{"id":1113,"date":"2016-10-31T22:43:19","date_gmt":"2016-10-31T21:43:19","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1113"},"modified":"2016-10-31T22:43:19","modified_gmt":"2016-10-31T21:43:19","slug":"norma-par-la-bartoli","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1113","title":{"rendered":"Norma par LA Bartoli!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1122 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma1-300x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma1-300x300.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma1-150x150.jpeg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma1-200x200.jpeg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma1.jpeg 467w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Cette <em>Norma<\/em> \u00e9tait sans doute l&rsquo;un des \u00e9v\u00e9nement du d\u00e9but de saison (si ce n&rsquo;est de la saison compl\u00e8te) parisienne\u00a0! En effet, les venues de Cecilia Bartoli sont tr\u00e8s rares \u00e0 Paris surtout pour des repr\u00e9sentations d\u2019\u0153uvres en version sc\u00e9nique\u00a0! Bien s\u00fbr nous avions eu droit dans ce m\u00eame Th\u00e9\u00e2tre des Champs \u00c9lys\u00e9es en avril 2014 a de superbes repr\u00e9sentations de l&rsquo;<em>Otello<\/em> rossinien&#8230; mais ici, Bartoli frappe un plus grand coup. L&rsquo;ad\u00e9quation au r\u00f4le et au r\u00e9pertoire, ainsi que la mise en sc\u00e8ne avaient d\u00e9j\u00e0 fait grincer des dents lors de la cr\u00e9ation \u00e0 Salzbourg, puis par la suite durant les reprises&#8230; Aucune commercialisation n&rsquo;a pour l&rsquo;instant fait \u00e9cho \u00e0 ces diverses repr\u00e9sentations et du coup la mise en sc\u00e8ne conservait un certain myst\u00e8re d\u00e9voil\u00e9 seulement par des comptes-rendus ou des photographies. Pas \u00e9tonnant que les quatre repr\u00e9sentations aient \u00e9t\u00e9 prises d&rsquo;assaut, malgr\u00e9 les augmentations sid\u00e9rantes de tarif par rapport aux autres spectacles sc\u00e9niques\u00a0!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Norma reste imm\u00e9diatement associ\u00e9 \u00e0 des cantatrices comme Maria Callas, Joan Sutherland, Montserrat Caball\u00e9&#8230; plus loin de nous les deux s\u0153urs Garcia (Maria Malibran et Pauline Viardot)&#8230; et plus proche de nous Sondra Radvanovsky qui triomphe sur les plus grandes sc\u00e8nes dans ce r\u00f4le. Il y a quelques ann\u00e9es lors de son r\u00e9cital en hommage \u00e0 La Malibran, Bartoli avait d\u00e9j\u00e0 suscit\u00e9 un d\u00e9bat avec son interpr\u00e9tation toute en finesse du \u00ab\u00a0Casta Diva\u00a0\u00bb&#8230; plus proche de nous, c&rsquo;\u00e9tait son enregistrement complet sur instrument d&rsquo;\u00e9poque et d&rsquo;apr\u00e8s une nouvelle \u00e9dition critique qui divisait cruellement les commentateurs. Avec cette parution, Bartoli et son projet bouleversaient nombre d&rsquo;id\u00e9es bien ancr\u00e9es dans les esprits de m\u00e9lomanes. D\u00e9j\u00e0 les voix \u00e9taient beaucoup plus r\u00e9duites que la tradition\u00a0: au lieu des grands verdiens (Callas, Simionato et Del Monaco \u00e0 La Scala par exemple en 1955!), la distribution \u00e9tait compos\u00e9e de voix plus fines, aptes \u00e0 vocaliser sans soucis et \u00e0 varier les lignes en fonction de reprises. A cela s&rsquo;ajoutait le retour \u00e0 une distribution o\u00f9 Adalgisa retrouvait sa fraicheur de soprano alors que Norma trouvait un timbre plus sombre. Et puis quelques reprises ou coda suppl\u00e9mentaires mises en valeur par un orchestre baroque sur instrument d&rsquo;\u00e9poque. Les critiques jasaient sur une mini-Norma&#8230; mais l&rsquo;enregistrement studio fonctionnait parfaitement comme un objet de studio. Le passage \u00e0 la sc\u00e8ne pouvait se r\u00e9v\u00e9ler plus difficile.<\/p>\n<div id=\"attachment_1118\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1118\" class=\"size-medium wp-image-1118\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma5-300x196.jpg\" alt=\"Cecilia Bartoli (Norma), Rebeca Olvera (Adalgisa)\" width=\"300\" height=\"196\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma5-300x196.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma5-768x502.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma5.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1118\" class=\"wp-caption-text\">Cecilia Bartoli (Norma), Rebeca Olvera (Adalgisa)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, une telle conception a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mise en place avec m\u00eame encore plus de radicalit\u00e9 par Fabio Biondi en concert \u00e0 Varsovie\u00a0: deux sopranos tr\u00e8s fines et habitu\u00e9es au baroque le plus ancien et un Pollione (Gregory Kunde) avant son passage vers des r\u00f4les plus lourds. Chaque reprise \u00e9tait extr\u00eamement vari\u00e9e, l&rsquo;orchestre sonnait de mani\u00e8re totalement baroque&#8230; et le chef ajoutait harpe et pianoforte, suivant en cela la tradition de l&rsquo;\u00e9poque de Bellini qui voulait que souvent le compositeur improvise quelque peu lors des r\u00e9citatifs, h\u00e9ritage du baroque. Le r\u00e9sultat est tout bonnement magique&#8230; mais cela restait un concert et du coup l&rsquo;intensit\u00e9 dramatique reste assez superficielle. Ici, nous sommes dans une vraie repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale qui se doit de nous impressionner et nous marquer.<\/p>\n<div id=\"attachment_1117\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1117\" class=\"size-medium wp-image-1117\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma6-300x211.jpg\" alt=\"Cecilia Bartoli (Norma)\" width=\"300\" height=\"211\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma6-300x211.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma6-768x540.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma6.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1117\" class=\"wp-caption-text\">Cecilia Bartoli (Norma)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Commen\u00e7ons par la mise en sc\u00e8ne&#8230; elle transpose l&rsquo;action durant la deuxi\u00e8me guerre mondiale\u00a0: point de druide et de pr\u00eatresse lutant contre l&rsquo;envahisseur romain. Ici Norma m\u00e8ne depuis son \u00e9cole primaire un groupe de r\u00e9sistants face \u00e0 l&rsquo;occupant. Simple d\u00e9placement temporel, mais les grands th\u00e8mes restent parfaitement clairs. Norma doit luter entre son devoir moral et patriotique&#8230; et son amour pour l&rsquo;oppresseur. Mais surtout, la direction d&rsquo;acteur fait parfaitement vivre les interactions entre les trois personnages principaux. Chacun des duos ou trios sont extr\u00eamement bien men\u00e9s avec des gestes tr\u00e8s naturels mais totalement porteurs de sens. Rien n&rsquo;est gratuit dans ces passages o\u00f9 on nous d\u00e9voile les motivations et les sentiments des trois amoureux. Il faut dire que les acteurs sont particuli\u00e8rement engag\u00e9s. Mais toute cette partie de l&rsquo;ouvrage (soit plus des trois quarts!) est particuli\u00e8rement forte dans le traitement dramatique. Peu importe alors si les sc\u00e8nes de foule sont beaucoup moins prenantes ou si les costumes et d\u00e9cors ne sont pas tr\u00e8s beaux\u00a0: le r\u00e9sultat dramatique est l\u00e0 et marquant\u00a0! Et difficile de ne pas \u00eatre frapp\u00e9 par les parfaites alternances entre sc\u00e8nes publiques et sc\u00e8nes intimes&#8230;<\/p>\n<div id=\"attachment_1119\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1119\" class=\"size-medium wp-image-1119\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma4-300x192.jpg\" alt=\"P\u00e9ter Kalman (Oroveso), Cecilia Bartoli (Norma), Norman Reinhardt (Pollione)\" width=\"300\" height=\"192\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma4-300x192.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma4-768x492.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma4.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1119\" class=\"wp-caption-text\">P\u00e9ter Kalman (Oroveso), Cecilia Bartoli (Norma), Norman Reinhardt (Pollione)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Musicalement, le ch\u0153ur de la Radio-T\u00e9l\u00e9vision suisse de Lugano sont un peu limit\u00e9s par le nombre restreint de participants. Le volume est correcte, mais manque l\u00e9g\u00e8rement d&rsquo;impact durant l&rsquo;hymne guerrier par exemple. Par contre, tout le final est grandiose de nuances. D&rsquo;un point de vue orchestre, le r\u00e9sultat est assez mitig\u00e9. En effet, de c\u00f4t\u00e9 dans la salle il y avait un fort d\u00e9s\u00e9quilibre entrainant des cuivres particuli\u00e8rement agressifs et puissants qui masquaient r\u00e9guli\u00e8rement le reste de l&rsquo;orchestre, r\u00e9duisant les sc\u00e8nes les plus violentes \u00e0 une fanfare assez peu musicale. Les passages intimes, tout comme pour la mise en sc\u00e8ne, b\u00e9n\u00e9ficient par contre d&rsquo;un soin de couleurs et de nuances qu&rsquo;on trouve peu avec un orchestre traditionnel. Et rien que pour cela, le fait de choisir un orchestre baroque sur instrument d&rsquo;\u00e9poque est une tr\u00e8s bonne chose. Mais quand on \u00e9coute les enregistrements avec Antonini dirigeant la Scintilla (studio avec Cecila Bartoli) ou encore mieux le concert de Biondi avec Europa Galante, cela donnait non seulement une superbe richesse dans les passages d\u00e9licats, mais aussi un vrai rythme sans lourdeur dans les moments publiques.<\/p>\n<div id=\"attachment_1115\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1115\" class=\"size-medium wp-image-1115\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma8-300x225.jpg\" alt=\"Rebeca Olvera (Adalgisa), Cecilia Bartoli (Norma)\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma8-300x225.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma8-768x575.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma8.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1115\" class=\"wp-caption-text\">Rebeca Olvera (Adalgisa), Cecilia Bartoli (Norma)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La distribution a peu vari\u00e9 durant cette tourn\u00e9e depuis la cr\u00e9ation de la production. Seul le r\u00f4le de Pollione a vari\u00e9. Dans les r\u00f4les secondaires, on trouve d&rsquo;honn\u00eates chanteurs qui manquent un peu de charisme pour vraiment s&rsquo;imposer. Il est m\u00eame dommage de distribuer <strong>Peter Kalman<\/strong> dans le r\u00f4le d&rsquo;Oroveso tant la voix est s\u00e8che et manque de prestance pour camper ce p\u00e8re de Norma&#8230; Pour Pollione donc, John Osborn est remplac\u00e9 par <strong>Norman Reinhardt<\/strong>. \u00c0 son entr\u00e9e, le remplacement fait vraiment craindre le pire tant la voix est pauvre en couleur, le timbre banal et l&rsquo;implication dramatique et musicale comme absente. Le chanteur nous propose ce grand air sans feu ni passion, limitant les aigus le plus possible et n&rsquo;offrant que quelques l\u00e9g\u00e8res variations bien timides. Dans ce cas, quel int\u00e9r\u00eat de distribuer un tel chanteur dans le r\u00f4le du romain passionn\u00e9\u00a0? Bien s\u00fbr il y a une finesse de chant et de nuances qui peut \u00eatre int\u00e9ressante, mais cela ne rach\u00e8te pas le peu d&rsquo;engagement. Heureusement, d\u00e8s l&rsquo;affrontement avec les deux femmes, le chanteur semble se lib\u00e9rer et nous d\u00e9voile un chant beaucoup plus dense dramatiquement, o\u00f9 les nuances sont toujours pr\u00e9sentes mais beaucoup plus en phases avec la situation. Le chant en vient m\u00eame par moment \u00e0 devenir h\u00e9ro\u00efque et balaye ainsi toutes les possibilit\u00e9s vocales ou dynamiques du r\u00f4le. M\u00eame si Osborn proposait un chant plus h\u00e9ro\u00efque et dense, la prestation de Norman Reinhardt n&rsquo;a rien de calamiteux comme on a pu le lire par endroits. Au contraire m\u00eame elle devient assez enthousiasmante durant le deuxi\u00e8me acte.<\/p>\n<div id=\"attachment_1116\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1116\" class=\"size-medium wp-image-1116\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma7-300x211.jpg\" alt=\"Rebeca Olvera (Adalgisa)\" width=\"300\" height=\"211\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma7-300x211.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma7-768x540.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma7.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1116\" class=\"wp-caption-text\">Rebeca Olvera (Adalgisa)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ne nous voilons pas la face, en dehors de l&rsquo;impressionnant air d&rsquo;entr\u00e9e de Pollione, ce sont les deux femmes qui attirent tous les regards. Et il faut bien avouer que Cecilia Bartoli et <strong>Rebeca Olvera<\/strong> font preuve d&rsquo;un immense talent. La jeune soprano nous d\u00e9livre une Adalgisa vibrante et cristalline, sans pour autant en faire une oie blanche simplette. Au contraire, elle donne une tr\u00e8s grande force au personnage sans jamais en gommer la jeunesse et le contraste entre la novice et la grand pr\u00eatresse est d&rsquo;autant plus important et r\u00e9aliste. Le timbre est superbe et lumineux, l&rsquo;implication manifeste et tr\u00e8s bien dos\u00e9e et la voix sonne tr\u00e8s bien. Nous sommes loin du faire-valoir pr\u00e9sent\u00e9 par certains ici, mais bien dans un personnage parfaitement chant\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9. A cela s&rsquo;ajoute une superbe fusion entre son timbre et celui de Cecilia Bartoli. Car les deux femmes ont quelques duos \u00e0 chanter et l\u00e0 nous avons des chanteuses compl\u00e9mentaires qui chantent l&rsquo;une pour l&rsquo;autre et se r\u00e9pondent parfaitement. Les timbres se croisent et s&rsquo;entrecroisent avec bonheur.<\/p>\n<div id=\"attachment_1114\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1114\" class=\"size-medium wp-image-1114\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma9-300x236.jpg\" alt=\"Acte II : Cecilia Bartoli (Norma), Norman Reinhardt (Pollione)\" width=\"300\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma9-300x236.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma9-768x605.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma9.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1114\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Cecilia Bartoli (Norma), Norman Reinhardt (Pollione)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, celle que tout le monde attendait <strong>Cecilia Bartoli<\/strong>. Qu&rsquo;allait faire cette chanteuse plus habitu\u00e9e au baroque ou \u00e0 Rossini dans un tel ouvrage\u00a0? Les r\u00e9citatifs de son entr\u00e9e laissent le public froid et sont m\u00eame assez effrayant tant la voix sonne peu et la chanteuse manque de prestance&#8230; serait-elle all\u00e9 trop loin cette fois\u00a0? La grande pri\u00e8re commence et l\u00e0 la magie op\u00e8re : on retrouve ce souffle immense, cette science du chant et des nuances qui n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 elle. Elle cr\u00e9\u00e9 une bulle de silence et de beaut\u00e9 par cet air&#8230; avant de nous impressionner par la cabalette qui suit pleine d&rsquo;entrain et de variations toujours en style et parfaites. Mais plus encore que dans ce moment oblig\u00e9 tr\u00e8s attendu, c&rsquo;est dans la suite plus dramatique que la mezzo-soprano italienne d\u00e9voile toute la force de son talent. La voix n&rsquo;est pas immense mais semble gagner en largeur et en impact au fur et \u00e0 mesure de la soir\u00e9e. De plus elle sait en jouer de mille fa\u00e7on pour faire vivre le texte par des nuances totalement in\u00e9dites et coh\u00e9rentes&#8230; et elle sait jouer des vocalises et des trilles pour renforcer le pouvoir de la musique&#8230; Th\u00e9\u00e2tralement, elle se jette \u00e0 corps perdu dans le r\u00f4le de cette femme d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e et outrag\u00e9e. C&rsquo;est au final ce qui reste sid\u00e9rant dans la prestation de Cecilia Bartoli\u00a0: cette fa\u00e7on d&rsquo;int\u00e9grer des techniques assez artificielles dans une composition dramatique bouleversante. Chaque petite d\u00e9coration ou variation a un sens imm\u00e9diat et trouve directement le c\u0153ur du public. A cela s&rsquo;ajoute un charisme saisissant sur sc\u00e8ne o\u00f9 elle semble totalement vivre son personnage, comme oubliant la technique pour ne faire qu&rsquo;une avec Norma. Plus encore que dans l\u2019enregistrement studio, elle ose des choses, se lance dans des nuances ou colorations in\u00e9dites qui font \u00e0 chaque fois mouche. Jamais \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie, elle semble \u00e9puis\u00e9e \u00e0 la fin de l&rsquo;ouvrage, mais ce qu&rsquo;elle produit dans ce r\u00f4le est v\u00e9ritablement unique et miraculeux de puissance \u00e9vocatrice comme de beau chant et d&rsquo;art sc\u00e9nique.<\/p>\n<div id=\"attachment_1121\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1121\" class=\"size-medium wp-image-1121\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma2-300x198.jpeg\" alt=\"Acte II : Cecilia Bartoli (Norma), Norman Reinhardt (Pollione)\" width=\"300\" height=\"198\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma2-300x198.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/norma2.jpeg 708w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-1121\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Cecilia Bartoli (Norma), Norman Reinhardt (Pollione)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme indiqu\u00e9 ci-dessus, il y avait bien quelques petites d\u00e9ceptions durant cette soir\u00e9e, mais elle restera tout de m\u00eame exceptionnelle tant on red\u00e9couvre une partition et des personnages par cette aventure men\u00e9e par Cecilia Bartoli. La partition est la m\u00eame mais l&rsquo;\u00e9clairage est totalement diff\u00e9rent et offre une alternative \u00e0 la tradition bien \u00e9tablie. Qui de ces deux versions a le plus raison\u00a0? Peut-\u00eatre aucune finalement&#8230; mais les deux sont tout \u00e0 fait recevables et marquantes. Esp\u00e9rons que durant toute cette s\u00e9rie de repr\u00e9sentations qui se prom\u00e8nent dans l&rsquo;Europe, nous aurons droit \u00e0 une captation vid\u00e9o qui immortalisera l&rsquo;ensemble et plus particuli\u00e8rement le travail de Cecilia Bartoli. Plus encore que dans le studio, son interpr\u00e9tation de Norma est historique&#8230;<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Th\u00e9\u00e2tre des Champs \u00c9lys\u00e9es<\/li>\n<li>18 octobre 2016<\/li>\n<li>Vincenzo Bellini (1801-1835), Norma, Op\u00e9ra en 2 actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Moshe Leiser-Patrice Caurier\u00a0; Sc\u00e9nographie, Christian Fenouillat\u00a0; Costumes, Agostino Cavalca\u00a0; Lumi\u00e8res, Christophe Forey<\/li>\n<li>Norma, Cecilia Bartoli\u00a0; Adalgisa, Rebeca Olvera\u00a0; Pollione, Norman Reinhardt\u00a0; Oroveso, P\u00e9ter Kalman\u00a0; Clotilde, Rosa Bove\u00a0; Flavius, Reinaldo Macias<\/li>\n<li>Coro della Radiotelevisione svizzera, Lugano<\/li>\n<li>I Barocchisti<\/li>\n<li>Gianluca Capuano, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette Norma \u00e9tait sans doute l&rsquo;un des \u00e9v\u00e9nement du d\u00e9but de saison (si ce n&rsquo;est de la saison compl\u00e8te) parisienne\u00a0! En effet, les venues de Cecilia Bartoli sont tr\u00e8s rares [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[82,81,57,23],"class_list":["post-1113","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-bartoli","tag-bellini","tag-epoque_romantique","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-hX","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1113","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1113"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1113\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1123,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1113\/revisions\/1123"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1113"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1113"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1113"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}