{"id":1604,"date":"2017-12-17T22:43:15","date_gmt":"2017-12-17T21:43:15","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1604"},"modified":"2017-12-17T22:43:15","modified_gmt":"2017-12-17T21:43:15","slug":"anne-sofie-von-otter-barock-is-pop","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1604","title":{"rendered":"Anne Sofie von Otter : Barock is pop!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1604\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1605\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Anne_Sofie_von_Otter-221x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"340\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Anne_Sofie_von_Otter-221x300.jpg 221w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Anne_Sofie_von_Otter-768x1043.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Anne_Sofie_von_Otter-754x1024.jpg 754w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Anne_Sofie_von_Otter.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Anne Sofie von Otter est connue dans le monde entier pour la vari\u00e9t\u00e9 de son r\u00e9pertoire. Elle qui a connu la gloire avec le baroque (on pensera notamment \u00e0 son <em>Ariodante<\/em> dirig\u00e9 par Minkowski) n\u2019a jamais cherch\u00e9 \u00e0 rester sur son terrain de pr\u00e9dilection, osant tout dans la m\u00e9lodie comme dans la chanson populaire\u2026 et allant jusqu\u2019\u00e0 des Wagner un peu contest\u00e9s mais d\u2019une grande intelligence. Car s\u2019il est un mot que l\u2019on peut raccrocher \u00e0 la mezzo-soprano su\u00e9doise, c\u2019est sans doute l\u2019intelligence. Intelligence du texte bien s\u00fbr, mais aussi intelligence dramatique et musicale, qui fait qu\u2019elle trouve toujours la nuance juste, la fa\u00e7on de prononcer qui offre toute sa force \u00e0 un texte chant\u00e9. Apr\u00e8s les ann\u00e9es glorieuses qui lui ont permis de se lancer dans le romantisme le plus tardif (de magnifiques <em>Lied von der Erde<\/em> dirig\u00e9s par Claudio Abbado), la voix a commenc\u00e9 \u00e0 perdre un peu de sa superbe, le volume \u00e0 r\u00e9duire sensiblement, la tessiture \u00e0 se tasser\u2026 alors, intelligence encore, la chanteuse est revenue \u00e0 des r\u00e9pertoires mettant moins en avant la puissance et la vocalit\u00e9, mais plus le texte et la nuance o\u00f9 elle reste reine. Ce concert plonge dans le baroque en grande partie et pour se faire, elle s\u2019est entour\u00e9e de deux jeunes musiciens consid\u00e9r\u00e9s comme les plus virtuoses de leur g\u00e9n\u00e9ration sur leurs instruments respectifs\u00a0: Thomas Dunford au th\u00e9orbe et Jean Rondeau au clavecin.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le contexte de la Salle Gaveau, retrouver un programme qui m\u00eale Dowland, Purcell, Lambert et Rameau est assez coh\u00e9rent surtout vu l\u2019accompagnement tr\u00e8s r\u00e9duit en effectif. Mais dans ce r\u00e9pertoire, le plus important n\u2019est pas la masse orchestrale, mais bien la vari\u00e9t\u00e9 de l\u2019accompagnement, l\u2019inventivit\u00e9 des musiciens est primordiale. Et Anne Sofie von Otter a su trouver deux perles pour l\u2019accompagner. Les deux jeunes musiciens sont en effet encens\u00e9s. L\u2019un est Jean Rondeau, jeune claveciniste tr\u00e8s \u00e9nergique qui a d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9 quelques disques solistes et participe \u00e0 des ensembles baroques voir m\u00eame de jazz. Mais surtout, il y a Thomas Dunford, th\u00e9orbiste de g\u00e9nie demand\u00e9 par les plus grands ensembles baroques, aussi \u00e0 l\u2019aise dans l\u2019\u00e9pure que dans la virtuosit\u00e9, qui lui aussi ne rechigne pas \u00e0 glisser vers le jazz \u00e0 ses heures perdues\u2026 mais toujours avec son th\u00e9orbe (comme il l\u2019avait fait dans les <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1438\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Jardins<\/a> de William Christie en ao\u00fbt 2017). Deux musiciens donc habitu\u00e9s \u00e0 l\u2019improvisation, qu\u2019elle soit baroque ou jazz. La chanteuse est elle aussi une habitu\u00e9e du r\u00e9pertoire plus populaire et il \u00e9tait donc logique de les retrouver ensemble pour ce \u00ab\u00a0Barock is pop\u00a0!\u00bb. Il est par contre vraiment touchant de voir le respect de ces deux artistes face \u00e0 Anne Sofie von Otter\u00a0: l\u2019un comme l\u2019autre semblent redevenus de petits enfants avec une personnalit\u00e9 qui les a fascin\u00e9s durant leur jeunesse. Malgr\u00e9 la gentillesse de la mezzo-soprano, il restera tout au long du concert un petit mur de respect entre ces deux g\u00e9n\u00e9rations de musiciens.<\/p>\n<div id=\"attachment_1606\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dunford_rondeau.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1606\" class=\"wp-image-1606\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dunford_rondeau-300x171.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"285\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dunford_rondeau-300x171.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dunford_rondeau.jpg 720w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1606\" class=\"wp-caption-text\">Thomas Dunford et Jean Rondeau<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais musicalement l\u2019entente est parfaitement au rendez-vous\u00a0! D\u00e9j\u00e0 entre les deux musiciens qui savent parfaitement se regarder et communiquer lorsqu\u2019ils accompagnent et suivent von Otter, mais aussi dans les parties purement musicales comme <em>Les Sauvages<\/em> ou les extraits des suites de Jean-Baptiste-Antoine Forqueray. Si l\u2019on sent bien que la direction est plus du c\u00f4t\u00e9 de Thomas Dunford qui regarde et indique beaucoup de points forts \u00e0 Jean Rondeau, la communion est parfaite. Bien s\u00fbr, la nature m\u00eame des instruments fait que c\u2019est le th\u00e9orbe qui gagne souvent dans l\u2019expressivit\u00e9 surtout jou\u00e9 de telle mani\u00e8re. En effet, on sent <strong>Jean Rondeau<\/strong> l\u00e9g\u00e8rement contraint par l\u2019exercice et ne se lan\u00e7ant pas totalement dans ses improvisations, comme brid\u00e9 par le fait de jouer en ensemble et non seul. Son clavecin sera beaucoup plus expressif dans les moments purement instrumentaux. De son c\u00f4t\u00e9, le th\u00e9orbe de <strong>Thomas Dunford<\/strong> semble totalement \u00e9panoui durant tout le concert. Vivant et vari\u00e9, d\u2019une virtuosit\u00e9 parfaite mais aussi d\u2019une grande expressivit\u00e9, on retiendra par exemple ce <em>Lachrimae<\/em> de John Dowland\u00a0: superbe moment de recueillement. De son c\u00f4t\u00e9 <strong>Anne Sofie von Otter<\/strong> nous offre un chant tr\u00e8s fin et nuanc\u00e9. Les mauvaises langues diront qu\u2019elle ne peut plus faire autrement\u2026 mais parfois on retrouve le timbre et la voix glorieuse. Aussi, mieux vaut rester convaincu que c\u2019est \u00e0 dessin qu\u2019elle r\u00e9duit le volume, qu\u2019elle se rapproche du parlando par moments. Tr\u00e8s expressive, elle nous fait profiter d\u2019une diction parfaite que ce soit en anglais ou en fran\u00e7ais.<\/p>\n<div id=\"attachment_1608\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Anne_Sofie_von_Otter2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1608\" class=\"wp-image-1608\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Anne_Sofie_von_Otter2-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Anne_Sofie_von_Otter2-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Anne_Sofie_von_Otter2.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1608\" class=\"wp-caption-text\">Anne Sofie von Otter<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le concert se d\u00e9composait en deux grandes parties. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 les chants anglais et fran\u00e7ais\u2026 et de l\u2019autre une suite et du contemporain. La premi\u00e8re partie \u00e9tait donc assez traditionnelle et ne va pas choquer les auditeurs (bien pr\u00e9sents mais sans que la salle ne soit remplie malheureusement\u00a0!). Voulant jouer totalement la carte de l\u2019expressivit\u00e9, la chanteuse va beaucoup montrer ses personnages. Que ce soit debout face au pupitre ou assise devant le clavecin, elle bouge beaucoup et semble vraiment raconter une histoire au public. Il faut dire qu\u2019avec sa diction toujours aussi belle et pr\u00e9cise, il n\u2019est pas difficile de suivre les textes. D\u2019autant qu\u2019elle nous en r\u00e9sume pour certains la trame dramatique dans une fran\u00e7ais l\u00e9g\u00e8rement exotique, mais aid\u00e9e par Thomas Dunford en cas de besoin. Le premier air de Purcell est amen\u00e9 comme sorti du n\u00e9ant. Le premier \u00ab\u00a0Music\u00a0\u00bb semble comme une interrogation alors que la voix s\u2019installe. <em>Mad Bess<\/em> sera d\u00e9j\u00e0 beaucoup plus op\u00e9ratique dans sa fa\u00e7on de l\u2019aborder. Mais ce sont surtout le Dowland et <em>Vos m\u00e9pris chaque jour<\/em> de Lambert qui marqueront par la d\u00e9licatesse du phras\u00e9. Les airs plus l\u00e9gers au sujet des m\u0153urs des berg\u00e8res sont bien s\u00fbr plein d\u2019esprit et de piquant mais moins touchants (m\u00eame si Jean Rondeau donne de la voix \u00e0 l\u2019\u00e9vocation d\u2019un chien\u00a0!). Les pi\u00e8ces musicales seront superbes ici. Aux tr\u00e8s connus <em>Sauvages<\/em> (m\u00eame si l\u2019on conna\u00eet plus la version remani\u00e9e des <em>Indes Galantes<\/em>) r\u00e9pondent la d\u00e9licatesse de <em>The Kung of Denmark\u2019s Gaillard<\/em> o\u00f9 Thomas Dunford se montre \u00e0 son meilleur par la finesse des \u00e9motions qu\u2019il distille alors que le Rameau est beaucoup plus expansif\u00a0! Et comment ne pas retenir <em>Les Voix humaines<\/em> de Marin Marais qui semble d\u2019une telle modernit\u00e9 de par sa construction et son style m\u00e9lodique\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me partie s\u2019ouvre sur des extraits de suite de Jean-Baptiste-Antoine Forqueray o\u00f9 les deux musiciens ont de quoi montrer toute la virtuosit\u00e9 dont ils peuvent faire preuve. Jean Rondeau est en effet ici \u00e0 son meilleur dans la premi\u00e8re partie de la <em>Portugaise<\/em> par exemple. Mais l\u2019ensemble de ce bouquet pour clavecin et th\u00e9orbe est un vrai plaisir pour les oreilles tant on sent le bonheur de jouer ces superbes partitions. Puis vient la pi\u00e8ce \u00e9trange dans ce concert\u00a0: <em>My heart\u2019s in the highlands<\/em> d\u2019Arvo P\u00e4rt. Comme nous l\u2019indique Anne Sofie von Otter, c\u2019est un bond de 250 ans que nous faisons, mais au final la pr\u00e9sence de cette \u0153uvre contemporaine est logique tant elle est inspir\u00e9e du baroque. \u00c0 l\u2019orgue, Jean Rondeau va constituer une basse obstin\u00e9e durant tout l\u2019ouvrage de pr\u00e8s d\u2019une dizaine de minute. Et la voix de la chanteuse va progressivement s\u2019\u00e9veiller avant de retomber dans le calme. La pi\u00e8ce a quelque chose de fascinant dans ce crescendo puis decrescendo qui la compose. Et le chant presque d\u00e9sincarn\u00e9 de notre mezzo offre un portrait troublant et presque hypnotique. C\u2019\u00e9tait donc la fin du programme annonc\u00e9\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_1607\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dunford_rondeau_2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1607\" class=\"wp-image-1607\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dunford_rondeau_2-300x226.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"376\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dunford_rondeau_2-300x226.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/dunford_rondeau_2.jpg 665w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1607\" class=\"wp-caption-text\">Jean Rondeau et Thomas Dunford<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais les surprises pr\u00e9vues devaient arriver et en expliquant combien la musique baroque a influenc\u00e9 de nombreux compositeurs, voici que les trois musiciens vont nous offrir des chansons pop par de grands \u00ab\u00a0songwriter\u00a0\u00bb. Bj\u00f6rk, Kate Bush, Paul Simon, Sting\u2026 et le moins connu Ron Sexsmith. Si ce sont des chansons pop, ce sont avant tout des chansons fortement construites et o\u00f9 la musique joue un r\u00f4le important. Le cas de Sting est assez simple tant le chanteur a montr\u00e9 son attachement \u00e0 la musique baroque, allant jusqu\u2019\u00e0 enregistrer un disque consacr\u00e9 \u00e0 Dowland. Pour les autres, le lien est moins marquant, mais en \u00e9coutant les arrangements magiques propos\u00e9s par Jean Rondeau et Thomas Dunford, on comprend le lien et la logique de les proposer en fin de concert. Car en effet, pass\u00e9 le premier effet de surprise, l\u2019accompagnement de <em>Khaty\u2019s song<\/em> coule de source, comme si le th\u00e9orbe \u00e9tait une guitare encore plus expressive et le clavecin un piano plus fin et virtuose. Chacune des chansons est r\u00e9-invent\u00e9e sans \u00e0 aucun moment qu\u2019elle ne soit trahie. La chanteuse aussi \u00e9vite d\u2019user de sa voix lyrique sauf en de rares moments. Dans cet exercice, certains chanteurs utilisent un micro, mais Anne Sophie von Otter n\u2019en a pas besoin vu les dimensions de la salle. Et c\u2019est donc cette voix suave (qui aurait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9e sans tout son pass\u00e9 lyrique) qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve pour entrer dans les compositions marqu\u00e9es par leurs compositeurs. Un moment de magie pure car l\u00e0 encore, le bonheur est palpable chez les trois artistes rassembl\u00e9s\u00a0: bonheur de partager entre eux ces moments de musique, mais aussi bonheur de montrer combien la fronti\u00e8re entre musique dite classique et musique actuelle est peu \u00e9tanche, combien le baroque qui semble si loin de nous peut rapidement se rapprocher de la pop actuelle.<\/p>\n<div id=\"attachment_1609\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Rondeau_von_Otter_Dunford.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1609\" class=\"wp-image-1609\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Rondeau_von_Otter_Dunford-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Rondeau_von_Otter_Dunford-300x225.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Rondeau_von_Otter_Dunford-768x576.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Rondeau_von_Otter_Dunford-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Rondeau_von_Otter_Dunford.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1609\" class=\"wp-caption-text\">Jean Rondeau, Anne Sofie von Otter et Thomas Dunford &#8211; Salle Gaveau<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, le public ne pouvait les laisser partir ainsi. Et c\u2019est donc avec un autre \u00ab\u00a0songwriter\u00a0\u00bb qu\u2019ils reviennent. Un certain Claudio Monteverdi et le madrigal <em>Si dolce \u00e8&rsquo;l tormento<\/em> si souvent chant\u00e9 avec des bonheurs divers. Anne Sophie von Otter l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es pour son r\u00e9cital \u00ab\u00a0Sogno barocco\u00a0\u00bb superbement accompagn\u00e9e par Leonardo Garcia Alarcon. Ici la pi\u00e8ce trouve toute sa d\u00e9licatesse avec l\u2019accompagnement encore une fois et la voix s\u2019envole, retrouvant cette technique lyrique d\u00e9pourvue de toute affectation. La chanteuse est chez elle dans ce r\u00e9pertoire et des ann\u00e9es apr\u00e8s un N\u00e9ron remarqu\u00e9 \u00e0 Aix-en-Provence retrouve cette fusion avec la musique du compositeur italien. Le deuxi\u00e8me bis est annonc\u00e9 comme un air de cours\u2026 et en effet, cela commence comme tel\u2026 puis la m\u00e9lodie se transforme vers quelque chose de connu\u2026 qui trotte derri\u00e8re notre t\u00eate sans que l\u2019on arrive \u00e0 mettre un nom dessus. Puis viennent les premiers mots\u00a0: \u00ab\u00a0On a tous quelque chose en nous de Tennessee\u00a0\u00bb. Un petit rire parcours la salle\u2026 en effet, peu du public pr\u00e9sent ce soir doit \u00eatre vraiment touch\u00e9 par la disparition quelques jours auparavant de Johnny Halliday. Bien s\u00fbr certains von trouver cela un peu opportuniste de la part d\u2019une chanteuse qui ne devait pas trop conna\u00eetre le chanteur. Mais nul doute que pour les deux jeunes musiciens, c\u2019est un personnage d\u2019une \u00e9poque qui est ici salu\u00e9. Apr\u00e8s une autre ovation, voici que la chanteuse revient, susurrant du bout des l\u00e8vres \u00ab\u00a0Allons, allons il faut partir\u00a0\u00bb avant de chanter la m\u00e9lodie de Dowland sur le m\u00eame texte mais bien s\u00fbr en anglais cette fois. Adieux de toute beaut\u00e9 et plein de charme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec son programme qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 original \u00e0 l\u2019origine et compl\u00e9t\u00e9 par ces revisites de chansons populaires, le concert valait de se d\u00e9placer. Il \u00e9tait de plus servi par trois artistes majeurs. Deux en pleine gloire et l\u2019une qui reste immense malgr\u00e9 les quelques signes de faiblesse. Entendre ces trois musiciens donner toute leur passion dans ces pi\u00e8ces \u00e9tait un vrai bonheur, justement salu\u00e9 par le public par de longues ovations mais aussi une \u00e9coute religieuse. Merci madame Anne Sofie von Otter. Merci d\u2019avoir choisi deux grands musiciens pour vous accompagner, merci pour le choix du programme, merci pour votre chant particuli\u00e8rement touchant\u2026 et merci pour toute votre carri\u00e8re si riche en \u00e9motions\u00a0!<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Salle Gaveau<\/li>\n<li>11 d\u00e9cembre 2017<\/li>\n<li>Henry Purcell (1659-1695) : Music for a while, Mad Bess, An Evening Hymn<\/li>\n<li>John Dowland (1563-1626)\u00a0: Can she excuse my wrongs, The Kung of Denmark\u2019s Gaillard, Lachrimae, Now o now I need must part<\/li>\n<li>Fran\u00e7ois Couperin (1668-1733)\u00a0: Les barricades myst\u00e9rieuses<\/li>\n<li>Gabriel Bataille (1574-1630)\u00a0: Ma berg\u00e8re non l\u00e9g\u00e8rement<\/li>\n<li>Marin Marais (1656-1728)\u00a0: Les voix humaines<\/li>\n<li>Michel Lambert (1610-1696)\u00a0: Ma berg\u00e8re est tendre et fid\u00e8le, Vos m\u00e9pris chaque jour<\/li>\n<li>Jean-Philippe Rameau (1683-1764)\u00a0: Les sauvages<\/li>\n<li>Jean-Baptiste-Antoine Forqueray (1699-1782), Suite\u00a0: La Portugaise, La Sylva, Jupiter<\/li>\n<li>Arvo P\u00e4rt (1935)\u00a0: My heart\u2019s in the highlands<\/li>\n<li>Bj\u00f6rk (1965)\u00a0: Cover me<\/li>\n<li>Kate Bush (1958)\u00a0: Bertie<\/li>\n<li>Sting (1951)\u00a0: Fields of gold, Hush child<\/li>\n<li>Ron Sexsmith (1964)\u00a0: Maybe this Christmas<\/li>\n<li>Paul Simon (1941)\u00a0: Khaty\u2019s song<\/li>\n<li>Claudio Monteverdi (1567-1643)\u00a0: Si dolce \u00e8&rsquo;l tormento<\/li>\n<li>Michel Berger (1947-1992)\u00a0: On a tous quelque chose<\/li>\n<li>Anne Sofie von Otter, mezzo-soprano<\/li>\n<li>Thomas Dunford, th\u00e9orbe<\/li>\n<li>Jean Rondeau, clavecin<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Anne Sofie von Otter est connue dans le monde entier pour la vari\u00e9t\u00e9 de son r\u00e9pertoire. 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