulerie du soldat ou encore le ma\u00eetre de musique, chacun a sa fa\u00e7on de chanter ou de se mouvoir. En particulier, quelle belle id\u00e9e de chanter ce dernier travestissement en chuintant\u00a0! De part son \u00e9nergie et son aisance sc\u00e9nique, il campe toutes ces facettes et semble particuli\u00e8rement s\u2019amuser sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<div id=\"attachment_1687\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1687\" class=\"wp-image-1687\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_4-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_4-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_4-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_4.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1687\" class=\"wp-caption-text\">Finale de l&rsquo;acte I<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Florian Sempey<\/strong> avait cr\u00e9\u00e9 cette mise en sc\u00e8ne \u00e0 Paris et retrouve donc le personnage. Tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise dans son r\u00f4le, il ne contient tout de m\u00eame pas assez son \u00e9nergie \u00e0 certains moments. Vocalement comme sc\u00e9niquement, son Figaro est bouillonnant et virevoltant mais manque un peu de s\u00e9rieux. Ce n\u2019est pas qu\u2019un bouffon\u00a0: Figaro est un homme intelligent, rus\u00e9 et o\u00f9 la rusticit\u00e9 est avant tout un moyen de d\u00e9fense. Ici nous avons un homme sans g\u00e8ne, qui chamboule tout sur sc\u00e8ne comme dans le chant. Car les petits d\u00e9bordements dans la mise en sc\u00e8ne (des attitudes un peu outr\u00e9es) sont traduits par une ligne de chant qui manque de tenue et qui est par moment bouscul\u00e9e pour faire un effet sans que ce ne soit n\u00e9cessaire. L\u2019\u00e9nergie est l\u00e0, bouillonnante et communicative. Le chant est beau avec un timbre qui se d\u00e9ploie g\u00e9n\u00e9reusement\u2026 mais le style manque l\u00e9g\u00e8rement pour vraiment s\u2019ancrer dans la musique de Rossini. Il est dommage que par ce petit manque de d\u00e9licatesse, Florian Sempey montre un Figaro trop extraverti. Certes cette vision est en accord avec le v\u0153ux de Laurent Pelly, mais elle d\u00e9forme un peu ce personnage.<\/p>\n<div id=\"attachment_1685\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_7.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1685\" class=\"wp-image-1685\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_7-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_7-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_7-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_7.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1685\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Philippe Talbot (Almaviva), St\u00e9phanie d&rsquo;Oustrac (Rosina)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Celle qui triomphe sur tous les tableaux est sans conteste <strong>St\u00e9phanie d\u2019Oustrac<\/strong>\u00a0! On la conna\u00eet surtout pour des personnages tragiques, qu\u2019ils soient noirs comme <em>M\u00e9d\u00e9e<\/em> chez Charpentier ou Cyb\u00e8le de l\u2019<em>Atys<\/em> de Lully\u2026 ou tragiques comme l\u2019<em>Aiglon<\/em> qui l\u2019a vu triompher sur cette <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=690\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">m\u00eame sc\u00e8ne<\/a>. Elle ne semble pas beaucoup aborder de r\u00e9pertoire comique. Il y a bien s\u00fbr du Poulenc avec par exemple <em>La Dame de Monte-Carlo<\/em>\u2026 mais c\u2019est pour contrebalancer une <em>Voix Humaine<\/em> bouleversante. Elle avait chant\u00e9 d\u00e9j\u00e0 cette Rosine par exemple \u00e0 Bordeaux\u2026 mais la revoir ici est un vrai plaisir et surtout une grande surprise tant la voix semble se d\u00e9ployer. Les premiers moments de l\u2019air d\u2019entr\u00e9e surprennent car l\u2019on entend rarement ce timbre si particulier dans Rossini. Mais rapidement, on est fascin\u00e9 par sa capacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er le personnage. La voix se fait piquante, intelligente et vive, comme une vraie adolescente ing\u00e9nue. Et sa composition sc\u00e9nique est tout aussi nuanc\u00e9e. Avec tous les moyens mis \u00e0 sa disposition elle nous montre cette jeune fille et sait lui rendre justice. Les positions, la gestuelle, le ton et le phras\u00e9, tout est \u00e9tudi\u00e9 pour sonner juste. St\u00e9phanie d\u2019Oustrac se montre vraiment sous un tout autre jour que dans le tragique. Et vocalement elle est bluffante d\u2019aisance. L\u2019aigu se d\u00e9ploie alors qu\u2019il est rarement sollicit\u00e9 dans le baroque, la technique particuli\u00e8rement assur\u00e9e avec des vocalises et des variations superbes\u2026 tout est l\u00e0 et s\u2019int\u00e8gre dans le spectacle. La mezzo-soprano offre son timbre tr\u00e8s personnel, son charisme et toute son intelligence pour un r\u00f4le qui finalement lui convient parfaitement\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1679\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_8.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1679\" class=\"wp-image-1679\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_8-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_8-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_8-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/il_barbiere_8.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1679\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Florian Sempey (Figaro), St\u00e9phanie d&rsquo;Oustrac (Rosina), Philippe Talbot (Almaviva)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec de tels artistes et un metteur en sc\u00e8ne souvent tr\u00e8s \u00e0 son aise dans ce r\u00e9pertoire l\u00e9ger, ce <em>Barbier<\/em> aurait tout de m\u00eame pu manquer d\u2019un petit quelque chose mais finalement tout \u00e9tait l\u00e0 pour une superbe soir\u00e9e. La production \u00e9vite la surcharge ou les effets grotesques pour d\u00e9velopper un monde imaginaire et po\u00e9tique. Et musicalement on retient une \u00e9quipe de jeunes chanteurs totalement investis sc\u00e9niquement comme vocalement dont se d\u00e9tachent St\u00e9phanie d\u2019Oustrac et Mirco Palazzi. Elle que l\u2019on n\u2019attendait pas dans ce r\u00e9pertoire et qui se montre parfaite\u2026 lui qui est par contre chez lui chez Rossini et le d\u00e9montre encore une fois\u00a0!<\/p>\n<ul>\n<li class=\"western\">Marseille<\/li>\n<li class=\"western\">Op\u00e9ra de Marseille<\/li>\n<li class=\"western\">11 f\u00e9vrier 2018<\/li>\n<li class=\"western\">Gioacchino Rossini (1792-1868), Il Barbiere di Siviglia, Op\u00e9ra-bouffe en deux actes<\/li>\n<li class=\"western\">Mise en sc\u00e8ne \/ D\u00e9cors \/ Costumes, Laurent Pelly\u00a0; Lumi\u00e8res, Jean-Jacques Delmotte<\/li>\n<li class=\"western\">Rosina, St\u00e9phanie d\u2019Oustrac\u00a0; Berta, Annunziata Vestri\u00a0; Comte Almaviva, Philippe Talbot\u00a0; Figaro, Florian Sempey\u00a0; Bartolo, Pablo Ruiz\u00a0; Basilio, Mirco Palazzi\u00a0; Fiorello, Mikha\u00ebl Piccone\u00a0; Un Ufficiale, Michel Vaissi\u00e8re\u00a0; Ambroggio, Jean-Luc Epitalon<\/li>\n<li class=\"western\">Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Marseille<\/li>\n<li class=\"western\">Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Marseille<\/li>\n<li class=\"western\">Roberto Rizzi Brignoli, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Certains op\u00e9ras ont un succ\u00e8s ph\u00e9nom\u00e9nal et Il Barbiere di Siviglia est sans doute l\u2019un d\u2019eux. 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