{"id":1222,"date":"2017-03-14T20:10:39","date_gmt":"2017-03-14T19:10:39","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1222"},"modified":"2017-03-18T11:46:03","modified_gmt":"2017-03-18T10:46:03","slug":"ludovic-tezier-simon-de-concert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1222","title":{"rendered":"Ludovic T\u00e9zier : Simon de concert"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_1227\" style=\"width: 303px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1227\" class=\"size-medium wp-image-1227\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ludovic_tezier-293x300.jpg\" alt=\"\" width=\"293\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ludovic_tezier-293x300.jpg 293w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ludovic_tezier.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 293px) 100vw, 293px\" \/><p id=\"caption-attachment-1227\" class=\"wp-caption-text\">Ludovic T\u00e9zier<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ouvrage fascinant, <em>Simon Boccanegra<\/em> reste un des chef-d\u2019\u0153uvres trop peu mont\u00e9s de Verdi. Bien s\u00fbr, la partition est connue gr\u00e2ce entre autre \u00e0 la mythique production dirig\u00e9e par Abbado et mise en sc\u00e8ne par Strehler qui alignait une distribution grandiose (Cappuccilli, Freni, Ghiaurov&#8230;). Mais face \u00e0 des ouvrages tels que <em>La Traviata<\/em> ou <em>Il Trovatore<\/em>, la partition manque de notori\u00e9t\u00e9 et est principalement mont\u00e9e pour un grand baryton capable de tenir l&rsquo;ouvrage. Car c&rsquo;est peut-\u00eatre l&rsquo;un des plus beaux r\u00f4les de barytons qu&rsquo;ait compos\u00e9 Verdi. La complexit\u00e9 psychologique et le charisme qu&rsquo;il donn\u00e9 au Doge est assez unique dans son \u0153uvre. Aussi, quand il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 que Ludovic T\u00e9zier devait chanter le r\u00f4le, et de plus accompagn\u00e9 par Sondra Radvanovsky&#8230; on esp\u00e9rait une immense soir\u00e9e. Le r\u00e9sultat fut en effet tr\u00e8s bon, mais toujours avec l&rsquo;ombre de grands interpr\u00e8tes. Car deux prises de r\u00f4les en version de concert, cela n&rsquo;aide pas \u00e0 cr\u00e9er des personnages totalement convaincants.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque l&rsquo;on parle de Boccanegra, bien s\u00fbr c&rsquo;est \u00e0 Cappuccilli que l&rsquo;on pense, mais de nos jours deux chanteurs ont aussi durablement marqu\u00e9 le r\u00f4le\u00a0: Placido Domingo dans sa reconversion en baryton mais surtout Dmitri Hvorostovsky qui a cr\u00e9\u00e9 un personnage d&rsquo;un impact immense au fil des repr\u00e9sentations, comme en t\u00e9moigne l&rsquo;enregistrement r\u00e9alis\u00e9 chez <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=579\" target=\"_blank\">Delos<\/a>. La fr\u00e9quentation du r\u00f4le et l&rsquo;exp\u00e9rience permettent bien s\u00fbr de s&rsquo;immerger dans le r\u00f4le, mais il faut aussi \u00e0 la base un certain charisme pour r\u00e9ussir \u00e0 donner vie au personnage grandiose. Verdi a r\u00e9alis\u00e9 une premi\u00e8re version de son op\u00e9ra en 1857, mais c&rsquo;est la r\u00e9vision de 1881 qui est toujours pr\u00e9sent\u00e9e de nos jours. Et pour cause\u00a0! Avec la participation d&rsquo;Arrigo Boito, le musicien a totalement r\u00e9nov\u00e9 et reconstruit sa partition en s&rsquo;appuyant sur les innovations qui seront port\u00e9es au plus haut dans ses derniers op\u00e9ras. Premier essais pour ce duo qui donnera naissance aux deux derniers succ\u00e8s du vieux compositeur, il ont cr\u00e9\u00e9 un drame d&rsquo;une belle complexit\u00e9 et \u00e0 la richesse musicale qui \u00e9voque plus <em>Otello<\/em> que la trilogie populaire. L&rsquo;id\u00e9e de pr\u00e9senter ce prologue nocturne qui tranche avec la radieuse apparition d&rsquo;Amelia, le duo passionn\u00e9 et plein d&rsquo;amour entre p\u00e8re et fille qui est suivi par la violence du conseil&#8230; et puis ces deux actes en int\u00e9rieur o\u00f9 Boccanegra devient beaucoup plus introspectif&#8230; chacune de ces sc\u00e8nes est un grand moment et la tension ne retombe jamais. \u00c9vitant la construction \u00e0 num\u00e9ro, Verdi a offert de grands ensembles qui donnent une \u00e9volution dramatique parfaite et dynamique malgr\u00e9 le peu d&rsquo;action de l&rsquo;ouvrage.<\/p>\n<div id=\"attachment_1223\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1223\" class=\"size-medium wp-image-1223\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/pinchas_steinberg-300x170.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"170\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/pinchas_steinberg-300x170.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/pinchas_steinberg.jpg 622w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1223\" class=\"wp-caption-text\">Pinchas Steinberg<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s les grands noms tant en chanteurs qu&rsquo;en chef, il faut savoir imprimer sa marque\u00a0! Difficile de passer apr\u00e8s Abbado par exemple qui a montr\u00e9 toute la puissance de cet ouvrage. Et malheureusement <strong>Pinchas Steinberg<\/strong> n&rsquo;arrive pas \u00e0 la hauteur du ma\u00eetre. Bien s\u00fbr, l&rsquo;italien avait s\u00fbrement eu le temps de roder sa direction sur sc\u00e8ne avec la superbe mise en sc\u00e8ne de Strehler. Mais au final, ce n&rsquo;est pas le manque de drame qui frappe chez Steinberg, mais le manque d&rsquo;unit\u00e9 et d&rsquo;inspiration continue. S&rsquo;il donne un superbe relief aux passages tendus ou \u00e9nergiques, il peine parfois \u00e0 \u00e9viter la chute de tension. Bien s\u00fbr on voit encore par endroits les coutures de ce <em>Simon<\/em> repris alors que le style de Verdi avait beaucoup \u00e9volu\u00e9 en complexit\u00e9. Mais un exemple frappant est le prologue qui doit \u00eatre noir et inqui\u00e9tant. Rien de tout cela ici\u00a0: le chef et l&rsquo;orchestre se montrent lent mais non pas tendu, les attaques manquent de violence et de tranchant. \u00c0 d&rsquo;autres moments, la direction semble s&rsquo;endormir en scandant bien proprement le rythme ternaire d&rsquo;accompagnement sans chercher \u00e0 en faire quelque chose. Avouons aussi que l&rsquo;orchestre en lui-m\u00eame n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 son meilleur\u00a0: des accros, des cafouillages et un manque de coh\u00e9sion chez les cordes font que le rendu sonore n&rsquo;\u00e9tait pas toujours satisfaisant. Restent des grands moments comme le final ou la sc\u00e8ne du conseil. A force d&rsquo;avoir des mod\u00e8les dans la t\u00eate, on en devient exigeant\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_1224\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1224\" class=\"size-medium wp-image-1224\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Vitalij_Kowaljow-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Vitalij_Kowaljow-300x225.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Vitalij_Kowaljow.jpg 638w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1224\" class=\"wp-caption-text\">Vitalij Kowaljow<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Exigeant, on peut l&rsquo;\u00eatre aussi d&rsquo;un point de vue vocal. Si la distribution est particuli\u00e8rement luxueuse, il lui manque peut-\u00eatre un petit quelque chose pour vraiment se hisser sur les plus hautes marches. Pourtant, trouver des interpr\u00e8tes capables d&rsquo;offrir une grande interpr\u00e9tation de <em>Simon Boccanegra<\/em> est possible, comme l&rsquo;a prouv\u00e9 Constantine Orbelian il y a quelques ann\u00e9es. Nous avons ici des grands noms certes, mais pas forc\u00e9ment encore tr\u00e8s implant\u00e9s dans leurs r\u00f4les ou alors qui trouveraient un terrain plus fertile ailleurs. Les petits r\u00f4les sont tr\u00e8s bien distribu\u00e9s avec un <strong>Andr\u00e9 Heyboer<\/strong> parfait dans ce r\u00f4le de tra\u00eetre\u00a0: la voix claque et semble faite pour la noirceur. Le seul petit reproche serait un l\u00e9ger manque de puissance. Mais le portrait est particuli\u00e8rement saisissant et le public ne s&rsquo;y trompera pas avec une belle ovation alors que le r\u00f4le est tr\u00e8s secondaire.<\/p>\n<div id=\"attachment_1225\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1225\" class=\"size-medium wp-image-1225\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ramon_vargas-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ramon_vargas-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/ramon_vargas.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><p id=\"caption-attachment-1225\" class=\"wp-caption-text\">Ramon Vargas<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ramon Vargas<\/strong> faisait presque figure de v\u00e9t\u00e9ran dans cette distribution\u00a0: en effet il chante ce r\u00f4le depuis de nombreuses ann\u00e9es et cela s&rsquo;entend. Le t\u00e9nor n&rsquo;est pas une b\u00eate de sc\u00e8ne, mais malgr\u00e9 la version de concert il se donne totalement \u00e0 son r\u00f4le, allant puiser dans des ressources d&rsquo;aigus insoup\u00e7onn\u00e9es en fin de deuxi\u00e8me acte. Son air \u00e9tait particuli\u00e8rement impressionnant d&rsquo;engagement, et ce malgr\u00e9 une puissance l\u00e9g\u00e8rement en d\u00e9faut. Serait-il l\u00e9g\u00e8rement malade pour ce concert\u00a0? Car \u00e0 l&rsquo;automne il se faisait entendre dans la vaste salle de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1146\" target=\"_blank\">Bastille<\/a> alors qu&rsquo;il semble ici \u00e0 la peine pour remplir le Th\u00e9\u00e2tre des Champs Elys\u00e9es. \u00c9trange. Mais au final peu importe la grandeur de la voix tant la ligne, les nuances et la beaut\u00e9 du chant sont l\u00e0. Rempla\u00e7ant Andrea Mastroli sur deux des trois dates de concert, <strong>Vitalij Kowaljow<\/strong> est l\u2019arch\u00e9type de la basse russe\u00a0: sonore avec un grave noir, il lui manque un peu d&rsquo;humanit\u00e9 bless\u00e9e pour vraiment marquer le r\u00f4le magnifique de Fiesco. Le chant et assez parfait sans que jamais il ne trouve la basse en manque de ressource de puissance, mais ce prologue encore et toujours n&rsquo;a pas la tristesse qu&rsquo;on peut attendre de m\u00eame que les \u00e9clats manquent justement d&rsquo;\u00e9clat. Le chanteur est impliqu\u00e9, aucun doute, mais ce r\u00e9pertoire est-il celui qui lui convient le mieux\u00a0? On l&rsquo;attendrait plus dans un r\u00e9pertoire germanique ou slave bien s\u00fbr, campant des personnages plus raides. Car Fiesco est un noble, mais un noble qui sait fondre devant sa fille adoptive ou au final. Ici il n&rsquo;y a bien que dans le troisi\u00e8me acte que la carapace semble se fendiller pour donner des \u00e9motions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La grande star de la soir\u00e9e \u00e9tait bien s\u00fbr celle que toutes les sc\u00e8nes s&rsquo;arrachent depuis quelques ann\u00e9es\u00a0: <strong>Sondra Radvanovsky<\/strong>\u00a0! Apr\u00e8s ses triomphes dans les trois reines de Donizetti, apr\u00e8s toutes ses interpr\u00e9tations remarqu\u00e9es d&rsquo;Aida ou Norma&#8230; la voici qui nous offre une Amelia. Verdi est loin d&rsquo;\u00eatre un inconnu pour cette chanteuse et elle a eu d&rsquo;immenses succ\u00e8s dans <em>Il Trovatore<\/em>, <em>Don Carlo<\/em> ou encore <em>Les V\u00eapres Siciliennes<\/em>. Alors pourquoi ce petit malaise durant les premiers moments de son chant\u00a0? Peut-\u00eatre tout simplement car si la chanteuse est supr\u00eame de nuances, de colorations et de technique&#8230; elle est l\u00e9g\u00e8rement sur-dimensionn\u00e9e pour la douce et tendre Amelia. L\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on attends une voix pure et lyrique, la chanteuse offre son timbre un peu raide qui donne un portrait l\u00e9g\u00e8rement trop m\u00fbr \u00e0 la jeune fille. Son air d&rsquo;entr\u00e9e est particuli\u00e8rement marqu\u00e9 par ce d\u00e9calage. Cela dit, on ne peut au final que saluer une prestation tr\u00e8s convaincante mais qui ne se hisse pas au niveau de ses pr\u00e9c\u00e9dents triomphes. Car tout au long de l&rsquo;ouvrage elle offre une composition musicale et th\u00e9\u00e2trale sid\u00e9rante de vie\u00a0: le chant est nuanc\u00e9 d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre sans jamais qu&rsquo;elle n&rsquo;oublie son r\u00f4le. La douceur est sugg\u00e9r\u00e9e de superbe mani\u00e8re alors que le personnage vit sur sc\u00e8ne. L&rsquo;op\u00e9ra avan\u00e7ant, on finit par oublier le timbre pour admirer l&rsquo;intelligence de la chanteuse qui sait comment cr\u00e9er son personnage pour cette prise de r\u00f4le r\u00e9ussie, mais qui ne lui donne pas vraiment toute la possibilit\u00e9 de se d\u00e9voiler.<\/p>\n<div id=\"attachment_1226\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1226\" class=\"size-medium wp-image-1226\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sondra_radvanovsky-300x163.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"163\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sondra_radvanovsky-300x163.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sondra_radvanovsky-768x417.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sondra_radvanovsky.jpg 1012w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1226\" class=\"wp-caption-text\">Sondra Radvanovsky<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin une autre prise de r\u00f4le attirait les curieux\u00a0: <strong>Ludovic T\u00e9zier<\/strong> se frottait au r\u00f4le peut-\u00eatre le plus complexe que Verdi ait compos\u00e9 pour un baryton. Il y a quelques ann\u00e9es le fran\u00e7ais chantait principalement Posa (<em>Don Carlo<\/em>) ou Germont P\u00e8re (<em>La Traviata<\/em>) mais depuis quelques temps il a fait des prises de r\u00f4les assez r\u00e9ussies dans ce r\u00e9pertoire avec <em>Rigoletto<\/em>, <em>La Forza del Destino<\/em> ou plus r\u00e9cemment <em>Macbeth<\/em>. Aborder <em>Simon Boccanegra<\/em> \u00e9tait donc assez logique. Le soucis est que cet op\u00e9ra est souvent port\u00e9 par un baryton charismatique et on ne peut nier que T\u00e9zier manque un peu de tension dans son chant et son attitude pour fasciner par ses compositions. La beaut\u00e9 de la voix bien s\u00fbr est toujours l\u00e0, mais surtout en version de concert, difficile pour lui de vraiment camper le personnage si complexe qui lui est offert. Le prologue le trouve assez absent niveau interpr\u00e9tation avec un aigu o\u00f9 s&rsquo;entend un l\u00e9ger graillon faisant redouter la suite. Fort heureusement l&rsquo;aigu retrouvera son aisance par la suite, et le souffle reste souverain. Mais l&rsquo;interpr\u00e9tation sera en dents de scie&#8230; en dehors de la sc\u00e8ne du conseil et du dernier acte, le chanteur n&rsquo;arrive pas \u00e0 rendre les \u00e9motions et la stature du doge. La sc\u00e8ne de la reconnaissance entre Boccanegra et sa fille par exemple est symptomatique. Alors que Radvanovsky se consume et cherche le regard de son p\u00e8re \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, le baryton reste fix\u00e9 sur sa partition sans jamais lever les yeux. Comment dans ce cas l\u00e0 vraiment donner de la vie au chant superbe qu&rsquo;il d\u00e9ploie\u00a0? Le conseil qui suit le pousse peut-\u00eatre plus loin dans ses retranchements car on y voit les seuls moments de jeu du baryton lors des grands moments d&rsquo;autorit\u00e9 qu&rsquo;il aborde avec une grande justesse et un impact certain. Il a tout pour faire un grand Simon&#8230; ne lui manque que l&rsquo;exp\u00e9rience surtout sc\u00e9nique pour trouver les cl\u00e9s du personnages et surtout nous les faire ressentir\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors cette soir\u00e9e\u00a0? De belles promesses pour Ludovic T\u00e9zier, le plaisir d&rsquo;entendre Sondra Radvanovsky et de retrouver Ramon Vargas&#8230; mais une soir\u00e9e l\u00e9g\u00e8rement bancale finalement par un d\u00e9s\u00e9quilibre d&rsquo;engagement qui emp\u00eache de totalement entrer dans le drame qui se passe devant nous.<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es<\/li>\n<li>12 mars 2017<\/li>\n<li>Giuseppe Verdi (1835-1901), Simon Boccanegra, Op\u00e9ra en un prologue et trois actes<\/li>\n<li>Version de concert<\/li>\n<li>Simon Boccanegra, Ludovic T\u00e9zier\u00a0; Amelia, Sondra Radvanovsky\u00a0; Jacopo Fiesco, Vitalij Kowaljow\u00a0; Gabriele Adorno, Ramon Vargas\u00a0; Paolo Albiani, Andr\u00e9 Heyboer\u00a0; Pietro, Fabio Bonavita\u00a0; un Capitaine, Vincenzo De Nocera\u00a0; une Servante, Paola Scaltriti<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l&rsquo;Op\u00e9ra de Monte-Carlo<\/li>\n<li>Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo<\/li>\n<li>Pinchas Steinberg, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ouvrage fascinant, Simon Boccanegra reste un des chef-d\u2019\u0153uvres trop peu mont\u00e9s de Verdi. 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