{"id":1342,"date":"2017-05-27T18:02:02","date_gmt":"2017-05-27T16:02:02","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1342"},"modified":"2017-05-27T18:02:02","modified_gmt":"2017-05-27T16:02:02","slug":"charpentier-medee-la-seule-et-lunique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1342","title":{"rendered":"Charpentier : M\u00e9d\u00e9e, la seule et l&rsquo;unique!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1342\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1344 size-full\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_5.jpg\" alt=\"\" width=\"279\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_5.jpg 279w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_5-249x300.jpg 249w\" sizes=\"auto, (max-width: 279px) 100vw, 279px\" \/><\/a>Musicien accompli, Marc-Antoine Charpentier a subit l\u2019autorit\u00e9 absolue de Lully durant une bonne partie de sa vie de compositeur. Alors que les quelques partitions tragiques qui nous restent du musicien sont passionnantes, il ne nous a finalement l\u00e9gu\u00e9 qu\u2019une seule grande trag\u00e9die en musique. Cette <em>M\u00e9d\u00e9e<\/em> contient tout le savoir-faire de ce grand musicien qui sait respecter les r\u00e8gles formelle de l\u2019exercice sans pour autant lisser son langage plus chatoyant que celui qui r\u00e9gnait sur la sc\u00e8ne de Versailles. Bien s\u00fbr, nous pouvons nous r\u00e9jouir l\u2019oreille avec <em>David et Jonathas<\/em> ou d\u2019autres compositions plus courtes\u2026 mais il leur manque ce petit quelque chose de grandiose qui est ici contenu. Voir Charpentier \u00e0 Versailles semblerait presque \u00eatre une revanche sur l\u2019histoire, mais c\u2019est surtout la possibilit\u00e9 pour le public de vivre cette grande histoire dans toute sa dimension artistique et dramatique dans un lieu parfait pour ce r\u00e9pertoire. La venue r\u00e9guli\u00e8re des artistes de Toronto est un vrai bonheur pour les amateurs de baroque fran\u00e7ais\u00a0!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cr\u00e9\u00e9e le 4 d\u00e9cembre 1693 au Th\u00e9\u00e2tre du Palais-Royal \u00e0 Paris, M\u00e9d\u00e9e est la seule et unique grande trag\u00e9die de Charpentier. Les compositeurs pr\u00e9sents en firent de belles critiques, s\u00fbrement charm\u00e9s par la qualit\u00e9 musicale mais aussi dramatique de l\u2019ouvrage. Cela faisait plus de sept ans que Lully avait vu son dernier op\u00e9ra (<em>Armide<\/em>) cr\u00e9\u00e9e\u2026 et il est difficile de qualifier <em>Achille et Polyx\u00e8ne<\/em> d\u2019op\u00e9ra de Lully \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019en composa que l\u2019ouverture et le premier acte (Pascal Colasse terminera la composition par la suite). D\u00e9j\u00e0 avec <em>Armide<\/em> on d\u00e9couvrait une musique plus ronde et chatoyante mais tout en restant parfaitement fid\u00e8le \u00e0 la structure pr\u00e9\u00e9tablie. Charpentier apporte ici son savoir-faire de coloriste et de compositeur orf\u00e8vre pour une partition extr\u00eamement riche en d\u00e9tails et en inventivit\u00e9 (la sc\u00e8ne des Enfers par exemple est assez suffocante et peut rivaliser sans fr\u00e9mir avec ce que proposera par exemple Leclair un demi-si\u00e8cle plus tard dans <em>Scylla et Glaucus<\/em>). Mais il conserve toujours par contre la puissance du verbe. Si par la suite le texte va s\u2019affadir et moins jouer jeu \u00e9gal avec la musique, nous conservons ici ce parfait \u00e9quilibre cher \u00e0 Lully. Il faut aussi avouer que cet \u00e9quilibre est aid\u00e9 par le superbe texte de Thomas Corneille qui signe un po\u00e8me de toute beaut\u00e9. Et puis bien s\u00fbr, comment ne pas \u00eatre fascin\u00e9 par le personnage de M\u00e9d\u00e9e\u00a0? Le traitement en est tellement fin et bien r\u00e9alis\u00e9 que le spectateur finit par comprendre ce monstre. Chacun des personnages qui lui est oppos\u00e9 est soit faible soit odieux et on en vient \u00e0 \u00e9prouver de l\u2019empathie pour cette magicienne.<\/p>\n<div id=\"attachment_1345\" style=\"width: 460px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_11.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1345\" class=\"wp-image-1345\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_11-300x140.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"210\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_11-300x140.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_11.jpg 730w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1345\" class=\"wp-caption-text\">Acte I<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cadre de l&rsquo;Op\u00e9ra de Versailles, les productions sc\u00e9niques sont assez r\u00e9guli\u00e8res, mais peu arrivent \u00e0 se fondre dans le d\u00e9cors comme celle de<strong> Marshall Pynkoski<\/strong>. Jouant la carte de la reconstitution historique, nous avons les avantages et les inconv\u00e9nients de ce parti pris vu le budget somme toute assez modeste il semblerait de la mise en sc\u00e8ne. En effet, les d\u00e9cors se limitent trop souvent \u00e0 une toile peinte en fond de sc\u00e8ne. Seule la sc\u00e8ne des enfers trouve un peu plus d&rsquo;effet avec des \u00e9clairages bien dos\u00e9s pour montrer toute la noirceur du moment. Les effets visuels restent tout de m\u00eame assez beaux surtout que la sc\u00e8ne est tr\u00e8s bien habit\u00e9e non seulement par les acteurs mais aussi par toutes les danses. En effet alors qu&rsquo;il est habituel de nos jours de peu faire danser les passages pr\u00e9vus \u00e0 cet effet, nous avons ici chacun des moments chor\u00e9graphiques parfaitement r\u00e9gl\u00e9s. Le premier acte en particulier est saisissant avec cette alternance de danse galante puis guerri\u00e8re. Autre parti pris important de la mise en sc\u00e8ne, le jeu d&rsquo;acteur se rapproche de ce que l&rsquo;on peut voir dans le ballet de nos jours avec des signes r\u00e9p\u00e9titifs comme se frapper le torse en parlant de soi, ou un signe de main autour du visage lorsque l&rsquo;on signale la beaut\u00e9 d&rsquo;une personne. Mais la direction d&rsquo;acteurs est assez bien vue d&rsquo;autant plus que les chanteurs participent parfois aux chor\u00e9graphies. Les costumes sont assez sobres mais bien r\u00e9alis\u00e9s m\u00eame s&rsquo;ils ne sont pas vraiment d&rsquo;\u00e9poque mais plut\u00f4t r\u00e9alis\u00e9s comme \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la cr\u00e9ation. Les robes sont superbes mais les hommes semblent plus sortis d&rsquo;un film de cape et d&rsquo;\u00e9p\u00e9e&#8230; Tr\u00e8s agr\u00e9able \u00e0 regarder, cette mise en sc\u00e8ne \u00e9voque de belle mani\u00e8re ce que devait \u00eatre la trag\u00e9die lyrique \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la cr\u00e9ation. Les seuls petits d\u00e9tails qui posent probl\u00e8mes viennent plus de choix musicaux comme la coupure du prologue, mais aussi des effets vocaux l\u00e9g\u00e8rement trop expressionnistes comme dans les cris de M\u00e9d\u00e9e. Mais nous y reviendrons dans la suite de ce petit r\u00e9cit&#8230;<\/p>\n<div id=\"attachment_1350\" style=\"width: 460px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_3-1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1350\" class=\"wp-image-1350\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_3-1-300x140.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"210\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_3-1-300x140.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_3-1.jpg 730w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1350\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Jesse Blumberg (Oronte)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Partie int\u00e9grante de la repr\u00e9sentation, les danseurs et danseuses sont globalement impressionnants. Globalement car au milieu de ces dames se trouve une personne qui semble grandement manquer de gr\u00e2ce et de d\u00e9licatesse. En effet, elle semble totalement en d\u00e9calage et peu \u00e0 l&rsquo;aise avec les autres participantes. On pourrait penser que c&rsquo;est une rempla\u00e7ante mais lors des saluts, on d\u00e9couvre que ce n&rsquo;est nulle autre que <strong>Jeannette Lajeunesse Zingg<\/strong>, chor\u00e9graphe du spectacle. \u00c9trange de la voir si peu fondue dans la troupe. Mais ceci n&rsquo;est qu&rsquo;une r\u00e9serve mineure car le reste des danseurs de l\u2019<strong>Atelier Ballet<\/strong> sont tr\u00e8s bons, ces messieurs par exemple sont aussi \u00e0 l&rsquo;aise dans les danses avec \u00e9p\u00e9e (magnifiques chor\u00e9graphies d&rsquo;ailleurs), mais aussi dans la sc\u00e8ne des enfers o\u00f9 ils campent parfaitement les d\u00e9mons. Cette danse fait partie int\u00e9grante du genre de l&rsquo;\u00e9poque et en rendant toute sa dimension \u00e0 cet art, la mise en sc\u00e8ne nous donne \u00e0 voir de bien beaux moments\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1355\" style=\"width: 460px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_7.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1355\" class=\"wp-image-1355\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_7-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_7-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_7.jpg 510w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1355\" class=\"wp-caption-text\">Acte II<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une petite \u00e9tranget\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne vient du fait que les ch\u0153urs sont rel\u00e9gu\u00e9s sur le c\u00f4t\u00e9 de la salle et non sur sc\u00e8ne. On aurait pourtant gagn\u00e9 \u00e0 certains moments \u00e0 voir plus de monde sur sc\u00e8ne comme dans la sc\u00e8ne des enfers encore une fois. M\u00eame d&rsquo;un point de vue sonore le rendu aurait \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rent et gagnerait s\u00fbrement en impact. Pourtant le <strong>Ch\u0153ur Marguerite Louise<\/strong> est tr\u00e8s bon avec une diction parfaite, un tr\u00e8s beau style et un beau volume malgr\u00e9 le peu de chanteurs. Du point de vue orchestre, le <strong>Tafelmusik Baroque Orchestra<\/strong> se montre assez bon lui aussi mais semble manquer un peu de couleurs et de vari\u00e9t\u00e9 par moments. Malgr\u00e9 deux clavecins et deux th\u00e9orbes qui permettent un tr\u00e8s beau continuo, le reste de l&rsquo;orchestre n&rsquo;offre que peu de vari\u00e9t\u00e9 avec des instruments \u00e0 vent assez limit\u00e9s mais aussi des percutions assez sommaires (malgr\u00e9 un tambour tr\u00e8s puissant et marquant!). <strong>David Fallis<\/strong> nous propose tout de m\u00eame une belle direction avec ces moyens un peu restreints. Sans toute la vari\u00e9t\u00e9 que pouvait offrir l&rsquo;\u00e9poque de cr\u00e9ation il nous convie \u00e0 un superbe moment de musique vari\u00e9 et tr\u00e8s bien men\u00e9. On aurait pu avoir une plus grande virtuosit\u00e9 mais le r\u00e9sultat reste tout de m\u00eame passionnant pour la partition si belle de Marc-Antoine Charpentier.<\/p>\n<div id=\"attachment_1356\" style=\"width: 460px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1356\" class=\"wp-image-1356\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_4-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_4-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_4.jpg 510w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1356\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Mireille Asselin (Cr\u00e9use), Colin Ainsworth (Jason)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu&rsquo;il est difficile de s&rsquo;habituer aux beaut\u00e9s des ensembles sp\u00e9cialistes dans le baroque fran\u00e7ais tels que Les Arts Florissants ou Pygmalion&#8230; ces orchestres et chefs convoquent toujours des distributions d&rsquo;une beaut\u00e9 \u00e9blouissante et d&rsquo;un style in\u00e9gal\u00e9&#8230; alors lorsque dans une telle \u0153uvre certains petits d\u00e9tails comme la diction ou le style ne sont pas vraiment en phase avec la trag\u00e9die lyrique, l&rsquo;oreille tique. Ainsi, malgr\u00e9 d&rsquo;immenses qualit\u00e9s les dictions manquent parfois de pr\u00e9cision et surtout le type de voix peut \u00eatre assez discutable comme c&rsquo;est le cas pour le tr\u00e8s court r\u00f4le d&rsquo;Arcas chant\u00e9 par <strong>Olivier Laquerre<\/strong>. La voix semble assez d\u00e9braill\u00e9e et si elle convient assez bien pour le d\u00e9mon du troisi\u00e8me acte, le confident de Jason lui manque vraiment de tenue. Au contraire l&rsquo;Oronte de <strong>Jesse Blumberg<\/strong> est plut\u00f4t bon alors que le Cr\u00e9on de <strong>Stephen Hegedus<\/strong> est tout bonnement saisissant de voix (quel beau timbre de basse!) et de style avec un fran\u00e7ais parfait et un vrai travail sur le texte. De m\u00eame, les N\u00e9rine et Cl\u00e9one respectivement de <strong>Meghan Lindsay<\/strong> et <strong>Karine White<\/strong> sont tr\u00e8s bien styl\u00e9es et chantent avec un go\u00fbt certain. Enfin, reste le cas de <strong>Mireille Asselin<\/strong>. Seule francophone de la distribution, elle donne \u00e0 entendre une tr\u00e8s belle diction mais sa composition du personnage est assez \u00e9trange. La voix sonne tr\u00e8s r\u00e9duite mais fruit\u00e9&#8230; mais elle fait de Cr\u00e9use plus une coquette qu&rsquo;une vraie fille de roi. On en vient presque \u00e0 se demander pourquoi elle joue avec Jason et Oronte, semblant \u00eatre de connivence avec son p\u00e8re. Pourtant, cette jeune fille est d&rsquo;habitude le seul vrai rayon de lumi\u00e8re au milieu de tous ces personnages sombres et peu agr\u00e9ables&#8230; Heureusement le dernier acte la voit particuli\u00e8rement touchante dans sa supplique \u00e0 M\u00e9d\u00e9e puis sa mort d\u00e9chirante.<\/p>\n<div id=\"attachment_1347\" style=\"width: 460px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1347\" class=\"wp-image-1347\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_2-300x140.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"210\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_2-300x140.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_2.jpg 730w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1347\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Peggy Kriha Dye (M\u00e9d\u00e9e)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le nom connu de cette <em>M\u00e9d\u00e9e<\/em> est le haute-contre <strong>Colin Ainsworth<\/strong>. D\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 dans de nombreux r\u00f4les du baroque fran\u00e7ais comme <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=574\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Castor<\/a> de Rameau, il s&rsquo;impose imm\u00e9diatement avec son style parfait dans l&rsquo;art de la d\u00e9clamation. La voix a perdu l\u00e9g\u00e8rement de sa beaut\u00e9, mais la composition tant th\u00e9\u00e2trale que vocale est sid\u00e9rante\u00a0: les nuances, l&rsquo;art des couleurs, le phras\u00e9 d&rsquo;une grande noblesse&#8230; peut-\u00eatre m\u00eame qu&rsquo;on en vient \u00e0 avoir un chant trop ch\u00e2ti\u00e9 pour ce Jason qui reste un faible et un pleutre. Seul le timbre un peu moins rond et suave du chanteur vient confirmer ce caract\u00e8re finalement loin du chevaleresque jeune homme. Mais d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre de l&rsquo;ouvrage il se montre d&rsquo;une grande intensit\u00e9 voir m\u00eame un peu trop quand il crie son d\u00e9sespoir devant les crimes de M\u00e9d\u00e9e. C&rsquo;est ici la seule limite \u00e0 sa composition\u00a0: la voix est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s sonore et bien projet\u00e9e mais il y a dans ce d\u00e9sespoir trop de violence pour cadrer avec le style de Charpentier. Dommage pour un tel sp\u00e9cialiste de tomber dans la facilit\u00e9 expressionniste alors qu&rsquo;il aurait tr\u00e8s bien pu composer ce moment d&rsquo;une mani\u00e8re plus galante mais non moins marquante. En dehors de ce d\u00e9tails, le haute-contre est impressionnant d&rsquo;aisance.<\/p>\n<div id=\"attachment_1348\" style=\"width: 460px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1348\" class=\"wp-image-1348\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_1-300x140.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"210\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_1-300x140.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_1.jpg 730w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1348\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV : Peggy Kriha Dye (M\u00e9d\u00e9e)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin celle qui tient toute la pi\u00e8ce dans ses mains, qui agit et bouleverse le drame&#8230; cette fameuse M\u00e9d\u00e9e qui est si finement caract\u00e9ris\u00e9e que l&rsquo;on finit par devenir compr\u00e9hensif. On comprend cette femme bafou\u00e9e, moqu\u00e9e et qui se sacrifie pour un ingrat. Le r\u00f4le est d\u00e9cisif et passionnant, et des grandes trag\u00e9diennes ont particuli\u00e8rement bien tenu le personnage. <strong>Peggy Kriha Dye<\/strong> poss\u00e8de la carrure tant vocale que sc\u00e9nique pour le r\u00f4le. Le seul petit manque est un style l\u00e9g\u00e8rement plus ch\u00e2ti\u00e9 dans le d\u00e9sespoir et la violence. Mais en dehors de quelques tr\u00e8s rares d\u00e9rapages stylistiques, le reste de son chant est d&rsquo;une grande tenue. Le fran\u00e7ais manque peut-\u00eatre d&rsquo;un peu de grandeur et de finesse mais la noblesse du personnage outrag\u00e9 est bien ici. La chanteuse est royale en sc\u00e8ne et donne \u00e0 entendre toutes les failles de cette femme. Elle ose beaucoup de choses qui pourraient passer pour un trait un peu trop appuy\u00e9 par moments mais le r\u00e9sultat est au final captivant. Dans ce r\u00f4le, deux grandes optiques s&rsquo;affrontent au travers des deux int\u00e9grales studio de William Christie\u00a0: Jill Feldman et Lorraine Hunt. La premi\u00e8re avec une voix assez l\u00e9g\u00e8re mais tr\u00e8s ac\u00e9r\u00e9e&#8230; et la deuxi\u00e8me avec un timbre noir comme la cendre et une puissance d\u00e9vastatrice. Peggy Kriha Dye est un juste milieu entre ces deux voix\u00a0: la timbre est plut\u00f4t l\u00e9ger mais la voix est longue et tr\u00e8s bien projet\u00e9e. Elle \u00e9vite le pi\u00e8ge du galant mais aussi de la grande m\u00e9chante pour donner un portrait assez nuanc\u00e9 m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;atteint ni les ab\u00eemes de noirceur de la seconde, ni la grandeur de la premi\u00e8re. Un entre-deux donc qui reste une tr\u00e8s bonne voie&#8230;<\/p>\n<div id=\"attachment_1357\" style=\"width: 460px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_10.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1357\" class=\"wp-image-1357\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_10-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_10-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/medee_charpentier_10.jpg 510w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1357\" class=\"wp-caption-text\">Acte V : Colin Ainsworth (Jason), Mireille Asselin (Cr\u00e9use)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 les petits imperfections et le l\u00e9ger manque de folie tant dans la mise en sc\u00e8ne que l&rsquo;accompagnement orchestral, la partition de Marc-Antoine Charpentier prend vie admirablement dans l&rsquo;\u00e9crin de Versailles. Comment ne pas \u00eatre fascin\u00e9 par la puissance dramatique du texte comme de la musique avec cette proximit\u00e9 que nous offre la salle\u00a0?<\/p>\n<ul>\n<li>Versailles<\/li>\n<li>Op\u00e9ra Royal du Ch\u00e2teau de Versailles<\/li>\n<li>21 mai 2017<\/li>\n<li>Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), M\u00e9d\u00e9e, Trag\u00e9die lyrique en cinq actes et un prologue<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Marshall Pynkoski\u00a0; Chor\u00e9graphie, Jeannette Lajeunesse Zingg\u00a0; D\u00e9cors, Gerard Gauci\u00a0; Lumi\u00e8res, Michelle Ramsay\u00a0; Direction des combats, Jennifer Parr<\/li>\n<li>M\u00e9d\u00e9e, Peggy Kriha Dye\u00a0; Jason, Colin Ainsworth\u00a0; Cr\u00e9use, Mireille Asselin\u00a0; Oronte, Jesse Blumberg\u00a0; Cr\u00e9on, Stephen Hegedus\u00a0; Arcas, Olivier Laquerre\u00a0; N\u00e9rine, Meghan Lindsay\u00a0; Cl\u00e9one, Karine White\u00a0; R\u00f4les additionnels, Christopher Enns \/ Kevin Skelton<\/li>\n<li>Artistes de l\u2019Atelier Ballet<\/li>\n<li>Ch\u0153urs Marguerite Louise<\/li>\n<li>Tafelmusik Baroque Orchestra<\/li>\n<li>David Fallis, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Musicien accompli, Marc-Antoine Charpentier a subit l\u2019autorit\u00e9 absolue de Lully durant une bonne partie de sa vie de compositeur. 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