{"id":1172,"date":"2017-02-07T22:11:11","date_gmt":"2017-02-07T21:11:11","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1172"},"modified":"2017-02-07T22:11:11","modified_gmt":"2017-02-07T21:11:11","slug":"carmen-lemieux-et-spyres-plus-que-convaincants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1172","title":{"rendered":"Carmen : Lemieux et Spyres plus que convaincants!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1174 size-large\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/carmen_lemieux_1-1024x464.jpg\" width=\"640\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/carmen_lemieux_1-1024x464.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/carmen_lemieux_1-300x136.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/carmen_lemieux_1-768x348.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/carmen_lemieux_1.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><em>Carmen<\/em> est r\u00e9guli\u00e8rement donn\u00e9 \u00e0 Paris. Depuis quelques ann\u00e9es nous avons eu droit \u00e0 la maintenant presque l\u00e9gendaire production dirig\u00e9e par Gardiner avec Anna Caterina Antonacci dans le r\u00f4le titre, dans l&rsquo;\u00e9crin parfait de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique&#8230; ainsi que la production assez mitig\u00e9e de l&rsquo;Op\u00e9ra Bastille avec la m\u00eame Antonacci dans le r\u00f4le titre. Alors pourquoi proposer deux soir\u00e9es en version de concert d&rsquo;une \u0153uvre qui est certes particuli\u00e8rement populaire&#8230; mais qui va voir une reprise \u00e0 Bastille dans quelques temps\u00a0! Le Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es a mis\u00e9 sur l&rsquo;originalit\u00e9 de la distribution et particuli\u00e8rement sur les deux r\u00f4les principaux. En effet, alors qu&rsquo;elle commence \u00e0 \u00e9largir son r\u00e9pertoire vers le r\u00e9pertoire romantique, Marie-Nicole Lemieux fait ses premi\u00e8res armes dans le r\u00f4le de la Carmencita apr\u00e8s avoir chant\u00e9 quelques semaines auparavant <em>Rodelinda<\/em> de Haendel sur cette m\u00eame sc\u00e8ne. Grand \u00e9cart stylistique et vocal entre ces deux r\u00f4les. On pourra aussi rappeler que Michael Spyres est actuellement salu\u00e9 sur les plus grandes sc\u00e8nes pour ses prestations dans le bel canto romantique et particuli\u00e8rement Rossini o\u00f9 il reprend tous les grands r\u00f4les de baryt\u00e9nor du r\u00e9pertoire avec un succ\u00e8s certain. La curiosit\u00e9 est donc l\u00e0&#8230; et en ce 2 f\u00e9vrier, la salle \u00e9tait particuli\u00e8rement pleine\u00a0!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Carmen<\/em> est peut-\u00eatre l&rsquo;un des ouvrages les plus connus du r\u00e9pertoire. Tout le monde a d\u00e9j\u00e0 entendu l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des grands airs du dernier op\u00e9ra de Georges Bizet. Tellement populaire qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 chant\u00e9 de toutes les mani\u00e8res possibles et imaginables, parfois avec un manque de respect certain ou alors au contraire une attitude profond\u00e9ment respectueuse. D\u00e9j\u00e0, il faut savoir quelle partition proposer\u00a0: avec dialogues parl\u00e9s ou r\u00e9citatifs compos\u00e9s par la suite\u00a0? Le choix n&rsquo;est pas si anodin que cela car il change profond\u00e9ment la structure et l&rsquo;\u00e9quilibre de l&rsquo;ouvrage. Ensuite, quel style vocal\u00a0? Le r\u00f4le titre a connu toutes les possibilit\u00e9s. A partir du moment ou la chanteuse avait les notes, elles adaptait le caract\u00e8re et le personnage \u00e0 ses moyens. Comment trouver un point commun entre Grace Bumbry et Victoria de los Angeles\u00a0? Ou encore entre Leontyne Price et Marylin Horne\u00a0? La cr\u00e9atrice C\u00e9lestine Galli-Mari\u00e9 \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e pour sa diction, son phras\u00e9&#8230; et une voix de mezzo tr\u00e8s claire et presque sopranisante. Alors de nos jours, elle se rapprocherait s\u00fbrement plus d&rsquo;une Antonacci que d&rsquo;une Lemieux. Mais au final, plus qu&rsquo;une question de timbre ou de tessiture, n&rsquo;est-ce pas plut\u00f4t une question d&rsquo;interpr\u00e9tation\u00a0? On peut proposer une Carmen particuli\u00e8rement aguicheuse, une autre ib\u00e9rique en diable ou encore une autre au chant pulpeux ou au contraire un chant presque d\u00e9clam\u00e9 et parl\u00e9. D&rsquo;immense possibilit\u00e9s interpr\u00e9tatives donc pour ce personnage fascinant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais il faut commencer par le choix de la version&#8230; et si l&rsquo;on est heureux de trouver la version originale avec dialogues parl\u00e9s, il y a malgr\u00e9 tout des points n\u00e9gatifs dans la partition que dirige Simone Young. En effet on regrettera d\u00e9j\u00e0 la r\u00e9-\u00e9criture et la simplification des dialogues parl\u00e9s&#8230; mais aussi les coupures. On perd l&rsquo;air de Moral\u00e8s en d\u00e9but d\u2019\u0153uvre, et le duo entre Don Jos\u00e9 et Escamillo est r\u00e9duit \u00e0 sa portion congrue. Vraiment dommage de ne pas offrir la partition dans son int\u00e9gralit\u00e9. Le but est s\u00fbrement de resserrer la soir\u00e9e, de m\u00eame que la mise en espace doit avoir pour but d&rsquo;\u00e9viter un \u00e9ventuel ennui&#8230; dommage pour la partition&#8230; et dans une certaine mesure aussi pour la mise en espace qui pose quelques soucis de mise en place (chant derri\u00e8re l&rsquo;orchestre et gros soucis de visibilit\u00e9 \u00e0 certains moments).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s ces reproches&#8230; il faut venir \u00e0 la partie musicale qui elle est de haut niveau\u00a0! On saluera la prestation des ch\u0153urs\u00a0: adultes et enfants offrent une belle prestation m\u00eame si on regrette que le ch\u0153ur de Radio France manque un peu de finesse \u00e0 certains moments. Mais la diction est soign\u00e9e et le r\u00e9sultat assez nuanc\u00e9. <strong>Simone Young<\/strong> dirige l&rsquo;orchestre d&rsquo;assez loin mais n&rsquo;en conserve pas moins une poigne de fer sur tous les musiciens. Elle les soigne, les couve et les dirige d&rsquo;un regard ou d&rsquo;un mouvement. Il est assez fascinant de la voire man\u0153uvrer cette masse par quelques gestes qui ont un v\u00e9ritable effet comme lors des d\u00e9calages parfois assez importants qu&rsquo;elle r\u00e9sorbe en tr\u00e8s peu de temps par un signe. Son interpr\u00e9tation est assez traditionnelle mais n&rsquo;a pas \u00e0 rougir des comparaisons. En effet, sans chercher \u00e0 particuli\u00e8rement all\u00e9ger ou investir la partition, elle offre une vision claire et dynamique, qui ne manque jamais de puissance mais qui \u00e9vite toujours les lourdeurs ou les effets faciles. La partition avance, le drame est implacable et parfois quelques choix de tempi sont assez int\u00e9ressants par l&rsquo;effet diff\u00e9rent qu&rsquo;ils proposent. L&rsquo;orchestre en lui m\u00eame manque peut-\u00eatre par moments d&rsquo;un peu de tension ou de tranchant, mais il se coule assez bien dans la vision du chef.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La distribution est particuli\u00e8rement brillante dans son style francophone parfait. Ainsi, l&rsquo;exemple des quatre bandits est frappant\u00a0: les deux hommes sont des voix de caract\u00e8res, habitu\u00e9s des r\u00f4les comiques et qui donc savent en faire juste ce qu&rsquo;il faut pour \u00e9viter de verser dans la caricature mais en offrant du coup des prestations parfaites de justesse. Les deux dames ne sont pas en reste avec des timbres vari\u00e9s mais qui se marient tr\u00e8s bien&#8230; et d&rsquo;une pr\u00e9sence sonore et th\u00e9\u00e2trale parfaites pour ces deux acolytes de Carmen. Enfin parmi les r\u00f4les secondaires on notera aussi la prestation plein de morgue et de noblesse de <strong>Jean Teitgen<\/strong> en Zuniga ainsi que l&rsquo;exemplaire <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Goncalves<\/strong> qu&rsquo;on regrette de voir rel\u00e9gu\u00e9 \u00e0 de si petits r\u00f4les alors qu&rsquo;il a montr\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es dans <em>Cl\u00e9op\u00e2tre<\/em> de Massenet qu&rsquo;il \u00e9tait arm\u00e9 pour des r\u00f4les principaux. De superbes seconds r\u00f4les donc&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour les r\u00f4les plus importants, le r\u00e9sultat est peut-\u00eatre moins marquant. En effet, si <strong>Jean-S\u00e9bastien Bou<\/strong> est un chanteur admirable dans une petite salle et dans un r\u00e9pertoire plus l\u00e9ger, il semble un peu perdu dans les habits du tor\u00e9ador Escamillo. D\u00e9j\u00e0 il n&rsquo;est pas avantag\u00e9 par la mise en espace qui le fait chanter la premi\u00e8re partie de son air en fond de sc\u00e8ne&#8230; mais m\u00eame lorsqu&rsquo;il est plus en avant la voix manque un peu de mordant et de profondeur. La diction et le style sont bien s\u00fbr parfaits mais il manque cette puissance qui fait les grands Escamillo. Mica\u00ebla est un r\u00f4le assez simple et facile, lyrique et l\u00e9ger qui demande juste un certain investissement pour \u00e9viter qu&rsquo;il ne verse dans la mi\u00e8vrerie. <strong>Vannina Santoni<\/strong> a l&rsquo;avantage de proposer une diction et un style assez parfaits. Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela, il lui manque un suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e2me et un aigu plus rond pour vraiment convaincre. En effet le chant est assez lisse et manque de vraie pr\u00e9sence alors que l&rsquo;aigu se fait souvent dur et tendu. La prestation n&rsquo;a rien de d\u00e9shonorant mais ne si hisse pas au niveau des r\u00f4les plus courts qui proposent aussi des compositions beaucoup plus investies et soign\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seul non francophone de la distribution, <strong>Michael Spyres<\/strong> impressionne par son implication \u00e0 tous points de vues. D\u00e9j\u00e0 il offre une diction limpide tant dans le chant que dans les dialogues parl\u00e9s (on ne notera qu&rsquo;un l\u00e9ger accent am\u00e9ricain). On connaissait ses talents de linguiste depuis sa participation au <em>Pr\u00e9 aux Clercs<\/em>, mais il est toujours impressionnant d&rsquo;entendre le travail effectu\u00e9, surtout pour uniquement deux repr\u00e9sentations. Le r\u00f4le de Don Jos\u00e9 est assez \u00e9trange tant il peut (comme le r\u00f4le principal) \u00eatre chant\u00e9 par de nombreuses typologies vocales. Ici le t\u00e9nor offre une gradation de sentiments et de tension impressionnante. Le premier acte le montre tendre et doux, osant des demi-teintes sublimes sans jamais que le timbre ne blanchisse. On reste admiratif dans son duo avec Mica\u00ebla\u00a0! Bien s\u00fbr, il se permet un petit trille durant son arriv\u00e9e chez les brigands (justifiant ainsi sa r\u00e9putation de grand viruose)&#8230; mais c&rsquo;est surtout la violence qui commence \u00e0 poindre dans sa voix qui retient l&rsquo;attention. En effet on conna\u00eet ce timbre vibrant et profond qui sait r\u00e9sonner m\u00eame dans le grave sans pour autant sacrifier les aigus. Et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il se montre redoutable\u00a0: la jalousie et la violence qui nait dans le c\u0153ur de Don Jos\u00e9 est traduit par ce vrombissement grave qui donne des frissons. Alors on peut certes noter des aigus un peu en force \u00e0 vouloir les \u00e9mettre avec puissance, mais quelle implication&#8230; ce \u00ab\u00a0mais nous nous reverrons\u00a0\u00bb en fin de troisi\u00e8me acte a fait vibrer le th\u00e9\u00e2tre, tout comme le duo final o\u00f9 il commence tout en douceur et d\u00e9licatesse, ne comprenant pas ce refus de Carmen&#8230; et apr\u00e8s fait monter la tension pour un final bouleversant d&rsquo;intensit\u00e9. Le t\u00e9nor montre ici qu&rsquo;il n&rsquo;a pas qu&rsquo;une voix \u00e0 l&rsquo;\u00e9tendue ph\u00e9nom\u00e9nale et \u00e0 la technique parfaite&#8230; c&rsquo;est aussi un interpr\u00e8te qui peut se risquer avec parcimonie dans des r\u00f4les plus romantiques. Magistrale interpr\u00e9tation vocale comme th\u00e9\u00e2trale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, celle pour qui ces repr\u00e9sentations ont sans doute \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vues\u00a0: <strong>Marie-Nicole Lemieux<\/strong>. On conna\u00eet le caract\u00e8re volcanique de la chanteuse, brillante et g\u00e9n\u00e9reuse. On pouvait donc s&rsquo;attendre \u00e0 une Carmen tr\u00e8s expressive&#8230; incarn\u00e9e de mani\u00e8re presque violente. Et au final on se trouve face \u00e0 un personnage beaucoup plus nuanc\u00e9 voir m\u00eame presque trop. En effet par moment les sentiments peinent \u00e0 se d\u00e9voiler et le personnage reste l\u00e9g\u00e8rement lisse. La chanteuse cherche en effet \u00e0 composer un personnage loin des extr\u00eames qu&rsquo;il a connu parfois. Malgr\u00e9 une voix large et \u00e0 l&rsquo;aise dans le grave, elle \u00e9vite toujours la sur-ench\u00e8re vocale pour chercher un effet plus d\u00e9licat. Le grave n&rsquo;est jamais appuy\u00e9 ou presque et l&rsquo;aigu est glorieux (m\u00eame si l\u00e9g\u00e8rement tendu en fin de soir\u00e9e). Le chant est soign\u00e9 aussi&#8230; avec un texte mis en valeur par de nombreuses nuances. Engag\u00e9e \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, la chanteuse n&rsquo;en contient pas moins son temp\u00e9rament volcanique avec du coup un petit manque de libert\u00e9&#8230; jusqu&rsquo;au duo final o\u00f9 la chanteuse perd toute retenue et offre une Carmen peut \u00eatre un peu excessive dans certains accents, mais qui r\u00e9pond mot pour mot \u00e0 la violence de Don Jos\u00e9, qui lui tient t\u00eate avec morgue et fougue. Cette prise de r\u00f4le n&rsquo;est au final pas si singuli\u00e8re que cela. Si l&rsquo;on attendrait plus la mezzo-soprano dans des r\u00f4les comme Charlotte ou Dalila, sa Carmen fait mouche et est convaincante&#8230; Loin de la caricature que certaines grandes mezzo-soprano en ont fait, c&rsquo;est une vraie femme ici, avec sa tendresse et ses doutes. Et la style de la chanteuse est assez parfait\u00a0! On attends avec h\u00e2te sa future Cassandres des <em>Troyens<\/em> !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La soir\u00e9e aurait pu \u00eatre juste une version de concert \u00e9trange&#8230; mais le r\u00e9sultat sera superbe, avec un grand investissement dramatique de chacun et une distribution de haut niveau. Dans ce genre de circonstances, on a trop souvent un ou deux chanteurs de haut niveau et de simples bons seconds r\u00f4les pour compl\u00e9ter l&rsquo;ouvrage. Mais ici il y a un vrai travail stylistique et de troupe pour tous les seconds r\u00f4les. De m\u00eame orchestre et ch\u0153urs sont soign\u00e9s et bien dirig\u00e9s pour un r\u00e9sultat probant. Une belle surprise et une soir\u00e9e dont on se souviendra longtemps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A noter que le concert sera diffus\u00e9 le 19 f\u00e9vrier \u00e0 partir de 20h sur France Musique.<\/p>\n<ul>\n<li class=\"western\">Paris<\/li>\n<li class=\"western\">Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es<\/li>\n<li class=\"western\">02 f\u00e9vrier 2017<\/li>\n<li class=\"western\">Georges Bizet (1838-1875), Carmen, Op\u00e9ra-Comique en 4 actes<\/li>\n<li class=\"western\">Version de concert<\/li>\n<li class=\"western\">Laurent Delvert, mise en espace<\/li>\n<li class=\"western\">Carmen, Marie-Nicole Lemieux\u00a0; Don Jos\u00e9, Michael Spyres\u00a0; Mica\u00ebla, Vannina Santoni\u00a0; Escamillo, Jean-S\u00e9bastien Bou\u00a0; Frasquita, Chantal Santon-Jeffery\u00a0; Merc\u00e9d\u00e8s, Ahlima Mhamdi\u00a0; Moral\u00e8s, Fr\u00e9d\u00e9ric Goncalves\u00a0; Le Danca\u00efre, Francis Dudziak\u00a0; Remendado, Rodolphe Briand\u00a0; Zuniga, Jean Teitgen<\/li>\n<li class=\"western\">Ch\u0153ur de Radio France<\/li>\n<li class=\"western\">Ma\u00eetrise de Radio France<\/li>\n<li class=\"western\">Orchestre National de France<\/li>\n<li class=\"western\">Simone Young, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Carmen est r\u00e9guli\u00e8rement donn\u00e9 \u00e0 Paris. 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