{"id":1256,"date":"2017-04-13T18:47:38","date_gmt":"2017-04-13T16:47:38","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1256"},"modified":"2017-04-13T18:47:38","modified_gmt":"2017-04-13T16:47:38","slug":"macbeth-et-sa-femme-a-avignon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1256","title":{"rendered":"Macbeth et sa femme \u00e0 Avignon"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1263\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/affiche-205x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"439\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/affiche-205x300.jpg 205w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/affiche.jpg 656w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Parmi les ouvrages de la premi\u00e8re moiti\u00e9 de sa carri\u00e8re, <em>Macbeth<\/em> est une \u0153uvre \u00e0 part tant les couleurs et le style sont particuliers. Verdi y a mis toute son inventivit\u00e9 pour cr\u00e9er non seulement les passages des sorci\u00e8res mais aussi le personnage central de Lady Macbeth. Car si le titre rend hommage au g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;arm\u00e9e, c&rsquo;est plus sa femme qui retient l&rsquo;attention dans l&rsquo;ouvrage car elle poss\u00e8de un langage et un charisme rarement donn\u00e9 \u00e0 un personnage. La production donn\u00e9e \u00e0 Avignon avait recueilli de belles critiques lors de sa cr\u00e9ation \u00e0 Marseille, tout comme la pr\u00e9sence du baryton espagnol Juan Jesus Rodriguez. Mais ce qui a attir\u00e9 l&rsquo;attention est la pr\u00e9sence d&rsquo;Alexandrina Pendatchenska, chanteuse \u00f4 combien charismatique pour un r\u00f4le si important. Aussi l&rsquo;attente \u00e9tait forte&#8230; et le r\u00e9sultat saisissant et passionnant\u00a0! Alors que la pr\u00e9c\u00e9dente version de <em>Macbeth<\/em> vue \u00e9tait la production de Tcherniakov avec une distribution un peu bancale, quel plaisir d&rsquo;entendre ces voix taill\u00e9es \u00e0 la dimension des r\u00f4les dans une belles mise en sc\u00e8ne\u00a0! On en redemande&#8230;<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Op\u00e9ra majeur, <em>Macbeth<\/em> est de ces partitions qui attirent beaucoup de spectateurs m\u00eame si on est loin de la formule habituelle du genre. L&rsquo;amour est ici d\u00e9voy\u00e9 dans le couple principal, le t\u00e9nor est r\u00e9duit aux utilit\u00e9s et m\u00eame la soprano est plus trouble et ambig\u00fce que jamais. Ajoutons \u00e0 cela une musique d&rsquo;une grande inspiration pour souligner la noirceur de l&rsquo;ambiance, la moiteur des paysages. Verdi nous offre un objet \u00e0 part d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre. Bien s\u00fbr on y retrouve certaines recettes du compositeur mais par moments elles sont totalement d\u00e9tourn\u00e9es en particulier dans les lignes vocales de la reine. La basse et le t\u00e9nor conservent un style tr\u00e8s verdien o\u00f9 se sont d&rsquo;ailleurs illustr\u00e9s les plus grands chanteurs de ce r\u00e9pertoire. Pour le r\u00f4le titre, on reste dans le maintenant traditionnel baryton verdi, avec son grave assur\u00e9, son aigu triomphant&#8230; mais il y a quelques lignes d\u00e9j\u00e0 un peu plus ardues et anguleuses, avec des \u00e9clats presque expressionnistes comme cette mont\u00e9e vers l&rsquo;aigu juste avant le grand duo entre Macbeth et sa femme au premier acte. Mais bien s\u00fbr, ce qui frappe le plus reste la ligne de chant de cette dame \u00e9cossaise, cette noble qui par ambition r\u00e9fr\u00e8ne sa morale, pousse son mari dans le meurtre et la trahison&#8230; les poussant tous les deux dans la folie au final. Et pour exprimer cette instabilit\u00e9 et cette morgue, le compositeur \u00e9tale le chant sur une large tessiture o\u00f9 les graves grondants sont des abysses de noirceur alors que les aigus sont des javelots tranchants. Et au milieu, c&rsquo;est toute la technique de chant du bel-canto qui est employ\u00e9e avec vocalises et trilles mais pour caract\u00e9riser la malveillance du personnage. Comme Haendel avait propos\u00e9 par exemple un Polinesso dans <em>Ariodante<\/em>, on trouve une expressivit\u00e9 parfaitement d\u00e9taill\u00e9e dans cette \u00e9criture et le r\u00e9sultat laisse souvent frissonnant. Entre mezzo et soprano, la tessiture et la technique demandent une grande aisance pour la chanteuse et \u00e0 cela doit s&rsquo;ajouter le charisme et l&rsquo;intelligence musicale.<\/p>\n<div id=\"attachment_1261\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1261\" class=\"wp-image-1261\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth6-300x178.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth6-300x178.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth6-768x456.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth6.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-1261\" class=\"wp-caption-text\">Acte I.2, Final<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne de <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric B\u00e9lier-Garcia<\/strong> est tr\u00e8s lisible malgr\u00e9 quelques petites choses difficilement compr\u00e9hensible. Dans une pi\u00e8ce qui peut changer de dimension en fonction des besoins par des descentes de cloisons mobiles, les lumi\u00e8res sont tr\u00e8s bien dos\u00e9es pour mettre en avant un personnage ou une sc\u00e8ne, plongeant dans une semi-obscurit\u00e9 pour les sorci\u00e8res par exemple. La direction d&rsquo;acteurs est assez bien vue m\u00eame si l&rsquo;on sent que les acteurs apportent beaucoup de leur personne pour vraiment habiter le r\u00f4le. On retiendra aussi la beaut\u00e9 de la chor\u00e9graphie du ballet. Car en effet pour une fois le ballet a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 et le rendu \u00e9tait superbe. Avec des danseurs habill\u00e9s de noirs et maquill\u00e9s en noir, ce sont des silhouettes noires, comme des ombres qui dansent de mani\u00e8re non align\u00e9es mais avec un superbe ensemble. La bonne id\u00e9e est aussi dans ce maquillage noir qui au fil de la danse laisse des traces noires sur le sol, donnant ainsi un aspect sale \u00e0 la pi\u00e8ce montrant la d\u00e9cr\u00e9pitude du ch\u00e2teau apr\u00e8s la prise de pouvoir de Macbeth. Au final, on assiste \u00e0 une mise en sc\u00e8ne assez sobre mais qui suit bien la logique de l\u2019\u0153uvre sans la surcharger par une reconstitution trop lourde. Le seul soucis vient de ces coupures entre chaque sc\u00e8ne ou presque. Pourquoi commencer \u00e0 faire descendre les d\u00e9cors comme si le changement allait se faire \u00e0 vue puis baisser le rideau et couper la musique\u00a0? Entre la premi\u00e8re et la deuxi\u00e8me sc\u00e8ne (les sorci\u00e8res suivies de la lecture de la lettre par Lady Macbeth), cette pause est vraiment dommage car cela fait retomber la pression.<\/p>\n<div id=\"attachment_1257\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1257\" class=\"wp-image-1257\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth2-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth2-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth2.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-1257\" class=\"wp-caption-text\">Acte III<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Musicalement, l&rsquo;orchestre a quelque soucis de justesse mais surtout il y a un probl\u00e8me de d\u00e9calage entre les chanteurs et le chef, comme si les r\u00e9p\u00e9titions n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 assez nombreuses ou si le dialogue n&rsquo;\u00e9tait pas pass\u00e9 entre les chanteurs et le chef. Heureusement ces moments sont assez rares, mais assez marqu\u00e9s tout de m\u00eame pour mettre mal \u00e0 l&rsquo;aise l&rsquo;auditeur. Malgr\u00e9 ce soucis, la partition est men\u00e9e de belle mani\u00e8re par <strong>Alain Guingal<\/strong> qui insuffle une belle \u00e9nergie \u00e0 l&rsquo;orchestre imagin\u00e9 par Verdi. Les musiciens semblent tr\u00e8s impliqu\u00e9s et du coup la musique sonne de belle mani\u00e8re aussi angoissante que r\u00e9jouie. Le ch\u0153ur est assez r\u00e9duit, en particulier pour l&rsquo;entr\u00e9e des sorci\u00e8res o\u00f9 les trois groupes sont peu nombreux. Mais le rendu est tr\u00e8s homog\u00e8ne et remplit ais\u00e9ment le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Avignon. Aussi, on aurait pu esp\u00e9rer un peu plus d&rsquo;\u00e9clat lors du grand final, mais la prestation est tout \u00e0 fait satisfaisante.<\/p>\n<div id=\"attachment_1262\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1262\" class=\"wp-image-1262\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth7-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth7-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth7-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth7.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-1262\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV.3, Final<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La distribution r\u00e9unie est fort belle\u00a0! Les petits r\u00f4les sont majoritairement sortis du ch\u0153ur, mais on notera tout de m\u00eame <strong>Jean-Marie Delpas<\/strong> dans le tr\u00e8s court r\u00f4le du m\u00e9decin. <strong>Violette Polchi<\/strong> est quant-\u00e0 elle une suivante de belle tenue, pleine de jeunesse et de fra\u00eecheur. Mais c&rsquo;est surtout le Malcolm de <strong>K\u00e9vin Amiel<\/strong> qui ressort du lot. Le jeune t\u00e9nor semble progresser de mani\u00e8re impressionnante en quelques mois avec un timbre bien affirm\u00e9 et un beau placement de voix. Le timbre est beau, le chanteur jeune et plein de fougue&#8230; tout cela permet au petit personnage de prendre un bel essor.<\/p>\n<div id=\"attachment_1259\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1259\" class=\"wp-image-1259\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth4-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth4-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth4.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-1259\" class=\"wp-caption-text\">Acte II.2 : Adrian Sampetrean (Banco)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les seconds r\u00f4les, on retrouve des habitu\u00e9s chevronn\u00e9s de ce r\u00e9pertoire. Ainsi <strong>Giuseppe Gipali<\/strong> est un t\u00e9nor qui propose r\u00e9guli\u00e8rement des personnages verdiens. Malgr\u00e9 un manque de charisme et d&rsquo;implication, on ne peut nier que le chant est impressionnant de nettet\u00e9 et de finesse. Mais \u00e0 vouloir trop soigner le chant, on perd en implication et en impact. Le personnage peine \u00e0 vraiment s&rsquo;incarner et le chanteur manque de prestance sur sc\u00e8ne en comparaison avec les autres acteurs. Du coup, Macduff reste assez terne. Au contraire, le Banco d&rsquo;<strong>Adrian Sampetrean<\/strong> se montre imm\u00e9diatement d&rsquo;un superbe impact tant vocal que sc\u00e9nique. La voix est large mais toujours s\u00fbre, d&rsquo;une beaut\u00e9 de timbre rare. La noblesse de chant d\u00e9signe imm\u00e9diatement une basse verdienne, pleine de grandeur et \u00e0 l&rsquo;ambitus large. Son personnage joue \u00e0 jeu \u00e9gal avec Macbeth et on est saisi d&rsquo;\u00e9motion devant son grand air, alors que sc\u00e9niquement on comprend imm\u00e9diatement par son jeu combien il soup\u00e7onne son compagnon d&rsquo;arme d&rsquo;avoir tu\u00e9 le roi. Une superbe prestation.<\/p>\n<div id=\"attachment_1258\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1258\" class=\"wp-image-1258\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth3-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth3-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth3.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-1258\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV : Juan Jesus Rodriguez (Macbeth)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Justement, <strong>Juan Jesus Rodriguez<\/strong> offre une grande interpr\u00e9tation avec seulement un petit manque de noblesse dans le phras\u00e9, se laissant parfois aller \u00e0 un certaine expressionnisme pour un r\u00f4le qui devrait au contraire rester plus prostr\u00e9 que d\u00e9monstratif. Mais en dehors de ce l\u00e9ger d\u00e9tail, comment r\u00e9sister \u00e0 cette voix percutante, cette aisance sur toute la tessiture et cette composition de personnage\u00a0? La violence et la torture morale sont rapidement visibles, le chanteur sachant donner toute sa dimension \u00e0 cet homme. On a entendu des pantins aux mains de Lady Macbeth&#8230; ici c&rsquo;est un homme que la noirceur de sa dame semble r\u00e9v\u00e9ler, un animal qui aboli ses limites sous les encouragements de sa femme pour laisser libre court \u00e0 sa sauvagerie. Superbe prestation pour ce Macbeth qui demande noirceur mais aussi finesse par moments. Le chanteur sait donner toute cette palette de nuances pour un r\u00e9sultat superbe. La voix semble faite pour ces personnages sombres\u00a0: on l&rsquo;imagine mal dans les r\u00f4les nobles et paternels de Verdi par exemple. Par contre, comment ne pas r\u00eaver d&rsquo;un Scarpia ou d&rsquo;un Iago bien s\u00fbr quand on entend un tel m\u00e9tal\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1260\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1260\" class=\"wp-image-1260\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth5-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"451\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth5-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/macbeth5.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1260\" class=\"wp-caption-text\">Acte II.1 : Alexandrina Pendatchenska (Lady Macbeth)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais celle qui est la plus attendue est souvent Lady Macbeth, encore plus quand elle est chant\u00e9e par l&rsquo;explosive et controvers\u00e9e <strong>Alexandrina Pendatchenska<\/strong> (qui a raccourci son nom r\u00e9cemment en Alex Penda&#8230;). Comment avoir un r\u00e9pertoire aussi large qu&rsquo;elle et r\u00e9ussir \u00e0 \u00eatre aussi sid\u00e9rante dans Haendel que dans Strauss\u00a0? R\u00e9cemment Agrippina du premier elle a aussi chant\u00e9 la Salom\u00e9 ou Chrysoth\u00e9mis du deuxi\u00e8me&#8230; et entre ces prestations, c&rsquo;est Mozart, Verdi ou Rossini qui l&rsquo;occupe. Chanteuse au caract\u00e8re tranch\u00e9, \u00e0 la personnalit\u00e9 marqu\u00e9e, elle \u00e9tait totalement indiqu\u00e9e pour ce r\u00f4le de Lady Macbeth. Son r\u00e9pertoire lui permet d&rsquo;assumer les \u00e9cueils techniques alors que sa personnalit\u00e9 lui donne la dimension de cette femme. Son entr\u00e9e est l\u00e9g\u00e8rement difficile avec un d\u00e9but de grand air qui la prend \u00e0 froid surtout dans le grave. Mais rapidement la voix retrouve son m\u00e9tal et sa nettet\u00e9. Le vibrato est toujours un peu pr\u00e9sent mais jamais totalement envahissant. Rapidement elle prend \u00e0 bras le corps et sera comme poss\u00e9d\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 ce fameux contre-r\u00e9 qui cl\u00f4t la sc\u00e8ne du somnambulisme. Manipulatrice, acari\u00e2tre ou enj\u00f4leuse, elle offre de nombreuses nuances pour habiter ce caract\u00e8re complexe. Et au lieu de se montrer autoritaire, c&rsquo;est la finesse qui dirige son \u00e9poux. Elle ne l&rsquo;\u00e9crase pas de d\u00e9cibels mais plut\u00f4t d&rsquo;accents. Les seuls moments o\u00f9 elle laisse totalement son instrument se lib\u00e9rer ce sont ces aigus qui terminent le dernier acte. Sans r\u00e9duire le r\u00f4le \u00e0 ceux-ci, l&rsquo;entendre \u00e9craser le ch\u0153ur avec ces aigus terrifiants est gla\u00e7ant. Elle recommencera en fin de troisi\u00e8me acte. Et sc\u00e9niquement, la prestation est tout aussi gla\u00e7ante. Des postures, des mimiques ou des attitudes&#8230; jusqu&rsquo;\u00e0 ses mains sont expressives\u00a0! Et lors de la partie rapide de \u00ab\u00a0La luce langue\u00a0\u00bb, la voire se jeter sur le tr\u00f4ne et s&rsquo;y agripper comme une araign\u00e9e \u00e0 sa toile, chantant arque-bout\u00e9e comme pr\u00eate \u00e0 surmonter les assauts pour ne pas laisser sa place est impressionnant\u00a0! Pour une prise de r\u00f4le, le r\u00e9sultat est sid\u00e9rant d&rsquo;engagement&#8230; si elle reprend ce personnage dans les prochains mois, on peut penser que la composition sera encore plus gla\u00e7ante, si cela est possible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Belle distribution domin\u00e9e par le couple v\u00e9n\u00e9neux mais avec des beaux seconds r\u00f4les, une mise en sc\u00e8ne de belle facture&#8230; et l&rsquo;ouvrage de Verdi magnifique \u00e0 la puissance dramatique toujours sid\u00e9rante. L&rsquo;Op\u00e9ra d&rsquo;Avignon propose avec ce Macbeth une production digne des plus grandes sc\u00e8nes. Pas de grands noms (en dehors de Pendatchenska), mais chaque r\u00f4le tr\u00e8s bien distribu\u00e9 et impliqu\u00e9 dans son personnage pour cr\u00e9er la dynamique parfaite \u00e0 ce drame sombre et angoissant. Un grand moment\u00a0!<\/p>\n<ul>\n<li>Avignon<\/li>\n<li>Op\u00e9ra du Grand Avignon<\/li>\n<li>02 avril 2017<\/li>\n<li>Giuseppe Verdi (1813-1901), Macbeth, Op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Fr\u00e9d\u00e9ric B\u00e9lier-Garcia\u00a0; Chor\u00e9graphie, Marion Ballester\u00a0; D\u00e9cors, Jacques Gabel\u00a0; Costumes, Sarah Leterrier\u00a0; Lumi\u00e8res, Roberto Venturi<\/li>\n<li>Lady Macbeth, Alex Penda (Alexandrina Pendatchenska)\u00a0; Macbeth, Juan Jesus Rodriguez\u00a0; Banco, Adrian Sampetrean\u00a0; Macduff, Giuseppe Gipali\u00a0; Malcolm, Kevin Amiel\u00a0; Suivante de Lady Macbeth, Violette Polchi\u00a0; Un M\u00e9decin, Jean-Marie Delpas\u00a0; 1\u00e8re apparition, Christine Craipeau\u00a0; 2\u00e8me apparition, Saeid Alkhouri\u00a0; 3\u00e8me apparition, Marie Simoneau\u00a0; un Servo\u00a0: Jean-Fran\u00e7ois Baron\u00a0; un Sicario, Pascal Canitrot\u00a0; un Araldo, Xavier Seince<\/li>\n<li>Ballet de l&rsquo;Op\u00e9ra Grand Avignon<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l&rsquo;Op\u00e9ra Grand Avignon<\/li>\n<li>Orchestre R\u00e9gional Avignon-Provence<\/li>\n<li>Alain Guingal, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parmi les ouvrages de la premi\u00e8re moiti\u00e9 de sa carri\u00e8re, Macbeth est une \u0153uvre \u00e0 part tant les couleurs et le style sont particuliers. 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