{"id":133,"date":"2014-05-30T23:14:52","date_gmt":"2014-05-30T21:14:52","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=133"},"modified":"2016-10-05T20:03:25","modified_gmt":"2016-10-05T18:03:25","slug":"fascinante-elektra-par-patrice-chereau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=133","title":{"rendered":"Fascinante Elektra par Patrice Ch\u00e9reau"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1049 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau0-184x300.jpg\" alt=\"elektra_chereau0\" width=\"184\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau0-184x300.jpg 184w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau0.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 184px) 100vw, 184px\" \/>Rien que le nom de Patrice Ch\u00e9reau associ\u00e9 \u00e0 celui d&rsquo;<em>Elektra<\/em> avait fait trembler d&rsquo;impatience nombre de lyricomanes. Certains ont eu la chance de voir le spectacle dans le Grand Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Aix en Provence, d&rsquo;autres l&rsquo;ont suivi sur Internet&#8230; et moins d&rsquo;un an apr\u00e8s, c&rsquo;est en DVD que nous est servi ce spectacle. R\u00e9sultat du montage de deux repr\u00e9sentations et de plans serr\u00e9s r\u00e9alis\u00e9s lors des derni\u00e8res r\u00e9p\u00e9titions, on y retrouve l&rsquo;impact visuel montr\u00e9 par le direct et particuli\u00e8rement la prestation hallucinante et hallucin\u00e9e d&rsquo;Evelyn Herlitzius. Quelques mois apr\u00e8s cet immense succ\u00e8s, le metteur en sc\u00e8ne Patrice Ch\u00e9reau disparaissait, rendant encore plus important son dernier travail lyrique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Elektra<\/em> a vu bon nombre de mises en sc\u00e8ne aussi vari\u00e9es qu&rsquo;\u00e9tranges\u00a0: les deux derni\u00e8res productions de l&rsquo;Op\u00e9ra National de Paris en sont un exemple (Hartman et sa vision sinistre, Carsen et son ballet mortuaire)&#8230; mais aussi des visions tr\u00e8s traditionnelles comme la production du Metropolitan o\u00f9 l&rsquo;on peut voir l&rsquo;affrontement de Birgit Nilsson et Leonie Rysanek au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980&#8230; ou plus proche encore de nous la production oppressante de Lehnhoff \u00e0 Salzbourg. Ici, Patrice Ch\u00e9reau a mis\u00e9 sur la simplicit\u00e9 avec des costumes intemporels et un d\u00e9cor sobre qui m\u00e9nage tous les espaces n\u00e9cessaires pour faire \u00e9voluer les personnages tout imposant une ambiance oppressante avec ces ombres et ces grandes murailles qui ferment toutes les perspectives. Cette simplicit\u00e9 a l&rsquo;avantage de nous laisser toute la libert\u00e9 pour scruter les personnages et les relations qui les lient dans le passionnant travail de Patrice Ch\u00e9reau. Chaque mouvement, chaque personnage est travaill\u00e9, m\u00eame les servantes gagnent une vraie \u00e9paisseur\u00a0: bien loin de la masse grouillante et anonyme qu&rsquo;on peut voir souvent, elles sont ici fortement diff\u00e9renci\u00e9es et individuelles. Le tuteur d&rsquo;Oreste est lui aussi int\u00e9gr\u00e9 dans ces relations comme le montrent ses retrouvailles avec une servante. Mais ce sont la m\u00e8re et les deux filles qui retiennent l&rsquo;attention avant tout. Patrice Ch\u00e9reau a la chance de disposer de deux tr\u00e8s grandes actrices pour les r\u00f4les d&rsquo;Elektra et Klyt\u00e4mnestre. Non pas qu&rsquo;Adrianne Pieczonka soit indigne, mais il est difficile de luter face \u00e0 la pr\u00e9sence que peuvent d\u00e9gager Evelyn Herlitzius et Waltraud Meier. La direction d&rsquo;acteur est particuli\u00e8rement d\u00e9taill\u00e9e, les visages hautement expressifs&#8230; on sent tout le travail qui a \u00e9t\u00e9 fait entre tous ces artistes pour obtenir un telle fluidit\u00e9 et un tel engagement. Le travail de Patrice Ch\u00e9reau nous fait plonger au c\u0153ur de cet affrontement entre deux femmes o\u00f9 les autres personnages ne sont au final rien d&rsquo;autre que des pions et des outils.<\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-140 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau3-300x205.jpg\" alt=\"elektra_chereau3\" width=\"300\" height=\"205\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau3-300x205.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau3.jpg 455w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On l&rsquo;a dit, les servantes et serviteurs b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un beau travail sc\u00e9nique&#8230; mais aussi d&rsquo;une belle caract\u00e9risation vocale puisque chacun poss\u00e8de son timbre bien reconnaissable, sa pr\u00e9sence diff\u00e9rente. Bien s\u00fbr, il faut saluer la pr\u00e9sence de deux anciens dans les petits r\u00f4les du Vieux Serviteur et du Tuteur d&rsquo;Oreste. Le premier n&rsquo;est autre que le Wotan de Bayreuth sous la direction de Ch\u00e9reau\u00a0: Donald McIntyre ne poss\u00e8de plus beaucoup de voix mais son autorit\u00e9 lui suffit pour imposer son personnage. De m\u00eame Franz Mazura n&rsquo;a plus beaucoup de notes \u00e0 nous faire entendre, mais le charisme reste entier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tom Randle en Aegisth est assez parfait par son manque de prestance vocale\u00a0: la voix est saine et plut\u00f4t agr\u00e9able mais sans aucun caract\u00e8re, parfaitement apte \u00e0 rendre la faiblesse de ce personnage sans pour autant le montrer comme souvent sous les traits d&rsquo;un homme abject.<\/p>\n<div id=\"attachment_138\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-138\" class=\"wp-image-138 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau2-300x209.jpg\" alt=\"Elektra (Evelyn Herlitzius), Orest (Mikhail Petrenko)\" width=\"300\" height=\"209\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau2-300x209.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau2-1024x713.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-138\" class=\"wp-caption-text\">Elektra (Evelyn Herlitzius), Orest (Mikhail Petrenko)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au contraire, l&rsquo;Oreste de Mikhail Petrenko impressionne par sa voix et son imposante figure. Avant m\u00eame sa grande sc\u00e8ne avec sa s\u0153ur, son entr\u00e9e en sc\u00e8ne signifie le danger. Et la voix sonore de basse se coule parfaitement dans ce r\u00f4le souvent distribu\u00e9 \u00e0 des barytons\u00a0: l&rsquo;avantage d&rsquo;une basse est que les graves sont plus sonores et la noblesse plus imposante. Et puis il y a le chant implacable, presque d\u00e9sincarn\u00e9 de cet Oreste qui n&rsquo;est plus que l&rsquo;instrument de la vengeance\u00a0: droite, sobre, impressionnante. Il faudra attendre la reconnaissance pour que le personnage se lib\u00e8re et que Petrenko fasse vivre son chant. La rupture est marquante et fort bien vue.<\/p>\n<div id=\"attachment_1048\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1048\" class=\"size-medium wp-image-1048\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau8-300x273.jpg\" alt=\"Chrysothemis (Adrianne Pieczonka)\" width=\"300\" height=\"273\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau8-300x273.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau8-768x698.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau8-1024x931.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1048\" class=\"wp-caption-text\">Chrysothemis (Adrianne Pieczonka)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rayon de soleil est en g\u00e9n\u00e9ral apport\u00e9 par la jeune Chrysothemis mais ici, Adrianne Pieczonka compose une femme plus m\u00fbre que souvent, d&rsquo;un caract\u00e8re affirm\u00e9. Non pas domin\u00e9e par Elektra, elle est au contraire maternelle avec sa s\u0153ur. Le caract\u00e8re du r\u00f4le ne permet pas de grands \u00e9lans de violence, mais on sent dans cette voix tout le drame int\u00e9rieur qu&rsquo;elle vit, portant son malheur mais aussi celui d&rsquo;Elektra dans son c\u0153ur. Il faut guetter les passages de lyrisme pur o\u00f9 la voix se lib\u00e8re avec passion avant d&rsquo;\u00eatre vite emprisonn\u00e9e par la raison, par la responsabilit\u00e9 qui est la sienne. Sc\u00e9niquement vivante et noble, elle manque un tout petit peu de cet abandon qui permet \u00e0 ses deux coll\u00e8gues de vivre totalement leur personnage. Mais la composition est juste, la voix superbe et le personnage extr\u00eamement touchant.<\/p>\n<div id=\"attachment_1047\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1047\" class=\"size-medium wp-image-1047\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau1-300x194.jpg\" alt=\"Klyt\u00e4mnestra (Waltraud Meier)\" width=\"300\" height=\"194\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau1-300x194.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau1.jpg 534w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1047\" class=\"wp-caption-text\">Klyt\u00e4mnestra (Waltraud Meier)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut bien avouer que la voix de Waltraud Meier a perdu de sa constance et de son \u00e9tendue depuis quelques ann\u00e9es. Son r\u00e9pertoire s&rsquo;en ressent d&rsquo;ailleurs puisqu&rsquo;elle chante de plus en plus de r\u00f4les de caract\u00e8re. Mais la chanteuse conserve toute son int\u00e9grit\u00e9 et ne joue pas de ses probl\u00e8mes vocaux\u00a0: le chant reste contenu et pr\u00e9cis. Il faut dire que le personnage vu par Patrice Ch\u00e9reau semble \u00eatre du cousu-main pour elle\u00a0: loin de l&rsquo;\u00eatre immonde qui nous est r\u00e9guli\u00e8rement pr\u00e9sent\u00e9, cette femme se repend et prend piti\u00e9 de sa fille. Noble et fi\u00e8re bien s\u00fbr, mais avec une blessure qui la tiraille et lui rappel continuellement ses fautes. Et on peut compter sur Waltraud Meier pour savoir justement jouer ce personnage tant sc\u00e9niquement que vocalement\u00a0: chaque mot est pens\u00e9 et sculpt\u00e9, depuis le parlendo jusqu\u2019au lyrisme du haut de la tessiture o\u00f9 brusquement se retrouve la femme fi\u00e8re et puissante (et la cantatrice qui se consuma en Isolde). La palette d&rsquo;expressions est large et vraie pour un portrait loin de cette vision uniform\u00e9ment haineuse ou d\u00e9traqu\u00e9e qui est tr\u00e8s souvent montr\u00e9e.<\/p>\n<div id=\"attachment_1052\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1052\" class=\"size-medium wp-image-1052\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau5-300x197.jpg\" alt=\"Elektra (Evelyn Herlitzius)\" width=\"300\" height=\"197\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau5-300x197.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau5-768x504.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau5-1024x672.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1052\" class=\"wp-caption-text\">Elektra (Evelyn Herlitzius)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais encore plus impressionnante est la composition d&rsquo;Evelyn Herlitzius\u00a0! Elle tient en effet la sc\u00e8ne d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre de l\u2019\u0153uvre avec force et conviction. Sa prestation est tellement v\u00e9cue qu&rsquo;on en vient \u00e0 se demander comment elle peut concilier chant et implication th\u00e9\u00e2trale. Les gros plans la montrent aussi expressive par le visage que par la voix, toujours juste. La violence et le d\u00e9sespoir sourdent du personnage par chacune de ses postures et des couleurs de son chant. Depuis la prostration jusqu&rsquo;au d\u00e9lire de violence, Herlitzius nous tient en haleine et frappe par son jeu. Et vocalement la puissance \u00e9motionnelle est aussi forte. On notera bien quelques petites errances de justesse dans son premier monologue, mais plus le drame avance et plus la voix est libre et juste, jamais tendue m\u00eame dans les plus durs aigus, colorant avec une justesse rare les phrases, sachant respirer et dire le texte pour encore en renforcer le sens ou la violence. Elektra est s\u00fbrement parmi les personnages les plus prenants du r\u00e9pertoire et Evelyn Herlitzius en donne une interpr\u00e9tation magistrale d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<div id=\"attachment_1045\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1045\" class=\"size-medium wp-image-1045\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau4-300x200.jpg\" alt=\"Elektra (Evelyn Herlitzius)\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau4-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau4-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau4-1024x683.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1045\" class=\"wp-caption-text\">Elektra (Evelyn Herlitzius)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut aussi noter le tr\u00e8s juste choix dans la distribution des trois personnages f\u00e9minins principaux. Car malgr\u00e9 les diff\u00e9rences de voix de chacune, on retrouve quelque chose de commun, une zone o\u00f9 ces trois voix se retrouvent et se ressemblent. Bien s\u00fbr, Waltraud Meier aurait pu nous donner sa vision d&rsquo;Elektra&#8230; mais Adrianne Pieczonka n&rsquo;est pas loin elle aussi d&rsquo;avoir les moyens de chanter une Elektra moins violente mais toute aussi d\u00e9cid\u00e9e. Et avec sa voix si prenante on ne doute pas qu&rsquo;Evelyn Herlitzius pourrait donner vie \u00e0 Klyt\u00e4mnestra alors qu&rsquo;il y a quelques ann\u00e9es son lyrisme aurait fait merveille en Chrysothemis. Bien s\u00fbr chacune est ici distribu\u00e9e vers le r\u00f4le qui lui convient le mieux, mais la proximit\u00e9 des chanteuses permet de renforcer les liens familiaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et l&rsquo;orchestre me direz-vous\u00a0? Esa-Pekka Salonen fait lui aussi un magnifique travail de couleurs et d&rsquo;ambiances\u00a0: refusant la violence perp\u00e9tuelle, il sait mettre en avant quelques moments de repos avant de nous replonger dans un orchestre tendu \u00e0 l\u2019extr\u00eame, jouant plus sur la s\u00e8cheresse des attaques que sur le volume pour rendre la violence de la partition. L&rsquo;Orchestre de Paris r\u00e9agit tr\u00e8s bien \u00e0 ses indications et il n&rsquo;y aura que de tr\u00e8s tr\u00e8s rares passages o\u00f9 la nettet\u00e9 du chef est noy\u00e9e par la lourdeur de l&rsquo;orchestre.<\/p>\n<div id=\"attachment_135\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau7.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-135\" class=\"wp-image-135 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau7-300x195.jpg\" alt=\"Ensemble des artistes lors des saluts\" width=\"300\" height=\"195\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau7-300x195.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/elektra_chereau7.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-135\" class=\"wp-caption-text\">Ensemble des artistes lors des saluts<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au final, on est frapp\u00e9 par la concentration des moyens qui sont mis en \u0153uvre pour donner vie \u00e0 cet op\u00e9ra. Pas de d\u00e9bauche de d\u00e9cors, pas de d\u00e9bauche sonore, mais une vision tr\u00e8s humaine et humble face \u00e0 cette partition. Un grand travail de troupe sur tous les d\u00e9tails pour un spectacle plein de vie et de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Richard Strauss (1864-1949), Elektra<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Mise en sc\u00e8ne, Patrice Ch\u00e9reau\u00a0; D\u00e9cors, Richard Peduzzi\u00a0; Costumes, Caroline de Vivaise\u00a0; Lumi\u00e8res, Diminique Brugui\u00e8re<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Elektra, Evelyn Herlitzius ; Klyt\u00e4mnestra, Waltraud Meier ; Chrysothemis, Adrianne Pieczonka ; Orest, Mikhail Petrenko ; Aegisth, Tom Randle ; Der Pfleger des Orest, Franz Mazura ; Ein junger Diener, Florian Hoffmann ; Ein alter Diener, Donald McIntyre ; Die Aufseherin\/Die Vertraute, Renate Behle ; Erste Magd, Bonita Hyman\u00a0; Zweite Magd\/Die Schlepptr\u00e4gerin, Andrea Hill\u00a0; Dritte Magd, Silvia Hablowetz;Vierte Magd, Marie-Eve Munger;F\u00fcnfte Magd, Roberta Alexander<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchesre de Paris<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Coro Gulbenkian<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Esa-Pekka Salonen, direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">1 DVD BelAir Classiques BAC110. Enregistr\u00e9 au Festival d&rsquo;Aix en Provence, en juillet 2013.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rien que le nom de Patrice Ch\u00e9reau associ\u00e9 \u00e0 celui d&rsquo;Elektra avait fait trembler d&rsquo;impatience nombre de lyricomanes. 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