{"id":1184,"date":"2017-02-15T00:00:19","date_gmt":"2017-02-14T23:00:19","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1184"},"modified":"2017-02-15T00:00:19","modified_gmt":"2017-02-14T23:00:19","slug":"triomphe-de-lopera-comique-avec-fantasio","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1184","title":{"rendered":"Triomphe de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique avec Fantasio!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1190 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_6-262x300.jpg\" alt=\"\" width=\"262\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_6-262x300.jpg 262w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_6.jpg 628w\" sizes=\"auto, (max-width: 262px) 100vw, 262px\" \/>D&rsquo;Offenbach, le grand public conna\u00eet bien s\u00fbr quelques \u0153uvres l\u00e9g\u00e8res comme <em>La Belle H\u00e9l\u00e8ne<\/em> ou <em>La Grande Duchesse de G\u00e9rolstein<\/em>&#8230; et bien s\u00fbr les <em>Contes d&rsquo;Hoffmann<\/em>. Mais il existe de nombreux autres ouvrages qui doucement sont red\u00e9couverts par le travail de passionn\u00e9s, que ce soit des \u00e9diteurs ou des musicologues comme Jean-Christophe Keck. <em>Fantasio<\/em> fait partie de ces partitions rares, et m\u00eame tellement rares qu&rsquo;on pensait difficile de la reconstituer suite \u00e0 l\u2019incendie de la Salle Favart en 1887. C&rsquo;est donc une grande r\u00e9surrection \u00e0 laquelle nous assistons. Et c&rsquo;est aussi l&rsquo;occasion pour l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique de reprendre ses activit\u00e9s suite \u00e0 dix-huit mois d&rsquo;arr\u00eats pour la r\u00e9novation de la Salle Favart. Pour cette occasion, l&rsquo;institution a r\u00e9uni non seulement une superbe distribution, mais aussi un chef et un metteur en sc\u00e8ne tr\u00e8s impliqu\u00e9s dans cette production, dont nous avons pu suivre presque au jour le jour les avanc\u00e9es par l&rsquo;interm\u00e9diaire de publications. Ce douze f\u00e9vrier \u00e9tait donc le retour de <em>Fantasio<\/em> sur sc\u00e8ne, mais aussi les d\u00e9buts d&rsquo;une nouvelle saison pour l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique qui manquait au paysage lyrique de Paris\u00a0! Seule petite d\u00e9ception, ce n&rsquo;est pas dans la Salle Favart toute neuve qu&rsquo;est repr\u00e9sent\u00e9e cette \u0153uvre mais au Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet suite aux retards des travaux&#8230; Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet qui fermera d&rsquo;ailleurs bient\u00f4t lui aussi pour r\u00e9novations.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Offenbach croyait beaucoup \u00e0 cet ouvrage et son adaptation de l&rsquo;ouvrage d&rsquo;Alfred de Musset devait \u00eatre le triomphe tant attendu par le compositeur sur une grande sc\u00e8ne de Paris. Car si il \u00e9tait le ma\u00eetre dans le domaine de l&rsquo;op\u00e9rette, il n&rsquo;avait pour l&rsquo;instant jamais r\u00e9ussi \u00e0 s&rsquo;imposer \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique et encore moins sur la sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris. Mais voil\u00e0&#8230; de nombreux soucis ont g\u00e2ch\u00e9 la f\u00eate. D\u00e9j\u00e0 le d\u00e9part du t\u00e9nor qui devait \u00e0 l&rsquo;origine chanter le r\u00f4le-titre. Il fallu donc repenser en profondeur le personnage et suite aux conseils des ses amis et collaborateurs, il fut d\u00e9cider de le confier \u00e0 C\u00e9lestine Galli-Mari\u00e9, grande interpr\u00e8te qui cr\u00e9era quelques ann\u00e9es plus tard le r\u00f4le principal de <em>Carmen<\/em>. Ensuite, arriva la guerre franco-prussienne. Pour un homme qui est n\u00e9 en Prusse et est arriv\u00e9 dans sa ville d&rsquo;adoption qu&rsquo;est Paris \u00e0 quatorze ans, ce conflit est difficile \u00e0 supporter d&rsquo;un point de vue humain&#8230; Mais il doit en plus subir le regard des parisiens qui le voient comme un ennemi. Il en devient m\u00eame un des responsables de la d\u00e9faite fran\u00e7aise avec ses ouvrages l\u00e9gers. Et il ose venir sur la sc\u00e8ne tr\u00e8s bourgeoise de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique avec un sujet qui se passe en Bavi\u00e8re&#8230; et o\u00f9 le personnage principal n&rsquo;est autre qu&rsquo;un bouffon. Pour conclure les m\u00e9saventures de l&rsquo;ouvrage, la partition d&rsquo;orchestre sera parmi les \u0153uvres qui br\u00fblent dans l&rsquo;incendie de 1887, alors que les quelques repr\u00e9sentations avaient eu un succ\u00e8s mitig\u00e9. Heureusement, Offenbach avait fait voyager son <em>Fantasio<\/em> jusqu&rsquo;\u00e0 Vienne pour le faire entendre, mais dans une version retravaill\u00e9e. Aussi, il semblait difficile de retrouver la partition telle qu&rsquo;entendue en 1872 pour sa cr\u00e9ation. Il restait certes la partition viennoise, un piano-chant de la version fran\u00e7aise&#8230; mais c&rsquo;est la d\u00e9couverte du texte original qui avait \u00e9t\u00e9 remis \u00e0 la censure qui sera l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur du travail de <strong>Jean-Christophe Keck<\/strong>. Alors que le travail qu&rsquo;il r\u00e9alise pour <em>Les Contes d&rsquo;Hoffmann<\/em> semble \u00e9ternel vu l&rsquo;\u00e9tendue des sources et des \u00e9volutions, il va r\u00e9ussir ici \u00e0 nous proposer imm\u00e9diatement une partition compl\u00e8te et logique. En 2015, le Festival de Montpellier avait d\u00e9j\u00e0 offert au public une version sans mise en sc\u00e8ne d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9e par Jean-Christophe Keck. Adapt\u00e9e pour le concert, elle \u00e9tait agr\u00e9ment\u00e9e d&rsquo;un r\u00e9citant afin de resserrer la musique. La production offerte par l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique sera par contre une version traditionnelle avec dialogues parl\u00e9s des chanteurs, recr\u00e9ant ainsi la partition telle qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 lors de la cr\u00e9ation.<\/p>\n<div id=\"attachment_1185\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1185\" class=\"size-medium wp-image-1185\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_1-300x162.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"162\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_1-300x162.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_1-768x415.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_1.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1185\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Marianne Crebassa (Fantasio)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;Op\u00e9ra-Comique \u00e9tait le lieu bourgeois par excellence en cette fin de XIX\u00e8me si\u00e8cle. Aussi on ne pouvait rire de la m\u00eame chose ici qu&rsquo;aux Bouffes Parisiennes par exemple\u00a0: aucune chance de pouvoir jouer avec les mots et les doubles sens comme Offenbach savait si bien le faire. Mais il voulait alors se tourner vers le r\u00e9pertoire romantique, offrir au public non plus un simple divertissement comique&#8230; mais de vrais personnages qui souffrent et pleurs. Y arrive-t-il\u00a0? En partie seulement. Car si on sent ici combien le langage est diff\u00e9rent, les sujets restent souvent assez l\u00e9gers. Ainsi de nombreuses sc\u00e8nes font rire le public mais pas pour les m\u00eames raisons qu&rsquo;avec des dialogues de <em>La Belle H\u00e9l\u00e8ne<\/em>. L&rsquo;humour est beaucoup plus fin, sous-entendu et d&rsquo;un acc\u00e8s possible m\u00eame aux jeunes filles qui faisaient partie du public. Apr\u00e8s le semi-\u00e9chec de son \u0153uvre, le compositeur r\u00e9-utilisera certains th\u00e8mes dans <em>Les Contes d&rsquo;Hoffmann<\/em>, mais on ne retrouve au final que peu de morceaux connus. D\u00e8s le d\u00e9but nous sommes plong\u00e9s dans la folie de la vie de jeunes bourgeois oisifs de Munich. Si on retrouve ici un peu le premier acte des <em>Contes<\/em>, on reste aussi tr\u00e8s proche par la vivacit\u00e9 du dialogue d&rsquo;un op\u00e9ra-bouffe. Doucement, le drame prend corps et les personnages aussi. Il faut dire que les deux seuls vraiment consistants sont bien s\u00fbr Fantasio mais aussi Elsbeth. Les autres ne sont que faire valoir ou contrepoints comiques comme le Prince de Mantoue. Ce sont les pages de ces deux personnages principaux qui marquent. Non pas que le reste de la musique soit mauvaise ou inint\u00e9ressante, mais ici nous trouvons les pr\u00e9mices du dernier op\u00e9ra du compositeur, le c\u00f4t\u00e9 non seulement vif mais aussi profond\u00e9ment humain qui d\u00e9voile un vrai sentiment th\u00e9\u00e2trale. L&rsquo;orchestre aussi joue des contrastes car avec un ensemble somme toutes assez r\u00e9duit, Offenbach va non seulement proposer le bouillonnement de la vie frivole, mais aussi les pompes de la couronne de Bavi\u00e8re&#8230; et la finesse des sentiments. L&rsquo;exemple parfait en est l&rsquo;air d&rsquo;entr\u00e9e de Fantasio qui se fait d&rsquo;une d\u00e9licatesse et d&rsquo;une palette de couleur expressive impressionnante. On passe r\u00e9guli\u00e8rement entre le s\u00e9rieux et la com\u00e9die, mais ce m\u00e9lange se fait avec naturel et une belle construction dramatique.<\/p>\n<div id=\"attachment_1186\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1186\" class=\"size-medium wp-image-1186\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Fantasio_2-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Fantasio_2-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Fantasio_2-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Fantasio_2.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1186\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Franck Legu\u00e9rinel (Le Roi de Bavi\u00e8re)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne propos\u00e9e par <strong>Thomas Jolly<\/strong> est \u00e0 la fois inventive, efficace et intelligente. Avec un d\u00e9cors assez sobre, il arrive a cr\u00e9er non seulement les \u00e9l\u00e9ments n\u00e9cessaires \u00e0 signifier les diff\u00e9rents tableaux, mais en plus il offre une po\u00e9sie superbe. Le d\u00e9cor principal figure une place avec un escalier et une terrasse. En bas se trouve le peuple et diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments mobiles qui viendront figurer le balcon de la Princesse, une prison ronde ou un bosquet. Le tout est compos\u00e9 par des structures m\u00e9talliques o\u00f9 s&rsquo;illuminent quelques lampions discrets. En font de sc\u00e8ne, une sorte de grand diaphragme laisse voir diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments comme un cimeti\u00e8re ou plus souvent la fa\u00e7ade du ch\u00e2teau tr\u00e8s stylis\u00e9. Ce d\u00e9cor a l&rsquo;avantage d&rsquo;\u00eatre tr\u00e8s mobile et vari\u00e9, offrant de nombreuses possibilit\u00e9s. Mais en plus de cela, il y a toute cette gestion de la couleur qui est magnifique. En effet, tous ces d\u00e9cors noirs sont compl\u00e9t\u00e9s par une grande majorit\u00e9 de costumes blanc et diff\u00e9rents niveaux de gris. Les seules couleurs viennent dans un premier temps de ces lampes dor\u00e9es qui pars\u00e8ment le d\u00e9cor ou une guirlande, puis arrive le costume de Fantasio qui offre un beau tranchant avec son bonnet de fou jaune citron ainsi que son frac de la m\u00eame couleur. Cette couleur est pendant bien longtemps la seule vraiment tranchante sur sc\u00e8ne, les autres \u00e9tant soit des nuances sombres, soit des teintes tr\u00e8s fades. Fantasio est le plus tranchant de tous, \u00e0 l&rsquo;image de sa parolle il s&rsquo;impose par son costume et ses mouvements. Tout cet ensemble de costumes et de d\u00e9cors forment un cadre parfait pour l&rsquo;histoire, avec tout ce qu&rsquo;il faut de fantaisie pour parfaitement s&rsquo;adapter au sujet de Musset et Offenbach&#8230; mais \u00e0 cela s&rsquo;ajoute une direction d&rsquo;acteurs particuli\u00e8rement juste et fine, o\u00f9 les personnages sont parfaitement croqu\u00e9s en quelques mouvements mais aussi dessin\u00e9s avec amour par des petites manies ou des comportements. Cette deuxi\u00e8me mise en sc\u00e8ne de Thomas Jolly \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra est une immense r\u00e9ussite et tombe sous le sens tant elle colle non seulement \u00e0 l&rsquo;ouvrage, mais aussi \u00e0 l&rsquo;esprit de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique.<\/p>\n<div id=\"attachment_1188\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1188\" class=\"size-medium wp-image-1188\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_4-300x185.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"185\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_4-300x185.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_4-768x472.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_4.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1188\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Marianne Crebassa (Fantasio), Marie-Eve Munger (La Princesse Elsbeth)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la direction de l&rsquo;Orchestre Philharmonique de Radio France, <strong>Laurent Campellone<\/strong> r\u00e9alise un magnifique travail de couleur et de vie. On connait cette grande formation plut\u00f4t dans les r\u00e9pertoires romantiques grandioses. On se souviendra par exemple d&rsquo;un magnifique <em>Francesca da Rimini<\/em> de Rachmaninov. Ici le terrain d&rsquo;expression est tout autre et il faut \u00e0 la fois offrir des moments de pur romantisme, mais aussi d&rsquo;autres passages beaucoup plus l\u00e9gers et piquet\u00e9s de notes si l&rsquo;on peut dire. Et le chef m\u00e8ne tout son petit monde (la formation est assez restreinte en effectif) avec un allant magnifique qui suit totalement la vie prodigieuse que l&rsquo;on peut voir sur sc\u00e8ne. D\u00e8s l&rsquo;ouverture, les couleurs sont ici, les instruments solistes se d\u00e9gagent avec finesse&#8230; et tout au long du spectacle il saura diriger le comique comme le tragique. Grand habitu\u00e9 du r\u00e9pertoire fran\u00e7ais (ses ann\u00e9es de direction \u00e0 Saint-\u00c9tienne en t\u00e9moignent), Laurent Campellone se montre assez parfait dans cette repr\u00e9sentation. Il faut aussi saluer le toujours parfait Ensemble Aedes. Peu connu par rapport \u00e0 d&rsquo;autres ch\u0153urs, il n&rsquo;en est pas moins virtuose et d&rsquo;un ensemble parfait! Le texte est parfaitement rendu, les chanteurs savent jouer avec aisance durant toute la repr\u00e9sentation. Une prestation admirable d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 qui faisait d\u00e9j\u00e0 beaucoup, mais il faut ajouter \u00e0 tous ces \u00e9l\u00e9ments positifs une distribution sans faute! Il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 regarder les petits r\u00f4les des amis de Fantasio&#8230; rien moins que <strong>Enguerrand de Hys<\/strong> et <strong>K\u00e9vin Amiel<\/strong> par exemple! L&rsquo;un et l&rsquo;autre parfaitement dans leur \u00e9l\u00e9ment en terme de style et de personnage. Moins connus pour l&rsquo;instant que ces deux derniers, <strong>Philippe Est\u00e8phe<\/strong> propose lui un Sparck parfaitement compos\u00e9, avec ce qu&rsquo;il faut de bravoure potache mais aussi de s\u00e9rieux. La voix est belle et parfaitement dimensionn\u00e9e pour le lieu et l\u2019\u0153uvre. On notera aussi la belle prestation pleine de verve comique de la suivante d&rsquo;Elsbeth, <strong>Alix Le Saux<\/strong>, qui se donne totalement dans son r\u00f4le hyst\u00e9rique. Enfin, comment passer sous silence <strong>Franck Legu\u00e9rinel<\/strong> qui a peut-\u00eatre plus \u00e0 parler qu&rsquo;\u00e0 chanter, mais qui le fait avec une telle jovialit\u00e9 et un timbre si parfaitement pos\u00e9 qu&rsquo;on se r\u00e9jouit d\u00e8s qu&rsquo;il ouvre la bouche en composant son personnage royal comique.<\/p>\n<div id=\"attachment_1187\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1187\" class=\"size-medium wp-image-1187\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_3-300x189.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"189\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_3-300x189.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_3-768x483.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_3.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1187\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Alix Le Saux (Flamel), Marie-Eve Munger (La Princesse Elsbeth)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toujours dans des r\u00f4les comiques, <strong>Jean-S\u00e9bastien Bou<\/strong> et <strong>Lo\u00efc F\u00e9lix<\/strong> jouent parfaitement les demeur\u00e9s. Le second surprend par une voix de t\u00e9nor tr\u00e8s dans le masque mais qui permet de caract\u00e9riser tout de suite ce serviteur un peu pleutre mais brave au final. Et sc\u00e9niquement il est parfaitement \u00e0 l&rsquo;aise dans ce r\u00f4le. Son ma\u00eetre Jean-S\u00e9bastien Bou retrouve ici son r\u00e9pertoire de pr\u00e9dilection! Si sa prestation dans <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1172\"><em>Carmen<\/em><\/a> il y a moins de deux semaines au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es \u00e9tait un peu frustrante, il se montre ici remarquable de dr\u00f4lerie et de style. Sc\u00e9niquement d\u00e9j\u00e0 il est tellement impliqu\u00e9 qu&rsquo;on en vient \u00e0 se demander \u00e0 un moment s&rsquo;il n&rsquo;est pas vraiment tomb\u00e9 dans l&rsquo;escalier et ne l&rsquo;a en aucune mani\u00e8re jou\u00e9. Mais \u00e0 cela s&rsquo;ajoute la voix sonore et claquante ainsi que la diction (qu&rsquo;il partage d&rsquo;ailleurs avec toute la distribution, ce qu&rsquo;il faut souligner!). Son Prince de Mantoue est \u00e0 la foi d&rsquo;un beau ridicule mais aussi d&rsquo;une prestance noble. Savant m\u00e9lange parfaitement dos\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La seule qui est peut-\u00eatre tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement en dessous du niveau des autres chanteurs est <strong>Marie-Eve Munger<\/strong>&#8230; mais attention, on est vraiment dans le d\u00e9tail et on reste dans le superbe tant le niveau est \u00e9lev\u00e9 dans cette repr\u00e9sentation. En effet, la voix de soprano manque l\u00e9g\u00e8rement de corps \u00e0 certains moments et sonne l\u00e9g\u00e8rement verte. Mais tout cela est compens\u00e9 par un chant d&rsquo;une belle finesse et particuli\u00e8rement nuanc\u00e9. Ainsi sa premi\u00e8re apparition est toute faite de po\u00e9sie contenue. Son personnage alterne avec aisance la nostalgie et l&rsquo;humour sans jamais trop pencher vers un exc\u00e8s d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 ou de l&rsquo;autre. Personnage gracieux sur sc\u00e8ne, elle irradie aussi par son chant simple mais totalement habit\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_1189\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1189\" class=\"size-medium wp-image-1189\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_5-300x175.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"175\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_5-300x175.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_5-768x447.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fantasio_5.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1189\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Marianne Crebassa (Fantasio), Marie-Eve Munger (La Princesse Elsbeth)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin la grande triomphatrice de la soir\u00e9e est bien s\u00fbr <strong>Marianne Crebassa<\/strong> qui br\u00fble les planches par sa pr\u00e9sence sc\u00e9nique mais aussi vocale. Au timbre plus ferme et chaux que ses partenaires, elle peut para\u00eetre un peu disproportionn\u00e9e en tout d\u00e9but d\u2019\u0153uvre. Mais d\u00e8s son premier air elle d\u00e9montre tout son art de la nuance et de la coloration. D\u00e9licat et sobre, le personnage peut imm\u00e9diatement passer \u00e0 la plus grande bouffonnerie avec aisance et naturel. Elle avait d\u00e9j\u00e0 interpr\u00e9t\u00e9 le r\u00f4le \u00e0 Montpellier en 2015, mais la composition est autrement plus fouill\u00e9e et prenante dans cette mise en sc\u00e8ne. Faisant corps avec le personnage voulu par le metteur en sc\u00e8ne, comique \u00e0 la Chaplin plut\u00f4t que vrai bouffon, elle s&rsquo;amuse et bondit sur sc\u00e8ne. Cet humour, cette d\u00e9sinvolture de fa\u00e7ade se fissure au fil des actes et le troisi\u00e8me nous le montre totalement confondant de douleur et de nuances. Marianne Crebassa est connue pour avoir chant\u00e9e plusieurs r\u00f4les dits \u00ab\u00a0\u00e0 pantalon\u00a0\u00bb comme Cherubin par exemple dans <em>Le Nozze di Figaro<\/em>, mais l\u00e0 le personnage a beaucoup plus de profondeur et on peut admirer tout l&rsquo;art de cette jeune mezzo-soprano. Elle avait d\u00e9j\u00e0 triomph\u00e9 dans <em>La Magicienne<\/em> d&rsquo;Hal\u00e9vy, r\u00f4le particuli\u00e8rement tendu qui l&rsquo;avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au public, mais ici on peut d\u00e9couvrir tout l&rsquo;\u00e9volution de la chanteuse. Elle avait impressionn\u00e9 par sa vaillance chez Hal\u00e9vy, ici elle d\u00e9montre toute sa force \u00e9motionnelle. Grande interpr\u00e9tation pour une chanteuse qui semble avoir trouv\u00e9 un r\u00f4le qui lui colle parfaitement \u00e0 la peau\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Partition passionnante, mise en sc\u00e8ne particuli\u00e8rement r\u00e9ussie, distribution assez parfaite o\u00f9 Marianne Crebassa se montre admirable et tr\u00e8s belle direction&#8230; autant dire que la repr\u00e9sentation \u00e9tait magique d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre. Le soin apport\u00e9 \u00e0 la r\u00e9surrection de ce <em>Fantasio<\/em> d&rsquo;Offenbach est tout \u00e0 l&rsquo;honneur de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique et on peut esp\u00e9rer une reprise dans les ann\u00e9es qui viennent. Pour ceux qui n&rsquo;ont pas eu la chance de voir le spectacle en sc\u00e8ne, il sera diffus\u00e9 sur Culturebox le mercredi 22 f\u00e9vrier, puis sur France Musique le 19 mars. \u00c0 ne pas laisser passer\u00a0!<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Op\u00e9ra Bastille<\/li>\n<li>12 f\u00e9vrier 2017<\/li>\n<li>Jacques Offenbach (1819-1880), Fantasio, op\u00e9ra-comique en trois actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Thomas Jolly\u00a0; Collaboration artistique, Alexandre Dain\u00a0; D\u00e9cors, Thibaut Fack\u00a0; Costumes, Sylvette Dequest\u00a0; Lumi\u00e8res, Antoine Travert \/ Philippe Berthom\u00e9<\/li>\n<li>Fantasio, Marianne Crebassa\u00a0; Le Roi de Bavi\u00e8re, Franck Legu\u00e9rinel\u00a0; Le Princesse Elsbeth, Marie-Eve Munger\u00a0; Le Prince de Mantoue, Jean-S\u00e9bastien Bou\u00a0; Marinoni, Lo\u00efc F\u00e9lix\u00a0; Flamel, Alix Le Saux\u00a0; Sparck, Philippe Est\u00e8phe\u00a0; Facio, Enguerrand de Hys\u00a0; Max, K\u00e9vin Amiel\u00a0; Hartmann, Flannan Ob\u00e9\u00a0; Rutten \/ Le Tailleur \/ Le Garde Suisse, Bruno Bayeux<\/li>\n<li>Ensemble Aedes<\/li>\n<li>Orchestre Philharmonique de Radio France<\/li>\n<li>Laurent Campellone, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;Offenbach, le grand public conna\u00eet bien s\u00fbr quelques \u0153uvres l\u00e9g\u00e8res comme La Belle H\u00e9l\u00e8ne ou La Grande Duchesse de G\u00e9rolstein&#8230; et bien s\u00fbr les Contes d&rsquo;Hoffmann. 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