{"id":1611,"date":"2017-12-19T13:44:47","date_gmt":"2017-12-19T12:44:47","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1611"},"modified":"2020-09-17T15:09:09","modified_gmt":"2020-09-17T13:09:09","slug":"callas-en-direct-2-5-1952-armida-norma-et-macbeth","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1611","title":{"rendered":"Callas en direct \u2013 2\/5, 1952 : Armida, Norma et Macbeth"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1611\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1504 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live.jpg 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Cette deuxi\u00e8me partie du retour sur le coffret regroupant des t\u00e9moignages en direct de Maria Callas est uniquement centr\u00e9 sur 1952, ann\u00e9e o\u00f9 l\u2019on pourrait consid\u00e9rer que la voix est \u00e0 son z\u00e9nith : elle a conserv\u00e9 la largeur des premi\u00e8res ann\u00e9es dramatiques, tout en ayant gagn\u00e9 d\u00e9j\u00e0 tous ses galons de technicienne. C\u2019est donc une voix immense, dramatique \u00e0 souhait\u2026 mais aussi \u00e0 la technique flamboyante et virtuose. Et l\u2019on a encore ces quelques r\u00f4les qu\u2019elle n\u2019abordera plus par la suite comme dans le Rossini seria ou cette fameuse Lady Macbeth. En avan\u00e7ant dans les ann\u00e9es et avec la popularit\u00e9 grandissante, on pourrait penser que chacune de ses prises de r\u00f4les serait enregistr\u00e9e avec soin pour un t\u00e9moignage. Il n\u2019en est malheureusement rien et on verra par la suite combien certains t\u00e9moignages restent difficiles \u00e0 \u00e9couter. Mais l\u2019on continue \u00e0 d\u00e9couvrir le parcours de l\u2019artiste vers le bel-canto sur lequel elle va r\u00e9gner par la suite !<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live_coffret.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1505 aligncenter\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live_coffret-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"280\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live_coffret-300x168.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/callas_live_coffret.jpg 749w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les autres parties de ce coffret sont comment\u00e9s ici :<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1481\" rel=\"noopener\">Callas en direct \u2013 1\/5, 1949-1951 : Nabucco, Parsifal, I Vespri Sicilianni et Aida<\/a><\/li>\n<li>Callas en direct \u2013 2\/5, 1952 : Armida, Norma et Macbeth<\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1789\" rel=\"noopener\">Callas en direct \u2013 3\/5, 1953-1954 : Medea, Alceste et La Vestale<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1963\">Callas en direct &#8211; 4\/5, 1955-1957 : Andrea Ch\u00e9nier, La Sonnambula, Lucia di Lammermoor, Anna Bolena et Ifigenia in Tauride<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2674\">Callas en direct &#8211; 5\/5, 1958-1964 : La Traviata, Il Pirata, Poliuto et Tosca<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Armida.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1498 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Armida-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Armida-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Armida-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Armida-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Armida.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Encore un r\u00e9pertoire rarement abord\u00e9 par Maria Callas : l&rsquo;op\u00e9ra seria&#8230; Si elle a enregistr\u00e9 deux op\u00e9ras de Rossini, c&rsquo;\u00e9tait du Rossini comique. Mais \u00e0 cette \u00e9poque le seria \u00e9tait peu repr\u00e9sent\u00e9. Aussi, cet enregistrement est d\u00e9j\u00e0 historique \u00e0 ce titre : la r\u00e9volution de Pesaro n&rsquo;est pas encore pass\u00e9e par l\u00e0 et donc on a peu de traces de ce r\u00e9pertoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme on peut s&rsquo;y attendre, le son est plut\u00f4t pr\u00e9caire avec particuli\u00e8rement un d\u00e9but du premier acte assez impressionnant : le ch\u0153ur semble sorti d&rsquo;une boite tellement le son est d\u00e9form\u00e9. Mais le pire sera pour l&rsquo;acte III o\u00f9 la qualit\u00e9 est tellement mauvaise que Warner a d\u00e9cid\u00e9 de couper une douzaine de minutes. Le reste du temps, on a quelques \u00e9loignements ou du souffle, mais on peut tout de m\u00eame tr\u00e8s bien profiter de la captation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Tullio Serafin<\/strong> a r\u00e9uni une distribution d&rsquo;assez bon niveau, mais celle qui est au-dessus de tous reste Maria Callas. Les autres chanteurs pr\u00e9sentent la partition, mais nivel\u00e9e techniquement. En effet, \u00e0 cette \u00e9poque, rares \u00e9taient les t\u00e9nors capables d&rsquo;affronter l&rsquo;\u00e9criture rossinienne et ici, les cinq r\u00e9unis n&rsquo;ont pas le bagage n\u00e9cessaire. Ils chantent plus comme du Donizetti (sans variation, sans vocalise, sans aigus) ou du Verdi au final. Mais \u00e9merge de cette grisaille l&rsquo;Armida de Callas. Et l\u00e0 on d\u00e9couvre ce que chanter Rossini veut dire. M\u00eame si l&rsquo;on a l&rsquo;habitude d&rsquo;entendre la soprano dans Donizetti ou Bellini, la libert\u00e9 offerte par Rossini lui permet ici de vraiment d\u00e9montrer toute sa technique en offrant variations et extrapolations. Ici nous avons non seulement une Armida de par la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 du personnage cr\u00e9\u00e9 par <strong>Maria Callas<\/strong>, mais nous avons aussi cette magicienne qui donne toute sa d\u00e9mesure vocale. On ne sait ce qu&rsquo;il faut le plus admirer : la vocalise pr\u00e9cise, les nuances parfaites, les sur-aigus dantesques, les variations parfaitement d\u00e9fendues et rendues&#8230; Tout ici est d\u00e9j\u00e0 le germe de ce que sera la renaissance Rossini. Malheureusement, la chanteuse est bien seule \u00e0 parler ce langage&#8230; Et si <strong>Tullio Serafin<\/strong> apporte une belle aide et un certain sens du drame, il n&rsquo;arrive pas \u00e0 offrir v\u00e9ritablement toute la dimension de la partition. Mais il a d\u00e9j\u00e0 propos\u00e9 \u00e0 Maria Callas ce r\u00f4le et nous avons ainsi encore une fois la possibilit\u00e9 d&rsquo;entendre cette voix hors du commun : puissance, longueur et technique sont ici rassembl\u00e9s !<\/p>\n<ul>\n<li>Gioacchino Rossini (1792-1868), Armida, Drame en musique en trois actes<\/li>\n<li>Armida, Maria Callas ; Rinaldo, Francesco Albanese ; Gernando \/ Ubaldo, Mario Filippeschi ; Goffredo, Alessandro Ziliani ; Eustazio, Antonio Salvarezza ; Carlo, Gianni Raimondi ; Astarotte, Marco Stefanoni ; Idraote, Mario Frosini<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Th\u00e9\u00e2tre Communal de Florence<\/li>\n<li>Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre Communal de Florence<\/li>\n<li>Tullio Sefafin, direction<\/li>\n<li>2 CD Warner Classics, 0190295844530. Enregistr\u00e9 en direct au Th\u00e9\u00e2tre Communal de Florence, le 26 avril 1952.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Norma.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1496 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Norma-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Norma-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Norma-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Norma-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Norma.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Norma<\/em> fait partie des r\u00f4les majeurs de Maria Callas, peut-\u00eatre celui avec <em>Tosca<\/em> qui lui est le plus associ\u00e9 tant elle le marqua de son emprunte et le chanta souvent ! C&rsquo;est aussi un r\u00f4le o\u00f9 l&rsquo;on peut la comparer avec elle-m\u00eame, voir son \u00e9volution et ses interpr\u00e9tations&#8230; mais aussi comparer son entourage et il faut bien avouer qu&rsquo;ici ce dernier n&rsquo;est pas (et de loin!) le plus enthousiasmant que l&rsquo;on peut trouver ! Il faut tout de m\u00eame saluer la qualit\u00e9 de l&rsquo;enregistrement : en 1952 nous avons un document de tr\u00e8s bon niveau, avec une belle captation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais malheureusement, comme dit juste avant, l&rsquo;entourage n&rsquo;est pas au niveau. \u00c0 commencer par le Pollione de <strong>Miro Picchi<\/strong> qui est assez triste. Il est le premier Pollione de Callas, mais ici semble d\u00e9pass\u00e9 par la tessiture du r\u00f4le. On notera un beau timbre et une belle connaissance du style n\u00e9cessaire. Mais entendre son air d&rsquo;entr\u00e9e amput\u00e9 de tous ses aigus est tout de m\u00eame tr\u00e8s dommage ! De m\u00eame <strong>Ebe Stignani<\/strong> est une partenaire avec qui Callas a beaucoup chant\u00e9, mais est-elle encore en 1952 un Adalgisa de tout premier plan ? On peut se poser la question. La voix a gard\u00e9 une certaine fraicheur, mais le style est assez ancien et tranche vraiment avec la fa\u00e7on de chanter de Maria Callas. Par contre, on notera un bon Oroveso de <strong>Giacomo Vaghi<\/strong>&#8230; et bien s\u00fbr la prestation de <strong>Joan Sutherland<\/strong> en Clotilde. Passage de t\u00e9moin ? Pas tout \u00e0 fait tant Callas continuera \u00e0 chanter le r\u00f4le pendant encore de nombreuses ann\u00e9es. Mais il est tout de m\u00eame assez \u00e9mouvant de trouver ces deux grandes Norma dans un m\u00eame enregistrement. Bien s\u00fbr, on aurait plus r\u00eav\u00e9 de Sutherland en Adalgisa par exemple !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et <strong>Callas<\/strong> ? Car il y a d\u00e9j\u00e0 un enregistrement studio de 1954 avec la m\u00eame Stignani&#8230; et l&rsquo;enregistrement plus tardif de 1960 avec Christa Ludwig et Franco Corelli. Mais aussi nous avons des prises sur le vif et \u00e0 ce titre cette prestation est assez incroyable d&rsquo;autorit\u00e9 et de pr\u00e9sence pour la jeune cantatrice. Elle connaissait d\u00e9j\u00e0 bien le r\u00f4le pour l&rsquo;avoir chant\u00e9 plus de quarante fois depuis 1949. On trouve ici tout ce que demande le r\u00f4le et m\u00eame plus ! La trag\u00e9dienne est bien s\u00fbr au rendez-vous avec une m\u00e9ditation sur ses enfants \u00e0 pleurer tout comme la sc\u00e8ne finale, mais aussi cette violence dans la douleur de la fin du premier acte conclu triomphalement par un sur-aigu glorieux. Aucune faiblesse vocale ici, et d\u00e9j\u00e0 un portrait extr\u00eamement fouill\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la question reste&#8230; pourquoi avec choisi cette version de Londres dans ce coffret ? Pour la direction de Vittorio Gui ? S\u00fbrement pas&#8230; non pas qu&rsquo;il soit mauvais, mais nous avons d&rsquo;autres chefs de la m\u00eame trempe pour accompagner Callas dans ce r\u00f4le. Pour la qualit\u00e9 de prise de son ? Peut-\u00eatre&#8230; il est \u00e0 esp\u00e9rer que ce n&rsquo;est pas pour le sur-aigu extrapol\u00e9. Mais quand on voit les distributions magnifiques qui peuvent se trouver, on reste sceptique. M\u00eame dans le livret d&rsquo;accompagnement, ils parlent de la version de 1955 \u00e0 Milan avec Mario del Monaco et Giulietta Simionato qui aurait eu sans doute plus sa place ici : Maria Callas est encore dans une grande forme vocale et la distribution est brulante d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre ! On retiendra donc la prestation de la soprano grecque qui est m\u00e9morable, mais quel dommage de ce manque de r\u00e9pondant dans la distribution.<\/p>\n<ul>\n<li>Vincenzo Bellini (1801-1835), Norma, Op\u00e9ra en deux actes<\/li>\n<li>Norma, Maria Callas ; Pollione, Miro Picchi ; Adalgisa, Ebe Stignani ; Oroveso, Giacomo Vaghi ; Flavio, Paul Asciak ; Clotilde, Joan Sutherland<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Royal Opera House, Covent Garden<\/li>\n<li>Orchestre du Royal Opera House, Covent Garden<\/li>\n<li>Vittorio Gui, direction<\/li>\n<li>2 CD Warner Classics, 0190295844639. Enregistr\u00e9 en direct au Covent Garden de Londres, le 18 novembre 1952.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Macbeth.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1495 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Macbeth-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Macbeth-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Macbeth-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Macbeth-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Callas_Live_Macbeth.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>On passe sans transition \u00e0 un r\u00f4le qui aura \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement \u00e9pisodique dans la carri\u00e8re de Maria Callas, mais qui pourtant aura eu un fort impact : Lady Macbeth. Seulement cinq repr\u00e9sentations en d\u00e9cembre 1952 et ce sera la premi\u00e8re qui sera enregistr\u00e9e et donc maintenant qui fige l\u2019interpr\u00e9tation de la cantatrice. Un projet a \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9 \u00e0 New-York mais apr\u00e8s un d\u00e9saccord entre la direction et la chanteuse, ce sera finalement Leonie Rysanek qui chantera le r\u00f4le. On comprend donc le c\u00f4t\u00e9 historique du document.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Justement, pendant longtemps, ce document \u00e9tait assez in\u00e9coutable du fait de la tr\u00e8s mauvaise qualit\u00e9 des bandes. Entre le souffle, les changements de niveaux et les \u00e9chos\u2026 difficile de se concentrer sur la repr\u00e9sentation. Les personnages \u00e9taient bien l\u00e0 mais brouill\u00e9s. Avec cette nouvelle \u00e9dition, il y a un v\u00e9ritable gain car d\u00e9j\u00e0 le son est beaucoup plus net et moins parasit\u00e9 par les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments ext\u00e9rieurs. La qualit\u00e9 reste l\u00e9g\u00e8rement difficile \u00e0 certains moments mais le disque est totalement \u00e9coutable et donc permet de juger des prestations des diff\u00e9rents chanteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et il aurait \u00e9t\u00e9 dommage de ne pas avoir cette source nettoy\u00e9e (ou une nouvelle source) car la repr\u00e9sentation m\u00e9rite la l\u00e9gende qui l\u2019accompagne ! <strong>Victor de Sabata<\/strong> d\u00e9j\u00e0 offre la partition dans toute sa noirceur, en accentuant certaines rudesses. L\u2019\u00e9nergie est d\u00e9moniaque et sombre, l\u2019orchestre tendu\u2026 tout ici met en lumi\u00e8re l\u2019originalit\u00e9 de la partition de Giuseppe Verdi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ce qui frappe, c\u2019est avant tout la qualit\u00e9 de la distribution r\u00e9unie. <strong>Gino Penno<\/strong> n\u2019est peut-\u00eatre pas le meilleur des Macduff, mais il a ce timbre italien superbe et un beau phras\u00e9. <strong>Italo Tajo<\/strong> de m\u00eame se montre un beau Banco avec la stature n\u00e9cessaire pour ce personnage qui est la noblesse m\u00eame dans cet op\u00e9ra o\u00f9 la noirceur pr\u00e9domine. Le timbre sombre se montre d\u2019un superbe paternalisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le r\u00f4le-titre, <strong>Enzo Mascherini<\/strong> offre une tr\u00e8s belle caract\u00e9risation du g\u00e9n\u00e9ral \u00e9cossais. Lui qui avait d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 ses qualit\u00e9s dans <em>I Vespri Sicilianni<\/em> retrouve les m\u00eames qualit\u00e9s de noblesse de chant et de beaut\u00e9 de timbre. Violent ou lamentable, son personnage est tr\u00e8s bien construit pour offrir une vraie rivalit\u00e9 artistique face \u00e0 Lady Macbeth.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car oui, il faut bien l\u2019avouer, celle qui illumine cet enregistrement c\u2019est bien s\u00fbr <strong>Maria Callas<\/strong>. Elle semble faite pour le r\u00f4le tant elle en a la technique mais aussi le timbre et le charisme. Verdi souhaitait une voix \u00ab laide \u00bb\u2026 et la chanteuse n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 forcer le trait alors que d\u00e9j\u00e0 on ne peut parler d\u2019une belle voix. Mais ce qui reste sid\u00e9rant c\u2019est de penser que malgr\u00e9 une prise de r\u00f4le, elle donne une vision d\u00e9j\u00e0 compl\u00e8te d\u2019un r\u00f4le extr\u00eamement dramatique et puissant. Elle se jette dans les emb\u00fbches sans faillir, d\u00e9ployant non seulement les vocalises d\u00e9moniaques mais aussi une flamme noire qui irradie. Que ce soit dans l\u2019air d\u2019entr\u00e9e ouvert sur une lecture de la lettre \u00e0 donner froid dans le dos et cl\u00f4t par une cabalette terrifiante\u2026 ou dans le somnambulisme men\u00e9 \u00e0 un rythme effr\u00e9n\u00e9 par le chef (mais conclu par un contre-r\u00e9 piano!)\u2026 elle est une Lady Macbeth parfaite. Historique m\u00eame\u2026 \u00e0 tel point qu\u2019on se demande pourquoi elle ne reprendra jamais le r\u00f4le. Un rendez-vous manqu\u00e9. Tout comme de ne pas avoir grav\u00e9 ce r\u00f4le au studio quelques ann\u00e9es apr\u00e8s avec un Tito Gobbi par exemple !<\/p>\n<ul>\n<li>Giuseppe Verdi (1813-1901), Macbeth, Op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Macbeth, Enzo Mascherini ; Lady Macbeth, Maria Callas ; Banco, Italo Tajo ; Macduff, Gino Penno ; Malcolm, Luciano della Pergola ; Una Dama, Angela Vercelli ; Un medico, Dario Caselli ; Un servo, Atilio Barbesi ; Un sicario, Mario Tommasini ; Un araldo, Ivo Vinco<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Th\u00e9\u00e2tre de La Scala de Milan<\/li>\n<li>Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre de La Scala de Milan<\/li>\n<li>Victor de Sabata, direction<\/li>\n<li>2 CD Warner Classics, 0190295844479. Enregistr\u00e9 en direct \u00e0 La Scala de Milan, le 7 d\u00e9cembre 1952.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette deuxi\u00e8me partie du retour sur le coffret regroupant des t\u00e9moignages en direct de Maria Callas est uniquement centr\u00e9 sur 1952, ann\u00e9e o\u00f9 l\u2019on pourrait consid\u00e9rer que la voix est [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[2,3],"tags":[81,57,14,91,23,40,29],"class_list":["post-1611","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-disque-dvd","category-musique_classique","tag-bellini","tag-epoque_romantique","tag-integrale","tag-maria-callas","tag-opera","tag-rossini","tag-verdi","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-pZ","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1611","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1611"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1611\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2676,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1611\/revisions\/2676"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1611"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1611"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1611"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}