{"id":1531,"date":"2017-10-22T23:29:57","date_gmt":"2017-10-22T21:29:57","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1531"},"modified":"2017-10-22T23:29:57","modified_gmt":"2017-10-22T21:29:57","slug":"retour-de-don-carlos-a-lopera-de-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1531","title":{"rendered":"Retour de Don Carlos \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1531\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1532 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos20-280x300.jpg\" alt=\"\" width=\"280\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos20-280x300.jpg 280w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos20.jpg 560w\" sizes=\"auto, (max-width: 280px) 100vw, 280px\" \/><\/a>Enfin\u00a0! Enfin un retour \u00e0 <em>Don Carlos<\/em>\u00a0en fran\u00e7ais. Enfin la version originale de 1866 (avant la cr\u00e9ation). Enfin une distribution \u00e0 la hauteur de l&rsquo;ouvrage. Sans conteste l\u2019\u00e9v\u00e9nement de cette nouvelle saison, cette production r\u00e9unit beaucoup d&rsquo;atouts pour attirer tous les regards. On l&rsquo;a dit d\u00e9j\u00e0 la version choisie est extr\u00eamement rare. Si St\u00e9phane Lissner avait d\u00e9j\u00e0 propos\u00e9 un <em>Don Carlos<\/em>\u00a0au Ch\u00e2telet, la version retenue \u00e9tait loin de la rigueur de cette nouvelle production. En choisissant la partition dans l&rsquo;\u00e9tat qui pr\u00e9c\u00e9dait la cr\u00e9ation, nous avons toute la musique compos\u00e9e par Verdi en vue d&rsquo;\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e. C&rsquo;est pour la premi\u00e8re que les coupures furent pratiqu\u00e9es, afin que le public puisse rentrer chez lui \u00e0 une heure raisonnable. La seule coupure notable ici est le ballet, \u00e9l\u00e9ment obligatoire dans ce genre. Cette version de l\u2019\u0153uvre avait \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e en 1972 par John Matheson \u00e0 la BBC pour Opera Rara, mais depuis, il est rare de pouvoir l&rsquo;entendre. Et surtout il est encore plus rare de l&rsquo;entendre avec de tels interpr\u00e8tes. L&rsquo;Op\u00e9ra de Paris a en effet appel\u00e9 cinq des plus grands chanteurs actuels, chacun au sommet de leur cat\u00e9gorie vocale respective\u00a0: Jonas Kaufmann, Sonya Yoncheva, El\u012bna Garan\u010da, Ludovic T\u00e9zier et Ildar Abdrazakov. Enfin, pour m\u00e9nager un petit scandale, c&rsquo;est Krzysztof Warlikowski qui est \u00e0 la direction sc\u00e9nique, pour une production qui devra \u00eatre reprise par la suite dans la version italienne en quatre actes. Esp\u00e9rons juste qu&rsquo;elle sera aussi reprise dans la version originale.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais d&rsquo;abord, un rapide point sur cet \u00e9tat de la partition. Car quand on pense \u00e0 <em>Don Carlos<\/em>\u00a0(c&rsquo;est \u00e0 dire la version en fran\u00e7ais), certains pensent uniquement \u00e0 l&rsquo;ajout du premier acte dit de Fontainebleau. Mais il y a bien plus dans la version originale. D\u00e9j\u00e0, ce premier acte est ouvert par une grande sc\u00e8ne de ch\u0153ur suppliant la future reine. Ensuite, certains passages sont diff\u00e9rents dans leurs constructions comme le duo entre Carlos et Posa ou encore celui entre Posa et Philippe II. Mais il y a aussi tous ces petits ou grands moments\u00a0: les duos entre \u00c9lisabeth et Eboli par exemple sont importants mais coup\u00e9s dans les versions ult\u00e9rieures. Le premier intervient au d\u00e9but du troisi\u00e8me acte, expliquant l&rsquo;\u00e9change d&rsquo;habits et donc la confusion fort possible pour Don Carlos par la suite, croyant voir la Reine et non la Princesse Eboli. Ensuite, il y a les aveux de cette derni\u00e8re, beaucoup plus d\u00e9velopp\u00e9s ici que jamais. On peut noter aussi quelques diff\u00e9rences dans le quatuor qui pr\u00e9c\u00e8de. Viennent s&rsquo;ajouter la grande d\u00e9ploration de Philippe II sur le corps de Posa (et l\u00e0 aussi le duo qui pr\u00e9c\u00e8de est modifi\u00e9)&#8230; mais aussi le final totalement transform\u00e9 et qui correspond mieux au final terrible du Grand Op\u00e9ra. Tous ces ajouts donnent plus de force dramatique et le retour \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;origine de certaines lignes ou certains \u00e9changent montrent encore plus combien le compositeur italien \u00e9tait parfaitement impr\u00e9gn\u00e9 du style command\u00e9 par l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris. Malgr\u00e9 les inspirations purement verdiennes, c&rsquo;est vraiment le m\u00eame langage que Meyerbeer ou Hal\u00e9vy ici. On retrouve donc le Grand Op\u00e9ra et non plus l&rsquo;op\u00e9ra italien qui verra le jour apr\u00e8s les retouches successives de Verdi.<\/p>\n<div id=\"attachment_1533\" style=\"width: 560px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos8.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1533\" class=\"wp-image-1533\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos8-300x173.png\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"316\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos8-300x173.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos8-768x442.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos8.png 892w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1533\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Jonas Kaufmann (Don Carlos), Sonya Yoncheva (\u00c9lisabeth), Julien Dran (Le Comte de Lerme)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est donc un grand cadeau que nous offrent Philippe Jordan et l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris\u00a0: avoir la vraie partition originale de ce <em>Don Carlos<\/em>. Apr\u00e8s, le Grand Op\u00e9ra r\u00e9pond \u00e0 certains crit\u00e8res de structure bien s\u00fbr (qui sont ici tous remplis mise \u00e0 part le ballet coup\u00e9), mais reste l&rsquo;interpr\u00e9tation. H\u00e9ritier de la trag\u00e9die lyrique, ce style propre \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris du XIX\u00e8me si\u00e8cle demande aussi un livret mis en relief par la diction et l&rsquo;art d\u00e9clamatoire des interpr\u00e8tes. Et ce sera peut-\u00eatre le point noir de cette repr\u00e9sentation. En effet, malgr\u00e9 des efforts louables, il reste difficile de comprendre ce que chantent les artistes en dehors bien s\u00fbr de Ludovic T\u00e9zier. On sent un travail, mais il reste trop l\u00e9ger avec m\u00eame r\u00e9guli\u00e8rement des erreurs manifestes chez certains. Bien s\u00fbr, on arrive globalement \u00e0 comprendre Jonas Kaufmann par exemple. Mais la diction n&rsquo;est pas naturelle et il n&rsquo;y a pas cet art d\u00e9clamatoire qu&rsquo;on peut esp\u00e9rer ici. Les voix ont la puissance et l&rsquo;\u00e9clat n\u00e9cessaire pour donner dans la d\u00e9mesure de ces personnages, mais malheureusement le superbe livret de Joseph M\u00e9ry et Camille du Locle se trouve bien malmen\u00e9 et peu mis en valeur. Et du coup, le naturel du seule francophone de la soir\u00e9e n&rsquo;en est que plus remarquable.<\/p>\n<div id=\"attachment_1534\" style=\"width: 560px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1534\" class=\"wp-image-1534\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos3-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"366\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos3-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos3-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos3.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1534\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, Deuxi\u00e8me Tableau<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant d&rsquo;en venir \u00e0 la partie purement musicale, il faut tout de m\u00eame dire un mot de la mise en sc\u00e8ne. En effet, rien que la mention de <strong>Krzysztof Warlikowski<\/strong> pouvait donner des sueurs froides aux amateurs d&rsquo;un op\u00e9ra plus historique qu\u2019innovant. Et en fin de soir\u00e9e, on retiendra bien quelques petites libert\u00e9s ou propositions os\u00e9es, mais sans pour autant que les r\u00f4les ne soient d\u00e9form\u00e9s, que l&rsquo;histoire ne soit transform\u00e9e. Les d\u00e9cors sont certes assez contemporains, mais au final ne g\u00eanent nullement la lecture de l&rsquo;ouvrage avec de fortes r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l&rsquo;Espagne par quelques accessoires. On notera aussi une tr\u00e8s bonne gestion des alternances entre espaces priv\u00e9s et espaces publics avec une sc\u00e8ne qui \u00e9volue au besoin des \u00e9v\u00e9nements. Ainsi, l&rsquo;id\u00e9e de la salle d&rsquo;escrime pour ouvrir le deuxi\u00e8me acte est assez bien vu car cela permet de bien montrer la personnalit\u00e9 de la Princesse Eboli\u00a0: non pas juste une beaut\u00e9 fatale, mais aussi une forte femme qui sait ce qu&rsquo;elle veut et qui est libre dans ses choix. Parmi les personnages, celle qui est trop souvent uniquement montr\u00e9e comme la m\u00e9chante trouve une grande \u00e9paisseur et est magistralement trait\u00e9e par le metteur en sc\u00e8ne. Femme volontaire mais au final jamais v\u00e9nale ou avide de pouvoir. Chez les autres personnages, c&rsquo;est le couple royal qui a est montr\u00e9 lui aussi sous un angle un peu diff\u00e9rent. Drap\u00e9e dans sa noblesse, \u00c9lisabeth semble perp\u00e9tuellement en deuil mais en aucun cas inactive. Elle est m\u00eame le soutien de son \u00e9poux lorsqu&rsquo;il montre des signes de faiblesse. Car ici Philippe II est montr\u00e9 dans toutes ses failles, avec un triomphe pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d&rsquo;une sc\u00e8ne o\u00f9 l&rsquo;on voit un roi alcoolique et violent avec sa femme qui reste r\u00e9sign\u00e9e et tente de le calmer pour qu&rsquo;il retrouve son autorit\u00e9. Finalement, il n&rsquo;y a que le premier acte qui manque un peu de lisibilit\u00e9 avec ces touristes qui viennent visiter \u00c9lisabeth&#8230; et un Carlos qui semble dans sa chambre \u00e0 errer sans but&#8230; avant que les deux univers ne se rencontrent.<\/p>\n<div id=\"attachment_1535\" style=\"width: 560px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos13.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1535\" class=\"wp-image-1535\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos13-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"367\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos13-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos13-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos13.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1535\" class=\"wp-caption-text\">Acte V<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant tout regarde critique sur la prestation ou l&rsquo;engagement des forces de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris, il faut encore une fois saluer l&rsquo;effort fait pour pr\u00e9senter cette version de la partition. M\u00eame avec des chanteurs qui connaissaient la partition dans un autre \u00e9tat, le nombre de r\u00e9p\u00e9titions \u00e0 d\u00fb \u00eatre assez important pour qu&rsquo;ils oublient certaines lignes et chantent bien cette autre version de l&rsquo;ouvrage. Ne doutons pas que <strong>Philippe Jordan<\/strong> doit avoir eu son mot \u00e0 dire et il faut l&rsquo;en remercier grandement\u00a0! Les forces de la grande maison sont donc appel\u00e9es ici pour un grand \u00e9v\u00e9nement. Il est regrettable que le ballet n&rsquo;ait pas jou\u00e9 aussi son r\u00f4le mais d\u00e9j\u00e0, ch\u0153ur et orchestre sont tr\u00e8s bons d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre. D\u00e8s son entr\u00e9e le ch\u0153ur impressionne notamment par sa coh\u00e9sion, bien loin de ce qu&rsquo;il pouvait offrir il y a quelques ann\u00e9es dans le m\u00eame ouvrage. Les hommes du final ont aussi \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement saisissants d&rsquo;autorit\u00e9. Le seul petit regret vient de la relative faiblesse du ch\u0153ur de l&rsquo;acte trois. L\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on attends en g\u00e9n\u00e9ral un effet dantesque avec un ch\u0153ur tr\u00e8s puissant, le faible nombre de participants r\u00e9duit l&rsquo;impact. L&rsquo;orchestre lui offre beaucoup d&rsquo;\u00e9nergie et d&rsquo;investissement, sans doute fouett\u00e9 par la baguette de Philippe Jordan. Le chef ne cherche pas forc\u00e9ment \u00e0 sonner verdien, mais met en avant par contre la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 de la partition. On retrouve ici une direction un peu s\u00e8che parfois mais toujours directe vers l&rsquo;effet souhait\u00e9. On regrettera juste par moment de petits d\u00e9calages qui subsistent entre la fosse et la sc\u00e8ne.<\/p>\n<div id=\"attachment_1536\" style=\"width: 560px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos18.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1536\" class=\"wp-image-1536\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos18-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"367\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos18-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos18.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1536\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV, Premier Tableau : Dmitry Belosselskiy (Le Grand Inquisiteur), Ildar Abdrazakov (Philippe II)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les petits r\u00f4les, l&rsquo;Op\u00e9ra National de Paris a encore une fois appel\u00e9 de solides chanteurs comme la superbe <strong>\u00c8ve-Maud Hubeaux<\/strong> dans le r\u00f4le de Thibault, mais aussi Le Comte de Lerme de <strong>Julien Dran<\/strong>. Deux tr\u00e8s bons chanteurs qui eux parlent parfaitement le fran\u00e7ais. Par contre, une l\u00e9g\u00e8re d\u00e9ception pour les deux petites basses. Le Moine de <strong>Krsysztof B\u0105czyk<\/strong> manque un peu de cette noble profondeur de celui qui semble \u00eatre Charles-Quint&#8230; en effet la voix est belle mais un peu trop claire pour vraiment offrir l&rsquo;ombre de l&#8217;empereur qui terrifie tout le monde lors du final. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, cela correspond \u00e0 la vision du metteur en sc\u00e8ne car ici le moine et l&#8217;empereur sont diff\u00e9renci\u00e9s&#8230; mais musicalement il manque quelque chose pour vraiment marquer les esprits. Celui qui est pass\u00e9 de Masetto (cet \u00e9t\u00e9 \u00e0 <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1423\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Aix-en-Provence<\/a>) \u00e0 ce Moine en quelques mois n&rsquo;arrive pas tout \u00e0 fait \u00e0 convaincre. Avec le Grand Inquisiteur de <strong>Dmitry Belosselskiy<\/strong>, le probl\u00e8me est tout autre. Il doit imm\u00e9diatement montrer son c\u00f4t\u00e9 implacable. Or son entr\u00e9e est vraiment difficile, avec une voix qui ne semble pas plac\u00e9e, un grave tr\u00e8s peu assur\u00e9&#8230; Il faudra attendre la moiti\u00e9 de son duo avec Philippe II pour qu&rsquo;il se lib\u00e8re et vraiment s&rsquo;impose avec l\u00e0 enfin une belle voix puissante et impressionnante. Mais il est dommage de ne pas donner une entr\u00e9e plus terrifiante. Heureusement, le final d\u00e9velopp\u00e9 de cette version le retrouve dans toute sa grandeur pour imposer son autorit\u00e9 dans ce tribunal.<\/p>\n<div id=\"attachment_1538\" style=\"width: 560px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos15.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1538\" class=\"wp-image-1538\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos15-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"367\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos15-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos15.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1538\" class=\"wp-caption-text\">Acte II, Deuxi\u00e8me Tableau : Ildar Abdrazakov (Philippe II), Ludovic T\u00e9zier (Rodrigue)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vient ensuite l&rsquo;autre basse de la soir\u00e9e\u00a0: le Philippe II d&rsquo;<strong>Ildar Abdrazakov<\/strong>&#8230; Lui qui avait \u00e9t\u00e9 un immense roi d&rsquo;Espagne il y a quelques ann\u00e9es lors d&rsquo;un concert au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es a sembl\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement plus terne ici. Peut-\u00eatre est-ce la salle qui lui convient moins, ou alors la langue&#8230; ou tout simplement la comparaison avec ses coll\u00e8gues (m\u00eame si la distribution dirig\u00e9e alors par Gianandrea Noseda \u00e9tait superbe!). On retrouve bien s\u00fbr la beaut\u00e9 du timbre, un art des nuances qui lui permet d&rsquo;\u00e9viter de cr\u00e9er un roi trop sombre ou trop \u00e2g\u00e9. On retrouve donc cet homme encore fort et amoureux&#8230; mais il semble y avoir comme un d\u00e9calage entre ce que l&rsquo;on voit dans la mise en sc\u00e8ne et ce que l&rsquo;on entend. Ainsi, Krzysztof Warlikowski nous montre un roi totalement ravag\u00e9 par le doute et qui doit finalement se faire soutenir par \u00c9lisabeth, un roi qui lors de sa lamentation est au sol totalement abattu&#8230; mais si le chant est nuanc\u00e9, il n&rsquo;arrive pas \u00e0 faire ressentir cette d\u00e9tresse humaine que d&rsquo;autres r\u00e9ussissent \u00e0 offrir. Il reste impressionnant de noblesse et de beaut\u00e9, mais avec une expression qui manque de profondeur. Il faut aussi ajouter une diction fran\u00e7aise assez moyenne. Entendons-nous bien, sa prestation est tr\u00e8s bonne, mais elle reste l\u00e9g\u00e8rement en de\u00e7\u00e0 de ce que l&rsquo;on pouvait esp\u00e9rait.<\/p>\n<div id=\"attachment_1537\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1537\" class=\"wp-image-1537\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos2-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos2-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos2.jpg 682w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1537\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, Deuxi\u00e8me Tableau : Jonas Kaufmann (Don Carlos), Julien Dran (Le Comte de Lerme)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;autre relative d\u00e9ception (relative attention!) se trouve chez <strong>Jonas Kaufmann<\/strong> qui semble un peu perdu au premier acte. Si le personnage r\u00e9ussit \u00e0 gagner en intensit\u00e9 au fur et \u00e0 mesure de la soir\u00e9e et que la voix se lib\u00e8re, tout le premier acte le trouve p\u00e2le et terne tant sc\u00e9niquement que vocalement. L&rsquo;aigu est difficile, la projection assez l\u00e9g\u00e8re&#8230; on se demande s&rsquo;il n&rsquo;est pas malade. Mais finalement, la voix retrouve un petit peu d&rsquo;aisance et de brillant dans l&rsquo;aigu. Elle reste bien s\u00fbr assez engorg\u00e9e et assombrie (c&rsquo;est m\u00eame sa marque de fabrique), mais avec un vrai engagement et un volume confortable. La diction n&rsquo;est pas naturelle, mais elle se fait compr\u00e9hensible. Reste un soucis de taille pour certains dont je suis\u00a0: le timbre est bien sombre et on se demande comment cet homme peut-\u00eatre le fils d&rsquo;un roi si jeune&#8230; la voix est si marqu\u00e9e que lors du duo avec Posa, il est difficile d&rsquo;identifier qui est le baryton\u00a0! Peut-\u00eatre le probl\u00e8me vient-il aussi de la comparaison avec le dernier titulaire du r\u00f4le dans cette m\u00eame salle\u00a0: Stefano Secco \u00e9tait l&rsquo;exacte inverse de Jonas Kaufmann\u00a0: au c\u00f4t\u00e9 suicidaire et emport\u00e9 de l&rsquo;italien r\u00e9pond une sorte de col\u00e8re rentr\u00e9e de l&rsquo;allemand. Aux aigus solaires et puissants r\u00e9pondent un aigu assombri et peu ais\u00e9. L\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on entendait la fougue, on trouve maintenant un Carlos tr\u00e8s pos\u00e9 et l\u00e9g\u00e8rement geignard par moments. Tout ceci est peut-\u00eatre assez personnel comme avis (n&rsquo;\u00e9tant pas un grand admirateur du t\u00e9nor), mais il semble que ce r\u00f4le n&rsquo;est plus vraiment adapt\u00e9 \u00e0 sa couleur de voix et \u00e0 son caract\u00e8re. Le travail est tout de m\u00eame admirable et l&rsquo;on sent toute l&rsquo;intelligence&#8230; mais sent-on vraiment vivre le personnage\u00a0?<\/p>\n<div id=\"attachment_1539\" style=\"width: 560px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos9.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1539\" class=\"wp-image-1539\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos9-300x178.png\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"327\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos9-300x178.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos9-768x456.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos9.png 835w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1539\" class=\"wp-caption-text\">Acte II, Deuxi\u00e8me Tableau : Sonya Yoncheva (\u00c9lisabeth), Jonas Kaufmann (Don Carlos)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces deux chanteurs p\u00e2lissent aussi peut-\u00eatre de la comparaison avec les trois autres stars de la production. En effet, ils semblent sur une toute autre dimension tant ils s&rsquo;investissent dans leur chant et leur personnage. <strong>Sonya Yoncheva<\/strong> a triomph\u00e9 de nombreuses fois \u00e0 Paris (<em>Les P\u00eacheurs de Perles<\/em>, les quatre r\u00f4les f\u00e9minins des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann<\/em>\u00a0ou encore <em>Lucia di Lammermoor<\/em>) mais elle revient ici avec un r\u00f4le d&rsquo;une toute autre dimension. La voix a fortement \u00e9volu\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es, s&rsquo;\u00e9largissant et gagnant en grave. Aussi, apr\u00e8s une <em>Norma<\/em>\u00a0triomphale \u00e0 Londres, cette \u00c9lisabeth semble logique. Et \u00e0 l&rsquo;entendre, elle l&rsquo;est tout \u00e0 fait\u00a0: le timbre charnu, l&rsquo;aisance sur toute la tessiture et la puissance de la voix lui permettent sans soucis de se mesurer \u00e0 un r\u00f4le assez difficile \u00e0 tenir. L\u00e0 o\u00f9 des sopranos lyriques semblent trop l\u00e9gers, ou des sopranos dramatiques semblent trop matrones&#8230; la soprano bulgare offre un timbre puissant mais assez jeune et frais. Tout juste lui manque-t-il un peu de nuances pour vraiment \u00eatre parfaite. En effet, le premier air manque un peu de finesse encore, alors que le grand crescendo de l&rsquo;air du cinqui\u00e8me acte n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait bien rendu. Mais le personnage est toute de m\u00eame tr\u00e8s bien saisi, dans toute sa noblesse outrag\u00e9e ou dans sa passion cach\u00e9e. De plus, le fran\u00e7ais semble lui permettre plus d&rsquo;aisance et de nuances. L\u00e0 o\u00f9 la voix peut sembler l\u00e9g\u00e8rement opaque en italien, elle semble ici par moments retrouver ce c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s direct et cette focalisation qui faisaient l&rsquo;admiration de ses premiers triomphes parisiens. Par contre, on ne retrouve pas la pr\u00e9cision du fran\u00e7ais malheureusement assez maltrait\u00e9 tout au long de la soir\u00e9e. Elle qui avait une diction parfaite semble se perdre dans les consonnes et m\u00eame oublier son texte \u00e0 certains moments. Mais toujours est-il que ce r\u00f4le semble lui ouvrir la porte \u00e0 de grands r\u00f4les fran\u00e7ais. Tous ces r\u00f4les qui demandent un medium nourri, chant\u00e9s parfois par des mezzo \u00e0 l&rsquo;aigu du coup difficile ou par des sopranos au grave trop mince&#8230; elle est ici chez elle et l&rsquo;on esp\u00e8re la retrouver rapidement dans de grands r\u00f4les tragiques\u00a0! De plus son jeu de sc\u00e8ne est assez troublant d&rsquo;aisance. Cette jeune femme bless\u00e9e mais fi\u00e8re, qui garde la t\u00eate haute malgr\u00e9 son malheur traverse et occupe la sc\u00e8ne avec une grande aisance\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1540\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos5.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1540\" class=\"wp-image-1540\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos5-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos5-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos5.jpg 682w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1540\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV, Premier Tableau : El\u012bna Garan\u010da (Eboli)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Face \u00e0 elle, <strong>El\u012bna Garan\u010da<\/strong> se montre une Eboli d&rsquo;exception\u00a0! On passera rapidement sur un fran\u00e7ais assez peu compr\u00e9hensible pour s&rsquo;attacher au chant et au jeu. Elle qui pouvait \u00eatre un peu froide auparavant semble ici totalement m\u00e9connaissable&#8230; ou du moins savoir alterner le chaud et le froid comme le r\u00e9clame le personnage. Ce r\u00f4le de mezzo-soprano a \u00e9puis\u00e9 de nombreuses chanteuses avec ses vocalises de l&rsquo;air du voile, ses graves abyssaux du trio du jardin ou son explosivit\u00e9 dans le quatri\u00e8me acte. Mais ici, la chanteuse semble terriblement \u00e0 l&rsquo;aise, chantant un air du voile de grande eau avec vocalises pr\u00e9cises et m\u00eames quelques petites variations&#8230; elle se prom\u00e8ne sur la sc\u00e8ne en ma\u00eetresse femme, sorte d\u2019entra\u00eeneur d&rsquo;escrime pour ces dames de la cours. Car \u00e0 l&rsquo;aisance vocale s&rsquo;ajoute cette forte pr\u00e9sence sc\u00e9nique. Le metteur en sc\u00e8ne semble avoir \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement inspir\u00e9 pour nous offrir un personnage tr\u00e8s fouill\u00e9 tout au long de la soir\u00e9e. Et la chanteuse donne beaucoup de sa personne. Avec le r\u00f4le \u00e9largi par la partition originale, elle peut \u00e9viter de n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une intervenante sporadique pour vraiment s&rsquo;ancrer dans le drame. Ainsi, le quatri\u00e8me acte la montre sous toute sa grandeur. On avait d\u00e9j\u00e0 vu la face sombre et passionn\u00e9e au troisi\u00e8me avec un duo puis un trio emport\u00e9 avec puissance et nuances, mais l\u00e0 le quatuor la montre d&rsquo;une grande noblesse avant que le dialogue avec \u00c9lisabeth ne d\u00e9voile une vraie trag\u00e9dienne. Puis vient le fameux \u00ab\u00a0O don fatal\u00a0\u00bb&#8230; et l\u00e0 elle met le public \u00e0 genoux d&rsquo;une part par l&rsquo;investissement vocal, mais aussi par l&rsquo;interpr\u00e9tation qui \u00e9vite de n&rsquo;en faire qu&rsquo;un simple moment de chant pour montrer tout le d\u00e9chirement qui se fait dans cette femme libre qui comprend ici combien elle a trop jou\u00e9 de sa libert\u00e9 aux d\u00e9pends des autres. Un v\u00e9ritable triomphe viendra saluer sa prestation \u00e0 juste titre\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1541\" style=\"width: 560px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos16.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1541\" class=\"wp-image-1541\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos16-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"367\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos16-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos16.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1541\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV, Deuxi\u00e8me Tableau : Jonas Kaufmann (Don Carlos), Ludovic T\u00e9zier (Rodrigue)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, \u00e0 tout seigneur tout honneur, <strong>Ludovic T\u00e9zier<\/strong> revenait proposer un Rodrigue toujours aussi impressionnant. Le seul francophone de ces cinq \u00e9toiles se distingue imm\u00e9diatement par un fran\u00e7ais ch\u00e2tier et parfait. L&rsquo;on comprend chaque mot, la coloration du texte est parfaite&#8230; il ne lui manque au final qu&rsquo;un peu plus d&rsquo;aisance sc\u00e9nique. Si certains moments sont tr\u00e8s bien interpr\u00e9t\u00e9s comme lors de sa mort, d&rsquo;autres le montrent comme absent. Ainsi son entr\u00e9e alors que Philippe II est en train d&rsquo;\u00e9trangler \u00c9lisabeth\u00a0: il reste sans bouger, regardant&#8230; puis enfin intervient. Nulle trace ici du dilemme qui devrait \u00eatre dans sa t\u00eate\u00a0: stopper le roi et donc peut-\u00eatre perdre son oreille&#8230; ou sauver la reine. Mais ces petites manques sont rachet\u00e9s comme on l&rsquo;a dit par un chant souverain du d\u00e9but \u00e0 la fin de la soir\u00e9e. Ce Posa n&rsquo;est ni un manipulateur ni juste un ami\u00a0: c&rsquo;est un homme de politique qui n&rsquo;en oublie pas la loyaut\u00e9. Ainsi il offre un portrait tout en nuance de ce noble d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 la cause des Flandres. Son duo avec Philippe II est \u00e0 ce titre parfait d&rsquo;interpr\u00e9tation, alternant parole directe et moments de respect. Mais c&rsquo;est vraiment sa grande sc\u00e8ne dans la prison qui bouleverse tout le monde. Le souffle est infini, la ligne de chant miraculeuse et la diction mordante et parfaite. Il ferait p\u00e2lir toutes ces immenses vedettes avec qui il partage le plateau&#8230; et d&rsquo;ailleurs lors des saluts, c&rsquo;est lui qui sera ovationn\u00e9 le plus juste derri\u00e8re El\u012bna Garan\u010da et devant les autres chanteurs.<\/p>\n<div id=\"attachment_1542\" style=\"width: 560px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos11.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1542\" class=\"wp-image-1542\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos11-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"367\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos11-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos11-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/don_carlos11.jpg 870w\" sizes=\"auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1542\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV, Premier Tableau : Sonya Yoncheva (\u00c9lisabeth), Ludovic T\u00e9zier (Rodrigue), Ildar Abdrazakov (Philippe II), El\u012bna Garan\u010da (Eboli)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 les critiques formul\u00e9es la soir\u00e9e reste magnifique d\u00e9j\u00e0 par la partition propos\u00e9e. On retrouve un tout autre op\u00e9ra que la version italienne en quatre actes. Mais \u00e0 cela s&rsquo;ajoute des chanteurs au charisme certain qui s&rsquo;investissent dans leurs r\u00f4les pour nous offrir un quintette de tr\u00e8s haut niveau. Le seul petit point noir reste la diction que l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris aurait sans doute pu faire plus travailler \u00e0 ces vedettes (on a connu Abdrazakov plus compr\u00e9hensible, tout comme Yoncheva). L\u2019\u00e9v\u00e9nement attendu \u00e9tait donc bien au rendez-vous et l&rsquo;on termine la soir\u00e9e avec un grand sourire sur les l\u00e8vres alors que le public semble ne pas vouloir sortir de la salle tant l&rsquo;ovation se poursuit presque cinq heures apr\u00e8s le d\u00e9but de la repr\u00e9sentation. Film\u00e9e et diffus\u00e9e sur Arte en quasi direct, diffus\u00e9e prochainement sur France-Musique&#8230; esp\u00e9rons qu&rsquo;une diffusion plus large sera faite de ce <em>Don Carlos<\/em> qui \u00e9tait l\u2019\u00e9v\u00e9nement de cette rentr\u00e9e lyrique\u00a0! Et n&rsquo;oublions pas non plus les prochaines repr\u00e9sentations avec trois nouveaux chanteurs dans les r\u00f4les d\u2019\u00c9lisabeth, Carlos et Eboli&#8230;<\/p>\n<ul>\n<li class=\"western\">Paris<\/li>\n<li class=\"western\">Op\u00e9ra Bastille<\/li>\n<li class=\"western\">19 octobre 2017<\/li>\n<li class=\"western\">Giuseppe Verdi (1813-1901), Don Carlos, Grand Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li class=\"western\">Mise en sc\u00e8ne, Krzysztof Warlikowski\u00a0; D\u00e9cors et costumes, Ma\u0142gorzata Szcz\u0119\u015bniak\u00a0; Lumi\u00e8res, Felice Ross\u00a0; Vid\u00e9o, Denis Gu\u00e9guin\u00a0; Chor\u00e9graphie, Claude Bardouil\u00a0; Dramaturgie, Christian Longchamp<\/li>\n<li class=\"western\">Philippe II, Ildar Abdrazakov\u00a0; Don Carlos, Jonas Kaufmann\u00a0; Rodrigue, Ludovic T\u00e9zier\u00a0; Le Grand Inquisiteur, Dmitry Belosselskiy\u00a0; \u00c9lisabeth de Valois, Sonya Yoncheva\u00a0; La Princesse Eboli, El\u012bna Garan\u010da\u00a0; Un Moine, Krsysztof B<span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u0105czyk<\/span>\u00a0; Thibault, \u00c8ve-Maud Hubeaux\u00a0; Le Comte de Lerme, Julien Dran\u00a0; Une voix d&rsquo;en Haut, Silga Tiruma\u00a0; D\u00e9put\u00e9s flamands, Tiago Matos \/ Michal Partyka \/ Mikhail Timoshenko \/ Tomasz Kumi<span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u0119<\/span>ga \/ Andrei Filonczyk \/ Daniel Giulianini\u00a0; Un H\u00e9raut Royal, Hyun-Jong Roh\u00a0; Inquisiteurs, Vadim Artamonov \/ Fabio Bellenghi \/ Enzo Coro \/ Constantin Ghircau \/ Philippe Madrange \/ Andrea Nelli \/ Pierpaolo Palloni\u00a0; Coryph\u00e9e, Floren Mbia<\/li>\n<li class=\"western\">Ch\u0153urs de l&rsquo;Op\u00e9ra National de Paris<\/li>\n<li class=\"western\">Orchestre de l&rsquo;Op\u00e9ra National de Paris<\/li>\n<li class=\"western\">Philippe Jordan, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Enfin\u00a0! 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