{"id":1322,"date":"2017-05-15T00:08:10","date_gmt":"2017-05-14T22:08:10","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1322"},"modified":"2017-05-15T00:08:10","modified_gmt":"2017-05-14T22:08:10","slug":"des-pecheurs-au-style-parfait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1322","title":{"rendered":"Des P\u00eacheurs au style parfait!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1322\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1324\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/pecheurs_perles-208x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/pecheurs_perles-208x300.jpg 208w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/pecheurs_perles.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Georges Bizet est connu comme le compositeur d&rsquo;un op\u00e9ra\u00a0: <em>Carmen<\/em>. Mais douze ans plus t\u00f4t, il proposait <em>Les P\u00eacheurs de Perles<\/em> qui n&rsquo;eurent malheureusement pas le succ\u00e8s attendu suite \u00e0 des critiques plut\u00f4t dures pour ce sublime op\u00e9ra. De 1863 \u00e0 1886, il restera donc dans l&rsquo;ombre&#8230; mais apr\u00e8s le triomphe de la cigari\u00e8re, le directeur de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique veut profiter du nom de Bizet et d\u00e9cide de remonter ces <em>P\u00eacheurs<\/em>. Malheureusement cette reprise en 1893 verra l\u2019\u0153uvre d\u00e9figur\u00e9e suite \u00e0 la perte de la partition originale. Et c&rsquo;est cette version d\u00e9figur\u00e9e qui sera popularis\u00e9e et enregistr\u00e9e jusque dans les ann\u00e9es soixante-dix. De nos jours encore il est fr\u00e9quent de n&rsquo;entendre que cette version remani\u00e9e et appauvrie. Il est aussi r\u00e9curent d&rsquo;entendre l&rsquo;ouvrage chant\u00e9 dans un style tout sauf fran\u00e7ais. Il y a une grande tradition internationale pour cet ouvrage mais il \u00e9tait durant de nombreuses ann\u00e9es au c\u0153ur du r\u00e9pertoire de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris. Aussi, la pr\u00e9sence de trois chanteurs dont on ne peut remettre en cause l&rsquo;engagement dans le r\u00e9pertoire fran\u00e7ais \u00e9tait une tr\u00e8s belle promesse\u00a0!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trop souvent, l&rsquo;on entend la version remani\u00e9e qui a certes l&rsquo;avantage de nous faire entendre deux fois la m\u00e9lodie \u00ab\u00a0Oui c&rsquo;est elle, c&rsquo;est la d\u00e9esse\u00a0\u00bb&#8230; mais aussi des coupures dans le duo entre Leila et Zurga, un final totalement diff\u00e9rent sans la r\u00e9signation triste de Zurga&#8230; et m\u00eame sans la suite du duo entre Zurga et Nadir qui offre un \u00e9clairage diff\u00e9rent sur la relation entre les deux hommes. En f\u00e9vrier 2013, <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=105\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Roberto Alagna<\/a> nous donnait \u00e0 entendre une version bien traditionnelle de l&rsquo;ouvrage\u00a0: partition minimum et manque de finesse chez certains chanteurs. En effet, le t\u00e9nor fran\u00e7ais manquait cruellement de d\u00e9licatesse pour ce r\u00f4le tandis que la Leila de Nino Machaidze restait totalement \u00e9trang\u00e8re au style fran\u00e7ais. On pouvait donc craindre ici aussi une version basique tout comme celle de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1172\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Carmen<\/em><\/a>\u00a0donn\u00e9e il y a quelques mois sur cette m\u00eame sc\u00e8ne. Mais il n&rsquo;en est rien\u00a0! Pour notre plus grand plaisir la partition est totalement compl\u00e8te et dans la version retravaill\u00e9e apr\u00e8s les recherches musicologiques r\u00e9alis\u00e9es dans les ann\u00e9es 1970. Un gros travail stylistique a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 pour ce concert tant dans la partition propos\u00e9e, mais aussi dans la distribution r\u00e9unie comme nous le verrons par la suite&#8230;<\/p>\n<div id=\"attachment_1327\" style=\"width: 460px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Alexandre_Bloch.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1327\" class=\"wp-image-1327\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Alexandre_Bloch-300x150.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Alexandre_Bloch-300x150.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Alexandre_Bloch.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1327\" class=\"wp-caption-text\">Alexandre Bloch<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec <strong>Les Cris de Paris<\/strong>, l&rsquo;on pouvait attendre le meilleur mais le r\u00e9sultat aura \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t mitig\u00e9. Rien \u00e0 redire sur la performance technique de l&rsquo;ensemble qui donne \u00e0 entendre une tr\u00e8s large palette de nuances dynamiques et des ensembles parfaits pour chaque pupitre\u00a0! Par contre, il lui manque l&rsquo;engagement dramatique de cette population qui peut \u00eatre violente voir sanguinaire. Il lui manque aussi un peu de volume pour vraiment se faire entendre durant les climax. Peu nombreux il n&rsquo;ont pas la puissance n\u00e9cessaire pour totalement s&rsquo;affirmer \u00e0 certains moments. Le r\u00e9sultat est superbe mais il lui manque une dimension th\u00e9\u00e2trale pour porter enti\u00e8rement le r\u00f4le de la population de p\u00eacheurs. Avouons que le chef <strong>Alexandre Bloch<\/strong> ne leur facilite pas la tache en d\u00e9chainant l&rsquo;orchestre \u00e0 certains moments de mani\u00e8re un peu surdimensionn\u00e9e. Il travaille admirablement la partition en faisant ressortir de nombreux d\u00e9tails avec des tempi allant voir m\u00eame un peu trop rapides \u00e0 certains moments o\u00f9 on attendrait un peu plus de retenu. Mais lorsque l&rsquo;orchestre se d\u00e9cha\u00eene il semble vouloir faire le plus de bruit possible convoquant des percussions titanesques sans vraie raison. Mais le rendu est tout de m\u00eame tr\u00e8s s\u00e9duisant surtout quand on constate les limites techniques de l&rsquo;orchestre\u00a0! Combien des couacs aux cuivres\u00a0? De soucis de justesse dans les cordes\u00a0? Il est impressionnant d&rsquo;entendre ce r\u00e9sultat pour un orchestre professionnel de ce niveau.<\/p>\n<div id=\"attachment_1328\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Luc_Bertin_Hugault.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1328\" class=\"wp-image-1328\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Luc_Bertin_Hugault-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Luc_Bertin_Hugault-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Luc_Bertin_Hugault.jpg 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1328\" class=\"wp-caption-text\">Luc Bertin-Hugault<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La distribution tr\u00e8s r\u00e9duite de l&rsquo;ouvrage ne laisse pas de place \u00e0 l&rsquo;erreur. Bien s\u00fbr, le r\u00f4le de Nourabad est tr\u00e8s limit\u00e9 mais d\u00e9j\u00e0 bien expos\u00e9. Il n\u00e9cessite un grave assur\u00e9 et une autorit\u00e9 naturelle, mais aussi un aigu puissant \u00e0 la fin du deuxi\u00e8me acte alors qu&rsquo;il appelle les p\u00eacheurs \u00e0 constater la trahison de Leila. <strong>Luc Bertin-Hugault<\/strong> se montre \u00e0 la hauteur malgr\u00e9 un aigu tr\u00e8s tendu. Mais le timbre est beau et plein d&rsquo;autorit\u00e9 alors que le fran\u00e7ais est parfait. Ce dernier point sera d&rsquo;ailleurs une constante pour tous les chanteurs\u00a0! Mais l&rsquo;avantage du r\u00f4le de Nourabad est qu&rsquo;il est court et que donc les fant\u00f4mes ne sont pas l\u00e9gions (m\u00eame si toujours tr\u00e8s bons) alors que les trois r\u00f4les principaux doivent se heurter \u00e0 un certain \u00e2ge d&rsquo;or du chant fran\u00e7ais. Comment oublier Janine Micheau ou Martha Angelici pour Leila\u00a0? Nadir a vu les prestation brillante de Leopold Simoneau, Nicola\u00ef Gedda ou encore Alain Vanzo. Et ne pas oublier les grands barytons Ernest Blanc, Jean Borthayre, Michel Dens ou Gabriel Bacquier par exemple\u00a0! Tous ces immenses artistes ont particuli\u00e8rement marqu\u00e9 les r\u00f4les et se posent en r\u00e9f\u00e9rence&#8230; Comment faire pour s&rsquo;imposer face \u00e0 ces l\u00e9gendes\u00a0? Les copier ou innover\u00a0? Chacun fait selon ses possibilit\u00e9s et son inspiration. Toujours est-il que les trois artistes de ce concert se sont montr\u00e9s \u00e0 la hauteur&#8230;<\/p>\n<div id=\"attachment_1326\" style=\"width: 360px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Florian_Sempey2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1326\" class=\"wp-image-1326\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Florian_Sempey2-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"233\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Florian_Sempey2-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Florian_Sempey2-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Florian_Sempey2.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1326\" class=\"wp-caption-text\">Florian Sempey (Zurga)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Zurga est assez typique de l&rsquo;op\u00e9ra fran\u00e7ais dans le sens o\u00f9 la noblesse d&rsquo;\u00e9mission et la clart\u00e9 du timbre est assez importante mais sans oublier le phras\u00e9 et la puissance. Personnage puissant mais aussi amical, Zurga est le plus tortur\u00e9 des trois r\u00f4les principaux et il se doit d&rsquo;exprimer ces sentiments contradictoires\u00a0: son attachement pour des raisons diff\u00e9rentes aux deux amoureux se voit battu en br\u00e8che par leur trahison. Mais la noblesse le rattrape finalement. Vocalement, la partition est assez tendue dans l&rsquo;aigu qui se doit d&rsquo;\u00eatre bien projet\u00e9 pour passer les mouvements de foules. Et c&rsquo;est l\u00e0 que <strong>Florian Sempey<\/strong> nous offre une tr\u00e8s belle surprise. Alors que d&rsquo;habitude la voix est tr\u00e8s couverte et engorg\u00e9e, manquant de mordant et d&rsquo;impact, il semble avoir l\u00e9g\u00e8rement \u00e9volu\u00e9 avec par exemple le haut de la tessiture qui s&rsquo;\u00e9claire et se montre plus tranchant et moins rond. La voix sonne alors beaucoup mieux et gagne en impact. Le reste de la tessiture reste assez couvert avec un grave tr\u00e8s tass\u00e9, mais cette libert\u00e9 gagn\u00e9e dans l&rsquo;aigu sert particuli\u00e8rement bien le personnage. En effet il y gagne en autorit\u00e9 en cas de besoin. Son chant reste tr\u00e8s bien men\u00e9 durant tout l&rsquo;ouvrage avec un beau phras\u00e9 et une belle diction, mais il manque toujours \u00e0 ce chanteur un peu de profondeur et de nuances. Les couleurs sont assez uniformes surtout face \u00e0 ses partenaires qui se montrent autrement plus vari\u00e9s dans les deux duos. On retiendra par contre un tr\u00e8s bel air d&rsquo;ouverture du troisi\u00e8me acte.<\/p>\n<div id=\"attachment_1325\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/julie_fuchs2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1325\" class=\"wp-image-1325\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/julie_fuchs2-249x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"301\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/julie_fuchs2-249x300.jpg 249w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/julie_fuchs2.jpg 581w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1325\" class=\"wp-caption-text\">Julie Fuchs (Leila)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si th\u00e9\u00e2tralement les r\u00f4les de amants sont moins complexes, il poss\u00e8dent par contre des partitions d&rsquo;une beaut\u00e9 miraculeuse. Leila se d\u00e9voile pleine de myst\u00e8re dans son serment diaphane avant d&rsquo;entamer une pri\u00e8re a\u00e9rienne sublime. Le deuxi\u00e8me acte la trouve beaucoup plus lyrique et passionn\u00e9e mais toujours d&rsquo;une puret\u00e9 de ligne exceptionnelle. Il faudra attendre le troisi\u00e8me acte et son affrontement avec Zurga pour montrer le caract\u00e8re farouche du personnage. Pour incarner tous ces \u00e9tats, il faut une voix pure mais aussi capable de prendre du corps au fur et \u00e0 mesure de l&rsquo;avanc\u00e9e. <strong>Julie Fuchs<\/strong> se doit de relever ce d\u00e9fit et malgr\u00e9 quelques petites r\u00e9serves elle se montre parfaite. Si l&rsquo;on r\u00eave encore de l&rsquo;entr\u00e9e miraculeuse de Sonya Yoncheva \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique, la soprano fran\u00e7aise nous donne \u00e0 entendre un timbre superbe et fruit\u00e9 totalement ma\u00eetris\u00e9. La voix n&rsquo;a pas la puret\u00e9 diaphane que l&rsquo;on peut attendre mais un petit grelot tr\u00e8s beau. Les nuances sont superbes et particuli\u00e8rement intelligentes. La voix conserve sur toute la tessiture cette rondeur mais aussi cette franchise qui caract\u00e9rise si bien le personnage. Pour le grave, elle n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 poitriner juste ce qu&rsquo;il faut pour bien faire ressentir les \u00e9motions de la jeune fille. Alors cette r\u00e9serve\u00a0? Tout au long de l\u2019\u0153uvre les aigus semblent bien courts et peu tenus. Bien s\u00fbr il ne faut pas que le point d&rsquo;orgue devienne anti-musical&#8230; mais ici la phrase musicale s&rsquo;arr\u00eate brusquement alors qu&rsquo;elle peut rester flottante quelques temps encore. Ce ne semble pas \u00eatre un soucis de souffle pourtant, alors pourquoi\u00a0? Mais malgr\u00e9 ce d\u00e9tail, la soprano se trouve ici parfaitement dans son r\u00e9pertoire. Elle avait sid\u00e9r\u00e9 dans les extraits de <em>Robert le Diable<\/em> sous la direction de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=432\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Marc Minkowski<\/a> et d\u00e9montre ici encore que son r\u00e9pertoire est bien celui de cet op\u00e9ra-comique si particulier.<\/p>\n<div id=\"attachment_1323\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/cyrille_dubois.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1323\" class=\"wp-image-1323\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/cyrille_dubois-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"376\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/cyrille_dubois-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/cyrille_dubois.jpg 665w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1323\" class=\"wp-caption-text\">Cyrille Dubois (Nadir)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin Nadir&#8230; combien de versions diff\u00e9rentes de son grand air ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es par les voix les plus diverses\u00a0? Pourtant typique de l&rsquo;op\u00e9ra fran\u00e7ais de l&rsquo;\u00e9poque de la cr\u00e9ation, la tessiture de ce r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 assum\u00e9e par de nombreux types de voix avec plus ou moins de bonheur. Car si les notes peuvent \u00eatre chant\u00e9es par de nombreux t\u00e9nors, il manque \u00e0 certains la douceur et la d\u00e9licatesse pour cr\u00e9er la magie imagin\u00e9e par Bizet. Il est impossible de rendre la po\u00e9sie et la passion de Nadir avec des aigus puissants et en pleine voix, le contre-sens est total si le chanteur se doit de forcer pour montrer la douceur et l&rsquo;amour qu&rsquo;il ressent. Et c&rsquo;est pourtant malheureusement ce que l&rsquo;on entend parfois. La pr\u00e9sence de <strong>Cyrille Dubois<\/strong> \u00e9tait une assurance que le style serait parfait&#8230; mais l&rsquo;on pouvait craindre un petit manque de beaut\u00e9 de voix car le timbre peut sonner l\u00e9g\u00e8rement nasal \u00e0 certains moments. Quelle grande surprise alors d&rsquo;entendre cette voix diaphane aux variations de nuances totalement magiques et innovantes durant toute la partition et en particulier dans la romance du premier acte\u00a0! Le t\u00e9nor, plus habitu\u00e9 au baroque qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra romantique, est ici admirable d&rsquo;investissement sans jamais forcer sur sa voix fine et particuli\u00e8re. Il n&rsquo;a pas la beaut\u00e9 de timbre d&rsquo;un Vanzo, mais il a une science du chant qui bouleverse et emporte\u00a0! Chacune de ses interventions est un petit miracle de musicalit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9motions. Alternant tous les types d&rsquo;\u00e9mission il ne semble jamais forcer et apporte toujours un grand d\u00e9tail dans son expression tant musicale que th\u00e9\u00e2trale. D\u00e9j\u00e0 remarquable dans de petits r\u00f4les ou dans la m\u00e9lodie fran\u00e7aise, il d\u00e9montre ici tout son talent dans un r\u00f4le majeur du r\u00e9pertoire fran\u00e7ais\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;heure de la mondialisation de l&rsquo;op\u00e9ra, o\u00f9 les \u00e9coles de chant semblent souvent se m\u00e9langer pour perdre un peu de leurs sp\u00e9cificit\u00e9s on peut voir \u00e9merger toute une g\u00e9n\u00e9ration de chanteurs fran\u00e7ais depuis quelques ann\u00e9es et un immense travail sur le style de chant fran\u00e7ais r\u00e9alis\u00e9 par des artistes convaincu de leur mission. La saison pr\u00e9c\u00e9dente le Metropolitan de New-York offrait des <em>P\u00eacheurs de Perles<\/em> tout ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;internationaux avec Diana Damrau, Matthew Polenzani et Marius Kwiczien&#8230; la r\u00e9ponse de Paris est parfaite. Dans les deux cas le r\u00e9sultat est superbe mais l\u2019authenticit\u00e9 et la fraicheur retrouv\u00e9e sur la sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es est \u00e0 porter au cr\u00e9dit de cette salle et de l&rsquo;Op\u00e9ra de Lille. Un vrai ravissement d&rsquo;entendre ce petit bijou de Georges Bizet aussi bien chant\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La soir\u00e9e a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e et sera diffus\u00e9e le 18 juin sur France-Musique&#8230; \u00e0 ne pas rater\u00a0!<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es<\/li>\n<li>12 mai 2017<\/li>\n<li>Georges Bizet (1838-1875), Les P\u00eacheurs de Perles, Op\u00e9ra en trois actes<\/li>\n<li>Version de concert<\/li>\n<li>Leila, Julie Fuchs\u00a0; Nadir, Cyrille Dubois\u00a0; Zurga, Florian Sempey\u00a0; Nourabad, Luc Bertin-Hugault<\/li>\n<li>Les Cris de Paris<\/li>\n<li>Orchestre National de Lille<\/li>\n<li>Alexandre Bloch, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Georges Bizet est connu comme le compositeur d&rsquo;un op\u00e9ra\u00a0: Carmen. 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