Raffaele Pe, contre-ténor aux origines du baroque

folderLes disques consacrés à la musique composée pour les castras illustrent majoritairement les musiques particulièrement virtuoses des Vivaldi, Haendel ou Hasse plus récemment. Dans ce récital, c’est la figure de Gualberto Magli qui est mis à l’honneur. C’est donc l’occasion d’écouter une musique plus ancienne, qui puise aux sources de cette musique baroque. En effet, le castra Gualberto Magli participa à la création de ce qui a longtemps été considéré comme le premier opéra : L’Orfeo de Monteverdi (même si de nos jours nous possédons des partitions plus anciennes). Ce sont donc des compositions du début du XVIIème siècle que Raffaele Pe nous invite à découvrir, accompagné uniquement d’une triple-harpe et d’un théorbe. La sobriété du fameux recitar cantando (chant parlé) n’est alors qu’à ses débuts et c’est toute sa finesse qui nous est proposée avec beaucoup d’inspiration et de musicalité. Continuer…

Olga Peretyatko et Dmitri Korchak : Triomphe russe!

affiche-tce-peretyatko-korchak_netPour ce jeudi soir, le Théâtre des Champs Elysées retrouvait deux jeunes chanteurs russes qui avaient triomphé sur cette scène lors des venues bel-cantistes d’Evelyno Pido : Olga Peretyatko dans I Capuletti, Dmitri Korchak dans Otello… et ensembles dans I Puritani. Âgés respectivement de trente-cinq et trente-quatre ans, ces deux étoiles du chant venaient en toute décontraction nous proposer un petit panorama du bel-canto qui reste leur terre d’élection. Si la soprano est en passe de devenir une véritable star mondiale, le ténor reste plus discret malgré de très beaux engagements sur les plus grandes scènes. On pouvait donc logiquement penser que la salle serait pleine… loin de là puisque environ 900 places ont été vendues pour ce récital, soit moins de la moitié de la capacité de la salle! Continuer…

Turbulent Heart : Chausson et Vierne

Turbulent HeartRéunis sur ce disque, Vierne et Chausson partagent d’avoir eu une carrière musicale perturbée et qui n’a jamais véritablement pris toute la place qu’elle aurait mérité dans le paysage musical français. Ce disque nous propose cinq grandes compositions pour voix et orchestre, sortes de mélodies hypertrophiées. Se basant sur de grandes fresques poétiques, l’orchestre fait plus que mettre en valeur un texte comme pourrait le faire une mélodie, il en créé un arrière plan, développant son côté grandiose et théâtrale. Réunis pour ce projet, Guillaume Tourniaire et Steve Davislim se révèlent des interprètes très attentifs au style, à la prosodie et à l’émotion qui peut se dégager de ces magnifiques pièces. Continuer…

Anna Netrebko, Reine sur scène

netrebko_TCELa venue d’Anna Netrebko à Paris est toujours un grand événement… La dernière fois elle avait enchanté la Salle Pleyel avec Iolanta en version de concert. Elle nous revient avec un programme entièrement italien, la première partie consacrée à Verdi et la deuxième voit se cotoyer Puccini et ses contemporains. Riccardo Massi la rejoint pour deux duos qui ferment chacune des parties. Complet, le Théâtre des Champs Elysées était totalement conquis par avance mais le triomphe final était à la hauteur du chant d’une grande soprano. Continuer…

Miloš Karadaglić et Joaquin Rodrigo

milos_aranjuezLe Concerto d’Aranjuez est pour la guitare ce qu’est le premier concerto pour piano de Tchaikovsky : un passage obligé. Pour son troisième disque, Miloš Karadaglić nous emmène en Espagne alors que ses autres récitals nous invitaient à voyager à travers bon nombre de pays. Ici, on se recentre donc sur les bases de la guitare espagnole, avec la mise en avant du compositeur Joaquin Rodrigo, et en regard Manuel de Falla ou Fernando Sor. Continuer…

Deux grands interprètes pour le Grand-Opéra : magistral !

patrieAprès la redécouverte de la musique baroque française depuis une trentaine d’année, il semble que le romantisme français commence lui aussi à voir se pencher sur lui de bonnes fées. Et actuellement, c’est le Palazzetto Bru Zane qui semble insuffler le plus d’énergie dans ce répertoire par des concerts, enregistrements et publications de partitions. Le récital qui nous occupe bénéficia de l’aide de cette fondation, permettant à un large public de découvrir des extraits d’œuvres trop rares et deux interprètes splendides dans ce répertoire si difficile. Continuer…

Sabine Revault d’Allonnes dévoile les mélodies de Massenet

Massenet_Revault_d_allonnesDepuis des années, la maison de disques Timpani fait beaucoup pour la mélodie française, enregistrant nombre de disques dévolus à des compositeurs rares. Bien sûr, Massenet ne fait pas partie de cette catégorie… sauf dans le domaine de la mélodie justement ! En dehors de quelques mélodies éparses comme la fameuse Élégie, toute sa composition repose dans l’ombre de ses opéras. L’année 2012, bicentenaire de sa naissance, aura vu ce manque légèrement comblé par des disques comme ceux de Rima Tawil, Blandine Staskiewicz et donc Sabine Revault d’Allonnes. Continuer…

Joseph Calleja : Mario Lanza et les nuances

calleja-lanzaA l’heure où un chanteur devient un produit marketing et doit donc faire parler de soit avant tout, Joseph Calleja reste une exception. En effet, la faible médiatisation en dehors de son chant ainsi que la prudence de sa carrière ne sont pas fait pour attirer la lumière des projecteurs. Et pourtant, petit à petit depuis 10 ans et la sortie de son premier récital, le chanteur s’impose sur les scènes les plus prestigieuses et enregistre régulièrement pour DECCA ou Deutsch Grammophon. Le dernier récital en date, The Maltese Tenor était un coup de maître… cet hommage à Mario Lanza (premier contact avec l’opéra du ténor) sera-t-il du même niveau ? Mélangeant airs d’opéras (pas forcément pour sa voix à priori) et des chansons populaires, le programme a laissé dubitatif beaucoup d’amateurs à sa lecture. Et pourtant, le ténor en conservant son intégrité et sans chercher à imiter son idole réussit un bien beau récital. Continuer…

Haendel et les basses : une démonstration par d’Arcangelo

D'Arcangello Haendel2009 était l’année Haendel… Combien de récitals sont sortis à ce moment là pour vanter le compositeur et donner vie aux airs qu’il composa pour les castras et sopranos de son temps ? Au milieu de toutes ces voix aigües, quelques récitals de ténors, et ce récital pour baryton-basse. Car si ce ne sont pas souvent dans des rôles importants, la basse de l’époque trouve en Haendel un compositeur varié et prolixe, donnant à l’instrument des mélodies et des situations dramatiques variées. Plus habitué aux emplois italiens de Mozart, Bellini, Donizetti ou Rossini, Ildebrando d’Arcangelo créé l’évènement lors de la sortie de son premier récital soliste en proposant tout un panel de personnages allant du magicien au général d’armée en passant par le père ou le tyran. Des personnalités très divers donc dans des airs aux situations variées. Continuer…